Articles taggés avec ‘politique’

Charles Michel me rejoint…

Samedi 27 février 2010

Divine surprise, ce matin en « une » de La Libre: Charles Michel proclame:

Les ministres-présidents doivent être élus directement.

J’applaudis de bon cœur: c’est la proposition que j’ai moi-même formulée le 16 juin 2009, dans une de mes chroniques du Soir (j’en avais également fait une vidéo en juillet, avec ma webcam, et dans la foulée, j’avais aussi lancé un groupe Facebook).

Charles Michel assortit sa proposition d’un passage au scrutin majoritaire à deux tours, ce qui est sans doute indispensable si le gouvernement (les ministres, pas le président) doit disposer d’une majorité à l’assemblée mais ne l’est pas forcément dans un système à l’américaine.

Pourvu que cette proposition audacieuse ne disparaisse pas tout de suite dans l’aquoibonisme jemenfoutiste du sérail politique… et journalistique. Aux questions qu’il pose au fils Michel, on sent que Francis Van de Woestyne y a déjà succombé.

L’éditorialiste-en-chef de la vieille dame a en effet l’air de douter du succès de cette idée au sein du MR. Pourtant, Didier Reynders lui-même s’est fait membre, à l’époque, de mon groupe Facebook et l’est d’ailleurs toujours à l’heure où j’écris ces lignes. En compagnie de citoyens de toutes origines, de gauche à droite.

Allez Francis, tes idées n’aiment-elles pas faire des rencontres? :-)

La Belgique comme idée post-nationale

Mercredi 24 février 2010

C’est un petit bouquin sympa comme son auteur. Gilles Vanden Burre, le président de BPlus. Pas une thèse doctorale, ni un lourd essai politique, pas même un manifeste. Rien qu’une profession de foi d’un citoyen qu’on dirait ordinaire s’il se contentait de rester silencieux comme la supposée majorité du même nom.

J’ai assisté lundi soir à la présentation de l’ouvrage, dans le centre de Bruxelles. Un public mixte, bicommunautaire et bilingue. Pas ou peu de politiques, sinon ceux de ProBruxsel avec qui j’ai papoté. Au demeurant, reste-t-il encore beaucoup de « Belges » parmi nos élus linguistiquement sexués? J’étais donc là et ça m’a fait revoir l’ombre d’un petit jeune homme de vingt ans, devenu quinqua maintenant, qui militait lui aussi pour une Belgique malgré tout unie, à une époque où se dire fédéraliste était un symptôme de radicalisme communautaire. Moi.

Et je me suis alors dit que si un mouvement d’opinion comme BPlus a un sens aujourd’hui, ce n’est probablement pas comme un groupe de pression classique, avec des propositions et des solutions de plomberie institutionnelle, sur BHV ou sur la répartition des compétences.

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Un « jour noir », vu de Sirius ou de Californie

Mardi 16 février 2010

On ne va pas trop bien, dans ce pays bizarre qu’est la Belgique. Dans une aube grise, survient un terrible accident qui fait de nombreuses victimes, qui ôte et bouleverse trop de vies.

A des milliers de kilomètres, en Californie, une autorité politique en mission exprime sa compassion de manière convenue – ces réactions sont toujours convenues – et ajoute que c’est un jour noir pour la région dont il dirige le gouvernement. Et sous la surface, aussitôt, des émotions se déchaînent.

L’accident s’est produit entre deux trains qui jouent ordinairement à la marelle entre les deux grandes régions du pays. Sur le territoire de l’une d’elles. Avec des passagers qui viennent majoritairement de l’autre.

Vu de Sirius ou de Californie, la violence des émotions qui éclatent est plus surprenante – ou plus lourde de sens – que ce qui les a provoquées. Un mot devrait suffire pour les apaiser. Mais c’est l’embarras qui prévaut. On pose le couvercle sur la marmite.

Sur Bel-RTL et sur son blog, Fabrice Grosfilley rapporte une rumeur. Sur les lieux du drame, c’est le roi qui aurait discrètement fait part des regrets du ministre-président pour les mots « inappropriés » qu’il a prononcés. Le site web de son parti les gommés. Glissons, mortels…

Vu de Sirius ou de Californie, il n’y avait rien d’indécent à ce que le ministre-président de Flandre qualifie de « jour noir » pour sa région celui où s’est produit cet accident. Qui songerait à reprocher au bourgmestre de Halle de dire que c’est un jour noir pour sa ville? Ou le patron de la SNCB de dire que c’en est un pour le chemin de fer?

