Depuis que j’ai quitté le monde de la presse, puis l’administration de l’ULB, on ne se voit plus que de loin en loin et je le regrette. Guy Haarscher, c’était déjà celui qui « traduisait » pour nous le cours de philosophie, en première candi droit, dans les années 70. Aujourd’hui, bien sûr, il est prof. La philo comme je l’aime: aussi peu jargonnante que possible, accessible à l’honnête homme raisonnablement cultivé, limpide…
Nous nous sommes retrouvés par hasard, samedi dernier, derrière nos caddies respectifs, chez Delhaize. Et en faisant la file, aux caisses, on a papoté. Du voile islamique et des blogs. Il avait envie d’en ouvrir un. Je lui ai proposé un coup de main. Et c’est comme ça que je me suis retrouvé ce matin en sa compagnie, au Centre de philosophie du droit de l’ULB.
Quel intérêt pour vous, me direz-vous? J’y viens. Car ce qui m’a un peu épaté, c’est qu’avec Guy, je n’ai pas eu besoin de plaider la cause du blogging, ni d’expliquer que ce n’était pas seulement un jouet d’ados. Il a tout de suite vu ce qui échappe parfois à des gens sérieux, ou qui croient trop l’être: le formidable outil de communication qu’il y a là. Et quand son ami Benoît Frydman (qui donne aujourd’hui le cours d’intro au droit) s’est brièvement joint à nous, nous avons tout naturellement évoqué l’interêt qu’il pourrait y avoir, pour les philosophes du droit, à communiquer entre eux avec des blogs.
C’est pas merveilleux? En deux coups de cuillère à pot, sans connaissances particulières, ni théoriques, ni pratiques du phénomène, ils avaient réinventé deux des principales applications potentielles du blogging: la communication externe, « conversationnelle », avec le public, et la gestion interactive d’équipes et de projets.
Il faudrait d’urgence inscrire des cours de philo dans les programmes de formation des chefs d’entreprise…
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