• Eric Scherer a fait la synthèse en français de l’intervention d’Eric Schmidt, le CEO de Google, à la convention annuelle de journaux américains que je vous annonçais il y a peu.
  • Sur Poynter Online, mais en anglais cette fois, une transcription officieuse du débat qui a suivi l’exposé.
  • Jeff Bercovici se concentre, pour sa part, sur les questions liées au droit d’auteur et au copyright dans ce même exposé, et sur la surprise apparemment non feinte de Schmidt quant aux menaces d’Associated Press sur les éditeurs web qui font un usage abusif de contenus protégés: ce ne serait pas Google qui est visé.
  • Ce qui n’est aparemment pas vraiment vrai: l’accord entre Google et AP vient à échéance fin 2009 et Peter Kafka en tirait lundi la conclusion (voir son update à la fin de ce billet) que cette salve est en somme une façon de se positionner pour les négociations à venir (update 22:38)
  • Quelques propos décapants du CEO de Reuter qui demande pourquoi diable le New York Times aurait besoin de 6 à 700 journalistes. Il cite en exemple son agence, qu’il a réorientée vers une info plus ciblée.
  • Et pendant ce temps, la crise continue: le Boston Globe est dans l’oeil du cyclone, menace de fermeture à la clé si les syndicats bloquent le plan d’économies qui est sur la table.
  • Voyez enfin cette polémique entre Steve Proulx, auteur et journaliste free-lance canadien francophone et Hugo Dumas, journaliste à La Presse. On croirait retrouver, sous d’autres angles, les débats qui se développent dans mes commentaires entre journalistes et blogueurs.

Si ma veille vous intéresse, voyez donc ma liste de partage dans la sidebar de ce blog. Pour une veille collective sur plusieurs thèmes – dont les medias -, je vous recommande bien sûr aussi AAALiens, qui agrège les trouvailles d’une pléiade d’internautes français et belge.

Jean-Claude DefosséTrop bavard comme il peut souvent l’être, Josy Dubié annonçait l’autre jour à Mehmet Koksal, qui y faisait écho sur Twitter, qu’il ne briguerait plus de fonction élective (« C’est trop tard pour moi« ), mais que le 31 mars, il y aurait « une grosse surprise chez Ecolo ».

Ne cherchez pas trop loin qui sera la surprise: selon mes informations, qui viennent de plusieurs sources mais n’ont pas encore été confirmées par l’intéressé lui-même (je blogue pour mon plaisir, les amis, si vous voulez du vrai travail de pro bien recoupé, c’est possible mais c’est plus cher…), cette surprise s’appelle Jean-Claude, le petit frère de Josy, qui « poussera » la liste écologiste pour le parlement bruxellois, le 7 juin.

Jean-Claude? Oui, oui: Defossé (l’actuel homme-sandwich de Question à la Une, après avoir été le génial découvreur des travaux inutiles). Retraité lui aussi, d’ailleurs. Ce que j’ignore encore, c’est s’il pourra utiliser son pseudo sur les bulletins de vote ou s’il devra se présenter sous son vrai patronyme, Dubié. Quoiqu’il en soit, cela ne changera probablement pas nos vies, mais voilà donc un petit scoop: Jean-Claude posera désormais ses questions dans les urnes…

[MàJ 18/3/09 - 12:30] La question du jour, à la RTBF: Jean-Claude or not Jean-Claude pour la présentation de Questions à la Une, ce soir après le JT? A moins de trois mois des élections, on est en « période suspecte » et les règles sont les règles…

[18:55] Voici déjà la réponse à la question précédente: JCD sera bien à l’antenne, ce soir. Je vais vous dire: personnellement, ça me laisse froid, et je ne pense pas qu’on puisse dire dans quel sens cela pourrait influencer le vote des électeurs, ni même si c’est susceptible d’avoir une quelconque influence… Mais je pense qu’il était utile de provoquer la petite discussion, comme je l’ai fait: la transparence, ça ne fait jamais de tort, en démocratie. Pas vrai, Jean-Claude?

