Image de Grèce, une terrasse en bord de mer

La Grèce et moi, je vais vous dire, ça n’a pas été le coup de foudre au premier regard. La première fois, j’en suis revenu assez déçu. Peut-être étaient-ce les circonstances: j’accompagnais notre équipe militaire de volley-ball qui jouait un tournoi à Athènes. Heureusement, il y eut très vite une deuxième fois, puis une troisième et plusieurs autres ensuite. Aujourd’hui, je suis résolument philhellène…

J’y suis retourné deux fois ces derniers temps. J’en ai ramené des centaines d’images. J’aime celle-ci pour le bleu qui domine: le bleu délavé du ciel, le bleu profond de la mer et le bleu-roi des portes et fenêtres, hors-cadre, dont il restait un pot pour vêtir les chaises en bois. Et pour l’ombre vert-olive qui incite à s’asseoir et attendre paisiblement la khoriatiki et le vin blanc en écoutant, sur un vieil enregistreur à cassettes, l’immortel Tsitsanis vanter, dans un bouge enfumé du Pirée, les charmes surannés de Salonique, la belle: Omorfi Thessaloniki.

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PS: J’ai commencé à ranger mes meilleures photos de Grèce sur mon compte Flickr. Si ça vous tente, ne vous privez pas…

Sur mon profil Facebook, j’ai relayé la merveilleuse interprétation de Stand by me par les musiciens de rue du monde entier réunis par Playing for Change. Si vous n’êtes pas sur Facebook, vous pouvez aussi la trouver sur YouTube. Je ne m’en lasse pas; merci donc à la fée Clochette qui m’a branché là-dessus. Mais voici un autre morceau qui me paraît digne d’intérêt:

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Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit donc d’une démarche originale qui consiste à enregistrer plusieurs interprétations d’un même morceau par des musiciens des rues aux quatre coins du monde avec un studio mobile et de les mixer ensuite pour produire un clip comme celui-ci. Avec pour philosophie la paix dans le monde, par la musique.

Ce qui m’intéresse surtout, au-delà de l’émotion pure procurée par la musique, c’est l’efficacité du « système de distribution » viral d’internet. Ce formidable Grandpa Elliott (dans Stand by Me), qui joue de l’harmonica depuis 50 ans au coin de Royal Park, à New Orleans, Louisiana, n’était jusqu’ici connu que comme une curiosité locale par les touristes de passage. Il joue et chante maintenant en concert, au début d’un match des Dodgers et dans le Tonight Show de Conan O’Brien, sur NBC…

Vous me direz qu’un bon scout d’un des majors aurait pu le faire. Oui, mais aucun ne l’a fait, depuis un demi-siècle. Ils ne sont peut-être pas tous bons, les scouts… En tout cas, les mailles du filet se resserrent, il laisse échapper moins de talents. Et c’est tout profit pour nous, les amateurs de bonne musique (et de bonne littérature, de bon journalisme, de…), et pour eux, les artistes…

Sur les vols vers Athènes d’Olympic Airlines, une des rares compagnies aériennes européennes qui reste recommandable pour la qualité de son accueil, on vous propose des écouteurs et de la musique enregistrée (c’est un avis d’utilisateur, pas une pub déguisée). Il y a déjà deux ans, la musique de Théodorakis m’y a rattrapé quand j’ai entendu Grigoris Bithikotsis dans ce poème d’Odysseas Elytis, Prix Nobel de littérature en 1979: Ena to Chelidoni (« Une hirondelle« ). De l’émotion à l’état pur.

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Vers la fin de notre séjour, nous sommes allés dîner, Gaïd et moi, dans une taverne du quartier de Monastiraki. Une chanteuse accompagnée de deux bouzoukia y livrait des rebetike, de Tsitsanis principalement. En anglais mêlé des quelques mots que je connais en grec, je lui ai demandé si elle pouvait nous chanter l’hirondelle. Elle a paru apprécier: par  chez nous, le nom de Théodorakis évoque plus facilement les musiques de film, comme « Z » ou surtout Zorba et son sirtaki qu’un de ces grands oratorios laîques comme To axion esti, d’où ce morceau épique est tiré, ou le fabuleux Canto General , de Pablo Neruda.

La magie de la musique, c’est de nous faire entendre la poésie par-delà des mots qui nous restent inaccessibles.

Pour les paroles (en grec transcrit phonétiquement),  cliquez ici.

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