Mes amis du journal Le Soir, que manifestement ça chatouille encore, sont partis à la recherche des « catholiques les plus influents« . Et pour arriver à les choisir, ils ont réuni un panel qualitatif de 20 « spécialistes » à qui ils ont demandé d’établir, chacun, une liste des influenceurs cathos du Royaume. Ou supposés tels.

Dans le quatuor de tête, on retrouve évidemment l’ancien (N°1) et le nouvel archevêque (seulement 4e toutefois), ainsi que l’inévitable Gabriel Ringlet. Un homme politique s’intercale ici, aussi peu évitable: Herman Van Rompuy, c’est bien le moins.

Les choses se gâtent un peu dans la suite du classement. Si l’on y retrouve, par exemple, l’évêque de Liège Aloys Jousten à la 13e (!) place qu’il partage avec… Jean-Michel Javaux (!!), son collègue tournaisien, Guy Harpigny, n’arrive dans la liste que 34e ex-aequo, apparemment mieux coté à Rome et chez les musulmans qu’il ne l’est dans sa « paroisse »…

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Aujourd’hui, avec Gaïd, on a fait un grand tour en voiture, et un peu à pied, sur les chemins des ocriers. Pour le conclure, on a été rendre visite à Albert Camus et à sa Francine, dans leur joli cimetière de Lourmarin. C’était tranquille, il n’y avait que nous. Et trois petites vieilles qui papotaient un peu plus loin, en bichonnant une tombe plus récente. Celles des Camus, l’une à côté de l’autre à dix années d’intervalle, je les adore. Un peu bordéliques, comme vous pouvez le voir ci-dessous, mais surtout surmontées de gros plants de lavandes encore odorantes en cette fin septembre. J’y ai discrètement passé la main, pour qu’elle s’imprègne. Depuis tout ce temps, en pleine terre, il y a bel et bien du Camus dans cette plante, comme il y a du Milosz dans l’arbre planté sur l’endroit où on a déposé ses restes.

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[Dernière mise à jour 28/1/08, 16:30] Attention: ce billet est « liquide », ce qui veut dire qu’il est mis à jour au gré des informations qui me parviennent. La dernière consiste dans la réponse circonstanciée de Michel Konen au CA de la société des rédacteurs de son journal. Vous la trouverez en deuxième page, à la fin du billet. Puis, on va laisser décanter tout ça, dormir dessus, et on y revient demain. Promis!

Voir ici la suite de l’histoire…

La Libre et Le Soir ont tous les deux refusé de publier une carte blanche vigoureuse d’universitaires sérieux et réputés qui s’inquiètent de la situation au Vif-L’Express et, au-delà sans doute, dans toute la presse qui plonge dans une crise structurelle majeure, aggravée par la conjoncture. J’en reste pantois… Quelle est encore la crédibilité d’une page op-ed si certains thèmes ne peuvent y être abordés, non en raison d’opinions mal ou scandaleusement exprimées, mais parce qu’ils dérangent? Les journaux belges veulent-ils vraiment faire fuir les lecteurs qui leur restent?

J’ai ce texte en ma possession, ses auteurs sont furieux et décidés à lui donner une diffusion maximale. Hugues Le Paige, un des auteurs, le publie déjà sur son site. Les journalistes de La Libre ne sont pas contents non plus, ceux du Soir ne semblent pas encore avoir réagi, collectivement du moins. La Société des rédacteurs de La Libre (SDR) a adressé à son rédacteur en chef, Michel Konen, une lettre quasi parfaite que voici:

Michel,

Le CA de la SDR vient d’apprendre que tu t’opposais à la publication d’une opinion de plusieurs universitaires et personnalités de renom spécialisées dans les médias relative au conflit du « Vif » (1).

Tu as jugé ce texte « trop subjectif », semble-t-il, pour paraître dans nos colonnes.

Cet argument ne nous convainc évidemment pas vu que la subjectivité est évidemment la règle dans cette rubrique-phare du journal. Le débat n’est-il plus « ouvert » à La Libre dès qu’il s’agit de notre domaine d’activité?

Nous te demandons dès lors avec insistance de reconsidérer sans attendre ta position afin que la publication puisse avoir lieu dans les meilleurs délais.

Thierry Boutte t’a proposé de donner la parole conjointement à Amid Faljaoui. Cela nous paraît une solution tout à fait judicieuse.

