Je me suis promené hier dans les différents « magasins » de la Foire du Livre, sur le site de Tour & Taxis. En fait, je n’y serais peut-être pas allé si je n’avais eu envie de saisir l’occasion d’y retrouver Michel Rosten, dont le deuxième livre vient de sortir de presse (La Houle des Jours, aux éditions de l’Age d’Homme). Je vous en parlerai bientôt. Mais vous pouvez déjà lire ici ce qu’en dit Jacques Franck, une autre très grande plume de ma bonne vieille Libre.

Les journaux doivent En cherchant un bar accueillant et après avoir croisé Michel Drucker et Jean-Claude Marcourt (ce qui n’a rien à voir), nous tombons sur Monique et Robert Verdussen et, forcément, la discussion s’engage sur notre ancienne gazette à tous les quatre. Il paraît que la rédaction est une fois de plus en ébullition sur une idée curieuse de la direction: réduire encore le format du journal… et raccourcir les articles, faire bref, toujours plus bref.

Je ne connais pas les tenants et les aboutissants du projet mais, à première vue, comme ça, il me paraît à moi aussi particulièrement stupide.

La presse quotidienne souffre le martyre au beau milieu de la révolution numérique, c’est entendu, mais ce n’est pas en abandonnant les atouts qui lui restent qu’elle en sortira à son avantage.

Ses atouts, il sont dans ses exclusivités. Certainement pas dans la transformation de tous ses articles en simples dépêches comme on en trouve facilement et gratuitement à foison sur le Net et dans Metro. Sur le web, il faut impérativement faire court pour être lu, et compenser les ellipses par l’hypertexte. Les journaux, de lecture plus confortable qu’un écran, peuvent se permettre de faire long. Ils doivent faire long. Ou disparaître dans l’anonymat.

Oublier l’exhaustivité

Ils peuvent par contre songer sans inconvénient à réduire le nombre de leurs pages de manière draconienne. Toutes celles déjà qui ne sont que des bases de données et qu’on appelait jadis les « services aux lecteurs ». Les lecteurs, ils n’ont plus besoin de trouver imprimés dans leur journal les cours de bourse (incomplets), les pharmaciens de garde, les programmes de théâtre et de cinéma, les résultats et classements de football, tennis, cyclisme, etc. Ils ont tout ça sur le net. Ou dans Vlan.

Je ne ferai une exception que pour les annonces nécrologiques, tant qu’elles rapporteront à l’éditeur plus de sous qu’elles coûtent à être imprimées…

La presse quotidienne, en Belgique, peut ensuite oublier l’ambition d’être exhaustive. Si les élections aux Etats-Unis ou en Espagne m’intéressent, sorry, mais ce n’est plus dans La Libre ou dans Le Soir que j’irai m’informer. Là, de simples dépêches de quelques lignes se justifient amplement. A moins bien sûr qu’une plume d’élite, une vraie, figure dans l’écurie rédactionnelle pour m’apporter un éclairage spécifique, personnel, vraiment informé. Mais ce que pense du Moyen-Orient ou de l’Amérique latine un brave type qui n’y a mis qu’une ou deux fois les pieds dans sa vie et ne tient sa science que de quelques livres que j’ai lus moi aussi, et de l’accès à des dépêches d’agence qu’on peut trouver n’importe où, franchement…

Bref, voilà. Les journaux doivent faire des économies, c’est entendu. Mais elles ne peuvent pas être linéaires, à aucun prix: qu’ils (re)deviennent donc indispensables, chacun pour ce qui le concerne, dans leur niche, dans leurs domaines d’expertise; qu’ils nous donnent là, en long et en large, sur plusieurs pages, ce qu’on ne pourra pas trouver ailleurs. Et qu’ils fassent l’impasse sur le reste. On ne leur en voudra pas. Au contraire: c’est la seule bonne raison qu’on a d’encore les acheter.

