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	<title>On a des choses à se dire &#187; Histoire</title>
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		<title>Les &#171;&#160;signaux&#160;&#187;, dans la presse&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Jul 2010 13:53:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Medias]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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Allez, comme vous êtes sages, je vous raconte encore une histoire&#8230;  
Elle est vieille de trente ans, mais c&#8217;est forcé. Il faut que joue la prescription, pour pouvoir raconter des histoires qui se sont déroulées en off.
J&#8217;aime bien vous raconter des histoires. C&#8217;est peut-être l&#8217;âge, bien sûr, qui m&#8217;incite à égrener ainsi des souvenirs <a href='http://blog.pickme.be/2010/07/29/les-signaux-dans-la-presse/'>[...]</a>]]></description>
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<p>Allez, comme vous êtes sages, je vous raconte encore une histoire&#8230; <img src='http://blog.pickme.be/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Elle est vieille de trente ans, mais c&#8217;est forcé. Il faut que joue la prescription, pour pouvoir raconter des histoires qui se sont déroulées en <em>off.</em></p>
<p>J&#8217;aime bien vous raconter des histoires. C&#8217;est peut-être l&#8217;âge, bien sûr, qui m&#8217;incite à égrener ainsi des souvenirs &#8211; vous me préviendrez quand je commencerai à radoter&#8230; &#8211; mais celle-ci me revient en lisant les journaux qui essaient désespérément de grappiller quelques infos sur la progression &#8211; ou la stagnation &#8211; de la mission de préformation d&#8217;Elio Di Rupo. Dans <em>De Standaard, </em><a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=IM2TD9MM" target="_blank">ce matin</a>, on sent bien ainsi que la tension croît aux confidences distillées par quelques participants aux discussions.</p>
<p>Et c&#8217;est toujours comme ça que ça se passe.</p>
<p>En juillet 81, Mark Eyskens était premier ministre d&#8217;un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Mark_Eyskens" target="_blank">gouvernement</a> de sociaux-chrétiens et de socialistes. On était en pleine crise de la sidérurgie wallonne, la situation budgétaire était désastreuse et le franc sous pression. En mars, Wilfried Martens avait échoué à faire approuver son &laquo;&nbsp;plan d&#8217;urgence&nbsp;&raquo; et avait démissionné. Avant de partir en vacances, le gouvernement Eyskens devait élaborer un budget.</p>
<p>Moi, j&#8217;étais alors journaliste politique à <em>La Libre Belgique</em>, avec <a href="http://blog.pickme.be/2007/02/17/salut-guy/" target="_blank">Guy Daloze</a> comme chef de service. Et je devais suivre ces travaux budgétaires qui ennuyaient tout le monde à la rédaction. C&#8217;est pourtant une matière aussi passionnante qu&#8217;essentielle. Mais elle est complexe et rébarbative, surtout pour des journalistes qui sont rarement très à l&#8217;aise devant les alignements de chiffres&#8230;</p>
<p><span id="more-2587"></span>Au <em>Soir</em>, c&#8217;était la chasse gardée de mon ami <a href="http://blog.pickme.be/revue-de-presse/" target="_blank">Guy Depas</a>. Pour une raison ou pour une autre, Guy ne pouvait suivre les travaux budgétaires cette année-là et cela contrariait manifestement les brillants jeunes loups du PSC de l&#8217;époque, impatients de secouer la vieille garde: le président Vanden Boeynants &#8211; <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Vanden_Boeynants" target="_blank">l&#8217;inoubliable VDB</a> &#8211; et le vice-premier José Desmarets.</p>
<p>Ils m&#8217;avaient donc contacté pour savoir, mine de rien, si j&#8217;étais intéressé à bénéficier d&#8217;une information tout-à-fait privilégiée sur l&#8217;élaboration du budget 82. Non, peut-être! Ce qui fut dit fut fait et, pendant plus d&#8217;un mois, j&#8217;ai été informé dans les moindres détails des discussions en cours au sein du <em>kern</em> &#8211; le comité ministériel restreint. Dans la matinée, un chauffeur m&#8217;apportait les <em>notules</em> &#8211; le procès-verbal, strictement confidentiel &#8211; de la veille et, chaque après-midi ou presque, j&#8217;avais droit à un <em>briefing</em> avec Philippe Maystadt &#8211; qui n&#8217;était encore &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; ministre de la Fonction publique -, Gérard Deprez &#8211; alors chef cab&#8217; chez José Desmarets &#8211; et un ou plusieurs membres de la <em>dream team</em> des conseillers parmi lesquels Pierre Verkaeren, Alain Stekke, Bernard de Closset, Thierry Faut ou Baudouin Dubuisson. J&#8217;en oublie sans doute et m&#8217;en excuse auprès d&#8217;eux.</p>
<p>Chaque jour ou presque, je sortais un <em>scoop</em>. La matière était si technique qu&#8217;elle passait sans doute au-dessus de la tête de la plupart des lecteurs de <em>La Libre</em> mais le premier ministre enrageait et, tous les matins, j&#8217;étais assuré d&#8217;avoir une bonne place dans la revue de presse du journal parlé. <em>Dans La Libre Belgique, Charles Bricman explique que</em>&#8230;</p>
<p>Cela me valut aussi ma première sortie sur les ondes: un <em>Samedi Première</em> animé par Pierre Couchard, enregistré au cabinet de Guy Mathot, le plus calamiteux ministre du Budget de toute l&#8217;Histoire de Belgique. Mais le trac, à 28 ans dans l&#8217;arène des grands, je ne vous dis pas&#8230; Parce que forcément, en pointe comme je l&#8217;étais dans mon journal, je ne me retrouvais pas face au ministre comme un gentil journaliste à cajoler; j&#8217;étais un adversaire à abattre. J&#8217;en suis sorti vivant.</p>
<p>Au cabinet Mathot aussi, on se demandait ce qui était en train de se passer. Pourquoi <em>La Libre </em>était-elle aussi agressive? Un jour, Debouverie, le chef de cabinet de Mathot, me cuisina longuement au téléphone. Je fus avec lui d&#8217;une parfaite transparence. J&#8217;étais journaliste pour faire circuler l&#8217;information, pas pour faire la propagande d&#8217;un parti.</p>
<p>Ce qui se passait était simple à comprendre. Au sein de la famille sociale-chrétienne &#8211; car une partie du CVP aussi était dans le coup, avec Herman Van Rompuy qui dirigeait alors le centre d&#8217;études -, certains avaient tiré la conclusion que le temps des coalitions travaillistes était révolu: les socialistes étaient à ce moment politiquement incapables de mettre en œuvre une politique d&#8217;assainissement et de tenir tête à la FGTB de Georges Debunne. Il fallait se débarrasser du gouvernement Eyskens et passer à autre chose.</p>