Alors oui, le ministre-président de Flandre aurait sans doute dû dire, s’il avait été mieux informé de l’origine de la plupart des victimes, que c’était un jour noir pour tout le monde, et aussi pour la Flandre. Ç’eût été tenu pour de la compassion et pour l’expression d’un louable sentiment de solidarité humaine, au lieu d’être lu comme un indice d’intransigeance communautaire.

Vu de Sirius ou de Californie, les émotions qui se sont exprimées dans la rue et sur la Toile m’apparaissent un peu comme le mercure d’un thermomètre.

Nous n’allons pas trop bien, dans ce pays bizarre qu’est la Belgique.

Une soutane pour Javaux?

Dimanche 31 janvier 2010

Mes amis du journal Le Soir, que manifestement ça chatouille encore, sont partis à la recherche des « catholiques les plus influents« . Et pour arriver à les choisir, ils ont réuni un panel qualitatif de 20 « spécialistes » à qui ils ont demandé d’établir, chacun, une liste des influenceurs cathos du Royaume. Ou supposés tels.

Dans le quatuor de tête, on retrouve évidemment l’ancien (N°1) et le nouvel archevêque (seulement 4e toutefois), ainsi que l’inévitable Gabriel Ringlet. Un homme politique s’intercale ici, aussi peu évitable: Herman Van Rompuy, c’est bien le moins.

Les choses se gâtent un peu dans la suite du classement. Si l’on y retrouve, par exemple, l’évêque de Liège Aloys Jousten à la 13e (!) place qu’il partage avec… Jean-Michel Javaux (!!), son collègue tournaisien, Guy Harpigny, n’arrive dans la liste que 34e ex-aequo, apparemment mieux coté à Rome et chez les musulmans qu’il ne l’est dans sa « paroisse »…

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Quels dessous pour un scoop?

Mercredi 27 janvier 2010

L’information la plus intéressante n’était pas dans l’article de La Libre qui, hier, prétendait dévoiler le « plan » de Jean-Luc Dehaene pour BHV: sa source… Les journalistes aiment à en préserver le secret, prenant alors sur eux seuls toute la responsabilité de ce qu’ils révèlent, info ou intox. C’est bien compréhensible mais, en l’occurrence, c’est bien dommage…

Aujourd’hui, Francis Van de Woestyne croit pourvoir confirmer: Jean-Luc Dehaene envisage bien, affirme-t-il, une « solution » provisoire (le retour aux anciens arrondissements pour les législatives de 2011), et donc un report de la scission de BHV.

Le « hic »,  c’est que d’après De Standaard cette fois, Jean-Luc Dehaene aurait répondu au porte-parole du CD&V qui venait aux nouvelles que le scoop de La Libre relevait de la plus « pure fantasie« … Quén’affaire, dis donc! Qui croire dans ce souk?

Bon, d’accord, pour dire le vrai: tout le monde s’en fout. Sauf les « grands » stratèges de partis, les politiciens locaux, leurs supporters respectifs et les journalistes politiques. Vous connaissez mon opinion sur BHV; elle n’a pas changé.

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Vous voulez vraiment du Daerden?

Mardi 12 janvier 2010

Je ne suis pas sûr que c’était vraiment nécessaire, mais Studio Brussel s’est amusé à faire un remix des plus récentes pitreries de Michel Daerden. Je dis « les plus récentes » car ce ne sont certainement pas les dernières, hélas.

Vaut-il mieux en rire qu’en pleurer? Je ne sais pas.  J’ai des doutes. Ce qui m’effraie, c’est la tendance qu’on a, de ce côté-ci du « mur de chicons », à justifier Daerden parce que c’est la NV-A qui l’attaque, dans ce cas-ci. Il m’arrive de regretter de n’être pas né à Luxembourg.

Pas de problème juridique avec BHV?

Mardi 12 janvier 2010

Il sera peut-être encore vexé car il est assez susceptible, mais j’avoue avoir encore une fois bien du mal à saisir la pensée du sénateur cdH Francis Delpérée, qui fut aussi un éminent constitutionnaliste avant de céder aux sirènes du pouvoir.

