OK, j’avoue: j’ai cédé… Je me suis ouvert un compte sur Twitter. Comme je vous le disais hier, c’est par l’usage qu’en fait Barack Obama que j’ai enfin vu un emploi raisonnable à ce joujou: l’utiliser comme on le ferait d’un flux RSS, en lecture comme pour avertir ses followers qu’il y a du neuf sur son site. Ou pour leur annoncer qu’il va y en avoir, et sur quoi. Ou pourquoi il n’y en a pas: panne d’inspiration, burn-out, rage de dents…

TwitterMais les précautions d’utilisation sont les mêmes que sur un blog: s’abstenir impérativement de poster si l’on n’a rien à dire qui soit susceptible d’intéresser ses lecteurs. Le web 2.0 est user-centric, ce qui suppose qu’un contenu sans intérêt n’est pas seulement inutile: il est carrément contre-productif.

Pour entamer ma carrière, après avoir ouvert mon compte, j’ai été fouiller un peu dans ce répertoire, à la recherche des sites les plus suivis et j’en ai choisi deux, dont celui de CNN, histoire de rester in touch avec l’actualité de la planète. Ce qui fait d’ailleurs une deuxième utilisation raisonnable de la chose, assez proche de la première au fond: une façon de se faire adresser en continu (ou de mettre en ligne, si on est une entreprise de presse), y compris sur téléphone mobile, les breaking news de l’heure.

Pour un tour d’horizon plus exhaustif des usages possibles – en ce compris les gamineries – voyez par exemple ce billet déjà ancien et ces quelques conseils. Ainsi que cette vidéo de Commoncraft, qui a déjà quelques belles réalisations du genre à son actif…

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Pour ceux d’entre vous que cela intéresserait, voici mon adresse sur Twitter. Si vous avez une expérience ou même seulement des intuitions sur ce sujet, n’hésitez pas à les partager ici, en commentaires: ça m’intéresse, et certains de mes lecteurs aussi sans doute.

Pourquoi s’en cacher? Il y a des risques dans les nouvelles façons de communiquer regroupées sous le label web 2.0. Je vous raconte ici la mésaventure arrivée à Steve Rubel, blogueur américain réputé (Micropersuasion, son site-fanion, est classé au 124e rang de la blogosphère par Technorati, avec 10.272 liens entrants en provenance de 4.078 autres blogs…)

Steve Rubel est un fan de Twitter (cet outil de « micro-blogging » dont j’ai déjà dit ici ce que je pensais). L’autre jour, il a posté un court message expliquant qu’il envoyait immédiatement à la poubelle une revue informatique qui lui était envoyée gracieusement par l’éditeur…

Celui-ci n’a pas vraiment aimé. et sur un autre blog, il a même évoqué la possibilité pour sa revue de boycotter désormais tous les communiqués en provenance de la boîte de relations publiques pour laquelle travaille Rubel.

Dans ses tout petits souliers, celui-ci vient de présenter ses excuses à l’éditeur et, pour faire bonne mesure, à tous ses employés. En prime, il l’invite (l’éditeur, pas ses employés quand même…) à boire un pot sur le 5e Avenue pour oublier tout ça…

Deux leçons à tirer, à mon humble avis:

  1. La communication immédiate et planétaire qu’autorise le web 2.0 alourdit considérablement la responsabilité de ceux qui y prennent la parole; ils doivent le savoir et mesurer leurs propos à l’aune des réactions prévisibles de ceux à qui ils seront accessibles; ça vaut aussi (et surtout) pour les entreprises;
  2. De manière symétrique, elle induit une autre façon de penser les « bonnes manières »; la réaction du Rubel est la bonne quand il reconnaît avoir fait (écrit) une connerie. A la limite, il sort même grandi de cette petite aventure…

Cela ne m’empêche pas de continuer à penser que Twitter est un jouet inutile, et en plus dangereux. Quel intérêt y a-t-il à faire savoir à la planète entière qu’on passe à table ou qu’on va se coucher? Avec son immédiateté et son format de 140 caractères maxi, il n’y a au fond qu’à ça que Twitter peut servir, non? Je me trompe?

A moins que je ne sois déjà dépassé, ce qui n’est pas à exclure, une des dernières coquetteries IT à la mode s’appelle Twitter. En deux mots: vous êtes inscrit sur un serveur auquel vous envoyez vos pensées du moment avant qu’elles ne s’envolent, mais en 140 signes maxi (je dis bien: signes, pas lignes). Ensuite vous avez des « amis », que vous avez choisis ou qui vous ont choisi. A partir de là, vous avez accès à tout ce que vos amis écrivent et vos amis peuvent lire tout ce que vous écrivez. Allez donc voir Sébastien Bailly, pour une description claire et concise, en bon français.

Le réputé Steve Rubel a posté jusqu’à plusieurs fois par jour sur le sujet (lisez ses deux derniers messages: ici et ). Son enthousiasme me laisse un peu pantois. On arrête le délire, là? Twitter n’est pas un outil, c’est un jouet pour grands enfants. Et ces gens-là ne communiquent plus, ils parlent et écrivent à des gens qui ne les écoutent ni ne les lisent, mais qui parlent et écrivent eux aussi à des gens qui… Bref, l’annexe psychiatrique n’est plus très loin. J’aime assez la conclusion d’un commentaire, sur le blog de Rubel :

« You, guys, need to get out of your little worlds (Manhattan and Second Life) ans see what the real world is all about ».

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