<p>Le CVP ne pouvait toutefois &laquo;&nbsp;tuer&nbsp;&raquo; son premier ministre qui faisait semblant d&#8217;y croire et qui était trop content d&#8217;avoir pu piquer le 16 à Martens. Il fallait que ce soit le PSC qui s&#8217;en charge. Mais le président Vanden Boeynants avait décrété qu&#8217;<em>on ne fait pas tomber un gouvernement sur le budget, et sûrement pas en juillet, en plus! </em>De sorte qu&#8217;à un moment de cette saga, il s&#8217;arrangea pour être interviewé par <em>La Libre</em>. C&#8217;est Jean-Pierre Stroobants qui alla recueillir ses propos. Micro fermé, VDB s&#8217;emporta, m&#8217;a raconté Jean-Pierre: &laquo;&nbsp;<em>Mais qu&#8217;est-ce qu&#8217;il lui prend, à Bricman? Je ne comprends pas. C&#8217;est pourtant un ami de mon fils, et il ne vient même pas me demander mon avis! Je suis quand même président du PSC!</em> Ce sur quoi Deprez, qui assistait à l&#8217;entretien, précisa qu&#8217;il était, lui, régulièrement en contact avec moi&#8230; VDB n&#8217;en fut peut-être pas vraiment rassuré mais il ne le montra pas.</p>
<p>C&#8217;était la Fronde, en fait. La querelle des Anciens et des Modernes. La relève de la garde. Et une menace terrible qui se précisait en arrière-plan: Van Rompuy m&#8217;avait assuré que si le PSC ne faisait pas tomber le gouvernement Eyskens sur le budget, le CVP le ferait chuter en septembre sur la sidérurgie wallonne. Ce qui s&#8217;est vérifié le 21, après une crise gouvernementale homérique au cours de laquelle on vit même les ministres socialistes bouder les réunions du gouvernement et se mettre ainsi en quelque sorte en&#8230; grève! Et le 17 décembre, Martens-Gol entrait en fonction. Dévaluation du franc, austérité&#8230;</p>
<p>Car avant cela les &laquo;&nbsp;rebelles&nbsp;&raquo; n&#8217;avaient pas réussi &#8211; même avec mon aide! &#8211; à faire chuter le gouvernement sur le budget. Le dernier soir de la négociation, je reçus un appel de Philippe Maystadt qui me dit: &laquo;&nbsp;<em>Voilà, nous avons un accord sur le budget</em>&laquo;&nbsp;. Je m&#8217;y attendais mais jouai la surprise. Le ministre carolorégien &#8211; pour qui j&#8217;ai une grande estime &#8211; se défendit mollement. Il me confirma que le gouvernement continuait, et lui aussi. Je m&#8217;attelai à la manchette du lendemain, en titrant sur la défaite du PSC.</p>
<p>C&#8217;était un peu audacieux pour <em>La Libre, </em>à l&#8217;époque toujours catholique et <em>védébiste</em>. Le directeur de la rédaction tiqua. <em>Vous ne pensez pas que votre titre est un peu&#8230; raide</em>, me demanda-t-il? Je lui dis que nous restions, nous, dans la ligne que nous avions défendue depuis plus d&#8217;un mois. Et comme il semblait hésiter encore un peu, je lui parlai des soi-disant mesures décidées dans le conclave. Dont un renforcement des pouvoirs du fisc en matière de taxation des &laquo;&nbsp;signes extérieurs de richesse&nbsp;&raquo;. Avoir une piscine ou un terrain de tennis dans son jardin par exemple. Il n&#8217;hésita plus. A l&#8217;occasion d&#8217;un <em>invité du mois</em> organisé chez lui, j&#8217;avais constaté la présence d&#8217;un court en brique pilée, sous les fenêtres de son salon.</p>
<p>En quittant la rédaction, vers minuit, j&#8217;entendis encore sonner le téléphone. C&#8217;était Gérard Deprez cette fois. &laquo;&nbsp;<em>Charles? Tu penses quoi?</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>- Ben&#8230; Que vous avez perdu.</p>
<p>- OK, tu me rassures. Bonne nuit.</p>
<p>- Bonne nuit, Gérard&#8230;</p>
<p>Et donc voilà. Cette manœuvre là a  échoué, mais c&#8217;en était bien une. La plupart des informations distillées par un participant à une négociation, sinon toutes, ne le sont que pour servir ses intérêts à lui ou ceux de son parti, pas ceux du public. Il faut le savoir. Cela ne disqualifie pas pour autant les informations en question. Il faut simplement en tenir compte quand on en prend connaissance, c&#8217;est tout. J&#8217;ai toujours su qu&#8217;en publiant mes articles de l&#8217;été 81, je devenais aussi un élément dans une stratégie de critique et de décrédibilisation du gouvernement en place. Mais où est le problème, dès lors qu&#8217;en même temps je faisais mon boulot d&#8217;informer mes lecteurs, c&#8217;est-à-dire de leur rapporter honnêtement des faits exacts et de les contextualiser?</p>
<p>Il n&#8217;en reste pas moins que la presse reste aussi, de cette façon, un instrument pour <em>happy few</em>, une façon d&#8217;envoyer des signaux à ses partenaires dans une négociation ou à ses adversaires. C&#8217;est peut-être bien le cas dans <a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=IM2TD9MM" target="_blank">le <em>Standaard</em> de ce matin</a>. Comme si le camp flamand disait aux francophones: &laquo;&nbsp;<em>Les amis, comme ça, on va tout droit dans le mur. Ou on en a pour des lustres avant de constituer un gouvernement qui gouverne. On vous a laissé la main pour ne pas vous mettre dans la position de ceux à qui on impose quelque chose, mais si vous croyez vous en sortir en ne nous proposant que des peanuts, vous vous trompez.</em> <em>Allez, soyons sérieux maintenant, il est temps d&#8217;arriver à quelque chose</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Que ça se passe comme ça, si c&#8217;est bien le cas, n&#8217;est pas forcément un mauvais signe. Ce peut même être un coup de pouce à ceux qui, dans le camp francophone, auraient compris que quelque chose a changé le 13 juin. Je n&#8217;en sais rien. On verra ça plus tard, quand on établira les comptes. Mais c&#8217;est le sort d&#8217;un Etat et de ses citoyens qui se joue dans cette pièce. Le comprend-t-on bien partout?</p>
<p>Je n&#8217;en dirai pas plus parce que je n&#8217;en sais pas plus. <em> </em></p>
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		<title>C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un type, un Allemand&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 20:36:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[nazisme]]></category>

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Pourquoi faudrait-il l&#8217;excuse d&#8217;une publication récente ou d&#8217;une imminente commémoration, bref, d&#8217;une actualité quelconque, pour parler d&#8217;un livre? C&#8217;est réducteur, à la fin. Et ce n&#8217;est pas comme ça que fonctionne un lecteur.
