La Flandre et ses pouvoirs râlent ferme, ces jours-ci. Question d’image. Si encore il n’y avait eu que les trois touristes du Conseil de l’Europe, venus tâter le pouls du plat pays comme Anne-Marie Lizin aurait été prendre celui des Tchétchènes… Mais ils doivent bien se rendre à l’évidence: leur message ne passe pas beaucoup mieux sur la scène internationale que dans l’opinion francophone.
Prenez le New York Times. Ce n’est pas rien, quand même, le Times. Une demi-page, partiellement reprise dans l’International Herald Tribune pour en élargir l’audience, bien au-delà de Manhattan. Et qui pique où ça fait mal:
That combination of national pride, rightist politics, language purity and racially tinged opposition to immigration is a classic formula these days in modern Europe, what critics call a kind of nonviolent fascism.
Bon, d’accord, c’est un peu basé sur du micro-trottoir: le NYT a été faire un tour à Liedekerke, où l’on tente de chasser les enfants francophones des après-midi récréatives et plaines de jour. Ils ne sont quand même pas tous comme ça, en Flandre. Et son gouvernement a condamné. Mais Liedekerke persiste, l’affaire n’est sans doute pas close, et quelques acteurs locaux en rajoutent par couches entières, lisez l’article…
Dans De Morgen d’ailleurs, sous le titre: Imago, le rédacteur-en-chef du service politique, Yves Desmet, confirme:
Perception is reality, zo weet iedere communicatiedeskundige. Keer op keer krijgt het imago van Vlaanderen in het buitenland een knauw vanjewelste. Dat los je niet alleen op met een reclamecampagne hier en daar. Misschien moeten we ons ook eens afvragen waarom we stilaan overal de indruk van een verkrampte en gesloten samenleving uitdragen.
Plus fort encore: cette analyse de Marc Reynebeau, du Standaard, qui mérite une lecture attentive de la première à la dernière ligne et se conclut ainsi [update 1/05/08]:
Vlaanderen is er niet bij gebaat om zich alleen vol argwaan, laat staan rugwaarts naar de toekomst te laten dwingen. De uitdaging voor de overheid is niet het ophouden van de taalhomogeniteit, waaraan anderen zich maar moeten ‘aanpassen’. Die homogeniteit is toch al lang een fictie. In de Brusselse rand zal het, net als elders in het Vlaanderen van de eenentwintigste eeuw, erop aankomen om te zoeken naar nieuwe vormen van sociale cohesie. Een wetsovertreder kan daar nog altijd geen burgemeesterssjerp mee opeisen, integendeel. Maar dat laatste valt dan wel makkelijker uit te leggen.
Ces propos sortis d’au-dessus de la mêlée sont plus significatifs sans doute, pour en revenir au Conseil de l’Europe, que les manifestations de dépit des uns (voyez par exemple Guy Tegenbos, dans De Standaard) ou que la feinte compassion des autres (dont ce cher Jean Quatremer, de Libération):
Si j’étais Flamand, je commencerais à m’inquiéter que le monde entier soit imperméable à ma logique…
Et même aux Pays-Bas, on regarde tout ça d’un oeil froid, très pro: voyez cet article du quotidien Trouw qui, ailleurs, ne se prive pas d’ironiser sur ses zuiderburen qu’un député de là-bas (Geert Wilders) voudrait annexer à la Grande Néerlande de ses rêves:
In het land dat bijna evenveel regeringen telt als liefhebbers van tripelbier is natuurlijk alles vrij ingewikkeld (…) Wie zich over deze korf vol krabben wil buigen moet wel knettergek zijn. En dat is Geert Wilders toch wel een beetje.
Je considère pour ma part que dans la communication du XXIe siècle, une image ne peut se (re)construire que si l’on en revient à la substance du débat, qui porte ici sur la façon d’organiser les institutions et les processus de décision de manière à résoudre les problèmes de manière efficiente. Pas à marquer des goals symboliques au milieu des cris de kops en délire. Ce qui est malheureusement le péché mignon de l’homo politicus briguant une (s)élection…
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