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	<title>On a des choses à se dire &#187; meuse</title>
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		<title>Maastricht, récréation transfrontalière</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 11:38:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
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A Maastricht, pour l&#8217;heure, il y a de l&#8217;Italie qui descend la Meuse, que Brel me pardonne&#8230; En passant la frontière entre les deux Limbourg, le fleuve a changé de langue vernaculaire et le ciel est toujours bas en cette saison, si bas qu&#8217;à l&#8217;horizon embrumé, il se confond avec les eaux grises d&#8217;où sourd <a href='http://blog.pickme.be/2010/02/08/maastricht-recreation-transfrontaliere/'>[...]</a>]]></description>
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<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/02/maastricht.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1863" title="maastricht" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/02/maastricht.jpg" alt="maastricht" width="150" height="224" /></a>A Maastricht, pour l&#8217;heure, il y a de l&#8217;Italie qui descend la Meuse, que Brel me pardonne&#8230; En passant la frontière entre les deux Limbourg, le fleuve a changé de langue vernaculaire et le ciel est toujours bas en cette saison, si bas qu&#8217;à l&#8217;horizon embrumé, il se confond avec les eaux grises d&#8217;où sourd pourtant une musique de carnaval.</p>
<p>Au hasard des rues de la ville qui vit expirer sous ses remparts Charles de Batz de Castelmore, seigneur d&#8217;Artagnan, on croise maintenant des fanfares orange dont les cuivres rappellent bizarrement qu&#8217;il est encore long, le chemin de Tipperary, tsoin-tsoin, mais que le printemps brasse déjà la sève nouvelle dans le sol froid.</p>
<p>Et dans les vitrines, les décoratrices ont rêvé à Venise, à ses masques et à ses somptueux atours aux couleurs vives. Nous sommes à quelques lieues de Liège, mais aussi d&#8217;Aachen, là où se rencontrent les frontières de trois ou quatre destinées collectives au moins, celles des Pays-Bas, de l&#8217;Allemagne et de la Belgique, ou de la Flandre et de la Wallonie, qui s&#8217;échangent ici leurs accents et leurs mots.</p>
<p><span id="more-1862"></span>Aux devantures, le français n&#8217;est ici pas banni et il y a des commerçants qui, comme en Flandre, poursuivent dans ma langue quand je m&#8217;adresse poliment à eux dans la leur. Comme cette gentille serveuse du restaurant thai de la Rechtstraat: elle est de Lanaken, au Limbourg belge. Je lui raconte qu&#8217;un voisin d&#8217;outre-Moerdijk m&#8217;a un jour dit, comme je m&#8217;excusais de ma pratique hésitante du néerlandais: &laquo;&nbsp;<em>Oh nee, hoor&#8230; U spreekt tamelijk goed Nerderlands voor een Belg! </em>(Mais pas du tout, vous parlez plutôt bien le néerlandais pour un Belge). Elle rit sans complexe de la flegmatique ironie de ce pince-sans rire.</p>
<p>Au <a href="http://www.bonnefanten.nl/" target="_blank">Bonnefantenmuseum</a>, on a provisoirement mis les vieux maîtres hors-jeu. Mauvaise blague. Il n&#8217;y a qu&#8217;à s&#8217;avouer perplexe devant quelques installations minimalistes plutôt abstruses et à se consoler quelque peu avec une <a href="http://www.bonnefanten.nl/nl/hedendaagse_kunst/tentoonstellingen_en_presentaties/live_forever_elizabeth_peyton/" target="_blank">exposition temporaire</a> consacrée à Elizabeth Peyton. Une artiste américaine dont <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Elizabeth_Peyton" target="_blank">Wikipédia</a> m&#8217;apprend qu&#8217;elle est devenue célèbre, dans les années 90, en puisant son inspiration chez David Hockney et Andy Warhol.</p>
<p>Je prends acte en me disant que l&#8217;émotion est rare dans ces portraits tirés de photographies. A deux pas du <a href="http://nl.wikipedia.org/wiki/Vrijthof_%28Maastricht%29" target="_blank">Vrijthof</a>, l&#8217;église des Dominicains a été transformée en <a href="http://www.selexyz.nl/winkels/38/maastricht/dominikanerkerkstraat-1/" target="_blank">librairie</a>. J&#8217;y fais l&#8217;emplette d&#8217;un polar de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pieter_Aspe" target="_blank">Pieter Aspe</a> en V.O. Une de ses traductrices se joint parfois ici à la conversation. C&#8217;est donc une forme d&#8217;hommage que je lui rends.</p>
<p>Au rayon &laquo;&nbsp;histoire&nbsp;&raquo;, je craque devant une lourde étude en deux volumes. <em>De Lage Landen 1780-1980</em>. C&#8217;est une étude de ce que <a href="http://geschiedenis.vpro.nl/dossiers/24971291/" target="_blank">E.H. Kossmann</a>, un prof de l&#8217;université de Groningen, appelle &laquo;&nbsp;les jumeaux belge et et néerlandais&nbsp;&raquo;. Et ça attise furieusement ma curiosité.</p>
<p>Un café chaleureux sur la place. Un chocolat chaud et une part de <a href="http://nl.wikipedia.org/wiki/Limburgse_vlaai" target="_blank"><em>Limburgse Vlaai</em></a> aux cerises (un morceau de tarte, quoi), il est temps de rentrer. L&#8217;occasion de montrer à ma Bretonne ces Fourons tout proches qui m&#8217;ont tant occupé, il y a quelques années.</p>
<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/02/Fourons.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1864" title="Fourons" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/02/Fourons.jpg" alt="Fourons" width="179" height="269" /></a>Y entrer par le nord, en venant de Valkenburg par un chemin de campagne, est une expérience à faire par tout Wallon convaincu de l&#8217;injustice perpétrée en 63. La frontière entre les deux pays est franche et brutale, comme le guichet d&#8217;une administration. Mais les populations sont mobiles et je ne saurais dire si cette terre est plus flamande qu&#8217;hollandaise, ou plus wallonne que flamande. On croise des promeneurs à pied, probablement flamands, ils paraissent se rassembler dans un <em>trefcentrum van de Voerstreek</em>, à un jet de pierre du centre culturel francophone sur lequel se pavane la bannière jaune et rouge de l&#8217;Action Fouronnaise.</p>
<p>La frontière, c&#8217;est dans les têtes qu&#8217;elle a des barbelés. Cela devrait pouvoir se soigner comme un mal de gorge.</p>
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