Le lecteur, il se fout pas mal de l&#8217;actualité. Ou plutôt: l&#8217;actualité, c&#8217;est la sienne, qui n&#8217;est pas forcément celle du monde. Il <a href='http://blog.pickme.be/2010/07/21/cest-lhistoire-dun-type-un-allemand/'>[...]</a>]]></description>
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<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/51S32XFWYJL._SL500_AA300_.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2566" title="51S32XFWYJL._SL500_AA300_" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/51S32XFWYJL._SL500_AA300_.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Pourquoi faudrait-il l&#8217;excuse d&#8217;une publication récente ou d&#8217;une imminente commémoration, bref, d&#8217;une actualité quelconque, pour parler d&#8217;un livre? C&#8217;est réducteur, à la fin. Et ce n&#8217;est pas comme ça que fonctionne un <em>lecteur</em>.</p>
<p>Le lecteur, il se fout pas mal de l&#8217;actualité. Ou plutôt: l&#8217;actualité, c&#8217;est la sienne, qui n&#8217;est pas forcément celle du monde. Il lit ce qu&#8217;il trouve, au moment où ça l&#8217;intéresse, et il se peut bien que ce soit un essai retrouvé en rangeant sa bibliothèque, ou un vieux roman découvert chez un bouquiniste. C&#8217;est ce qui fait l&#8217;importance des vrais libraires comme il en existe heureusement encore, et l&#8217;inanité relative de la plupart des rubriques littéraires des journaux, exclusivement scotchées aux nouvelles parutions.</p>
<p>Je me suis laissé aller à faire l&#8217;emplette de ce bouquin-ci par intérêt pour la confrontation d&#8217;un individu ordinaire avec l&#8217;Histoire. Comme il peut arriver à tout le monde. Tenez: en mai 40, mon grand-père a entraîné famille et amis dans l&#8217;Exode. Il est allé jusqu&#8217;à Poitiers, avec un gros camion américain qui fut réquisitionné pendant quelques jours par l&#8217;armée française. Il a obtenu de pouvoir le conduire lui-même mais il n&#8217;a jamais raconté ce qu&#8217;il avait fait, ni ce qu&#8217;il avait vu. Maman se souvient seulement que lorsqu&#8217;il est revenu, une nuit, la petite fille de huit ans qu&#8217;elle était alors a été fort étonnée de constater qu&#8217;un papa, ça pleurait aussi. Puis, en juin, ils sont rentrés. En passant la frontière, bon-papa a paraît-il grommelé qu&#8217;il avait bien envie d&#8217;accrocher, à l&#8217;avant du camion, une pancarte sur laquelle il aurait écrit: &laquo;&nbsp;Les couillons reviennent&nbsp;&raquo;. Légende familiale&#8230;</p>
<p>Sébastian Haffner est né dans le camp d&#8217;en face, en 1907. Il avait donc deux ans de moins que mon grand-père menuisier. Dans <em>Histoire d&#8217;un Allemand</em>, il a raconté sa vie à lui, de 1914 à 1933. Il l&#8217;a écrite en 1939, en Angleterre où il s&#8217;était réfugié. La guerre a fait avorter le projet éditorial mais quand il est mort, en 1999, on a retrouvé le manuscrit dans ses papiers. <a href="http://www.actes-sud.fr/" target="_blank">Actes Sud</a> en a publié la <a href="http://www.actes-sud.fr/catalogue/histoire-moderne-et-contemporaine/histoire-dun-allemand" target="_blank">traduction française</a>, rééditée ensuite en &laquo;&nbsp;poche&nbsp;&raquo; (Babel, n°653).</p>
<p><span id="more-2565"></span>A l&#8217;entame de la troisième et dernière partie (&laquo;&nbsp;<em>L&#8217;Adieu</em>&laquo;&nbsp;, pp. 271 et suiv.), Haffner prend le temps de s&#8217;excuser de raconter ainsi sa petite histoire, son expérience intime. A titre individuel, il n&#8217;a évidemment pesé en aucune manière sur le cours des choses. Mais le paradoxe de l&#8217;Histoire, suggère-t-il, c&#8217;est que:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>Un fait indubitable, même s&#8217;il semble paradoxal, c&#8217;est que les événements et les décisions historiques qui comptent vraiment se jouent entre nous, entre les anonymes, dans le cœur de chaque individu placé là par le hasard, et qu&#8217;en regard de toutes ces décisions simultanées, qui échappent même souvent à ceux qui les prennent, les dictateurs, les ministres et les généraux les plus puissants sont totalement désarmés. Et c&#8217;est ne caractéristique des événements décisifs qu&#8217;ils ne sont jamais visibles en tant que phénomène de masse, en tant que démonstration de masse &#8211; sitôt que la masse se présente en masse, elle est incapable de fonctionner -, mais toujours comme le vécu apparemment privé de milliers et de millions d&#8217;individus</em>&laquo;&nbsp;.</p></blockquote>
<p>Ainsi justifiée dans sa pertinence, s&#8217;il en est besoin, cette histoire d&#8217;un Allemand m&#8217;a fasciné par la description clinique qu&#8217;elle fournit  de la &laquo;&nbsp;révolution&nbsp;&raquo; nazie de 1933, fondée sur un &laquo;&nbsp;nationalisme pathologique&nbsp;&raquo; dont on pouvait croire, en 1939, qu&#8217;il avait détruit à jamais la culture allemande. C&#8217;est dans ce récit qu&#8217;on nous propose ici d&#8217;entrer, avec les yeux d&#8217;un Prussien libéral et individualiste &#8211; un cinglant démenti en soi au plus convenu des clichés.</p>
<p>Avec cette tension permanente entre l&#8217;inflexibilité commandée par les valeurs et les capitulations symboliques imposées pour survivre: à la brute des SA qui lui demande s&#8217;il est bien aryen, Haffner répond par l&#8217;affirmative et se reproche ensuite d&#8217;avoir accepté de se justifier ainsi.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>On se mit à participer &#8211; d&#8217;abord par crainte. Puis, s&#8217;étant mis à participer, on ne voulut plus que cela fût par crainte, motivation vile et méprisable. Si bien qu&#8217;on adopta après coup l&#8217;état d&#8217;esprit convenable. C&#8217;est là le schéma mental de la révolution national-socialiste</em>&laquo;&nbsp;.</p></blockquote>