Et encore une nouveauté 2.0. A la RTBF cette fois. Tout arrive… ;-)

Cela s’appelle Intermedias et ce sera à la fois une émission (la première le 10 mars, à 22 heures) et une plate-forme internet et interactive basée sur un ning amélioré. Elle sera évidemment centrée sur les nouveaux medias. Aux manettes (je n’ai pas encore vu l’organigramme), il y aura Alain Gerlache, journaliste de talent devenu aussi blogueur assidu comme le savent déjà mes lecteurs fidèles et… et… vous devinez?

Oui! Damien forcément… Tout fier d’avoir réalisé la bande-annonce la moins chère de toute l’histoire de la RTBF.

PS: Pour être tout-à-fait dans le vent, l’émission crée aussi son groupe sur Facebook. Mais là, je suis d’accord avec François: sans moi!

rue89_logo.gifUn des fondateurs de Rue89 quitte le navire en claquant la porte (si j’ose dire…) Il s’en explique sur son site à lui: « L’idée fondatrice du projet, « l’info à trois voix » (la voix des experts, des internautes et des journalistes) n’est aujourd’hui qu’une caution vide de sens« . Et d’accuser le canard électronique d’être retombé dans les vieux travers de la presse mainstream et d’être simplement devenu un journal électronique d’opposition.

L’information n’est pas capitale, mais elle me paraît intéressante parce qu’elle relance un peu le débat sur la nature et sur le rôle de la presse d’information d’une part, sur la portée de la « révolution digitale », de l’autre.

Car si l’on en juge par sa fréquentation, Rue89 va plutôt bien, à ce qu’il paraît. Mais son modèle économique est encore incertain (financement par la pub) et son projet éditorial encore trop marqué, me semble-t-il, par une approche « généraliste » et « tous terrains », à l’image des gazettes du XXe siècle.

L’ère dans laquelle nous entrons se caractérise par un accès quasiment illimité et gratuit à toutes les sources d’information de la planète: en un simple clic, vous pouvez vous faire livrer n’importe quel journal en ligne de partout dans le monde.

Et c’est peut-être là que Michel Lévy-Provençal se trompe. Il revendique pour Rue89 des journalistes qui se limitent à ce qu’ils sont censés le mieux faire, dit-il: trouver vérifier et rendre l’information, de la façon la plus claire et la plus neutre possible.

C’est déjà un idéal purement théorique, et donc sujet à caution: l’information est une mise en forme et en perspective de faits et de données; elle est donc forcément toujours subjective à quelque degré, car elle constitue ainsi une interprétation du réel. Et on interprète toujours à partir d’un point de vue, le sien. Ce qui ne vaut pas seulement pour les commentaires et éditoriaux – qui sont ouvertement des opinions – mais aussi pour toute information, qui dépend toujours des faits que l’on a choisis et ordonnés pour la produire.

Mais même sans chicaner là-dessus, il reste que c’est le modèle éditorial des journaux que nous connaissons encore – et qui ne vont pas bien – qui est aujourd’hui en cause. Parce qu’il ne s’agit plus d’apporter l’information au lecteur captif; le lecteur, il peut désormais aller chercher l’information là où elle se trouve. N’importe où.

Une étude TNS-SOFRES réalisée au mois de janvier et dont je prends connaissance via blogAngels suggère que ce qu’on appelle entre initiés le « web 2.0″ (en gros: les medias sociaux de type réseaux, blogs, forums, wikis…) progresse à vive allure dans la population française. Celle-ci compterait un quota de 62% d’utilisateurs d’internet, plus de 90% de ceux-ci utilisant au moins un de ces medias.

Il n’y a pas de bonne raison de penser que les chiffres soient très différents dans notre Belgique si proche. Mais ce qui me paraît surtout intéressant, ce sont les attentes de ces internautes vis-à-vis des entreprises, qu’ils invitent clairement au dialogue en leur demandant d’ouvrir des espaces de discussion pour et avec leurs salariés, et avec leurs clients et le public.

Je serais curieux de savoir ce que donnerait aujourd’hui une sérieuse enquête au sein desdites entreprises: il me semble que le changement de paradigme dans la communication corporate n’y est pas toujours très bien perçu, un peu à la mode de Louis XVI demandant si la rumeur de 1789, sous les fenêtres de Louvre, était celle d’une émeute. Comme chacun sait, il lui fut répondu: « Non Sire, c’est une révolution« .

