Le MR n’a pas implosé. On est tenté d’ajouter aussitôt: pas encore. Didier Reynders reste le patron tout en offrant quelques satisfactions symboliques à ses opposants.

Nos envoyés spéciaux à Eupen nous annoncent d’autre part que la communauté germanophone a décidé d’offrir un nouveau sursis au gouvernement Van Rompuy Ier en ouvrant une quatrième procédure en conflit d’intérêts dans le dossier BHV. Tout va bien?

Bof… C’est probablement bien plus compliqué que ça.

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Je me suis demandé comment le MR, en tant que parti, pouvait bien communiquer sur les remous qui l’agitent. Et ça donne ceci:

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On peut comprendre que pour le président, la « priorité absolue » soit de « restaurer l’unité du mouvement ».

Oui, mais: en bon français, « priorité absolue », ça veut dire que tout le reste passe après. En ce compris donc le gouvernement dont Didier Reynders fait encore partie.

Voilà donc qui tendrait à confirmer l’intéressante analyse de Fabrice Grosfilley, selon lequel le camp Reynders testerait actuellement le scénario d’un remplacement de Didier Reynders au gouvernement par un autre réformateur.

Ce qui serait assurément un joli coup, bien emm… pour les contestataires, car pratiquement impossible à contrer. Et pour Herman Van Rompuy aussi, soit dit en passant. Car un Reynders qui ne serait plus « que » président, c’est un Reynders qui songe déjà aux prochaines élections législatives. Ce qui ne facilitera certainement pas un accord sur BHV, d’autant plus que l’hyper-président devra compter sur le FDF.

Des semaines agitées en perspective?

Comme il le dit malicieusement lui-même, Louis Michel vieillit bien. Disons plus gentiment qu’ il bonifie en mûrissant… Ce n’est pas de ses idées que je parle, ni de sa politique ou de ses conceptions stratégiques. On aime ou on aime pas, c’est une autre histoire. Mais de sa façon de communiquer. Je n’ai pas vu la fin de son « Répondez à la question« , sur la RTBF mercredi soir. Je ne sais donc pas s’il a convaincu les téléspectateurs qui ont participé au traditionnel mini-sondage. Mais en ce qui me concerne, je l’ai trouvé très bon dans la posture du vieux sage encore bien vert.

Il est moins colérique, moins soupe-au-lait. Pas « amorti » pour autant. Mais il manie désormais la demi-teinte. Comme quand il lâche en passant qu’après les élections de 2004, quand il a perdu la formation des majorités régionales et communautaire (« coûtant » ainsi neuf ministres au MR, comme aimait à le rappeler Didier Reynders jusqu’à ce que la même mésaventure lui arrive), il a quitté la présidence du parti, lui…

Mais on ne lui fera pas dire que Didier doit donc partir. A lui de décider. M’enfin, à sa place… On l’entend toujours penser, Louis Michel, il n’arrive toujours pas à se cacher. Mais ce n’est plus aussi caricatural.

Bref, tout en affinant sa silhouette (j’ai un jour découvert que nous achetions parfois nos demi-tailles respectives au même endroit, chaussée de Mons), Louis a pris du poids, politiquement parlant. Comme il doit regretter que Jean Gol ne soit plus là pour voir ça!

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Je n’ai malheureusement pas retrouvé sur son site ni sur celui du Soir ce dessin de Pierre Kroll que j’aurais voulu citer ici parce que, sans être le plus drôle du caricaturiste, il était sans doute le plus pénétrant des éditos qu’on ait lu vu sur le MR ces jours-ci. Didier Reynders, les yeux cernés par la pelle du 7 juin, y constatait sobrement, après la réunion de l’intergroupe parlementaire des réformateurs: « Je le savais, ils n’ont pas de couilles ».

C’était cruel. Mais pas faux. Une énorme frustration s’est installée au sein du MR et y cristallise les clans en deux pôles: il y a les inconditionnels du grand ayatollah liégeois, les uns sincères, les autres tacticiens, et puis ceux qui râlent mais restent prudents.

La sortie, lundi dans Le Soir, de Sabine Laruelle, cheerleader des groupies du grand homme, a toutefois été révélatrice de la puissance dévastatrice latente des courants qui s’affrontent au sein du mouvement. Le MR a la fièvre. Mais il n’ose pas prendre sa température. Les symptômes restent périphériques: un coup de gueule du marginal Deprez par-ci, quelques ruades brabançonnes par là. Et les Michel qui rongent leur frein en tirant la gueule. On n’ose pas. Question de survie. Celle du parti et celles de ses individualités, qui hésitent à ouvrir pour de bon un conflit à l’issue incertaine.

