La colère des éditeurs « privés » (mais subventionnés) contre les efforts de la rtbf.be pour investir la Toile me paraît être un signe de plus de leur incompréhension crasse du media internet.

« Nos efforts pour trouver un nouveau business model susceptibles de financer les contenus journalistiques et pluralistes de qualité, disent-ils, sont anénatis par cette concurrence déloyale subventionnée par les pouvoirs publics« .

C’est idiot.

Il faudrait quand même que ces braves gens comprennent un jour qu’un site d’information qui cartonne n’enlève aucun visiteur à ses voisins mais leur en amène, au contraire. Enfin… S’ils sont de qualité bien sûr, ce qui est encore très loin d’être le cas, dans notre petite Belgique francophone.

Cela étant, je n’ai pas dit que le recours à la pub pour financer une radio-télévision publique était une bonne chose, mais c’en est une autre. Comme les aides à la presse qui, en mettant les journaux sous respirateur, retardent les restructurations indispensables et faussent également cette pauvre concurrence…

Je pars d’un petit fait d’actualité et je laisse s’emporter ma plume. C’est le petit cadeau que je fais à mes amis journalistes pour la nouvelle année. Puisse-t-il leur servir.

J’ai été – comment dire? – un peu interloqué quand j’ai appris que Michel Konen – qui a été rédacteur-en-chef à la RTBF et a dirigé pendant six ans la rédaction de La Libre Belgique -, allait devenir directeur de la communication d’un parti politique. Le cdH en l’occurrence.

Choqué? Non. Il n’y a rien de choquant dans les transferts de la « société civile », comme on dit, à la politique, et vice-versa. C’est même très sain, je pense. Parce que la politique n’est pas – ou ne devrait pas être – une profession.

Mais ceci me paraît quand même poser, quelque part,la question de l’évolution de l’image et du statut de rédacteur-en-chef d’un grand organe de presse.

Je ne critiquerai certainement pas le choix de Michel, c’est un grand garçon que je respecte et apprécie, et qui sait ce qu’il fait.

Mais personnellement, j’ai toujours considéré l’exercice d’une fonction de rédacteur-en-chef comme le couronnement d’une carrière journalistique, le bâton de maréchal d’un vrai professionnel. C’est manifestement maintenant une conception qui appartient au passé.

Et c’est probablement un des signes les plus évidents de la crise que traverse la fonction de journaliste.

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Cinquante-six journaux de quarante-cinq pays publient aujourd’hui, mot pour mot, le même éditorial (le voici dans Le Temps, en Suisse).

Je ne prends pas ici position sur le fond, je n’en ai pas la compétence. Je parle uniquement de la forme. Et je m’interroge.

A l’évidence, c’est un « coup » médiatique. C’est spectaculaire car inhabituel, comme dans cette célèbre anecdote qui raconte qu’un chien qui mord une vieille dame, ce n’est pas une nouvelle mais qu’à l’inverse, si c’est la dame qui mord le chien…

C’est ainsi que fonctionne aujourd’hui le spectacle du monde. Pour qu’on parle d’un sujet, il faut des records.

Moi, en vieux peau-rouge qui déteste marcher en file indienne (merci à Achille Chavée…), instinctivement, je n’aime pas trop ça.

J’aimerais savoir ce que vous en pensez, vous. Est-ce utile? Opportun? Cela sert-il vraiment la cause que les participants à cette démarche veulent défendre?

Merci de poster vos avis dans les commentaires de ce billet.

C’est une bien triste histoire que rapporte La Libre, ce matin. Celle d’un quidam qui veut rester anonyme, un médecin apparemment. Le malheureux avait hérité d’un joli paquet d’actions Fortis. Un très joli paquet. Et il a tout perdu, c’est ça? C’est bien pire…

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Grece 016bLa presse flamande? Pratiquement stable. Pour des temps troublés comme ceux-ci, ce n’est pas mal. De 2008 à 2009, la diffusion payante a diminué de 824 exemplaires par jour (-0,9%). La presse francophone? Moins 4%. Les mines s’allongent encore chez les éditeurs qui n’ont déjà pas la réputation de rigoler tous les jours.