La piètre conjoncture économique et la situation spécifique de la presse ne peut justifier en aucun cas ce déni d’information.

As-tu mesuré les dégâts qu’une non-parution pourrait occasionner? Ignores-tu les reproches fondés qu’on ne manquerait pas de faire à La Libre?

Nous condamnons tout type de censure contre lequel s’élève la charte de nos fondateurs.

Pour rappel, celle-ci précise: « Tout en exprimant ses prises de position, fondées sur les valeurs qu’elle prône, elle présente à ses lecteurs une large variété de points de vue ».
Ou encore: « Elle se refuse à toute complaisance à l’égard de quiconque ».

Nous te remercions pour ton attention et comptons bien que tu entendras cette requête pressante.

Le CA de la SDR

(1) Les signataires sont  Pascal Durand (ULg), Benoit Grevisse (UCL), François Heinderyckx (ULB), Claude Javeau (ULB), Jean-Jacques Jespers (ULB), Hugues le Paige (revue Politique), Gabriel Ringlet (UCL), Martine Simonis (AJP), Marc Sinnaeve (Ihecs)

Le conseil de la SDR de La Libre a évidemment raison, me semble-t-il.  Un journal est bien sûr maître de sa décision de publier ou non une contribution extérieure, mais celui qui s’est donné pour slogan d’amener nos idées à faire des rencontres perdrait beaucoup de sa crédibilité s’il prétendait limiter ces rencontres aux idées qui conviennent à sa hiérarchie… J’en ai autant pour Le Soir. Souviens-toi de Voltaire, Michel! Et toi aussi, Béatrice…

Et maintenant la réponse de Michel Konen à ses journalistes. Bien dans son style, disons: direct… Je ne déteste pas, c’est bon parfois de s’engueuler, ça décongestionne! J’en retiens surtout que si cette tribune n’a pas été publiée, c’est qu’elle n’atteint pas les standards de qualité requis, aux yeux de Michel. Dont acte. Le plus intéressant se situe toutefois dans le dernier alinéa… qui demande à être développé. Je m’efforcerai d’embrayer là-dessus dès demain.

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J’écris un peu moins sur ce blog, ces jours-ci. J’ai beaucoup donné ces dernières semaines et je dois reconstituer mon stock d’idées, retrouver de la fraîcheur… Et puis, il faut bien faire bouillir la marmite!

Je songe aussi à quelques travaux d’entretien. Tenez: je viens d’ajouter une « page », déjà bien avancée mais encore en construction. Vous pouvez la consulter déjà sous le titre « revue de presse« , dans la sidebar, à droite. J’y ai placé des liens vers mes chroniques du Soir, mais aussi vers mes autres publications et vers les articles de presse qui en parlent. C’est également une forme de CV, si vous voulez, un outil de promotion, il ne faut pas le cacher. Une façon aussi de vous renvoyer vers d’autres travaux, parfois plus « lourds » que ces notes au jour le jour que vous me faites l’amitié de lire et de commenter. Et c’est enfin une incitation pour moi à allonger la foulée, à produire des choses plus ambitieuses que ces petits billets, dans mes domaines de compétence.

Cela fait donc partie en fait d’une réflexion plus large sur les fonctions que j’assigne à ce blog, au-delà du plaisir intense et premier d’y communiquer avec vous: me faire connaître et reconnaître. Vous voyez? Je vous parle franchement, là, en toute transparence, comme il se doit dans ce mode de communication.

C’est le côté formidablement intéressant de cette époque, la première  qui l’autorise à cette échelle, à tout un chacun qui croit avoir quelque chose à dire, grâce au web. La confirmation en est apportée tous les jours, et incidemment aujourd’hui encore par cet intéressant billet de François Thoreau sur son blog, Périscope.  Il y parle d’un type que je ne connaissais pas jusqu’il y a peu, Paul Jorion. Une sorte d’électron libre dans le domaine des idées. Il vient de publier un bouquin sur la crise, chez Fayard.

Je l’ai découvert sur Contre Info, un modèle de site à suivre: il s’y publie selon la baseline « les infos absentes des prompteurs du JT ». Et au-delà du slogan, ce n’est pas faux. J’y ai trouvé nombre d’analyses que j’ai commencé à citer ici et qui assument résolument le risque de l’originalité.

