Et donc: qui l’a gagné, ce concours de bistouquettes entre les ministres de l’Emploi fédéral d’un côté, flamand de l’autre? Tous les deux. Joëlle Milquet (« Josse » pour les intimes ai-je appris la semaine dernière en participant à l’émission « Sans langue de bois » sur Bel RTL) a obtenu le maintien de toutes « ses » mesures au profit des jeunes chômeurs qui n’ont qu’un diplôme du secondaire; et Muyters (NV-A) a forcé une discrimination positive au bénéfice de ceux qui n’ont pas ce diplôme, après avoir déjà obtenu pour les chômeurs âgés (problème flamand) ce qu’on offrait aux jeunes (problème wallon et bruxellois).

Et personne n’a perdu, alors? Ben si, quand même: il y a le budget. Tout ça nous fait une petite facture supplémentaire de 12 à 13 millions. C’est le coût du « système belge ».

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S’il est vrai qu’on propose à Herman Van Rompuy la présidence du Conseil européen, je crois qu’il doit y aller. J’espère seulement qu’avant de quitter le « 16″, il nous fera le cadeau d’une ultime démarche qu’il sera alors en position d’accomplir, comme le testament politique d’un homme d’Etat appelé à de plus hautes destinées.

Et si cela ne se confirme pas, rien ne l’empêcherait à 61 ans, de nous faire le même cadeau. Quand je dis qu’il « doit y aller », ce n’est pas forcément à l’Europe. C’est ça aussi, si ça se peut, mais c’est surtout qu’à mon estime, les risques sont maintenant trop grands pour lui d’aller à l’échec psychodramatique pour ne pas tenter une sortie qui n’est sans doute pas dans sa nature profonde mais que j’estime être la marque des grands hommes d’Etat.

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Au niveau fédéral, on a évidemment été très ennuyé du conflit d’intérêts déclenché mercredi par le parlement flamand. Hier, on a plaqué une rustine sur la fuite: le plan de relance du gouvernement, lui-même mijoté à partir de l’accord interprofessionnel intervenu entre patrons, syndicats et classes moyennes, sera provisoirement amputé des dispositions qui ne conviennent pas à la Flandre. Dont le gouvernement rediscutera avec les interlocuteurs sociaux. Qui ne sont pas contents.

C’est ennuyeux mais, jusque là, ce n’est après tout qu’une péripétie comme il peut s’en produire dans l’actualité politique.

Mais il y a aussi ce qu’elle met une fois de plus en lumière: dans sa forme actuelle, la Belgique n’est plus gouvernable. Il est urgent de réformer l’Etat belge en profondeur. La classe politique tout entière, du nord au sud et à gauche comme à droite, prend devant les citoyens une lourde responsabilité en ne s’y attelant pas sans délai.Et sans tabous.

Où était le problème?

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Un manifeste. Un de plus? Oui mais celui-ci émane de profs et de chercheurs d’économie de toutes les universités du Royaume. Flamands et francophones.

Ce n’est pas une lecture de plage. Huit pages et demi de texte serré, dense, dans lequel les sentiments n’ont pas leur place. Les communes à facilités non plus. A peine une brève remarque finale pour dire qu’une circonscription électorale fédérale pourrait opportunément conduire à « l’internalisation des préférences entre entités ».

Flamands et francophones, ici, tombent en somme d’accord sur la nécessité, d’une part, d’assurer une cohérence globale (i.e. renforcement de l’Etat fédéral) et, d’autre part, de permettre une plus grande flexibilité en matière de politiques des entités fédérées (i.e. élargissement des compétences régionales).

Du Verhofstadt tout craché, les économistes ne s’en cachent pas. Le texte intégral du manifeste est proposé dans son édition en ligne par Le Soir.

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