Dans un remarquable article que j’ai découvert via Jeff Jarvis, sur Twitter, Clay Shirky expose notamment que les révolutions se caractérisent par une inversion des perceptions. Normalement, ceux qui se contentent de décrire le monde autour d’eux sont généralement considérés comme des esprits pragmatiques, un peu terre-à-terre parfois; et les prophètes de temps nouveaux comme de doux rêveurs. Mais quand l’impensable se produit?

Avec la crise de la presse, dont on parle beaucoup ces temps-ci, c’est exactement l’inverse qui arrive. Les réalistes sont tenus pour des utopistes, alors que ce sont les conservateurs et les « modérés » qui font dans la fantaisie…

Shirky va plus loin: l’ère dans laquelle ont triomphé les journaux, dit-il, était une anomalie, provoquée par une inefficience. A savoir une limitation de la concurrence résultant des barrières financières placées à l’entrée du business éditorial. Cela coûte très cher, des rotatives – et un circuit de distribution. Mais comme il n’y avait pas d’alternative, lecteurs et annonceurs ont bien dû s’en contenter. Aujourd’hui, internet fait tomber ces barrières. Le business model de la presse s’effondre. C’est bien une révolution.

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Je viens de regarder sur la RTBF ce numéro d’InterMedias sur la crise de la presse écrite auquel j’ai eu la chance de participer, en deuxième partie. Quelques twiterronautes se sont un peu lâchés sur le contenu, bien sûr, mais je trouve pour ma part qu’Alain Gerlache tient bien la barre, avec de tels panels d’amateurs en télé – dont moi, bien sûr. D’où se détache, cette fois et malgré le petit handicap d’avoir à s’exprimer dans une autre langue que la sienne, Steve Samyn, du Standaard.

Il est un peu cruel, au fond, ce garçon, quand il explique à des francophones moroses que crise ou pas crise, son journal ne s’est jamais aussi bien vendu, probablement parce qu’il s’intéresse désormais plus à ses lecteurs qu’à lui-même et aux happy few. Sans compromis sur la qualité.

Et en gros, je crois que c’est la clé du problème, involontairement illustrée par l’étudiant de RNIS 2.0, Lionel, qui avoue rêver encore de lecteurs s’intéressant à ce qu’il fait, au lieu de rêver de faire ce qui intéresse ses lecteurs. Il y a trente ans, après le bouclage, accrochés au flipper chez Raimundo, nous fantasmions nous aussi sur le journal parfait, idéal, qui n’aurait pas besoin de lecteurs. Sans voir que c’est une contradiction dans les termes. Un journal est fait pour ses lecteurs, pas pour ceux qui l’écrivent.

A l’époque ça passait, quand il fallait se contenter d’un échantillon restreint de journaux  à l’étal du libraire. Avec Internet, ça ne passe plus. Le lecteur qui ne trouve pas chez vous ce qu’il cherche, il va le chercher ailleurs. Tout est accessible, et c’est gratuit. Le meilleur comme le pire. Superficiel ou hyperpointu.

Les éditeurs, comme Daniel Van Wylick (Le Soir), se rassurent en constatant qu’en Belgique, les sites de la presse écrite sont encore les premiers des sites de presse, entendez par là: devant ceux de la RTBF ou de RTL-TVi. Ils devraient voir aussi que globalement, ils ne sont plus les premiers sites d’info, celui du Soir tourne autour de la 50e place du classement général belge établi par Alexa, avec ses 100.000 visiteurs uniques. Les journaux n’ont plus le monopole de l’information, c’est ça qui change. Même Nokia commence à les concurrencer…

Il y a encore du grain à moudre pour plusieurs émissions d’InterMedias.

Lire aussi:

The Mole, Le Cassandre et l’impudent

Un site flamand que je ne connaissais pas jusqu’ici (clint. be, 20.000 visiteurs uniques/jour, d’après Metriweb) s’offre une méga-pub, en Flandre, avec un mini-scandale. Pour lancer son blog sur les élections régionales et européennes de juin, il a confié à Think Media la conception d’une affiche qui subit les foudres du JEP, ordre de la retirer à l’appui.