C’est leur problème aux réformateurs. Il ne nous regarde pas, après tout. Sauf qu’il risque d’avoir de graves conséquences pour la situation politique et qu’il pourrait bien condamner le gouvernement fédéral à rester immobile dans la gestion de toutes nos crises.

Il faudra pourtant bien que ça bouge. D’une manière ou d’une autre. Puisqu’il n’y a plus personne sur la passerelle, ce sont les événements qui décideront. Ce serait passionnant à observer depuis Sirius. Le souci, c’est quand on est à bord, avec pour seule distraction l’orchestre qui n’en finit pas d’accorder les instruments. Enfin, qui fait semblant d’essayer…

Vous me direz que sur ce blog, on parle beaucoup des libéraux, ces temps-ci. Des réformateurs, si vous préférez. Mais est-ce ma faute s’ils font aussi souvent l’actualité, avec des interventions plus notables les unes que les autres? C’est Louis Michel cette fois, encore dans La Libre, comme Reynders. Et c’est re-mar-qua-ble! Du grand Michel! Du tout grand Louis! Accroche-toi Margaux, Big Loulou is back! Les bleus vont gagner les législatives de 2011, la campagne a commencé et c’est Magic Michel qui va coacher la dream team. Enfin, peut-être…

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Comme bien tu penses, ami lecteur, la rue de la Loi bruit ces heures-ci de 1.000 rumeurs. La plus insistante d’entre elles, qui ne vient pas seulement du camp d’en face, assure que l’affaire est pliée: deux oliviers ont virtuellement pris racine, au centre et au sud du pays. Et le pauvre Armand De Decker, qui ne mérite pas ça, lui, a lancé les invitations pour ce qui risque de se transformer rapidement en une sorte de « dîner de cons » dans lequel ses invités ne lui réservent pas le meilleur rôle. A sa place, moi, je décommande le protocole et je règle ça par téléphone: « Dites, les gars, vous ne voulez pas de nous, c’est ça? OK, voici les clés et l’adresse du traiteur, amusez-vous bien… »

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A la fin de l’émission télé que nous avons tous suivie religieusement dans le studio de Bel RTL, c’était Didier Reynders face aux Belges et à Pascal Vrebos, Louis a prononcé la sentence: « Très pro ». Et je n’ai pu m’empêcher de commenter: « Oui, trop ». Et c’est le problème de Reynders. C’est effectivement un vrai pro. Mais ça se voit. Trop.

Je ne parle pas ici de la sympathie ou de l’antipathie qu’on peut avoir pour le bonhomme, pour ses idées et pour son programme. Là, c’est autre chose. On n’attend pas de nous qu’on en débatte. On nous demande simplement de soulever le capot et de raconter ce qu’on voit, de tenter de comprendre comment ça fonctionne.

Avec ce client-ci, la métaphore s’impose: Reynders, c’est Robocom. Une mécanique de précision qui martèle ses coups avec une redoutable régularité. Mais probablement plus apte à vaincre qu’à convaincre. Ce qui peut être un handicap, en politique, quand il s’agit de faire basculer dans son camp les indécis.

On verra dimanche ce que ça donne.

Alors là, les amis, j’en reste baba. Cela fait maintenant un peu plus de 40 ans que je suis la politique belge, par intérêt ou à titre professionnel, mais un vaudeville de cet acabit, je l’avoue, je n’avais pas encore vu… Je parle bien sûr des derniers rebondissements de la saga Reynders – Aernoudt, le couple aux amours libertines et contrariées.

Il m’intéresse quand même assez  de voir ce qui va se passer dans les jours et les semaines qui viennent au sein du Mouvement Réformateur. Et l’impact que ces péripéties auront sur les résultats électoraux, le 7 juin prochain.

C’est son affaire, au MR. Il ne peut être question, ici, de suggérer ce qu’il aurait à faire. Mais que reste-t-il de crédibilité à la direction du parti? A son président, bien sûr, mais aussi à son bureau qui, vendredi, donnait le feu vert à l’arrivée d’Aernoudt à une écrasante majorité et qui, lundi, se pliait au diktat de sa composante FDF, inaudible quelques heures auparavant?

