Provence09 117bSamedi soir, j’étais à Dijon, capitale de la Bourgogne. Une vieille ville un peu magique, un fantasme pour toujours associé à une grappe de pinot noir (photo). Et justement: devant poursuivre vers le Sud, je ne me suis pas résigné tout de go à l’autoroute, j’ai emprunté la route des côtes-de-nuits, prêt à la restituer aux approches de Beaune.

C’étaient les vendanges. Un dimanche, oui-da, quand c’est l’heure, c’est l’heure, le raisin n’attend pas… Et surtout pas ce raisin-là! De Marsannay à Corgoloin, quatorze villages en file indienne sur une départementale comme les haïssait Jean Yanne, dont six classés grand-cru: Gevrey-Chambertin, Morey Saint Denis, Chambolle-Musigny, Vougeot, Flagey-Echézeaux et Vosne-Romanée. Le bourgogne n’est pas très tendance, me semble-t-il, sans doute est-il trop « couillu » dans ce contexte mièvre, mais qu’est-ce que c’est bon, quand c’est bien fait!

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Boire et fumerTout ce qu’on regroupe généralement sous l’étiquette de « mousseux » m’avait toujours laissé de glace, jusqu’à ce qu’avec des amis, j’aie eu l’occasion de partager une bouteille de vraie blanquette, à Limoux. C’était il y a une bonne quinzaine d’années déjà, mais depuis, je suis résolument de ceux qui professent que « cent fois mieux vaut un bon crémant qu’un mauvais champagne ». Plus généralement d’ailleurs, je ne considère plus les appellations et les étiquettes que comme un moyen de m’informer sur la nature de ce qu’il y a dans la bouteille. Pour en apprécier la qualité, je débouche, il n’y a pas d’autre façon de procéder depuis que j’ai appris que la plus infâme piquette était parfois estampillée Médoc et qu’on pouvait trouver des merveilles en vins de table.

Cela pour dire que c’est donc sans a priori que je me suis calé dans les starting blocks de la dégustation organisée par l’enthousiaste Philippe, chez « Boire et fumer ». Philippe, c’est le complément de Nicolas, le propriétaire, dans cette minuscule boutique de mon quartier jadis tenue par la truculente Mme Delmotte et où, de son temps, je n’achetais que mes pipes et mon tabac, parce que les bouteilles de vin et d’alcool, certes de qualité, ne s’y abandonnaient qu’à des prix stratosphériques à des chalands pressés et bien motorisés dont la charmante venait de découvrir qu’il manquait d’un cru bourgeois dans le cellier familial, pour arroser le steak frites vespéral.

Mais revenons à nos bulles.

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