Voici l’objet du (joli?) délit, via le site (en français) de la VRT:

clint.jpg

Oui, bof, c’est toujours le même procédé, au fond. Comme une dame l’observe en commentaires, sur le site: « Bien joué: avant cette affaire, je ne savais même pas que clint.be existait ». Maintenant on sait. On sait aussi, par exemple, que Marie-Rose Morel (Vlaams Belang) misera sans scrupules sur son cancer pour renflouer les urnes de son parti (enfin) déclinant.

Je serais long et ennuyeux si je vous racontais pourquoi les comptes bancaires de ma société sont logés à… Dinant. Et ce n’est pas le sujet. Il se trouve qu’aujourd’hui j’étais dans la cité de la couque et du saxophone, et que j’y avais une demi-heure à tuer en attendant mon banquier. Je me suis plongé dans la lecture attentive de Vers l’Avenir et particulièrement de son cahier « province de Namur ».

C’est plutôt bien foutu, je trouve. Conceptuellement en tout cas. Un peu trop centré à mon goût sur le chef-lieu, mais les sujets principaux vont bien au-delà du bal des pompiers et des noces d’or qui sont le lot quotidien de la PQR française, par exemple. Une manchette sur une polémique urbanistique à Anhée, deux pages sur l’église Notre-Dame (désaffectée) à Namur, deux autres sur la journée des artisans du Namurois, ce dimanche. Et de la locale, voire de l’hyper-local, bien entendu.

Un canard comme celui-là remplit sa fonction, qui n’est pas celle de ses confrères « nationaux » comme Le Soir ou La Libre. Il parle de l’actualité de ses « communautés » à ses « communautés ». Mais ce qui me frappe surtout, et ça je l’ai constaté plus tard, une fois de retour sur mes terres et devant mon écran, c’est que son site internet est très largement en avance sur ceux du Soir et de La Libre.

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La Libre sort avec élégance, dans son édition « papier » de ce matin, du faux-pas qui l’avait conduite la veille à refuser, sans explication, la publication de la carte blanche des universitaires consacrée à la situation au « Vif » (voir mes précédentes… éditions!): elle publie finalement le texte dans sa page « débats » et propose, à côté, la réponse d’Amid Faljaoui, le directeur des publications francophones de Roularta. Avec en prime un commentaire de Michel Konen.

Le Soir, lui, reste sur ses positions et se contente, en page 36, d’un mini-dossier un peu hâtif, très « gazette 1.0″, dans lequel il donne la parole aux différents protagonistes de cette affaire qui a ému la belgosphère, des blogs à Facebook (mon petit blog a crevé, hier, tous ses plafonds de fréquentation…)

Et maintenant, le constat qui tue: sur le site internet du Soir, pas une ligne, à 9h39 du moins. Peut-être cette nuit, en archives, pour ceux qui auront le courage d’y fouiller? Sur celui de La Libre, toujours pas de Faljaoui à 9h41. ni même le commentaire du rédacteur-en-chef, Michel Konen. On ne saurait mieux souligner à quel point tout reste à faire, dans les rédactions du Royaume, pour s’adapter à la nouvelle donne que constitue le web.

[Màj 16:18] Ai-je été entendu ou étais-je distrait? Voici maintenant, sur le site de La Libre, la réponse d’Amid Faljaoui et le commentaire de Michel Konen. Celui-ci était là depuis 8h00, nous dit Valérie en commentaires, ci-dessous, mais le moins qu’on puisse dire est qu’il n’était pas placé en évidence… Le Soir publie aussi sur son site, daté de 9h20, le principal article de son dossier, avec un lien externe vers le site de l’association des journalistes professionnels, ou a notamment été publiée la fameuse tribune.

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Je ne suis pas sûr que les concepteurs de « Répondez à la question » (RTBF) n’aient pas voulu réserver le beau rôle aux journalistes invités à « cuisiner » plus ou moins sadiquement un homme seul – ou une femme, il serait temps! Au 4e numéro – je n’ai pas regardé Daerden, il me gêne -, je me dis qu’ils se sont alors plantés. C’est systématique à présent: De Wever, Miller et Javaux, hier, sont tous les trois sortis grands vainqueurs du match proposé à chacun d’eux.