<p>Le redoutable schéma de ce que l&#8217;on appela ensuite la &laquo;&nbsp;<a href="http://www.dunod.com/livre-dunod-9782100488353-psychologie-de-la-soumission-et-de-la-manipulation.html" target="_blank">psychologie de la soumission</a>&laquo;&nbsp;: on rallie plus facilement les esprits quand on a fait tendre le bras car celui qui tend le bras cherchera toujours une justification rationnelle et &laquo;&nbsp;honorable&nbsp;&raquo; à son geste: il s&#8217;efforcera donc plus volontiers de mettre ses pensées en accord avec ses gestes que l&#8217;inverse. C&#8217;est pessimiste, mais probablement réaliste&#8230;</p>
<p>Sauf avec les personnalités bien structurées. Au moment de passer son examen pour l&#8217;assessorat, Haffner est convoqué dans un &laquo;&nbsp;stage&nbsp;&raquo; de formation idéologique. Il en démonte les rouages et en dénonce les drogues. La &laquo;&nbsp;camaraderie&nbsp;&raquo; par exemple:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>La camaraderie est partie intégrante de la guerre. Comme l&#8217;alcool, elle soutient et réconforte les hommes soumis à des conditions de vie inhumaines. Elle rend supportable l&#8217;insupportable. Elle aide à surmonter la mort, la suffrance, la désolation. Elle anesthésie. Supposant l&#8217;anéantissement de tous les biens qu&#8217;apporte la civilisation, elle console de leur perte. Elle est sanctifiée par de terrifiantes nécessités et d&#8217;amers sacrifices. Mais séparée de tout cela, recherchée et cultivée pour elle-même, pour le plaisir et l&#8217;oubli, elle devient un vice. Et qu&#8217;elle rende heureux pour un moment n&#8217;y change absolument rien. Elle corrompt l&#8217;homme, elle le corrompt et le déprave plus que ne le font l&#8217;alcool et l&#8217;opium. Elle le rend inapte à une vie personnelle, responsable et civilisée. Elle est proprement un instrument de décivilisation. A force de camaraderie putassière, les nazis ont dévoyé les Allemands; elle les a avilis plus que nulle autre chose</em>&laquo;&nbsp;.</p></blockquote>
<p>Si j&#8217;étais prof de français ou de morale, je ferais lire ça à mes élèves. Comme je ne le suis pas, je me contente de vous recommander cette <em>Histoire d&#8217;un Allemand</em>. Ça peut faire du bien à tout le monde.</p>
<p><strong>Lire aussi:</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/1978634001/sebastian-haffner-histoire-d-un-allemand.fr.html" target="_blank">Un livre, un jour</a> (vidéo FR3)</li>
<li><a href="http://www.lalettrevolee.net/article-4050374.html" target="_blank">La lettre volée</a> (blog)</li>
<li><a href="http://pitou.blog.lemonde.fr/2005/06/05/2005_06_histoire_dun_al/" target="_blank">Voyage au bout de la lettre</a> (blog)</li>
<li><a href="http://www.parutions.com/pages/1-1-304-2560.html" target="_blank">Parutions.com</a></li>
<li><a href="http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=13399" target="_blank">Le matricule des anges</a></li>
</ul>
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		<title>La polémique autour de Jan Karski</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/02/09/la-polemique-autour-de-jan-karski/</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 23:28:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Idées]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[jan karski]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
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J&#8217;ai une grande considération pour Pol Mathil, que j&#8217;ai connu dans mes années au Soir et que je vois encore, de loin en loin. Cela ne m&#8217;interdit pas de penser que parfois il se trompe, comme dans cette chronique qu&#8217;il vient de publier et dans laquelle il s&#8217;en prend à Yannick Haenel, dont j&#8217;ai moi-même <a href='http://blog.pickme.be/2010/02/09/la-polemique-autour-de-jan-karski/'>[...]</a>]]></description>
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<p>J&#8217;ai une grande considération pour Pol Mathil, que j&#8217;ai connu dans mes années au <em>Soir</em> et que je vois encore, de loin en loin. Cela ne m&#8217;interdit pas de penser que parfois il se trompe, comme dans <a href="http://archives.lesoir.be/il-faut-sauver-le-soldat-karski_t-20100208-00T7XR.html" target="_blank">cette chronique</a> qu&#8217;il vient de publier et dans laquelle il s&#8217;en prend à Yannick Haenel, dont j&#8217;ai moi-même <a href="http://blog.pickme.be/2009/11/22/jan-karski-une-revolte-contre-la-bassesse/" target="_blank">parlé ici</a>, il y a quelques semaines.</p>
<p><span id="more-1868"></span></p>
<p>Mais Pol ne fait que prendre parti dans une polémique bien française: quand le livre obtint l&#8217;Interallié, Claude Lanzmann s&#8217;est souvenu qu&#8217;on y parlait de lui et s&#8217;est emporté dans un réquisitoire qui eût été recevable &#8211; si pas forcément fondé &#8211; s&#8217;il n&#8217;avait été d&#8217;une essence que je qualifierais, oui, de totalitaire.</p>
<p>Le bouquin, je le rappelle, comporte trois parties. La première est une &laquo;&nbsp;lecture&nbsp;&raquo; de l&#8217;intervention de Karski dans <em>Shoah</em>, le célèbre film de Lanzmann. La deuxième une synthèse des écrits de Karski lui-même. Et la troisième, le corps du délit, un monologue imaginaire de Karski imaginé par Haenel.</p>
<p>Il faut renoncer à choisir le vrai détenteur de la vérité historique. Quand on la croit établie, qu&#8217;est-elle d&#8217;autre que la morale des vainqueurs? Aussi bien, ce n&#8217;est pas elle qui est ici en débat. C&#8217;est le droit de l&#8217;écrivain à proposer sa lecture romancée de l&#8217;Histoire, en assumant son incertitude et sa partialité subjective.</p>
