Il y a un an maintenant, Guy Spitaels publiait « Obama: la méprise« , aux Editions Luc Pire. J’avais d’autres préoccupations, je ne l’avais pas lu, je l’avoue. Un an plus tard, j’ai réparé cette erreur car voilà que surgit l’occasion d’y revenir, en tête-à-tête avec l’auteur, monument historique de la scène politique reconverti en analyste pointu des relations internationales. Car à un âge où d’autres jouent à la pétanque ou taillent sagement leurs rosiers, « le Spit », lui, s’affûte les neurones sur les affaires du monde. « Après l’université puis la politique, je me consacre à une troisième passion », me confie-t-il avec la mine gourmande que je lui connais bien, depuis ses dix années de présidence du parti socialiste.
Et ça pétille. En l’écoutant, me revient à la mémoire ce verdict innocemment fanfaron de l’ami José-Alain Fralon, qui était alors le correspondant du journal « Le Monde » à Bruxelles: « Spitaels, au fond, c’est le seul homme politique belge d’aujourd’hui (c’est-à-dire dans les années 80, nda) qu’on verrait bien jouer un rôle politique de premier plan en France« . Le verbe, bien sûr. Mais surtout ce qu’il exprime, qu’on partage ou pas ses analyses, car on sait bien sûr depuis Boileau que ne s’énonce clairement que ce qui, d’abord, se conçoit bien.
Et en novembre 2008, en pleine Obamania, il n’hésitait à nous prendre tous à rebrousse-poil. Obama, sans doute, c’est évidemment mieux que Bush Jr. Mais le 44e président des Etats-Unis, prédisait-il, ne rompra pas avec la ligne de ses prédécesseurs. Comme eux tous, il sera « exceptionnaliste et guerrier ».
C’est stimulant, non?


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