La patronne française du Val Saint Lambert, Sylvie Henquin, ne manque pas d’aplomb (appelons-ça comme ça…). Interrogée par Pierre-Yves Warnotte, du magazine Trends-Tendances, sur la très médiocre et rarissime information dispensée aux actionnaires de sa société, cotée sur le Marché Libre d’Euronext Bruxelles depuis le 15 décembre 2005, elle répond: « A mon sens, j’ai toujours bien communiqué avec la Bourse. Cela étant, j’ai préféré annoncer les nouvelles négatives en association avec le résultat de fin d’année. J’ai pensé que cela ne valait pas la peine de prévenir le marché« .
Oufti, comme on dit à Liège…
Les faits:
- Le 13 décembre 2006, Sylvie Henquin déclare à Fabian Lacasse, de « L’Echo« , qui l’interroge sur la chute du cours de bourse de l’action du Val: « Il n’est pas encore possible de confirmer formellement les pronostics précédents car décembre est le mois le plus chaud de l’année, mais ça se présente bien (…) L’évolution du cours de bourse n’a rien à voir avec le développement de l’activité industrielle« .
- Le 18 avril 2007, le même Lacasse (peu suspect d’être mal disposé à l’égard du Marché Libre et de ses pensionnaires…) écrit à la une de L’Echo: « Les résultats réalisés l’an dernier par Val Saint Lambert International (VSLI)sont loin de correspondre aux promesses formulées dans le prospectus de son ouverture au public. Pourtant, le cristallier n’a jamais publié de « profit warning ». Et d’expliquer dans les pages intérieures que les revenus 2006 s’arrêtent à € 3,03 Mos au lieu des 6,5 Mos prévus dans le prospectus et que les 400 K€ de résultat net sont remplacés par… une perte de 80K€!
Heureusement qu’il est là, Fabian Lacasse. parce qu’à parcourir le site web de VSLI, on serait bien en peine de deviner que la société est cotée en bourse: pas la moindre petite information pour les actionnaires. Sur le site d’Euronext, les derniers chiffres de la fiche « profil de la société » sont ceux de… 2004! Et dans les « actualités » (?), deux communiqués à contenu financier seulement: le 28 avril 2006, pour les résultats 2005 et le 10 juillet 2006, pour le chiffre d’affaires du premier semestre. Depuis lors: le black-out intégral!
Et sur le site de Small Caps Finance, qui publie religieusement tous les extraits de presse relatifs aux sociétés qu’elle a introduites sur le Marché Libre, même topo…
Le plus comique – si on a l’humour un peu grinçant -, c’est que Sylvie Henquin se demande aussi, dans son interview à Trends-Tendances, s’il ne va pas bientôt lui falloir « du financement supplémentaire« . Lucide (?), elle avoue ignorer si elle fera encore appel à la bourse… Dans les circonstances actuelles, on hésite un peu à le lui conseiller…:-(
A noter que dans la même livraison de l’hebdo économique et financier de Roularta, Sébastien Buron interroge Jean-Paul Servais, le nouveau patron de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) sur ces ratés dans la communication financière de certaines sociétés cotées sur les marchés non réglementés. Extrait de la réponse: « La législation ne prévoit pas de contrôle de l’information continue par la suite [ndlr: après l'approbation du prospectus d'émission]. La CBFA veut bien intervenir mais pour autant qu’elle ait les compétences nécessaires à cet effet. Ce qui n’est pas prévu pour l’instant« .
Dommage?
N.B.: Peu après l’introduction en bourse des actions VSLI, le marché a laissé entrevoir quelques symptômes d’une « exubérance irrationnelle » et le cours a brièvement flambé à €14,95 (le 16 janvier 2006, sur près de 16.000 titre échangés). Il a coté à 7,25 vendredi, 50 centimes au-dessus de sa première cotation, le 15 décembre 2005.
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