<p>Et je confirme qu&#8217;à mes yeux, Jan Karski est un beau livre que Yannick Haenel a bien fait d&#8217;écrire puisqu&#8217;il en avait talent. Même s&#8217;il se trompe, c&#8217;est possible, pas certain, sur la vérité ultime de la tragique histoire qu&#8217;il raconte: les Alliés sont-ils coupables d&#8217;avoir laissé se faire la Shoah?</p>
<p>La dispute &#8211; au sens premier de <em>disputatio</em> &#8211; est légitime et peut même être furieuse. Mais la cause qui se défend au moyen d&#8217;anathèmes s&#8217;en trouve à mes yeux déforcée et en devient suspecte: craignant de ne pouvoir s&#8217;imposer à l&#8217;issue du processus dialectique d&#8217;un débat policé, elle condamne au bûcher par des motifs essentiellement fondés sur des arguments d&#8217;autorité autoproclamée.</p>
<p>Rendons à l&#8217;Histoire ce qui revient à l&#8217;Histoire mais laissons à la littérature son droit à l&#8217;imaginaire et, disons-le tout net, au fantasme de l&#8217;auteur et de son lecteur, faute de quoi il faudra, entre autres, brûler tout Dumas. Ou se résigner à ne lire de méditations et de fictions littéraires engageant l&#8217;Histoire qu&#8217;assez lointaines pour qu&#8217;aucun vivant ne puisse s&#8217;écrier: &laquo;&nbsp;J&#8217;y étais&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ceux que la polémique intéresse peuvent se reporter à la nouvelle publication du journal <em>Le Monde</em>, dont le numéro republie  un article descriptif du 26 janvier de Thomas Wieder, ainsi qu&#8217;une vigoureuse réponse de Yannick Haenel à Claude Lanzmann (<a href="http://www.lemonde.fr/kiosque/mensuel/#fr-FR/magazine" target="_blank"><em>Le Mensuel</em></a>, n°1, février 2010, pp.71 à 73, en vente dans toutes les bonnes librairies).</p>
<p><strong>Lire aussi:</strong> Le dossier dans <a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/20100125/17258/haenel-repond-a-lanzmann" target="_blank">BibliObs</a>; Un article d&#8217;Anne Brigodeau sur <a href="http://culture.france2.fr/livres/actu/Pol%C3%A9mique-autour-de-Jan-Karski-60560413.html" target="_blank">france2.fr</a>, Un article de Pierre Assouline dans <a href="http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/01/21/lanzmann-contre-attaque-sur-karski_1294712_3260.html" target="_blank">lemonde.fr</a></p>
<p><strong>Voir et entendre:</strong> Un <a href="http://www.dailymotion.com/video/xc3uzk_claude-lanzmann-parle-du-jan-karski_news" target="_blank">entretien</a> de Sylvain Bourmeau avec Claude Lanzmann dans Mediapart.</p>
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		<title>Jan Karski, une révolte contre la bassesse</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2009/11/22/jan-karski-une-revolte-contre-la-bassesse/</link>
		<comments>http://blog.pickme.be/2009/11/22/jan-karski-une-revolte-contre-la-bassesse/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 14:29:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[shoah]]></category>

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Il me chaut fort peu qu&#8217;un prix littéraire ait été attribué à Yannick Haenel pour son Jan Karski. Ce n&#8217;est pas pour ça que j&#8217;ai acheté et lu ce livre admirable, mais pour ce que m&#8217;en disait Krzysztof Pomian, la semaine passée entre deux dim sum: &#171;&#160;Je le fais très rarement, parce que je trouve <a href='http://blog.pickme.be/2009/11/22/jan-karski-une-revolte-contre-la-bassesse/'>[...]</a>]]></description>
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<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2009/11/1Karski.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1557" title="1Karski" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2009/11/1Karski.jpg" alt="1Karski" width="121" height="180" /></a>Il me chaut fort peu qu&#8217;un prix littéraire ait été attribué à <a href="http://livres.fluctuat.net/yannick-haenel.html" target="_blank">Yannick Haenel</a> pour son <em>Jan Karski. </em>Ce n&#8217;est pas pour ça que j&#8217;ai acheté et lu ce livre admirable, mais pour ce que m&#8217;en disait <a href="http://www.ehess.fr/crh/document.php?id=310" target="_blank">Krzysztof Pomian</a>, la semaine passée entre deux dim sum: &laquo;&nbsp;<em>Je le fais très rarement, parce que je trouve ça un peu vain, mais là, j&#8217;ai envoyé un petit mot à l&#8217;auteur pour lui dire l&#8217;admiration que j&#8217;avais pour son travail</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>C&#8217;est un roman, annonce la couverture. En fait, c&#8217;est probablement plus compliqué, à moins de ne voir dans le roman que  la plus résiduelle des catégories résiduelles, le réceptacle de tout ce qui n&#8217;est pas autre chose.Mais quoi qu&#8217;il en soit, c&#8217;est de la grande littérature.</p>
<p><span id="more-1556"></span></p>
<p>On y trouve trois chapitres. Le premier est une espèce de compte-rendu détaillé et subjectif de l&#8217;intervention de Karski dans le film<a href="http://www.reforme.net/archive2/article.php?num=3112&amp;ref=280" target="_blank"> <em>Shoah</em></a>, de Claude Lanzmann. Le deuxième, une courte biographie de Karski à partir de son livre, réédité en français 2004, <a href="http://www.arkheia-revue.org/Mon-temoignage-devant-le-monde-de.html" target="_blank"><em>Mon témoignage devant le monde</em></a>. Et le troisième un long monologue du même Karski, imaginé par Yannick Haenel.</p>
<p>Er c&#8217;est fascinant. Ça vous remue les tripes. Ça vous laisse&#8230;, comment dire? Chamboulé.</p>
<p>Mais qui est <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Karski" target="_blank">Jan Karski</a>?</p>
