Articles taggés avec ‘élections’

Pas de problème juridique avec BHV?

Mardi 12 janvier 2010

Il sera peut-être encore vexé car il est assez susceptible, mais j’avoue avoir encore une fois bien du mal à saisir la pensée du sénateur cdH Francis Delpérée, qui fut aussi un éminent constitutionnaliste avant de céder aux sirènes du pouvoir.

Il n’y a pas de problème juridique avec BHV, dit-il en substance, c’est seulement un problème politique.

Ah?

J’aimerais quand même qu’on m’explique: dans son arrêt du 26 mai 2003, la Cour constitutionnelle, a annulé pas moins de quinze dispositions différentes de la loi du 13 décembre 2002, modifiant le Code électoral ainsi que son annexe. Mais elle a laissé subsister les autres.

Les dispositions annulées ne peuvent évidemment plus être appliquées. La législation en est revenue à ce qu’elle était avant l’entrée en vigueur des dispositions annulées.

Dans quel état se trouve le Code électoral après ces annulations? Le Code fonctionne-t-il encore, après avoir été amputé d’une partie (d’une partie seulement, c’est important) des dispositions qui ont institué, dans tout le pays, des arrondissements électoraux provinciaux? Dispose-t-on encore, en d’autres termes, d’un corps de règles suffisantes et cohérentes pour organiser les élections législatives de 2011? Mais de ça, personne ne dit jamais rien. On préfère se répandre en fermes déclarations qui ne sont que des pétitions de principe.

Je n’ai pas étudié la question, je le pourrais mais je ne suis pas payé pour ça et j’ai autre chose à faire. Mais je suis déçu de  voir et d’entendre un mandataire intelligent s’égarer dans les déclarations à l’emporte-pièce de batteur d’estrade. Comme je suis aussi déçu du manque de sens critique des journalistes qui s’abstiennent soigneusement de poser la seule question qui mérite de l’être: disposons-nous encore, après les annulations prononcées par la Cour constitutionnelle, d’un Code électoral opérationnel?

Si la réponse est positive, Delpérée a raison. Il n’y a pas de problème juridique. Si elle est négative ou sujette à caution, il a dit le contraire de la vérité.

Sondages: l’Olivier contre les libertés?

Jeudi 29 octobre 2009

[Mise à jour 30 oct. 2009:] Depuis jeudi, on parle beaucoup de sondages, suite à un scoop (un de plus) plus ou moins fantaisiste de La Libre qui se fait sèchement reprendre par ses confrères de la RTBF et de Vers l’Avenir. On ne perdra rien à laisser les marchands de papier à leurs querelles. Il y a plus important. On reparle en effet à cette occasion de légiférer en vue d’interdire les sondages dans une « période critique » avant les élections et la RTBF a elle-même décidé de ne plus « sonder » qu’une seule fois en période électorale, trois semaines avant le scrutin.

Il y a en effet une proposition de loi scélérate que le sénateur socialiste Philippe Mahoux a déposée le 9 juillet dernier: il y est question d’interdire à nouveau les sondages électoraux dans les 40 jours qui précèdent une élection.

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Détournements de campagne (1)

Jeudi 14 mai 2009

On se fait une petite collection de méchancetés sur la campagne électorale? Grâce à Marina qui me l’a envoyée par courriel, voici une première affiche trafiquée. Je compte sur vous toutes et tous pour contribuer à cette petite anthologie que je place sous le signe de la plus totale impartialité. On peut se moquer de tout le monde. Et le 8 juin, j’offre un exemplaire de « Fortis jusqu’au bout », dédicacé par les auteurs, au meilleur envoi. Vous pouvez voter en déposant un commentaire.

On commence fort?

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Régionales bruxelloises: en rang par deux!

Dimanche 10 mai 2009

pro-bruxsel.jpgPour les élections régionales du 7 juin, il y a un nouveau petit parti qui dit exactement la même chose en français et en néerlandais et qui souhaite se présenter à tous les électeurs bruxellois, quelle que soit la langue qu’ils parlent de préférence ou de naissance. Et bien ça peut pas! Te faut choisir, ket. T’es Flamand ou t’es Wallon – allez: francophone, – mais Bruxellois ça va pas, même si t’es né dans la Marolle…

C’est donc ProBruxsel qui voulait présenter deux listes portant le même nom, une dans chacun des deux collèges électoraux, le « F » et le « N ». Ils avaient tout juste, croyaient-ils. En se pinçant le nez, ils avaient scrupuleusement joué le jeu de l’apartheid électoral, toujours  bien vigoureux dans la capitale de l’Europe: une liste francophone, avec des candidats et des signatures d’électeurs pour la soutenir, et une liste flamande, avec des kandidaten et des handtekeningen du nombre requis de kiezers pour la présenter.

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Une chance inouïe pour la Wallonie

Mercredi 13 juin 2007

Bon, allez, je me lance quand même. Je n’avais pas envie, j’ai déjà donné… Mais c’est Damien qui m’y incite et donc m’y invite.