Mais ces chiffres globaux ne disent pas tout. Si on regarde les titres, on observe qu’en Flandre, ce sont les journaux généralistes de qualité qui se tiennent le mieux: De Standaard progresse de 1,7% et De Morgen de 3,1. De Tijd fait exception (- 5,5%). Chez les francophones, l’image semble s’inverser: le groupe Vers l’Avenir (régional) est le seul à progresser un peu, Le Soir (- 6,54%) et La Libre (-4,55) prennent de vraies claques. Le pire est pour la DH (- 18%) mais ce qui joue ici, c’est probablement l’échec du changement de format, au début de cette année.

On peut évidemment  y voir une confirmation de l’évolution divergente des « sociétés » flamande et francophone, mais il y a probablement aussi que la qualité des journaux flamands est en hausse, celle de leurs confrères francophones plutôt en baisse. C’est sans doute une impression subjective, mais il me semble qu’elle est largement partagée par les lecteurs et par les journalistes eux-même, quand ceux-ci ne sont pas tenus à pratiquer la langue de bois.

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Je m’efforce toujours de rester à l’écart des polémiques qui concernent des gens ou des institutions avec qui je suis ou ai été en relations d’affaires ou assimilées. C’est une question de crédibilité, me semble-t-il. Et c’est en tout cas un domaine dans lequel il s’impose de faire preuve de la plus grande transparence.

Pour ceux qui l’ignoreraient, je mentionne donc explicitement ici que j’ai écrit un livre sur l’affaire Fortis avec l’avocat Mischaël Modrikamen, que j’entretiens avec lui des relations cordiales et que j’ai de la sympathie pour le combat des actionnaires qu’il défend, même si je n’en suis pas.

Cela étant posé, j’ai été réveillé un peu brutalement, ce matin, par un journal parlé qui faisait état d’un « nouveau scénario du Fortisgate« , cette sombre affaire qui a coûté son gouvernement et son poste de premier ministre à Yves Leterme. C’était dans La Libre, sous la plume de Martin Buxant.

J’ai lu cet article avec attention. Evidemment. Je n’y ai rien trouvé d’autre que l’énoncé d’une thèse, d’une interprétation de quelques faits connus depuis des semaines – ils avaient été énoncés il y a près d’un mois par De Standaard notamment -, comme l’existence de plusieurs communications téléphoniques entre un magistrat de la Cour d’appel de Bruxelles et le député socialiste flamand Dirk Van der Maelen.

Le seul élément potentiellement neuf, à ma connaissance et comme je peux le comprendre d’ici, serait un courriel adressé au cabinet Modrikamen, avec copie chez Deminor, par un intervenant qui allait être ensuite proposé comme administrateur de Fortis Holding par Deminor. Mais Martin n’en fournit ni le contenu, ni la date. Or, ceux-ci sont évidemment essentiels et cela peut être facilement vérifié, je suppose: ce mail ne serait éventuellement problématique que s’il donnait des informations sur le contenu de l’arrêt avant qu’il soit rendu. Sans cela – sans informations sur le contenu de l’arrêt avant son prononcé – , cela reste parfaitement anodin.

A ce stade, il ne reste donc pas grand-chose, sinon rien, de la « contre-enquête » annoncée par La Libre à grand fracas. Sinon une interprétation qui conviendra bien au ministre des Finances et à Yves Leterme de faits connus depuis un certain temps. Chez Modrikamen, on hausse les épaules, en parlant d’ « un contre-feu allumé par l’Etat ».

Ce n’est donc jusqu’ici qu’une énième péripétie dans une affaire qui n’a pas fini de faire consommer de l’encre et des octets, mais elle illustre bien me semble-t-il, la nécessité pour les lecteurs de lire avec un œil critique ce qu’écrivent les journaux. A trop courir derrière le scoop, on finit par en voir où il n’y en a pas, ou pas encore. On s’attire des ennuis avec tous ceux qu’on met en cause sans pouvoir apporter la preuve de ce qu’on avance. Et on finit par mettre en péril sa crédibilité.