<p>Cliquez sur le lien ci-dessus pour une bio purement descriptive de ce résistant catholique polonais qui essaya de faire arrêter l&#8217;Holocauste. Il n&#8217;y manque que l&#8217;essentiel. Vous devrez le découvrir par vous-même, pour vous-même, cette expérience-là ne peut être que personnelle, comme le &laquo;&nbsp;délire&nbsp;&raquo; de Haenel tenant la plume pour le fantôme qui l&#8217;habite.</p>
<blockquote><p><em>Au fond, j&#8217;avais fait l&#8217;expérience de la fin de ce qu&#8217;on appelle &#8216;l&#8217;humanité&#8217;&#8230; Le mot &#8216;humanité&#8217; s&#8217;est tellement compromis au cours du XXe siècle qu&#8217;à chaque fois qu&#8217;on l&#8217;emploie, il semble qu&#8217;on se mette à mentir&#8230; Parler de &#8216;crime contre l&#8217;humanité&#8217;, c&#8217;est considérer qu&#8217;une partie de l&#8217;humanité serait préservée de la barbarie, alors que la barbarie affecte l&#8217;ensemble du monde, comme l&#8217;a montré l&#8217;extermination des Juifs d&#8217;Europe, dans laquelle ne sont pas seulement impliqués les nazis, mais aussi les Alliés&#8230; Le procès de Nuremberg n&#8217;a pas seulement servi à prouver la culpabilité des nazis, il a eu lieu afin d&#8217;innocenter les Alliés&#8230;</em></p></blockquote>
<p>Réquisitoire implacable. Sensation de vertige. Je croyais jusqu&#8217;ici qu&#8217;en se donnant la mort, en 43, Stefan Zweig avait manqué de discernement. Je me demande maintenant si, dans les ténèbres, il ne lui a pas seulement manqué d&#8217;apercevoir, comme Karski, ce petit point, &laquo;&nbsp;<em>on aurait dit une tête d&#8217;allumette</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Car Jan Karski eut toujours de la chance, comme en échappant à la fois aux assassins de Katyn et à la Gestapo.</p>
<blockquote><p><em>Le petit point s&#8217;est éclairci, déjà il flottait dans le noir comme un début de lueur. Les ténèbres ne pouvaient plus rien contre moi, j&#8217;ai recommencé à vivre&nbsp;&raquo;.</em></p></blockquote>
<p>Ce qui fait que si ce livre est noir, assurément, il n&#8217;est curieusement pas déprimant. Il est empli de noblesse.</p>
<blockquote><p><em>Je ne parle pas de la noblesse de sang. Mon père était bourrelier. Je parle de cette exigence de l&#8217;esprit qui s&#8217;insurge contre la bassesse.</em></p></blockquote>
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		<title>L&#8217;éditeur et l&#8217;ordinateur</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2008/08/29/lediteur-et-lordinateur/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Aug 2008 22:10:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[révolution digitale]]></category>

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		<description><![CDATA[
			
				
			
		
Dans le secteur culturel, le monde du livre et de l&#8217;édition est probablement moins menacé par la &#171;&#160;révolution numérique&#160;&#187; que ne le sont les majors du disque ou la presse d&#8217;information générale. Je ne suis même pas loin de penser &#8211; comme d&#8217;autres bien avant moi &#8211; qu&#8217;il peut y gagner.
S&#8217;il s&#8217;adapte&#8230;
Le milieu est conservateur. <a href='http://blog.pickme.be/2008/08/29/lediteur-et-lordinateur/'>[...]</a>]]></description>
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<p>Dans le secteur culturel, le monde du livre et de l&#8217;édition est probablement moins menacé par la &laquo;&nbsp;révolution numérique&nbsp;&raquo; que ne le sont les <span style="font-style: italic">majors</span> du disque ou la presse d&#8217;information générale. Je ne suis même pas loin de penser &#8211; comme d&#8217;autres bien avant moi &#8211; qu&#8217;il peut y gagner.</p>
<p>S&#8217;il s&#8217;adapte&#8230;</p>
<p>Le milieu est conservateur. Frileux parfois (souvent?) Mais il a ses éclaireurs. Il y a quelques jours, je vous ai ainsi parlé de <a href="http://blog.pickme.be/2008/08/09/jai-twitte-au-bord-de-la-riviere-piedra/" target="_blank">Paulo Coelho</a>. Il y a quelques heures, je discutais avec<a href="http://www.bibliomonde.com/auteur/andre-versaille-1217.html"> André Versaille</a>, que j&#8217;ai pu contacter grâce à un de ses auteurs que j&#8217;ai la chance de fréquenter: l&#8217;historien <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Elie_Barnavi" target="_blank">Elie Barnavi</a>, directeur scientifique du Musée de l&#8217;Europe.</p>
<p>André Versaille, c&#8217;est &#8211; c&#8217;était &#8211; <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_Complexe" target="_blank">Complexe</a>. Les éditions. Une histoire brillantissime qui finit mal, fatalité des armes, voyez ce qu&#8217;en dit <a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2007/09/15/complexe-menacee-detre-simplifiee/" target="_blank">Pierre Assouline</a>. Mais l&#8217;homme a rebondi. Il a relancé une nouvelle maison d&#8217;édition à Bruxelles, actuellement logée dans un décor qui m&#8217;a fait plonger dans la scène inaugurale de &laquo;&nbsp;Popaïne et vieux tableaux&nbsp;&raquo;, du génial <a href="http://www.chez.com/twinants/pages/index2.htm" target="_blank">Tillieux</a>. J&#8217;aurais pu dire aussi de Simenon: un centre d&#8217;entreprises de la SDRB, logé dans un ancien bâtiment industriel, à l&#8217;angle du boulevard de Nieuport et de la rue Antoine Dansaert.</p>
<p>Voilà pour l&#8217;ambiance. Mais mon propos, ici, c&#8217;est ça, par exemple:</p>
<p><a href="http://blog.pickme.be/2008/08/29/lediteur-et-lordinateur/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>En juin, André Versaille Editeur publiait <a href="http://www.andreversailleediteur.com/?livreid=714" target="_blank">un ouvrage de Jean-Marie Brohm</a> sur les JO de 1936. Sur son site, cette vidéo amateur avec interview de l&#8217;auteur, <span style="font-style: italic">uploadée</span> sur YouTube et Daily Motion.</p>