Le co-président d’Ecolo, je l’ai trouvé brillant hier soir. Vous me direz sans doute qu’une physionomie avenante et souriante – une « bonne tête » – cela aide pour ce genre d’exercice, mais il y a surtout que, que l’on soit d’accord ou pas avec les idées qu’il avance, ce type respire l’honnêteté, la sincérité par tous les pores de sa peau.

Bref, que l’invité soit un « méchant » qu’on malmène (De Wever), un « gentil » qu’on fait mine de chatouiller (Javaux) ou un « brillant » qu’on tente d’asticoter (Miller), cette émission est surtout un formidable faire-valoir  pour le gaillard qui est théoriquement sur le grill. Et pas vraiment un « cadeau » pour les journalistes…

Lire aussi:

Une réunion vient de s’achever, à La Libre, entre la rédaction et son rédacteur-en-chef, Michel Konen. On me dit que ce fut « franc et cordial ». Et que ça débouche en tout cas sur un accord: La Libre va finalement publier la tribune qu’avait consacrée au « Vif » et à ses moeurs une belle brochette d’universitaires un tout petit peu scandalisés et inquiets (voir mon billet précédent).

L’article sera accompagné de quelques lignes d’explications de Konen et Amid Faljaoui se verra proposer une opportunité de répliquer. C’est très cohérent, mais… on aurait peut-être pu commencer directement par là, non? C’était d’ailleurs la proposition de la SDR. Et au Soir? Patience, les infos vont sûrement venir. Mais si la hiérarchie de La Libre s’est rendue aux vertus de la transparence, Le Soir pourra-t-il ne pas s’aligner? Mateusz parie que non et Jean-Jacques Jespers confirme: le quotidien prépare un dossier sur l’ »affaire ».

A quelque chose malheur est bon, en tout cas: quelques-uns des amis que j’ai à La Libre m’ont confirmé au téléphone, il y a quelques instants, que toute cette histoire est à leur yeux une parfaite leçon de choses. Ils ont tous vu et compris, dans le réel, les dégâts d’image que peut provoquer une affaire comme celle-là. Il n’est plus possible de diriger une entreprise (ou un gouvernement) « à l’ancienne », quand l’information circule en temps réel sur la Toile. Voyez par exemple  ce tweet de Laurent Goffin (Emakina Belgium), plus tôt dans la journée:

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C’est bien là tout ler problème, assez nouveau pour les éditeurs et les journalistes: ils peuvent bien sûr continuer à négliger internet, à regarder de haut toute cette agitation et à croire qu’ils pourront s’en sortir en laissant courir un simple fil de dépêches sur leur site. Ils peuvent. Mais ils ne peuvent pas empêcher internet de s’occuper d’eux. Comptez sur moi pour revenir très vite là-dessus!

Voir ici la très bonne synthèse de la polémique sur le site RTBF-Info. On comprend mieux le web, à Reyers… [MàJ 18:06]

En ce moment où j’écris, Marc Metdepenningen est occupé à « chatter » avec les lecteurs du Soir, sur le site du journal. Les questions et commentaires fusent. Ce qu’il m’intéresse de savoir, c’est comment il a vécu, lui, cette expérience de « journalisme immédiat » et quelles sont les conclusions qu’il en tire. Je lui pose la question. Il me répond ceci:

@Charles. Content de te répondre Charles (ai vu ton blog). Je crois que l’émotion peut être maîtrisée, dès lors que la connaissance suffisante du dossier est là. Avant le procès, j’avais lu les 4.000 pages de procédure. Il est cependant imparable d’écrire de temps à autre un « mot de trop » ou « pas assez », la difficulté de l’exercice étant bien sûr de rapporter fidèlement ce qui se dit mais aussi de le rendre compréhensible, le langage parlé n’étant pas toujours conforme à ce qui aurait été exprimé par écrit.

Je ne le relance pas car je ne tiens aucunement à monopoliser le crachoir, mais j’aimerais beaucoup aller plus loin là-dessus. N’hésitez donc pas à laisser ici vos commentaires.

Crédit photo: P.-Y. Thienpont, Le Soir

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