Un nouveau tempo pour le Vlaamse Leeuw?
Jeudi 12 juin 2008A ceux qui douteraient encore que la Flandre, même la plus radicalement autonomiste, est en train d’évoluer, je recommande la lecture de l’interview du président du Vlaamse Volksbeweging (VVB) dans le numéro de Knack de cette semaine. L’homme est peu ou pas connu par ici. Il s’appelle Eric Defoort, il est historien, il a été vice-président de la Volksunie au moment du naufrage. Marc Moulin a paraît-il dit de lui qu’il était « autant nationaliste flamand qu’amoureux de la francophonie ». Et ça lui fait plaisir.
L’interview tout entière mérite une lecture attentive. Knack la réserve toutefois à ses lecteurs payants et j’en suis donc réduit à extraire quelques moments choisis (ma traduction):
« Wezembeek-Oppem, Linkebeek et Kraainem font évidemment partie de la Flandre. Mais cela signifie aussi que les habitants de ces communes à facilités sont nos concitoyens francophones. Et donc, je voudrais demander avec insistance à Voorpost de laisser mes concitoyens en paix. J’attends certes des francophones, en Flandre, qu’ils acceptent l’autorité de tutelle et qu’ils observent certaines obligations administratives. Mais j’ai donc sur cette question une approche différente de celle des flamingants traditionnels (…)
» Nous avons évidemment encore un certain nombre de cinglés (dwazen) dans le nationalisme flamand; ils font tout pour alimenter les caricatures (…) Mais les medias doivent comprendre que ce sont des marginaux et que les choses sont occupées à changer (…)
» Ce serait quand même joli, si Kris Peeters et son homologue wallon, Rudy Demotte, avec les Bruxellois, pouvaient démêler l’écheveau belge. Une préfiguration de la manière dont une confédération pourrait fonctionner à merveille ».
Evidemment, tous les membres du VVB ne sont pas ravis. Théo Francken, par exemple, le président de la NV-A brabançonne, en tombe de sa chaise (vous trouverez chez lui, outre ses commentaires, une transcription intégrale de l’interview, en néerlandais bien sûr). Mais Peter Dedecker, un jeune militant gantois de la même formation applaudit des deux mains et y trouve un motif de rester membre du VVB…
Personne ne nous demande de partager les analyses et les conclusions de ces Flamands-là. Il me semble cependant qu’on peut au moins voir en eux des interlocuteurs respectables.
Il y a de l’eau dans le gaz entre la rédaction de
J’ignorais que je me sentirais un jour entièrement en phase avec
Je compte m’essayer à vous parler plus souvent de la Flandre et des Flamands. Pour tenter de mieux comprendre ce qui s’y passe et ce qui s’y pense. Nourrir intelligemment le débat, au-delà des clichés habituels…