<p>Pas parfaite la vidéo. Le <a href="http://www.andreversailleediteur.com/?pageid=1" target="_blank">site</a> non plus d&#8217;ailleurs. André Versaille le sait, une nouvelle version arrive bientôt. Mais peu importe. C&#8217;est la démarche qui compte et elle surprend très agréablement: cet éditeur-là a compris que la révolution est en marche et qu&#8217;elle sera profitable à ceux qui sauront l&#8217;apprivoiser.</p>
<p>J&#8217;y reviendrai. Dans quelques jours, l&#8217;éditeur publie un nouvel opus d&#8217;Elie, que je suis occupé à déguster en primeur, par faveur spéciale de l&#8217;auteur: &laquo;&nbsp;<a href="http://www.andreversailleediteur.com/?livreid=722" target="_blank"><span style="font-style: italic">L&#8217;Europe frigide</span></a>&laquo;&nbsp;.  Je vous le commenterai. Et vous montrerai la vidéo qui va sortir sur YouTube&#8230;</p>
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		<title>La Belgique ne vient pas du fond des âges&#8230; mais court le risque d&#8217;y retourner!</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2007/11/16/la-belgique-ne-vient-pas-du-fond-des-ages-mais-court-le-risque-dy-retourner/</link>
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		<pubDate>Fri, 16 Nov 2007 15:19:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[
			
				
			
		
J&#8217;aime bien ce slogan que j&#8217;ai relevé sur un blog flamand :

Pour mes lecteurs hors-frontières, et il y en a pas mal, en France surtout (dois-je vraiment traduire? Voici: &#171;&#160;Plutôt Belge que nationaliste&#160;&#187;) il dénote assez bien, je crois, ce qui est à la fois la force et la faiblesse du sentiment &#171;&#160;belgicain&#160;&#187; chez nombre <a href='http://blog.pickme.be/2007/11/16/la-belgique-ne-vient-pas-du-fond-des-ages-mais-court-le-risque-dy-retourner/'>[...]</a>]]></description>
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			<a href="http://api.tweetmeme.com/share?url=http%3A%2F%2Fblog.pickme.be%2F2007%2F11%2F16%2Fla-belgique-ne-vient-pas-du-fond-des-ages-mais-court-le-risque-dy-retourner%2F"><br />
				<img src="http://api.tweetmeme.com/imagebutton.gif?url=http%3A%2F%2Fblog.pickme.be%2F2007%2F11%2F16%2Fla-belgique-ne-vient-pas-du-fond-des-ages-mais-court-le-risque-dy-retourner%2F&amp;style=normal" height="61" width="50" /><br />
			</a>
		</div>
<p>J&#8217;aime bien ce slogan que j&#8217;ai relevé sur un <a target="_blank" href="http://omtersaaist.net/2007/10/10/liever-belg-dan-nationalist/">blog flamand</a> :</p>
<p><img src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2007/11/belge.jpg" alt="belge.jpg" id="image280" /></p>
<p>Pour mes lecteurs hors-frontières, et il y en a pas mal, en France surtout (dois-je vraiment traduire? Voici: &laquo;&nbsp;Plutôt Belge que nationaliste&nbsp;&raquo;) il dénote assez bien, je crois, ce qui est à la fois la force et la faiblesse du sentiment &laquo;&nbsp;belgicain&nbsp;&raquo; chez nombre de mes compatriotes. Et chez moi&#8230;</p>
<p>La &laquo;&nbsp;belgitude&nbsp;&raquo; est une identité paradoxale pour ceux qui s&#8217;en réclament. Elle ne s&#8217;appuie pas sur un quelconque &laquo;&nbsp;Volksgeist&nbsp;&raquo;, inconnu chez nous, sauf pour quelques illuminés qui ne connaissent rien à l&#8217;Histoire du pays, mais sur une définition en creux. Nous sommes Belges parce que nous ne sommes rien d&#8217;autre, c&#8217;est tout. Ou plutôt: nous sommes tous des tas d&#8217;autres choses, nos identités sont multiples, rarement collectives, jamais uniques.</p>
<p>Ce qui se passe aujourd&#8217;hui au sommet (?) de l&#8217;Etat est une phase d&#8217;alignement sur les errements du monde: des hommes de pouvoir, jaloux d&#8217;icelui, s&#8217;acharnent à construire des identités nationales parce que c&#8217;est un moyen de gouvernement. Comme une religion laïque.</p>
<p>Les &laquo;&nbsp;belgicistes&nbsp;&raquo; avaient déjà essayé. Au lendemain de la première boucherie mondiale, on a tenté de nous faire accroire que la Belgique venait du fond des âges. Ce bon vieux Jules (César) n&#8217;ouvrait-il pas déjà son <em>De Bello Gallico</em> en professant que, de tous les peuples de la Gaule, les Belges étaient les plus braves (<em>horum omnium, fortissimi sunt Belgae)</em>? Allez vérifier dans le texte, si vous ne me croyez pas. Mais ce que personne ne nous a dit, c&#8217;est qu&#8217;en vantant la bravoure de nos ancêtres Nerviens, Atuatuques, Trévires et autres Morins ou Ménapiens, il les considérait aussi comme les plus cons, parce que restés à l&#8217;écart des mollesses de la civilisation&#8230;</p>
<p>Préoccupés par la progression du nationalisme flamand dans un Etat même pas séculaire, des historiens réputés (et d&#8217;autres qui l&#8217;étaient moins) ont ainsi essayé de construire une mythologie belgicaine débutant sous Boduognat et passant plus ou moins par des Clovis, Charlemagne ou Charles-Quint, qui devaient tous avoir quelque idée bien belge derrière la tête pour aboutir en apothéose sur les barricades de 1830 avec l&#8217;aide de Jan Breydel, de Pieter De Coninck, des 600 Franchimontois, et des comtes d&#8217;Egmont et de Hornes, décapités sur la Grand-Place de Bruxelles par le méchant duc d&#8217;Albe. Et confirmation finale par le caporal Trésignies, héros wallon qui ouvrit les écluses de l&#8217;Yser flamand sous les balles de l&#8217;ennemi qui lui ôtèrent la vie.<br />
Nous n&#8217;avons jamais eu d&#8217;Etat à nous avant 1830. Nous n&#8217;aimons donc pas l&#8217;Etat. C&#8217;est dans nos gènes. Ils nous interdisent aussi de trop aimer l&#8217;Etat belge. Un nationaliste belge, voire même un simple &laquo;&nbsp;souverainiste&nbsp;&raquo;, on n&#8217;a jamais vu ça. Sauf au Front dit National, particule de débiles mentaux qui font plus rigoler que s&#8217;indigner.</p>