Il n’y a pas de problème juridique avec BHV, dit-il en substance, c’est seulement un problème politique.

Ah?

J’aimerais quand même qu’on m’explique: dans son arrêt du 26 mai 2003, la Cour constitutionnelle, a annulé pas moins de quinze dispositions différentes de la loi du 13 décembre 2002, modifiant le Code électoral ainsi que son annexe. Mais elle a laissé subsister les autres.

Les dispositions annulées ne peuvent évidemment plus être appliquées. La législation en est revenue à ce qu’elle était avant l’entrée en vigueur des dispositions annulées.

Dans quel état se trouve le Code électoral après ces annulations? Le Code fonctionne-t-il encore, après avoir été amputé d’une partie (d’une partie seulement, c’est important) des dispositions qui ont institué, dans tout le pays, des arrondissements électoraux provinciaux? Dispose-t-on encore, en d’autres termes, d’un corps de règles suffisantes et cohérentes pour organiser les élections législatives de 2011? Mais de ça, personne ne dit jamais rien. On préfère se répandre en fermes déclarations qui ne sont que des pétitions de principe.

Je n’ai pas étudié la question, je le pourrais mais je ne suis pas payé pour ça et j’ai autre chose à faire. Mais je suis déçu de  voir et d’entendre un mandataire intelligent s’égarer dans les déclarations à l’emporte-pièce de batteur d’estrade. Comme je suis aussi déçu du manque de sens critique des journalistes qui s’abstiennent soigneusement de poser la seule question qui mérite de l’être: disposons-nous encore, après les annulations prononcées par la Cour constitutionnelle, d’un Code électoral opérationnel?

Si la réponse est positive, Delpérée a raison. Il n’y a pas de problème juridique. Si elle est négative ou sujette à caution, il a dit le contraire de la vérité.

Leçons d’une petite guerilla communautaire

Lundi 14 décembre 2009

Et donc: qui l’a gagné, ce concours de bistouquettes entre les ministres de l’Emploi fédéral d’un côté, flamand de l’autre? Tous les deux. Joëlle Milquet (« Josse » pour les intimes ai-je appris la semaine dernière en participant à l’émission « Sans langue de bois » sur Bel RTL) a obtenu le maintien de toutes « ses » mesures au profit des jeunes chômeurs qui n’ont qu’un diplôme du secondaire; et Muyters (NV-A) a forcé une discrimination positive au bénéfice de ceux qui n’ont pas ce diplôme, après avoir déjà obtenu pour les chômeurs âgés (problème flamand) ce qu’on offrait aux jeunes (problème wallon et bruxellois).

Et personne n’a perdu, alors? Ben si, quand même: il y a le budget. Tout ça nous fait une petite facture supplémentaire de 12 à 13 millions. C’est le coût du « système belge ».

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A Jean-Denis Lejeune, candidat

Jeudi 10 décembre 2009

Jean-Denis Lejeune fait savoir aux Wallons qu’il va se lancer en politique. C’est dans la DH.

C’est désarmant, quand même, cette façon d’annoncer: « En 2011, je me porterais bien candidat, mais je ne sais pas encore sur quelle liste. Je vais voir ce qu’on me propose ».

C’est une petite annonce, en somme. Une demande d’emploi. Le mercato est ouvert. Qui veut de Jean-Denis Lejeune? Un « Wallon connu » comme il y a des « Bekende Vlamingen ». Une ramassette électorale – ou supposée telle. Qui ouvre les enchères?

C’est naïf.

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Sur la dictature de la majorité

Mercredi 9 décembre 2009

Dans Le Soir de mardi, Jean-Paul Marthoz signe une très belle, une superbe chronique dans laquelle on peut lire quelque chose comme un manifeste de la démocratie libérale, valeur fondatrice d’une civilisation universelle. S’il était ouvert à la signature des citoyens, j’y ajouterais sans hésiter la mienne, tant j’en approuve chaque phrase, chaque mot, chaque lettre, jusqu’à la moindre virgule.

Je dis: « libérale ». C’est de philosophie que je parle ici, pas de parti, ni de faction. Dans cette acception, nous devons tous être des « libéraux », car ne pas l’être reviendrait à rejeter l’idée, l’idéal incontournable selon lequel tous les être humains naissent libres et égaux en droit.

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