Quelle déception! La Libre m’avait fait rêver, hier, avec l’annonce d’une nouvelle rubrique online sur « le meilleur du web ». Je trouvais bien un peu bizarre qu’on me promette un rendez-vous quotidien, à heure fixe, la première caractéristique du media étant d’être un flux continu, mais soit. Si l’on veut extraire « le meilleur », il faut une intervention humaine et, compte tenu de la modestie des moyens mis en oeuvre, je pouvais deviner que ce ne serait pas un full-time job.

Ce n’en sera pas un, en effet. Le meilleur du web, dans La Libre, c’est la plus banale et la plus ringarde des revues de presse à l’ancienne, avec juste un lien vers la home page des sites internet de la presse. Ce qui veut dire que ledit lien ne vous conduit même pas à l’article cité, cherchez le vous même si vous avez le temps.

C’est… comment dire? Consternant. 

Chacsam est tellement écoeuré qu’il n’arrive même pas à commenter.

Je n’aime pas critiquer les confrères. Je me donne alors des airs de pion qui ne me vont pas du tout. Mais grands dieux, les amis, quand allez-vous cesser de vous complaire dans votre passé révolu? Il y a des centaines, des milliers de blogs et de sites d’amateurs, dans le monde, qui font tellement mieux que ça.

Demandez par exemple à un journaliste de chacun des services de La Libre et de la DH d’envoyer tous les jours à la rédaction online les liens vers ce qui a retenu son attention sur le web. Et balancez ça sur votre site. Cela vous prendra moins de temps et, croyez-moi, ce sera mille fois plus intéressant que cette nouvelle « rubrique » totalement inutile que vous venez de lancer et que vous abandonnerez dans quelques jours ou dans quelques semaines, parce que personne ne la lit et que ça ne vous rapporte qu’un nombre dérisoire de clics.

1LLB2C’était hier le rendez-vous annuel des « vétérans » de La Libre. Aucun, quand même, n’a participé à la confection de la « une » illustrée ici, mais La Libre est un long fleuve majestueux, si pas toujours tranquille. Un menu typically Taverne du Passage pour moi: croquettes aux crevettes et filet américain. Un ballon de rouge. Et l’amitié en plat principal.

Ceux de l’année passée étaient presque tous là. Avec en plus Jacques Zeegers, qui était directeur de la rédaction de mon temps, Théo Louis, critique cinématographique, et les jeunots Marie-France Cros, Francis Van de Woestyne et Jean-Paul Duchateau. J’espère que cela fera plaisir à ceux là, qui sont à peu près de la même génération que moi, d’être ici rangés dans les « gamins », on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

J’en ai rencontré trois sur le chemin de la Taverne: André, Marcel et Philippe prenaient un peu d’avance et un apéro moussu à la Mort Subite qui fait toujours face au fantôme de notre vieux journal, sur la Montagne-aux-Herbes Potagères depuis longtemps désertée par Poeltje et Marguerite, généreuses cantinières qui nous désaltéraient tour à tour entre deux éditions. La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur d’un mortel, disait Baudelaire.

Mais celle-ci continue à me plaire. Au moment du départ, après une dernière vraie gueuze à La Rose Blanche, sur la Grand-Place, j’ai poussé la porte de Tropismes. Une aimable libraire m’a mis dans les bras, avec ses commentaires enthousiastes, une pile de recueils de nouvelles. Il n’y manquait – le stock avait achevé de fondre – que celui de l’ami Berenboom, qui flânait par là. On a causé bouquins, et journal. Je reviendrai vagabonder au cœur de ma ville. Promis. Juré.

© 2010 On a des choses à se dire Suffusion WordPress theme by Sayontan Sinha