La Libre a demandé à Georges Jacobs, ex-CEO et futur ex-président du conseil d’administration d’UCB, petite pharma bien de chez nous, quel avantage il trouvait aux entreprises pourvues d’un actionnariat familial. Il a répondu que son grand principe était d’avoir un actionnaire qui dort tranquille, ajoutant avec une grande élégance dans le verbe, je cite: « A ce moment-là, il me fout la paix ».

UCB a clôturé vendredi soir à 21,30, nouveau plancher pluriannuel. Ce qui porte à quatre milliards six cent onze millions six cent trente et un mille cinquante-sept le nombre nombre d’euro de capitalisation boursière partis en fumée depuis le 15 juin 2007. Plus quatre-vingt centimes, ne les oublions pas, c’est en soignant les petites choses et en évitant les gaspillages qu’on devient riche.

A ce taux horaire là, on peut comprendre que Georges Jacobs apprécie que ses actionnaires lui « foutent la paix ». Ce sont aussi ces petits détails qui rendent certains grands patrons, comment dirais-je? Humains? Sympathiques? Tout ça, quoi…

Voici quelque chose de diablement intéressant pour mon propos et qui, je l’avoue, m’avait échappé jusqu’ici: DellShares, le premier blog créé par une entreprise américaine – et pas n’importe laquelle -, pour dialoguer en direct avec ses actionnaires:

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Dell explique sa démarche dans le premier billet, posté le 1er novembre dernier: il s’agit pour elle d’entrer dans les IR (Investor Relations) du 21e siècle. Oui, mais encore? Le blog ne se substitue évidemment pas à l’information institutionnelle et « officielle » diffusée par le site corporate de l’entreprise, sous la rubrique ad hoc. Mais il affiche la double intention d’aller au-delà de ces traditionnels communiqués et, surtout, d’écouter ce que raconte la « communauté », la fameuse interactivité.

Michael Dell: « There are conversations going on about us all the time and we want to be part of those conversations – to listen, to learn and to contribute« .

Au bout de ses trois premiers mois d’existence, le blog semble adopter un rythme de publication atypique dans l’univers des blogs: huit billets seulement jusqu’ici, soit moins de trois par mois. Mais probablement pas par « manque de temps » ou… d’intérêt. L’objectif n’est pas ici de « bloguer » en soi, de tenir un « journal de bord » personnel, mais d’utiliser la technique pour ce qu’elle est, un outil puissant et efficace permettant d’établir une véritable communication avec son public-cible, ici la communauté des investisseurs: « Dell Shares is about investor relations at Dell expanding beyond traditional approaches to IR with a view to being involved in direct relationships with our shareholders and potential shareholders« .

Mais bon, est-ce bien prudent? Chacun sait que pour « planter » un blog, le décrédibiliser, il suffit d’en faire un instrument de pur marketing, de messages vantant ses produits ou ses services. Ce qui ne se conçoit pas quand il s’agit d’actions cotées en bourse. Et donc, avant d’entrer pour la première fois sur le site, vous serez invité à signer des « Terms & Conditions » par lesquels vous accepterez notamment de ne pas prendre de décisions d’investissement basées sur le contenu du blog et de reconnaître que les opinions qui y sont exprimées le sont de façon personnelle, et non en qualité de représentants de Dell.

C’est très formaliste et, pour tout dire, un peu « nunuche » sans doute, mais cela suffit apparemment à satisfaire le gendarme local des marchés, la SEC, qui se montre par ailleurs très favorable aux medias électroniques pour la communication financière des entreprises cotées.

Quelle sera la première entreprise cotée à Bruxelles qui suivra ce (bon) exemple?

Il y a quelques jours, on apprenait par le journal L’Echo que dans une petite société cotée sur le Marché Libre bruxellois, Option Trading Company, deux membres du personnel avaient remis leur démission. En soi, quelle importance? Trois jours plus tard pourtant (le cours avait dû être réservé pendant deux séances pour cause d’écart hors limites), le titre perdait en une fois plus du quart de sa valeur. Et l’entreprise, que le marché évaluait encore mardi à 44,7 millions, n’en valait plus à ses yeux que 32,6 le vendredi suivant. 12 millions d’euro, un demi-milliard d’anciens francs belges partis en fumée pour deux collaborateurs (sur huit il est vrai, mais quand même…) qui démissionnent. Qui dit mieux?