Lire aussi, à ce propos, le toujours pertinent Bertrand Duperrin.

Il y a quelques jours, Alain Gerlache avait la bonne idée de demander à ses lecteurs ce qui les avait marqués en 2007. Enfin… A la réflexion, je ne suis pas sûr que ce soit une très bonne idée: la conversation a rapidement dévié vers des considérations annexes, comme souvent (toujours?) dans les forums… Mais bon: reste qu’un petit coup d’oeil dans le rétroviseur, à certaines époques de l’année, est une bonne façon de reprendre son souffle et de faire le point.

Au terme d’une année complète de blogging (ce site a démarré le 19 janvier dernier), je me suis donc demandé, en parcourant ma petite production, ce qui mériterait de prendre place dans une rétrospective comme en produisent à satiété les gazettes, ces temps-ci. Et, sans hésiter, je vous propose ceci, comme je l’ai fait sur le blog d’Alain, en commentaires:

loudoun.GIF

C’est donc le premier site « hyperlocal » du Washington Post, (oui, oui: LE Post): Loudoun Extra.com. Oui, je sais: un championnat local de basket-ball féminin dans la grande banlieue de Washington DC, ça vous laisse froid. Moi aussi. Aussi bien, ce n’est pas le score des Falcons qui m’intéresse. Mais l’idée d’un journalisme de proximité, qui apporte à son public les informations qui, pour lui, sont signifiantes. Allez donc voir, non pas les infos, mais la structure de ce site, ses rubriques. Génial!

Les journaux classiques – et la télévision – sont des mass-media, des medias de masse. Avec la révolution internet qui se déroule sous nos yeux, nous changeons d’époque et de paradigme, nous entrons dans l’ère des medias des masses, selon l’heureuse expression de Joël de Rosnay. Ce qui signifie deux choses, à mon humble avis:

* d’une part la possibilité de publier des informations dont la diffusion, jusque là, ne pouvait de faire que de bouche à oreille, principalement pour des raisons de coût: le prix du papier, celui de l’encre… Le coût marginal de l’information était jusqu’ici trop élevé pour que puissent être diffusées des infos qui n’intéressent qu’un public limité. Avec les TIC, ces coûts s’effondrent, l’information peut être stockée et rendue accessible;
* d’autre part et corollairement en somme, car les barrières financières à l’entrée du monde de l’édition se sont effondrées, la possibilité pour tout un chacun qui a quelque chose à dire de s’adresser instantanément à la terre entière, de devenir soi-même un producteur d’information, un éditeur, si vous préférez.

L’histoire de la diffusion des idées et de l’information se divisait jusqu’ici en deux époques, avant et après l’imprimerie. En démocratisant l’écrit, en le rendant accessible au plus grand nombre, celle-ci a permis l’avènement de la démocratie mais n’a développé que des modes de communication verticaux: c’est l’époque des élites reconnues, cooptées par les détenteurs des moyens de production de l’écrit (livres, journaux), de la parole (radio) et du geste (télévision), pouvoir filtrant opérant selon ses propres critères.

Par essence, la « démocratie internet » est beaucoup plus multipolaire, polypolaire même, si je peux m’autoriser ce néologisme. Ah… bien sûr, elle produit sans doute aussi beaucoup plus de scories et de « chats » de café du commerce, sans intérêt aucun. Mais depuis quand l’usage du marteau doit-il être prohibé parce qu’il permet de fracasser un crâne aussi bien que de planter un clou?

La troisième époque de la communication et de la diffusion des idées s’ouvre donc avec la révolution numérique. Beaucoup de choses vont changer, des adaptations parfois douloureuses vont devoir s’opérer. Ce sera, comme toujours, sur le mode de la procession d’Echternach: trois pas en avant, deux pas en arrière. On va (on a déjà commencé…) inventer un tas de choses inutiles, s’exciter sur elles et puis les délaisser. Mais ce ne sera plus jamais comme « avant ».

Il m’a semblé que la création par un grand journal réputé d’un site internet « hyperlocal » était un moment significatif, symbolique de cette (r)évolution qui se fait sous nos yeux et qui nous interpelle, tous autant que nous sommes. Je trouve cela bien excitant. Pas vous?