Attention! Je n’ai pas dit qu’il fallait mordre là-dedans comme dans de la tarte aux fraises et adhérer automatiquement à tout ce qui y est dit. Il faut même redoubler de prudence et garder en éveil notre esprit critique. Les époques troublées comme celles que nous vivons sont aussi du pain bénit pour les charlatans de la pensée. Mais c’est un grand courant d’air frais autorisant, dans la pratique, nos idées à « faire des rencontres », comme le dit le slogan d’un grand journal bruxellois…

L’époque y appelle. Les certitudes les mieux ancrées sont remises en cause, dans toutes ces « sciences molles », ou « humaines » – la politique, l’économie, le social – qui ne sont pas vraiment des sciences, au sens strict, parce que leurs « lois » ne sont pas susceptibles d’être infirmées, selon l’expression de Popper. C’est justement ce qu’énonce Jorion dans un des billets de son blog.

A sa manière, un autre blog – faisant partie d’un site complet – que j’avais repéré il y a longtemps mais que je ne suivais pas assez régulièrement jusqu’ici, me paraît s’inscrire dans la même philosophie: L’Econoclaste. Dans leur plus récent billet, les auteurs s’interrogent sur leur blogroll, ou blogoliste. C’est une question d’intendance, mais elle n’est pas neutre: la liste des blogs et des sites que vous recommandez à vos lecteurs doit être un élément de votre politique éditoriale.

La loi du genre fait qu’avec le temps, vous résistez de plus en plus difficilement à la tentation de faire plaisir aux amis, d’encourager les bonnes volontés ou de renvoyer l’ascenseur à ceux qui vous citent. C’est très « social » et sûrement pas inutile pour consolider votre « communauté », mais ce n’est pas toujours une bonne idée: une blogoliste n’est pas là pour faire plaisir mais d’abord pour être utile à vos lecteurs.

Voilà, ce ne sont que quelques notes jetées sur la table, un peu désordonnées, mais c’est dimanche et il est tard déjà. C’est une incitation surtout à vous faire réagir, car j’aimerais vous lire sur vos attentes. Ce blog, vous savez, est toujours en construction, sa politique éditoriale aussi. C’est son côté « journal intime ». Ce qui en fait quelque chose de différent d’un projet bien carré sur les quelques thèmes que je fréquente, un outil de ma réflexion sur ma participation à la vie politique, économique, sociale de la Cité. Et je vous suis reconnaissant d’y participer!

Je n’aime pas trop démolir un bouquin. Solidarité sainte de l’artisanat: je pense à celle ou à celui qui l’a écrit, qui doit y avoir mis un peu de son cœur et de son ardeur. Généralement, je n’en parle pas. J’ai bien assez à dire de ceux qui me bottent.

Je ne fais exception, finalement, que pour les livres de circonstance, ceux qu’on écrit sur commande, parce qu’il le faut bien, et que la personnalité de leur auteur propulse à la Une. Tenez par exemple : ces soixante pages qu’Elio Di Rupo vient de consacrer au socialisme d’aujourd’hui, qui n’est pas vraiment un véritable essai, façon Delanoë, mais le premier tract de la campagne pour les élections du 7 juin 2009…

Le personnage m’intrigue. La première fois que je l’ai rencontré, il y a près de 30 ans, il était encore un simple attaché tout jeunot au cabinet de Philippe Busquin, un crâne d’œuf prometteur, spécialisé dans l’énergie. Raide et emprunté, hésitant à parler à ce journaliste que lui avait envoyé monsieur le Ministre, sans lui dire jusqu’où il pouvait aller dans les confidences…

Depuis lors, il a pris une belle assurance, inutile de le préciser. C’est devenu un ténor, une diva de la scène politique wallonne, francophone et fédérale. C’est maintenant lui qui fait la dictée à ses ministres. Et toujours aussi intelligent bien sûr, ça ne s’oublie pas, c’est comme le vélo. Mais combien plus habile, plus délié, bien madré.

Et pourtant, quelle déception que ces quelques pages laborieuses qu’on croirait sorties de la plume d’un étudiant de première année ! Un pensum. Convenu comme une motion du bureau du parti. Le Soir lui a pourtant consacré deux pleines pages, en tête de journal. Pour que dire ?