Il est possible, sinon très probable, que la réaction du marché a été excessive: à l’analyse, il a considéré que l’amputation d’un quart de l’effectif de l’entreprise réduisait sa valeur d’autant, ce qui revient en somme à compter pour rien ses actifs et, notamment, son savoir-faire. Mais peu importe: ce n’est pas l’anecdote pour elle-même qui m’intéresse, mais ce qu’elle illustre quant à la valeur d’une information (en l’occurrence, 12 millions d’euro!) et de la manière de la présenter.

Sous ce dernier aspect, il était peut-être un peu ingénu, de la part du CEO, de répondre à Fabian Lacasse, le journaliste qui l’interrogeait, qu’il n’avait « aucune idée » de l’impact de cette péripétie sur les résultats futurs de son entreprise. Il n’y a rien de tel que l’incertitude et le manque de visibilité pour effrayer la bourse. Mais d’un autre côté, un tel aveu peut aussi être considéré comme un indice de la franchise et de l’honnêteté intellectuelle de celui qui le fait: on en connaît, des « communicateurs » routinés qui auraient spontanément répondu que cet impact serait bien sûr nul, avant même d’avoir réfléchi aux arguments permettant d’étayer vaguement cette affirmation risquée…

Alexandre Franco, pour sa part, a choisi d’établir un contre-feu d’une autre manière: en anticipant la divulgation des résultats annuels provisoires de son entreprise, par ailleurs excellents (doublement du bénéfice net en 2007). Cela n’a sans doute pas suffi à enrayer la chute mais à plus long terme, ça peut payer. Si l’entreprise trouve le ton juste pour communiquer sur ce risque qui revêt à l’évidence une importance particulière chez elle: le facteur humain. Et si elle trouve le moyen d’éviter la répétition de ce genre d’incident.

Un nombre non négligeable des visiteurs qui arrivent ici ou sur mon blog micro-caps.be sont manifestement en quête d’informations sur la communication financière des petites et moyennes entreprises cotées en bourse. Comment je sais ça? Mais grâce à Google Analytics, bien sûr, qui m’informe des requêtes que vous lancez sur les moteurs de recherche pour arriver jusqu’à mes blogs, si vous n’êtes déjà un de ces lecteurs réguliers auxquels vont toute ma reconnaissance!

Mon premier objectif étant évidemment de vous intéresser, c’est un sujet que je me dois de traiter plus fréquemment que je ne l’ai fait jusqu’ici. Encore qu’à la base, bien communiquer avec ses actionnaires n’est pas très différent de « bien communiquer » tout court: il faut et il suffit presque de s’acharner à transmettre par tous les canaux disponibles et accessibles à l’émetteur les informations dont le récepteur a besoin pour prendre ses décisions en connaissance de cause.

Si vous êtes à la tête d’une société cotée en bourse, commencez donc par vous mettre à la place d’un de vos actionnaires, actuels ou potentiels. Et voyez comme le paysage a changé. Votre entreprise n’est plus cette passion qui vous occupe l’esprit 24 heures sur 24, cet être vivant que vous connaissez dans ses moindres recoins. Elle n’est plus qu’un petit point parmi tant d’autres. Pour l’investisseur, une des innombrables propositions qui lui sont faites de placer son argent. Comment et pourquoi va-t-il la choisir elle plutôt qu’une autre?

Cela n’a l’air de rien, dit comme ça, mais à force de lire communiqués et rapports annuels ou prospectus d’émission, je me dis souvent que bien trop rares sont les auteurs de ces ennuyeux documents qui se montrent capables de faire preuve de cette élementaire et nécessaire modestie de communicateur: se mettre à la place de son lecteur; réfléchir, non pas d’abord à ce que l’on veut ou à ce que l’on croit devoir lui dire, mais tout simplement à ce qu’il lui serait utile d’apprendre sur votre société.

Les règlements ne vous y aident pas: il y a parfaitement moyen de les respecter scrupuleusement tout en restant parfaitement inaudible par le commun des mortels, même ceux qui sont raisonnablement ouverts aux charmes de l’investissement en bourse. Ces documents sont généralement conçus pour les analystes professionnels, pas pour l’épargnant lambda.

