Si j’en juge par le nombre de tweets qui se sont échangés entre initiés, la RTBF a dû faire recette chez les blogueurs belges, ce soir, avec ses Questions à la Une posées autour et alentour du 11 septembre (l’attentat contre les Twin Towers) et de la prétendue « guerre de l’info » qui serait engagée sur un large front entre blogueurs et journalistes.
En attendant le retour de Dr House, j’ai pu regarder.
Je ne connais rien à la polémique sur Nine Eleven et je n’en dirai donc rien, sinon qu’à la fin de la séquence, je n’en sais pas plus. Mais sans doute devais-je seulement retenir d’un reportage venu d’ailleurs que ceux qui disent que Bush et les neo-cons qui l’entourent ont trempé dans le coup sont des fachos antisémites (ici, un mauvais point pour ceux qui me reprocheront d’avoir traité les membres de l’entourage présidentiel de connards; ce sont bien sûr des intellectuels néo-conservateurs).
Mais ça, c’était seulement un zakouski. Venons-en à la guerre de l’info. Je ne me suis pas ennuyé, non, c’était très pro dans la forme, il y avait du rythme, mais en fait de questions, j’ai plutôt eu l’impression d’entendre un sermon de l’abbé Istasse, sous l’oeil bienveillant de l’onctueux chanoine Defossé… Et une nouvelle pitrerie de Mgr de Brigode pour faire cerise sur le gâteau.
L’impression que j’en retire, c’est que d’après Istasse, il n’y a de bonne information que celle qui est servie par un journaliste en carte, par un professionnel de la chose. Et que tout ce qu’on peut lire sur internet, c’est de la m…
Je trouve ça un peu court, jeune homme.
Personnellement, je n’ai jamais cru au concept « demain, tous journalistes ». C’est une blague, une illusion, c’est du pipeau. Je crois par contre que tout le monde a quelque chose à dire. Pas sur tout. Mais dans son domaine d’expertise, quel qu’il soit. Et je crois aussi que tout le monde a un cerveau qui peut lui servir à réfléchir et à se faire une opinion citoyenne (tout le monde ne s’en sert pas très habilement, mais c’est une autre histoire).
A tous ceux là, Internet apporte deux choses inestimables:
- un moyen de parler librement et sans contrainte à qui veut l’entendre et l’écouter;
- un moyen d’écouter tout ce qui se dit quelque part, où que ce soit, sur un sujet qui l’intéresse.
Parler, écouter. En même temps. On appelle ça la conversation. Et c’est ça, la révolution numérique. Ce n’est que ça, mais c’est un formidable changement de paradigme qui nous fait passer de l’ère du discours à celle de la conversation. L’émission n’en a retenu qu’une conséquence anecdotique: la perte de crédibilité du discours institutionnel, critiqué, contesté de toutes parts, parfois à tort et à travers. Dommage qu’elle en soit ainsi restée à l’écume des choses. A la surface. Comme un blog revendicatif et superficiel. Mal informé. Bourré de préjugés. Gentiment insignifiant. Mais qui aura peut-être fait recette. Si c’est le cas, le patron sera content. C’est souvent myope, un patron.
P.S.: Un journaliste-blogueur massacré par le reportage, Diederick Legrain (La Meuse Namur), a réagi avec humour à l’émission, dans son journal et sur son blog. Il semble pourtant qu’il ait une carte de presse…
2e P.S.: Vendredi matin, Alain Gerlache m’invite à débattre du sujet dans son émission Intermédias. C’est sur La Première à 9h15.
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