<p>Chez les Flamands, ce n&#8217;est pas tout-à-fait la même chose. Le nationalisme belge y est encore plus inconnu car la Belgique a longtemps été étrangère aux Flamands de souche et de base. La Belgique indépendante a longtemps été francophone, et la Flandre &laquo;&nbsp;d&#8217;en haut&nbsp;&raquo; aussi. Question presque purement sociale aux origines, la langue est devenue un enjeu national dans une Belgique où la richesse, le bien-être et la bonne éducation étaient bruxelloise et wallonne, mais surtout francophone.<br />
En un sens, je crois qu&#8217;on peut soutenir que nous en sommes là parce que nos grand-pères n&#8217;ont jamais eu l&#8217;intelligence de procurer à la Flandre &laquo;&nbsp;d&#8217;en-bas&nbsp;&raquo; un autre ascenseur social que la lutte pour l&#8217;émancipation nationale. C&#8217;est pour ça aussi, sans doute, que cette lutte se présente parfois sous des aspects désagréablement fascisants, à tout le moins autoritaires: l&#8217;extrémisme, fût-il de droite, est rarement le fait des nantis, son terreau fermente sur le seuil des exclus.</p>
<p>Le climat politique est détestable en Belgique aujourd&#8217;hui. Il est le résultat d&#8217;un implacable enchaînement de circonstances. Il peut nous conduire à l&#8217;absurde, on ne peut plus le cacher. Et à l&#8217;appauvrissement moral, intellectuel et matériel des dix millions d&#8217;humains qui habitent sur ces trente mille et quelques kilomètres carrés situés entre la mer du Nord, les Pays-Bas, l&#8217;Allemagne, le Grand-Duché de Luxembourg et la France. L&#8217;appauvrissement moral et intellectuel a déjà commencé. Le niveau du débat (?) politique en cours est emblématique à cet égard.</p>
<p>Et nous ne réagissons pas? Ben non. Nous restons là, sans rien faire? Ben oui&#8230; Dimanche, des braves gens vont manifester dans la capitale. Ce sera émotionnel, comme toute manif. Mais sentimental surtout. Probablement très peu politique. Ils seront nombreux, j&#8217;espère. Mais il y aura probablement beaucoup plus de Wallons et de Bruxellois francophones que de Flamands. Qui ne comprendront peut-être pas que dans un ménage, il faut être deux. Qu&#8217;il est peut-être déjà trop tard pour reconstruire une identité belge, même en creux. Et, surtout, que ce n&#8217;est pas en faisant de la politique comme ils en font, que ceux dont c&#8217;est le métier y arriveront.</p>
<p>Manifester, c&#8217;est bien. Mais s&#8217;il n&#8217;y a pas de proposition, de projet derrière, ça ne sert à rien.</p>
<p>Mais il me réchauffe quand même un peu le coeur et l&#8217;esprit, ce slogan flamand qui me dit que je ne suis pas tout seul à penser comme moi! Plutôt Belge que nationaliste&#8230;</p>
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		<title>Aux vingt-sept qui sont morts le 22 octobre 1941</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2007 12:25:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Perso]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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<p>Sur ce blog, je ne fais pas de politique, pas plus que de raison. J&#8217;y exprime, à l&#8217;occasion, des avis et opinions, mais je ne milite pas. C&#8217;est dans ce contexte que je veux ici saluer la première décision de Nicolas Sarkozy en tant que président de la République, un geste fort: dès la prochaine rentrée scolaire, tous les lycéens de France recevront la lecture de la lettre d&#8217;adieu que Guy Môquet, un résistant communiste de 17 ans, adressait à ses parents au moment d&#8217;être fusillé par les nazis, le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Atlantique).</p>
<p>C&#8217;est un texte magnifique et bouleversant. Je l&#8217;ai découvert il y a des années et voilà qu&#8217;il revient, aujourd&#8217;hui, sous mes yeux émus. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le voici, avec respect et admiration:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je vais mourir! Ce que je vous demande, à toi en particulier, petite maman, c&#8217;est d&#8217;être très courageuse. Je le suis et veux l&#8217;être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j&#8217;aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout coeur, c&#8217;est que ma mort serve à quelque chose. Je n&#8217;ai pas eu le temps d&#8217;embrasser Jean. J&#8217;ai embrassé mes deux frères Roger et Rino.</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;J&#8217;espère que mes affaires te seront renvoyées; elles pourront servir à Serge, qui, je l&#8217;escompte, sera fier de les porter un jour.</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;A toi, petit papa, si je t&#8217;ai fait ainsi qu&#8217;à ma petite maman bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j&#8217;ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m&#8217;as tracée.</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j&#8217;aime beaucoup. Qu&#8217;il étudie bien pour être plus tard un homme. Dix-sept ans et demi. Ma vie a été courte! Je n&#8217;ai aucun regret si ce n&#8217;est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin et Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c&#8217;est d&#8217;être courageuse et de surmonter ta peine.</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon coeur d&#8217;enfant. Courage!</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Votre Guy qui vous aime.</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Dernière pensée: &laquo;&nbsp;Vous qui restez, soyez dignes de nous, les vingt-sept qui allons mourir.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
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