Aujourd’hui, Google Analytics m’annonce un net regain d’intérêt, parmi les lecteurs de ce blog, pour un article déjà ancien. Il date du 23 mars dernier. Il était titré: « Pourquoi je vends mes actions Fortis« . C’est la deuxième page la plus visitée sur ce blog, aujourd’hui. Les requêtes viennent essentiellement des moteurs de recherche, « Fortis » ayant été très demandé par les internautes, pour des raisons évidentes.

C’était à Pâques, je pense. Au soir du Jeudi Saint, le titre avait clôturé à 15,09. Le mardi suivant, il avait ouvert à 15,65. Notez donc, Messieurs de la CBFA, que ce billet-là n’était pas une tentative de manipulation de cours ou une méchante rumeur spéculative: à l’époque, il n’y a pas eu grand monde pour faire comme moi et se débarrasser de ses Fortis aux alentours de € 15. ;-) Mais moi, j’ai eu le nez creux: vendredi, l’action cotait encore royalement 5,20, comme on ne peut manquer de le savoir si on a ouvert au moins une gazette ce week-end…

Je ne vous dis pas ça pour faire le malin ni pour vous donner des regrets, dans le cas où vous auriez encore des Fortis en portefeuille. Je souhaite seulement vous soumettre quatre petites leçons que je crois pouvoir tirer de cette expérience:

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fév 262008

J’aime beaucoup ce billet de Gerry McGovern, pour sa forme et sur le fond.

  • La forme

Voyez ces phrases brèves. Incisives. Un sujet, un verbe, son complément. Guère plus. Pas de fioritures. Straight to the point. C’est respecter son lecteur et revenir à Boileau: ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. Ce qui nous amène au coeur du sujet.

  • Le fond

Gerry vous parle de votre site internet. Il vous met en garde (ma libre traduction):

La plupart des sites sont conçus à partir d’une perspective exclusivement technique et graphique. Les mots sont à peine pris en considération. Les gens qui les écrivent ne sont impliqués qu’à la fin du processus et invités à orner de quelques mots une structure et un « design » préétablis.

Je pense qu’il a mille fois raison. Le penser et l’agir humains reposent sur les mots et en sont issus. Les images les évoquent, les illustrent, les renforcent, les soulignent ou les suggèrent. Mais ce qu’elles font naître dans nos cerveaux, ce sont des mots.

Choisissez d’abord les mots de votre site internet, comme de toutes vos publications.

En tant qu’internaute lambda, j’ai l’impression – la partagez-vous? – que s’il y a de plus en plus de sites web bien conçus, il y en a toujours aussi peu qui soient bien gérés. Je veux dire par là que si le webdesign évolue plutôt dans le bon sens, par la grâce de la technologie, il n’en va pas de même du webmanagement. A quoi sert-il d’implémenter un superbe CMS (content management system, pour les néophytes) si c’est pour le laisser en l’état dans lequel on vous l’a servi?

Par exemple: il ne faut pas chercher longtemps sur notre web national pour trouver un site qui annonce toujours fièrement un événement depuis longtemps consommé… Ce n’est pas une maladie qui sévit seulement dans nos contrées. Pour une généralisation tout-à-fait pertinente à mes yeux, et amusante en plus, voyez cet article de Gerry McGovern sur les « chiens » et les « chats » de la Toile.

En ce sens, il me semble que la politique internet des entreprises et organisations est encore envisagée trop exclusivement sous le seul angle technique, celui des informaticiens et des geeks. Je n’ai absolument rien contre ces gens très compétents et souvent fort sympathiques, parce que passionnés, mais je crois qu’il est temps de faire éclore une génération de producteurs de contenus pertinents et évolutifs. Formés à l’école du blogging, par exemple.

Si vous publiez un ou plusieurs sites web, blogs, wikis, etc., demandez vous d’abord ce que vous souhaitez que fassent vos visiteurs avant de repartir.

Voici une compilation fort utile d’avis de professionnels sur l’optimisation de vos « landing pages« , ou pages d’entrée sur vos sites.

J’ai « tagué » cet article et l’ai soigneusement rangé dans ma doc pour une révision générale que je me propose d’opérer cet été qui vient.

Mercredi dernier, j’ai assisté à l’inauguration officielle du Giga, acronyme du « Groupe Interdisciplinaire de Génoprotéomique Appliquée ». Ouf… C’était à l’Université de Liège et je n’y étais pas tout seul. En fait, tout ce qui compte dans la biotechnologie wallonne était présent pour saluer l’aboutissement de plusieurs d’années d’efforts de ces infatigables évangélisateurs que sont des Bernard Rentier – aujourd’hui recteur de l’ULg – ou des Joseph Martial – fondateur et toujours président du CA d’Eurogentec. Tout le monde, donc, était présent, sauf Biowin, mais ça, c’est sans doute une autre histoire. Une histoire de féodalité et de vieilles rivalités claniques comme on en connaît encore trop en Wallonie (voir notamment là-dessus l’excellent bouquin de Jean-Yves Huwart dont j’ai parlé ici)…

Mais laissons cela. Tout aussi désolant, je trouve, est le peu d’écho rencontré par cette manifestation dans les media. Trop occupés par les élections? Je ne suis même pas sûr. Pour convaincre les journalistes de parler de vous, il faut savoir éveiller leur attention.