Si vous en voulez plus, voici quelques billets que j’ai publiés cette année sur ce thème. Vous y trouverez plusieurs liens externes intéressants:

* A propos d’une révolution dans la communication (17 mai);
* Bill Gates et moi, on est d’accord! (22 mai);
* Un défi pour la communication d’entreprise (27 mai);
* La révolution numérique dans la diffusion du savoir (3 juillet);
* Le Washington Post s’engage dans le journalisme hyperlocal (21 juillet);
* Nouvelle communication (4): conclusions très provisoires (20 novembre).

Dans son cahier « En été », Le Soir rapporte des anecdotes de la vie quotidienne de la rédaction. En les pimentant d’un petit jeu consistant, pour le lecteur, à séparer le vrai du faux. J’avoue que, l’une ou l’autre enjolivure mise à part, l’histoire racontée ce samedi par Luc Delfosse est bien le reflet de la vérité…

Mais cet article aussi a une histoire. Elle a commencé hier, vendredi, vers 12 heures trente, sur le trottoir de la rue de l’Enseignement, à deux pas du « Swâr », où nous étions attablés ensemble, Luc et moi, pour la première fois depuis un nombre scandaleusement incalculable de saisons. J’y ai découvert avec la stupéfaction que vous mesurerez après avoir lu son papier, que Luc accompagne désormais son magret de canard au poivre rose de quelques verres d’eau pétillante. Le sens et le poids des responsabilités, sans doute: il est aujourd’hui rédacteur-en-chef adjoint, et chacun sait qu’un rédac’chef, ça ne picole jamais ;-)

Après tout ce temps, forcément, nous en avons consommé un peu à égrener les souvenirs que nous gérons en copropriété. Dont ce fameux déjeûner avec Gérard Deprez, alors président du PSC, dans la cave de la rue des Deux-Eglises.

Luc a brusquement sursauté, envoyant valdinguer dans la rigole quelques baies de poivre rose: « Je le tiens, mon papier pour ce soir! » Moi: « Chiche! » Il faut toujours mettre Luc au défi si vous voulez l’amener à accomplir une quelconque performance. Et ça n’a pas raté. Il est maintenant dans le domaine public qu’un jour midi de l’été 1989, la rédaction politique du Soir a concélébré, un jour de semaine parfaitement ouvrable, le culte de Bacchus avec le président d’un parti de la majorité de l’époque… Au point d’avoir la tête un peu ailleurs au moment de fabriquer l’édition du lendemain.

La plume de Luc est d’une nature aussi indépendante que les neurones de son propriétaire. Le plaisir d’une arabesque lui est si précieux qu’elle n’y résiste que rarement; la plus banale interpellation d’un obscur dépité, le plus plat des communiqués émanant du conseil des Sinistres (mes respects si d’aventure vous me lisez de Là-Haut, monsieur Colucci), s’en trouvent à l’occasion métamorphosés en véritables chansons de geste…

J’ai donc pris beaucoup de plaisir a lire ce morceau de bravoure, à revoir entre deux nuées, la mine gourmande et réjouie de mon (notre) cher Guy Depas, en allé sur un volute de cigarette assassine et, plus généralement, à évoquer une époque où, dans la classe politique belge, il restait des ténors pourvus d’une assurance suffisante pour savoir, à l’occasion, tomber le masque avec la veste, et se comporter en êtres humains. Mais là, en revenant sur la « une » et sur la bobine d’un petit notable ouest-flamand appelé à la barre d’un vaisseau devenu fantôme, je crois que je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…

P.S.: Je regrette de ne pouvoir vous faire accéder ici à ce morceau de bravoure: je ne l’ai pas trouvé dans l’édition du Soir en ligne.

Jolie surprise pour les lecteurs de « La Libre Belgique » ce matin: une plate-forme de blogs gratuits toute neuve, la première dans la presse francophone en Belgique. Le quotidien, qui offre déjà intelligemment sur son site la quasi-totalité de son édition « papier » confirme ici avec un certain éclat son orientation résolument multimédia.