Quelqu’un qui l’a bien compris, à mes yeux, c’est Warren Buffet, le « sage – ou le mage – d’Omaha ». Du fin fond du Nebraska, celui-là convoque tous les ans une assemblée générale qui réunit des milliers d’actionnaires du monde entier en ce qu’on a appelé « le Woodstock des capitalistes« … Vous pouvez vous faire une idée de ses talents de pédagogue en parcourant, de chez vous, ses « letters to the shareholders » que je vous recommande chaudement. Ce sera la meilleure des introductions à cette série de billets que je me propose et vous promets de consacrer aux bonnes façons de communiquer avec ses (petits) actionnaires.

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Crédit photo: Mark Hirschey

Patrick Van Campenhout me fait l’honneur de me considérer comme un « expert » dans un article qu’il consacrait jeudi au Marché Libre d’Euronext Bruxelles. Cela fait bien sûr plaisir, mais je crains ne pas mériter ce titre flatteur, tout simplement parce qu’il ne peut véritablement y avoir d’expert d’un marché que personne, à ce jour, ne connaît vraiment… Et ce n’est pas la faute de ceux qui s’y intéressent, dont moi: nous manquons tous d’information.

Et c’est vraiment dommage: je ne suis pas du tout de ceux qui considèrent avec méfiance ou dédain ce marché sur lequel sont entrées une bonne vingtaine de PME généralement nées tout près de chez nous. Il a, potentiellement, toutes les vertus du monde, et incidemment celle, de nature pédagogique, de pouvoir contribuer à la création et à la diffusion d’une véritable culture actionnariale.

Celle-ci suppose toutefois que l’on puisse se forger par soi-même une opinion sur les sociétés cotées. Et donc qu’elles diffusent de l’information, et qu’elle soit décortiquée et commentée avec impartialité. Mais c’est là que le bât blesse: trop nombreuses sont encore les sociétés du Marché Libre (et d’Alternext) qui n’ont pas compris que leurs actionnaires sont des « clients » à satisfaire et que, délivrées des contraintes légales et réglementaires (pas toujours si efficaces), elles pourraient y arriver à peu de frais, avec un peu d’imagination et beaucoup de conviction. Et devenir une sorte de laboratoire pour une communication financière rajeunie, enfin conçue – aussi – pour les actionnaires individuels, qui forment le gros du peloton des investisseurs sur les marchés non réglementés.

Si le sujet vous intéresse, voyez les suggestions de Carl-Alexandre Robyn dans le billet qu’il a écrit en tant que guest-blogger sur micro-caps.be, mon blog consacré aux petites capitalisations belges, celles qui volent encore trop bas pour être détectées par les radars des analystes… mais dont certaines deviendront des success stories.

Noté dans « Actionnaire Individuel » (F), ce billet consacré à une étude toute récente de Boursoscan: 68% des actionnaires individuels affirment être directement influencés par le site internet de la société dont ils achètent des actions; 46% d’entre eux consultent ce site avant d’acheter des actions, ce qui serait plus ou moins neutre si ça ne représentait pas une progression de 11% par rapport à l’année précédente; et pour terminer, ce pourcentage passe à 80% dans le cas des entreprises les mieux notées.

Allo, le Bel20?

L’assemblée générale annuelle de NewTree allait se terminer, dans le cadre cossu du château Saint Anne, lorsqu’un des administrateurs, José Zurstrassen, interpella le CEO pour lui suggérer de dire quelques mots de la « Charte sociale et environnementale » qui était jointe aux pièces mises à la disposition des actionnaires. Pas banal en effet, ce bref document commence par ces mots:

« En tant qu’entreprise proche de la nature, et consciente de l’impact que toute activité exerce sur son environnement immédiat et plus éloigné, NewTree désire appliquer un certain nombre de principes visant à minimiser cet impact« .

Suivent alors diverses mesures regroupées en trois chapitres: (i) engagement du management; (ii) entreprise socio-responsable et (iii) entreprise éco-dynamique. Sous ces libellés, Newtree prend divers engagements, dont ceux de devenir « CO2 neutre » à l’horizon 2009, de renouveler sa flotte automobile avec des voitures hybrides, d’acheter des « crédits C02″ à concurrence des émissions correspondant aux voyages d’affaires de ses collaborateurs, ou encore de mettre à la disposition de ses employés une « flotte » de bicyclettes pour ses développement urbains (oui, Benoît a un « vélo de société », M. Reynders… :-) et d’exiger de ses fournisseurs des engagements transparents dans la lutte contre le travail des enfants.