Vous avez dit: « inconsistance »? Reviens, Jean Gol, tes héritiers sont incompétents et, en plus, ils deviennent fous…

Emballez, c’est pesé. Pour prix de son adhésion au Mouvement réformateur, Rudy Aernoudt empoche un moelleux siège au parlement européen, soit un CDD de 5 ans assorti d’une plus que confortable rémunération et de quelques avantages extra-légaux. Ce sera certes un peu plus dur pour lui, depuis Strasbourg, de rendre aux Wallons l’espoir et la fierté qu’il leur avait promis, mais faut bien vivre, non?

Vous dites? Vous trouvez cette amorce « populiste »? C’est parce que j’aime me faire comprendre sans détours par celui à qui je m’adresse. Je trouve ça poli, de lui parler dans sa langue.

Notez qu’en fait, tout ça n’est pas mon problème. Moi, j’observe et je commente. Je ne roule pour personne, et surtout pas pour un parti. De plus, pour dire ce qui est au plus profond de mon âme citoyenne, la présence d’un Aernoudt sur une liste du MR m’éloigne a priori moins de ce parti que celle d’un Maingain, pour parler d’un autre grand « populiste », puisque c’est la façon nouvelle de désigner les démagogues.

Non, ce qui me gêne, c’est la manière. Un peu glauque, quand même, cette façon de créer un parti le 5 janvier, de lui faire tenir un congrès le 7 février, et de le mettre en liquidation le 21. Parce qu’enfin, les militants n’étaient peut-être pas légion, quelques dizaines, deux cents à tout casser, mais les remballer comme ça, au bout de six semaines, contre leur avis, je trouve ça pas net. Vous croyez qu’on parlerait encore de la Sainte Eglise, aujourd’hui, si Jésus s’était comporté avec ses 12 malheureux apôtres comme Aernoudt le fait avec ses 200 premiers militants? Avant même que le coq wallon ait chanté trois fois?

Parce qu’évidemment, si c’était une décision collective, il n’y aurait rien à redire, si ce n’est du point de vue de la com’. Mais la décision, elle a, au mieux, été prise à trois, les trois « fondateurs » de Lidé au regard de la loi sur les sur les associations sans but lucratif. D’organe politique collégial, point. Mais une indication sérieuse quand même, en sens contraire: sur son site web, Lidé avait lancé un sondage officieux pour prendre le pouls de ses membres sympathisants (c’est bien, ça!). La question: « Le mouvement doit-il aller seul aux élections? » La réponse (198 participants): 86% de « oui ». Ce sera donc non. Lidé n’existe plus, sinon pour ses trois membres…

Mais, dites-moi: Didier Reynders ne les paie-t-il pas un peu cher, ses emplettes?

On en fait des gorges chaudes, dans les coulisses de Bruxelles, de la participation du pétaradant sénateur MR, Alain Destexhe, à la prochaine présentation des priorités de Lidé pour la région-capitale. Cela se passe samedi matin, à la Fondation universitaire.

Et pourtant, il n’y aurait pas de quoi. Destexhe a poliment demandé l’autorisation de participer à son président, et celui-ci la lui a donnée. Lundi, Didier Reynders a sobrement informé le bureau du MR, de la chose.

Ne rêvez donc pas à une liste bruxelloise de Lidé emmenée par le picador d’Auderghem. Envisagez plutôt un ralliement du patron de Lidé au MR, pour un siège, quoi? Wallon? Bruxellois? Pariez plutôt pour l’Europe. Pas seulement parce que deux fonctionnaires européens s’affichent à la présentation des priorités bruxelloises de Lidé. Mais parce que personne n’imagine sérieusement ajouter Rudy Aernoudt à la fameuse trilogie MR – FDF – MCC.

Pas sûr cependant que tout le monde trouve ça génial, dans la grande maison bleue délicatement soutachée d’amarante. Rudy Aernoudt n’y compte pas que des amis, loin de là. En clair, il y en a qui accusent Aernoudt de n’avoir pas toujours eu des comportements en phase avec les idées qu’il avance, quand il fréquentait les cabinets wallons. Moi, je n’en sais pas plus, et tant qu’il en sera ainsi, je me tairai là-dessus.

Cela étant, point de vue contenu, les idées de Lidé pour Bruxelles ne me paraissent pas forcément stupides. Pour ce qui me concerne – mais vous me connaissez -, j’apprécie même assez que, du point de vue institutionnel, elles tranchent nettement avec l’obstination bornée que met le « front francophone » à défendre des revendications millénaristes et hors de propos de combattants perdus du Pacifique (ces fantassins japonais qu’on retrouvait de temps à autre dans un bout de jungle ou sur un îlot oublié, des années après la fin de la guerre).

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