D’aucuns jugeront sans doute que, pour les convaincus du blogging, l’offre est déjà pléthorique, tant en matière de blogs « hébergés » que de logiciels gratuits ou presque. Mais, comme je l’ai déjà souligné, nous ne sommes pas forcément, en Belgique, du bon côté de la « fracture digitale »: nous comptons relativement peu de blogueurs en comparaison de la France, par exemple (et des Etats-Unis, cela va sans dire). Une initiative comme celle-là peut donc contribuer utilement à poursuivre l’ »évangélisation » de nos contrées…

La plate-forme de « La Libre Belgique » (qui s’étend à la D.H. et à la Libre Essentielle) est propulsée par Blogspirit et son interface utilisateur est une copie conforme de ce que l’on peut trouver chez Haut et Fort, avec les mêmes fonctionnalités d’un emploi ultra-simple.

Pour donner du lustre à la démarche, La Libre a recruté quelques blogueurs de choc comme Thierry Marchandise, ancien procureur du Roi. et Damien Van Achter (Blogging the News) qui propose ici d’autre part en podcast un entretien avec Renaud Hermal, le rédac’chef multimédia des journaux du groupe IPM (n.b.: corrections apportées ce 19/4 à 20:00, suite aux commentaires de Damien, ci-dessous).

Quant à moi, je me suis invité et j’ai déjà ouvert sur la plate-forme un « Blog 101 » qui, en complément et en support de mon navire-amiral que vous êtes en train de lire, s’adressera plus spécialement aux grands néophytes de la blogosphère.

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Si j’avais su, j’aurais réservé un peu de temps pour ces Assises internationales du journalisme qui se tiennent à Lille, jusqu’à ce soir. Pas seulement parce que cela a été mon métier pendant quinze ans, mais surtout parce qu’on est ici en présence d’une question de société qui me paraît importante.

La presse est en crise. Et vous en êtes une des causes. Oui, vous: les internautes et les blogueurs. Qui menacez les journalistes professionnels dans leur existence… La preuve: les organisateurs des assises ont eux-mêmes lancé un blog pour rendre compte des débats. Ce sont apparemment des jeunes de l’ESJ qui l’alimentent. Il est plus complet que ce qu’aucun organe de presse pourra jamais publier sur le sujet.

Je reviendrai sur ce débat qui mérite réflexion. D’ici là, je vous propose, pour patienter, quelques lectures qui m’ont paru instructives:

- Vers la fin du quotidien papier

- Journalistes contre blogueurs: le point de vue d’un économiste

- Sur le journalisme participatif

- Un document de Greensboro (NCa – USA)

Guy Daloze dirigeait la rédaction politique de La Libre Belgique quand j’y suis entré, en 1980, vers la fin de mon service militaire. Il s’en est allé par surprise, à 66 ans. Ses funérailles auront lieu dans quelques heures. J’y serai, bien sûr.

Mais je ne veux pas te laisser partir, cher Guy, sans te saluer ici, dans mon journal.

Il n’y a sans doute pas grand-chose à ajouter à tout ce qui a été écrit sur toi, ces jours-ci. Je voudrais simplement dire ici, c’est personnel, que tu a été de ceux sans qui je ne serais certainement pas tout-à-fait le même, aujourd’hui. Merci, donc. Sincèrement.

Thérèse, Olivier, je pense à vous ce soir.

Charles

La société Nielsen//NetRatings, spécialisée dans la recherche sur les media online indique dans une étude publiée il y a quelques jours que le nombre de visiteurs uniques enregistrés sur les blogs publiés par les journaux américains a augmenté de 210% entre décembre 2005 et décembre 2006. Dans le même temps, l’audience des journaux eux-mêmes ne croissait « que » de 9%.

C’est l’interactivité qui est probablement à la base de ce qui paraît être bien plus qu’un effet de mode: l’analyste en charge de l’étude expose que commenter un post c’est comme écrire au courrier des lecteurs. Mais c’est incontestablement plus rapide et efficace.

L’étude comprend quelques autres données chiffrées sur l’audience de ce nouveau media et sur les dépenses publicitaires des annonceurs.

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