A l’écouter en parler avec beaucoup de pudeur, on ne peut que croire à la sincérité de Benoît De Bruyn quand il évoque ses convictions en ce domaine. Et plus encore lorsqu’on constate ses réticences à en parler publiquement: NewTree, dit-il, hésite encore un peu à « communiquer » à ce propos, à telle enseigne que le site internet de la société est muet là-dessus.

Je pense quant à moi que, dans la communication d’aujourd’hui, il n’y a aucune exhibitionnisme malsain à se montrer comme on est et à faire état des convictions fondatrices de sa personnalité, quand elles sont vraies, et non dictées par le département marketing. C’est même toute la différence entre la « réclame » et la communication institutionnelle interactive: l’affirmation de soi n’est, à mon avis, pas une vile manoeuvre de « séduction »!

Chose promise, chose due: je vous avais promis de vous présenter mon dernier-né, le voici. Il s’appelle « micro-caps.be« .

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C’est donc un nouveau blog. D’un tout autre type que celui-ci, très personnel comme vous avez pu vous en rendre compte. Avec micro-caps, en fait, je compte diffuser de l’info, rien que de l’info. Sur des entreprises cotées en bourse et, plus particulièrement, celles qui sont trop petites pour faire la « une » de la presse économique et financière, même si un journal comme L’Echo y consacre régulièrement une méritoire attention, dans sa rubrique « PME » du mercredi, surtout. Des pensionnaires de la « longue traîne« , donc. Les chouchous des mavericks de l’info que sont les blogueurs.

Pas d’états d’âme sur micro-caps.be (quoique je les évite ici aussi, même si je parle à la première personne). Alors… quoi? De l’info, rien que de l’info. Et des analyses. Pour qui? Pour les investisseurs particuliers comme vous et moi. Par qui? Par des journalistes et commentateurs comme moi, et par les lecteurs, invités à dialoguer et à faire part de leurs avis et expériences. Pourquoi? Mais pour s’informer bien sûr.

Parce que les marchés non réglementés (Alternext et Marché Libre) et les plus petites capitalisations, c’est une belle chose. A la fois une opportunité pour les épargnants et une occasion de contribuer à la croissance d’entreprises souvent très jeunes, de soutenir ce dont nous manquons le plus en Belgique, en Wallonie surtout: l’esprit d’entreprise. Une façon d’investir socialement responsable.

Mais une façon d’investir exigeante et risquée. D’autant plus que la communication avec les actionnaires est rarement le point fort de ces boîtes, pour dire ça comme ça. Alors, en parler, c’est une façon de les aider, même quand c’est pour critiquer un manque d’information de leur part. Vous me direz ce que vous pensez de cette démarche? Les commentaires sont ouverts. Ici et sur micro-caps.be, le nouveau blog PickMe!

Voir aussi mes articles précédents sur ce thème:

Si vous aimez ça, rendez-vous donc sur micro-caps.be. Mais « On a des choses à se dire » en parlera encore!

palettes.JPGComme je le signalais ici même la semaine dernière, c’est vendredi que s’est ouverte l’offre portant sur 210.000 actions Eryplast, l’entreprise liégeoise (Herstal) qui produit des palettes de manutention en plastique avec des matières recyclées. Dont des « bouchons d’amour » collectés par des organisations humanitaires.

Voyez l’effet quand elles sont empilées, les palettes, sur la photo ci-dessus…

Vendredi midi, l’offre prioritaire portant sur 80% des titres avait déjà trouvé preneurs… A telle enseigne que Raphaël Abou, le patron de NextCap qui cornaque l’entrée en bourse, va probablement pouvoir ajouter une clôture anticipée comme nouvelle plume à son chapeau!

C’est mon scoop du jour, les amis. Enfin… Pas tout-à-fait. En réalité, je l’ai réservée, cette primeur à un blog que je viens de lancer et sur lequel j’ai publié l’info il y a quelques heures: c’est micro-caps.be, un tout nouveau site d’information sur les plus petites sociétés cotées à la Bourse de Bruxelles. Je vous en parle ce soir ou demain, promis. Parce qu’il ne faut pas mélanger les genres, qu’un sujet par article, ça suffit amplement et que le but de celui-ci est d’opérer le suivi de l’info.