Qu’au fond, vous qui me lisez, vous êtes probablement socialiste comme M. Jourdain faisait de la prose. Tout naturellement, sans le savoir. Impossible en effet, en lisant ça au premier degré, de marquer son désaccord. Vous êtes contre un monde meilleur, vous ? Le bonheur de vos contemporains vous dérange ? C’est pas sympa, le développement durable?

Passons donc au stade subliminal.

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Sur la route du retour, le week-end passé, j’ai fait l’achat du numéro de la semaine du « Point ». En couverture, un sujet d’actualité de Roger-Pol Droit qui n’a que deux siècles et demi de bouteille: « Voltaire – Rousseau, la guerre sans fin« …

Mine de rien, je n’ironise qu’à peine. Cette bataille sans merci est même beaucoup plus ancienne, elle a commencé dans le jardin d’Eden, entre ses deux premiers pensionnaires humains au fond, et la Genèse en est déjà un compte-rendu. Rapportant la première victoire d’étape, remportée par Voltaire déguisé en Eve troublante et tentatrice.

J’ai lu ça cet après-midi, au soleil, sous un parasol d’où coulaient des flots de soda rafraîchissant. Non, je n’ai pas succombé à un coup de chaleur, et c’est en toute lucidité, je vous assure, que j’ai conclu que mon petit malaise, en cette époque fascinée par l’instinct, les pulsions « vitales » et la nostalgie du gentil sauvage courant tout nu dans la forêt amazonienne, provenait sans doute de l’avantage provisoirement pris dans la lutte millénaire par ce bon Jean-Jacques.

Parce que moi, je tiens plutôt pour Voltaire. Sans fanatisme, allez. Voltaire et Rousseau, et les postures qu’ils incarnent, sont moins d’irréconciliables ennemis que les moments d’une perpétuelle oscillation entre deux pôles. La Nature et la Culture. La Raison et la Passion. La civilisation et la pureté des origines. Le progrès et l’éternité. La science et la foi. Apollon et Dionysos.

Vous me suivez? Dites-moi alors si, vous, vous êtes plutôt Voltaire, ou plutôt Rousseau. C’est l’été, non? Cela nous distraira un peu de nos petites misères. Et du Tour de France.

Je compte m’essayer à vous parler plus souvent de la Flandre et des Flamands. Pour tenter de mieux comprendre ce qui s’y passe et ce qui s’y pense. Nourrir intelligemment le débat, au-delà des clichés habituels…

C’est un peu casse-gueule, je sais. Quand on veut rester au-dessus de la mêlée, on finit souvent par encaisser les balles perdues en provenance de chacun des deux camps. Mais tant pis, j’assume. Parce que cela me paraît intéressant et (peut-être) utile. Ce sera à vous de me le dire

Pour ce qui est de ma façon de faire, ce sera comme d’hab’: je m’efforce de prouver le mouvement en marchant. L’approche sera donc empirique. Pour commencer, quelques liens que j’ai repérés sur la Toile, ces jours-ci. Principalement de la politique, mais pas seulement. Et pas que du communautaire en tout cas:

  • La mort d’un journal. – Het Volk, c’était une institution, quand même, et pas seulement à Gand. Mais c’est fini. Gentblogt prononce l’oraison funèbre.
  • Bloguer sur commande. – Bruno Peeters (B.V.L.G.) relève une nouveauté bloguesque aux Pays-Bas: la location des services d’un blogueur patenté pour couvrir un événement, par exemple organisé par une entreprise.
  • Libéralisme et anarchie. – Recension d’un débat organisé dans Blauwdruk, le magazine du Liberaal Vlaams Studenten Verbond. Sur In Flanders Fields, « the Flemish freedom-loving political metablog« .
  • In memoriam Flander’s Technology. – C’est le temps des commémorations: l’Expo 58, Mai 68… Et Flander’s Technology, la manifestation lancée il y a un quart de siècle pas Gaston Geens. Peter Dedecker, qui affiche sa sympathie pour la NV-A sur son Peter’s Blog regrette un peu d’avoir raté ça.
  • Bonne fête! – Le même affichait clairement le 9 mai son engagement européen. Et son attachement au principe de subsidiarité. Mais entre l’Europe et les Régions, il ne voit guère d’utilité aux Etats-nations.
  • Les contradictions de l’extrême-droite nationaliste. – Rebondissant sur un article d’un magazine amstellodamois, Om ter saaist a trouvé beaucoup de nationalistes flamands très à droite sur Facebook. Pas toujours très cohérents dans leurs sympathies à l’extérieur semble-t-il.
  • 20 ans de socialisme. – Retour aux anniversaires. LVB.net nous rappelle que les socialistes siègent au sein du gouvernement belge depuis déjà 20 ans, sans discontinuer. Cela ne fait pas trop plaisir à Luc Van Braekel.
  • Van Rompuy. – A lire absolument: cette interview du toujours bouillant Eric, le frère d’Herman, dans Pan. Déjà ancien (avril), mais permet de comprendre ce certaines choses, des froideurs notamment…
  • Et BHV? – La critique de Brigand sur le blog d’un correspondant de presse français bien connu. Mais ne manquez surtout pas Brusselblogt, qui vous rapporte innocemment comment la DH sélectionne les « échantillons » de certains de ses sondages d’opinion qui font du bruit