Or, voyez donc: les centaines de personnes présentes se sont fait rappeler ou ont appris lors de l’inauguration de mercredi que le Giga avait bien entendu un site web, comme tout projet de quelque ampleur qui se respecte. Mais voici l’écran qu’il affiche imperturbablement depuis mercredi au moins (je n’ai pas été voir avant, mais je viens encore d’y aller):

giga.JPG

« Web site currently unavailable. The Webgiga website is currently unavailable while we perform maintenance and updates. We apologize for any inconvenience« .

Du point de vue de la communication, mon propos, je trouve ça criminel. Cela n’enlève rien à l’intérêt du projet lui-même, bien sûr. Mais le savoir-faire n’est pas tout, il faut aussi le « faire-savoir »… Enfin, ce blog contribue modestement mais gracieusement: voici donc ce qu’en dit le site du département des relations extérieures de l’ULg, et puis son communiqué et son dossier de presse

Mise à jour 15/6/07: Le site du Giga est maintenant en ligne. Et à première vue, il a l’air plutôt bien fait.

Que la communication soit politique, commerciale, humanitaire ou autre, la motivation et l’objectif de celui qui l’émet sont toujours les mêmes: convaincre ceux à qui s ‘adresse le message de prendre une décision, d’adopter un comportement conforme aux souhaits de celui émet le message. J’y repense ici à la faveur d’un bout de vidéo pêché sur You Tube où l’on voit Louis Schweitzer expliquer à son auditoire, sous l’oeil d’Alain Minc, que ce n’est pas seulement une question de technique et d’outils.

Schweitzer explique en substance que s’il souhaite qu’un de ses collaborateurs l’aide à résoudre un problème, il ne suffit pas de lui exposer les termes de ce problème; il faut aussi lui communiquer l’envie de contribuer à le résoudre, lui donner le sentiment d’appartenir à une « communauté » et d’y avoir des responsabilités qui l’engagent à agir.

Ne serait-ce pas de ce côté qu’il faut chercher les causes du profond ennui qui caractérise la campagne électorale législative qui s’achève – je parle de la Belgique, bien sûr?

Tous les observateurs ont remarqué qu’Internet avait enfin fait son entrée dans l’arsenal de communication des partis et des candidats, cette année. Peu ont relevé que très rares sont ceux qui ont appris à bien l’utiliser (voir à ce propos ce site bien amusant à première vue, un peu triste à y regarder de plus près). En gros, la plupart de ceux qui sont sur le Net y ont simplement transposé les bonnes vieilles techniques de communication unilatérale: « Votez pour moi, je servirai vos intérêts »… Mais ça, c’est comme les lessives: à force de toutes prétendre laver plus blanc les unes que les autres, les marques se noient dans la grisaille, si j’ose dire.

Les partis politiques itou. On joue sur l’anecdote, on amuse (?) la galerie et on évite soigneusement le fond. Surtout, on reste entre soi, entre professionnels de la chose publique – et dieu sait s’il y en a, dans ces contrées nourries au lait sûri du clientélisme. Et nous, le public, on s’en fout. On a tort, mais on s’en fout…

J’apprends qu’il existe, près d’Angers, un musée de la communication. Dommage qu’il ait un site web. Joli, d’accord, mais…

De fil en aiguille – c’est le charme du surfing – j’arrive sur Opquast.com, un site (français comme son nom l’indique) dédicacé à l’élaboration de bonnes pratiques pour les services en ligne (au passage, merci à Jean-Marc Hardy de m’avoir mis sur la piste grâce à son blog à lui).

Heureuse initiative, mais avec tous les gourous qui édictent leurs règles – serait-ce en promulguant celles qui émergent démocratiquement d’un wiki -, où l’internaute moyen va-t-il trouver ses marques? M’est avis, bien humblement, qu’il ne serait pas sot d’internationaliser la démarche au-delà des frontières de la langue française. Et d’arriver à des standards reconnus, pour y voir clair.

Si, comme moi, vous frôlez la crise de nerfs à chaque fois que vous recherchez une information précise sur certains sites (tiens: celui de l’AWEX, l’Agence wallonne à l’exportation), par exemple un numéro de téléphone, ou un itinéraire pour rejoindre un bureau local, envoyez donc à son webmaster l’adresse de Jakob Nielsen, LA référence internationale en termes de « usability ». C’est tout-à-fait spartiate, mais on y trouve ce qu’on y cherche!

Notez que cette remarque s’adresse aussi bien à tous ceux qui se piquent de communiquer, ou de faire communiquer leurs clients: combien de messages, publicitaires ou autres, ne sont pas conçus comme s’ils avaient pour but de faire plaisir à leur auteur et, très accessoirement, d’être utile à celui qui le reçoit?

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