Maastricht, récréation transfrontalière
Lundi 8 février 2010
A Maastricht, pour l’heure, il y a de l’Italie qui descend la Meuse, que Brel me pardonne… En passant la frontière entre les deux Limbourg, le fleuve a changé de langue vernaculaire et le ciel est toujours bas en cette saison, si bas qu’à l’horizon embrumé, il se confond avec les eaux grises d’où sourd pourtant une musique de carnaval.
Au hasard des rues de la ville qui vit expirer sous ses remparts Charles de Batz de Castelmore, seigneur d’Artagnan, on croise maintenant des fanfares orange dont les cuivres rappellent bizarrement qu’il est encore long, le chemin de Tipperary, tsoin-tsoin, mais que le printemps brasse déjà la sève nouvelle dans le sol froid.
Et dans les vitrines, les décoratrices ont rêvé à Venise, à ses masques et à ses somptueux atours aux couleurs vives. Nous sommes à quelques lieues de Liège, mais aussi d’Aachen, là où se rencontrent les frontières de trois ou quatre destinées collectives au moins, celles des Pays-Bas, de l’Allemagne et de la Belgique, ou de la Flandre et de la Wallonie, qui s’échangent ici leurs accents et leurs mots.