Voilà donc pour une première fournée. Il y en aura d’autres et il n’y aura surtout pas que ça. Mais tout doit partir d’une bonne veille, non? Rien ne vous interdit d’ailleurs de me « tuyauter ». Merci d’avance.

Cela m’ennuie mais je dois bien reconnaître que Bart De Wever a probablement raison quand il claironne dans La Libre que « la Belgique n’existe plus« . Parce que, comme il le dit très bien:

« La Belgique n’est qu’une conférence diplomatique permanente entre deux pays ».

Il est intelligent, Bart. C’est pour ça qu’il est dangereux. Pas parce qu’il est Flamand, ni même parce qu’il est de la NV-A. Je le trouverais dangereux même s’il était francophone, et président du FDF, ou Wallon et député socialiste. Parce que Bart est nationaliste. C’est-à-dire antilibéral.

Pardon! Je vous ai fait peur? Je vous explique: un antilibéral, pour moi, cela n’a rien à voir avec quelqu’un qui se contente de ne pas voter pour Verhofstadt et de ne pas aimer Reynders. Un antilibéral, pour moi, c’est quelqu’un qui considère que des abstractions telles que l’Eglise, l’Etat, le Peuple, la Classe ou la Nation sont plus importants que les gens qui en font partie. Que ce sont des fins en soi, pas de simples outils.

Et c’est comme ça qu’il est Bart, antilibéral. Il est démocrate, il respecte les choix de l’électeur et ne veut rien imposer par la force. Mais son nationalisme antilibéral transpire de tous ses propos et des objectifs qu’il poursuit. Ecoutez:

« A sa naissance, la Belgique correspondait à 100% aux voeux de l’élite, uniquement francophone. Au début, le mouvement flamand ne demandait pas la fin de la Belgique. Il voulait juste redéfinir le projet initial (NDB: jusque là, tout va bien, mais ici, ça va déraper), mieux tenir compte de sa composante germanique (c’est moi qui souligne) ».

Ce n’est pas le mot « germanique » qui me dérange, l’épithète « latine », dans la bouche de Di Rupo ou de Maingain, me gênerait tout autant. Ni qu’il faille tenir compte des spécificités culturelles des uns et des autres. Mais l’idée de « composantes » ou de communautés nationales en quelque sorte transcendantes, supérieures à l’individu, s’imposant à lui comme un donné immémorial.

Et puis Bart n’est pas qu’intelligent. Il est malin aussi. Ecoutez le encore:

« Quand on est nationaliste flamand, on peut vouloir, comme nous, changer les choses en participant au changement ou se dire hostile à la Belgique comme le Vlaams Belang en rejetant toute participation au système. Le Vlaams Belang attend. Il ne changera jamais rien. Et il complique la tâche des autres. Car il a placé la demande pour l’autonomie de la Flandre dans un contexte de racisme et d’extrême-droite (…) Si le Vlaams Belang n’existait pas, les francophones devraient l’inventer ».

Vous saisissez, comme aurait dit Raymond Goethals? Les dirigeants du Vlaams Belang sont des fascistes vicieux et brutaux, mais ils sont surtout très cons. Tandis que Bart n’est ni brutal, ni vicieux, mais surtout, il n’est pas con du tout. Au contraire. Ce n’est pas sur le terrain de la politique politicienne qu’il faut l’affronter, mais sur celui de la philosophie politique. Je ne suis pas sûr que nous ayons, rue de la Loi, des représentants préparés à ça.

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