Ici, quelques kilomètres au sud de Carpentras, le quotidien local c’est Vaucluse Matin, une édition régionale du Dauphiné Libéré, de Grenoble. Un titre historique, issu de la Résistance. Je ne sais pas où ils en sont mais d’une manière générale, la PQR (presse quotidienne régionale) résiste nettement mieux que les quotidiens nationaux à la crise des journaux en papier.

Ce matin, j’y ai trouvé deux pages bien faites sur les vendanges en côtes du Rhône et en Ventoux, et sur un millésime 2009 qui s’annoncerait prometteur dans un contexte économique globalement morose, sinon franchement sinistre.

Je m’y intéresse parce que je suis sur place, mais cela n’a plus rien d’indispensable. A 1.000 kilomètres de Bruxelles, je reste complètement informé de ce qui s’y passe, sans avoir ni Le Soir, ni La Libre, ni la RTBF, ni RTL à ma disposition. Une connexion à Internet me suffit. Ne me dites donc pas qu’on peut continuer à faire du journalisme comme moi-même j’en ai fait, avant

Un facteur, à Dilbeek, avait jeté à plusieurs reprises du courrier dans une haie. La Poste l’a révoqué. Le facteur est allé se plaindre au Conseil d’Etat. La IXe Chambre a annulé la décision.

Quand vous lisez ça en profane, normalement vous êtes perplexe. Peut-être même vous indignez-vous. Comment donc? Un facteur peut se débarrasser du courrier qu’il est chargé de distribuer sans se faire virer sur-le-champ et sans indemnité? Mais où va-t-on?

C’est un peu ce que raconte le porte-parole de La Poste à la DH. Le journal explique alors que pour la juridiction, La Poste aurait dû être plus indulgente avec le facteur, parce que celui-ci avait eu un grave accident qui l’avait rendu « plus lent ».

Chahut dans les commentaires sous l’article. Vous y participeriez? Attendez un instant. Cette histoire me chipote. De mes études de droit, j’ai évidemment retenu que lorsqu’une décision lui est soumise pour annulation, le Conseil d’Etat ne substitue pas son appréciation à celle de l’administration. Il n’est pas un juge d’appel. C’est la régularité de la décision elle-même – est-elle motivée? a-t-on respecté les droits de la défense? etc. – qui est évaluée. Pas son opportunité. Pour y voir clair, je me rends donc sur le site du Conseil d’Etat, à la recherche de cet apparemment curieux arrêt n°193923, qui soulève quelques passions.

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12009-07-01-vrind2009Tenez: voilà qui est amusant et mériterait, je pense, de faire l’objet d’une ou deux séances de travaux pratiques en école de journalisme, histoire de faire réfléchir au concept illusoire d’objectivité de l’information.

Au départ, il y a une très grosse publication du service d’études du gouvernement flamand. Vrind 2009 (Vlaamse regionale indicatoren). Immédiatement après, il y en a le traitement par Le Soir et par La Libre, respectivement. Voici ce que ça donne:

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1pavesoirIl y en a peut-être parmi vous qui vont sourire avec un brin de condescendance mais voilà, je n’ai pas honte: j’ai découvert ce matin, sur la page d’accueil d’Alexa, l’existence du site du Tour de France. Ça n’a pas changé ma vie. Mais ça m’a donné à penser sur le sujet qui nous occupe.

Quelques jours plus tôt, sans savoir, ma curiosité m’avait poussé à ouvrir les pages du soir.be sur le Tour. Un peu lentes à charger, mais très jolies. J’y ai ajouté celles de L’Equipe, le grand quotidien sportif français, pour faire bonne mesure.

Et là-dessus, je me suis demandé si l’effort du Soir en valait bien la chandelle. Je ne sais pas ce que le développement et la tenue de cette rubrique coûtent à Rossel ni ce qu’elles rapportent en pub et/ou en « clics », mais je crois que la question mérite au moins d’être posée en interne.

C’est d’ailleurs moins une question de rentabilité directe que de vision à moyen/long terme: je ne suis pas sûr qu’il y ait de l’avenir dans ce type de démarche. Ou alors qu’il n’y en a que sous des conditions et selon des modalités qui ne sont probablement pas rencontrées ici.

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