Et puis, ça fait quand même plaisir à voir, une entreprise qui marche… D’autant plus quand c’est une entreprise citoyenne.

 

La patronne française du Val Saint Lambert, Sylvie Henquin, ne manque pas d’aplomb (appelons-ça comme ça…). Interrogée par Pierre-Yves Warnotte, du magazine Trends-Tendances, sur la très médiocre et rarissime information dispensée aux actionnaires de sa société, cotée sur le Marché Libre d’Euronext Bruxelles depuis le 15 décembre 2005, elle répond: « A mon sens, j’ai toujours bien communiqué avec la Bourse. Cela étant, j’ai préféré annoncer les nouvelles négatives en association avec le résultat de fin d’année. J’ai pensé que cela ne valait pas la peine de prévenir le marché« .

Oufti, comme on dit à Liège…

Les faits:

  1. Le 13 décembre 2006, Sylvie Henquin déclare à Fabian Lacasse, de « L’Echo« , qui l’interroge sur la chute du cours de bourse de l’action du Val: « Il n’est pas encore possible de confirmer formellement les pronostics précédents car décembre est le mois le plus chaud de l’année, mais ça se présente bien (…) L’évolution du cours de bourse n’a rien à voir avec le développement de l’activité industrielle« .
  2. Le 18 avril 2007, le même Lacasse (peu suspect d’être mal disposé à l’égard du Marché Libre et de ses pensionnaires…) écrit à la une de L’Echo: « Les résultats réalisés l’an dernier par Val Saint Lambert International (VSLI)sont loin de correspondre aux promesses formulées dans le prospectus de son ouverture au public. Pourtant, le cristallier n’a jamais publié de « profit warning ». Et d’expliquer dans les pages intérieures que les revenus 2006 s’arrêtent à € 3,03 Mos au lieu des 6,5 Mos prévus dans le prospectus et que les 400 K€ de résultat net sont remplacés par… une perte de 80K€!

Heureusement qu’il est là, Fabian Lacasse. parce qu’à parcourir le site web de VSLI, on serait bien en peine de deviner que la société est cotée en bourse: pas la moindre petite information pour les actionnaires. Sur le site d’Euronext, les derniers chiffres de la fiche « profil de la société » sont ceux de… 2004! Et dans les « actualités » (?), deux communiqués à contenu financier seulement: le 28 avril 2006, pour les résultats 2005 et le 10 juillet 2006, pour le chiffre d’affaires du premier semestre. Depuis lors: le black-out intégral!

Et sur le site de Small Caps Finance, qui publie religieusement tous les extraits de presse relatifs aux sociétés qu’elle a introduites sur le Marché Libre, même topo…

Le plus comique – si on a l’humour un peu grinçant -, c’est que Sylvie Henquin se demande aussi, dans son interview à Trends-Tendances, s’il ne va pas bientôt lui falloir « du financement supplémentaire« . Lucide (?), elle avoue ignorer si elle fera encore appel à la bourse… Dans les circonstances actuelles, on hésite un peu à le lui conseiller…:-(

A noter que dans la même livraison de l’hebdo économique et financier de Roularta, Sébastien Buron interroge Jean-Paul Servais, le nouveau patron de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) sur ces ratés dans la communication financière de certaines sociétés cotées sur les marchés non réglementés. Extrait de la réponse: « La législation ne prévoit pas de contrôle de l’information continue par la suite [ndlr: après l'approbation du prospectus d'émission]. La CBFA veut bien intervenir mais pour autant qu’elle ait les compétences nécessaires à cet effet. Ce qui n’est pas prévu pour l’instant« .

Dommage?

N.B.: Peu après l’introduction en bourse des actions VSLI, le marché a laissé entrevoir quelques symptômes d’une « exubérance irrationnelle » et le cours a brièvement flambé à €14,95 (le 16 janvier 2006, sur près de 16.000 titre échangés). Il a coté à 7,25 vendredi, 50 centimes au-dessus de sa première cotation, le 15 décembre 2005.

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