Il est un peu tourneboulé, Damien. Un peu comme si en suivant la soirée électorale à la RTBF avec ses amis blogueurs, en voyant tout ça de près, il avait brutalement mesuré le gouffre qui sépare la Flandre politique de sa petite soeur wallonne et de son cousin francophone. Le séparatisme? Nous y serions presque, en quelque sorte.

Mais les choses, en Belgique, ne sont jamais aussi simples. Je ne suis pas devin et m’avoue incapable de risquer ma chemise sur un pronostic. Tout ça peut mal tourner. Mais ça peut encore aussi finir en eau de boudin. Comme si souvent dans le passé.

Tiens: 1988. J’ai vécu ça de très près, comme journaliste. L’affaire Happart. L’impasse était totale. A l’époque, j’ai écrit là-dessus un petit bouquin, « Le chaudron des Belges », que tout le monde a oublié, bien sûr (l’éditeur, le pauvre Jacques Antoine, a fait faillite peu après sa parution, mais je jure que je n’y suis pour rien!) Je me souviens encore de l’incipit, que j’avais emprunté à Henri Simonet, le papa de Jacques aujourd’hui en allé, encore plus cinglant que Didier Reynders dans ses meilleurs jours: « Quel bordel! »

On en est sorti. Sans gloire, mais on en est sorti. Avec une réforme « définitive » de l’Etat… Et un abandon raisonné par les francophones, et surtout par les socialistes, de la « cause » fouronnaise et de son porte-drapeau de l’époque, José Happart. Toujours aussi démagogue aujourd’hui, mais tellement assagi sur son perchoir… Il n’avait pas supporté, le pauvre, de n’avoir finalement été qu’un levier pour permettre aux socialistes de revenir aux affaires. Dramatique, le congrès du PS. Il y eut des cris, des invectives. Et des larmes, je les ai vues dans les couloirs de la Chambre, dans les yeux de Jean-Marie, le frère jumeau de José. Mais Spitaels a imposé sa loi, avec l’appui de Moureaux, et la réforme « définitive » est passée. Il y eut des rebelles: les Happart brothers, bien sûr; Jean-Maurice Dehousse qui ronchonne aujourd’hui dans son coin en pinaillant sur les statuts du parti; et un certain Van Cau…

Cette fois, on a changé de casting et, j’avoue, je n’en mesure pas bien les implications. A mon humble avis, c’est peut-être le plus grand facteur de risque, c’est en tout cas là que je manque de la plus élémentaire visibilité. C’est qui, au fond, ce Leterme? Il n’y a pas grand monde qui le sait, chez les francophones. A-t-il la vision d’un Martens, ou au moins les talents de « plombier » d’un Dehaene? Je n’en sais rien.

Chez les nationalistes, il me semble en tout cas qu’il n’y a plus de Hugo Schiltz, et il va nous manquer, celui-là qui, en 88 justement, me fit la surprise de m’appeler, au Soir, pour m’asséner dans le calme feutré du « salon anglais » où il avait entamé sa campagne pour le pacte d’Egmont, les huit ou dix (je ne me souviens plus exactement) points du programme minimum de la Flandre pour la prochaine réforme. Pratiquement tous réalisés quelques mois plus tard.

J’observe seulement qu’à Deborsu qui l’interrogeait dimanche soir aux limites de la grossièreté, sur la RTBF, Bart Dewever (NVA) répondit qu’il n’attendait pas l’indépendance de la Flandre de la nouvelle réforme (« hélas », précisa-t-il) qu’il appelle de ses voeux et des voix du cartel. Pas encore. Les vrais nationalistes flamands sont des millénaristes. Ils vivent d’une revendication, d’un rêve. « Demain, à Jérusalem! » Ils savent que sa réalisation signifierait leur disparition du paysage politique. Et le Belang (ex-Blok) est plus raciste et fascisant que strictement nationaliste (ce qui n’a rien de réjouissant, ça va sans dire).

Et chez nous? On n’a pas encore bien mesuré, me semble-t-il, le maître-atout que représente le sorpasso, cet événement historique que constitue le passage en pole position d’un autre parti que le parti socialiste, qui n’est plus « incontournable » sur l’échiquier politique wallon. Entendons-nous: je ne prends pas position ici sur le programme socialiste, ni sur aucun autre d’ailleurs. En tant que citoyen, j’ai mes idées là-dessus, mais elles sont sans importance ici.

Ce que je dis, c’est que non sans raison, l’opinion flamande est convaincue que le parti socialiste, le système socialiste wallon, l’Etat-PS, pour faire simple, est une tumeur maligne dont ils ne veulent plus subir les métastases. Ne voyez pas ailleurs les raisons de la déroute inattendue du SP.A, quoi qu’on en dise dans les commentaires officiels. L’électorat flamand a considéré qu’en votant pour Vande Lanotte ou pour Freya, voire même pour Verhofstdat, il votait pour le PS. Et le PS, il n’en veut plus, Charleroi ou pas.

La vraie nouveauté de ce scrutin, c’est qu’il y a désormais une majorité de francophones et de Wallons pour penser de même. Une fois encore, ce n’est pas une question d’acquis sociaux ou d’indexation des salaires. C’est une question de gouvernance. Les « affaires », bien sûr, ont été déterminantes dans les urnes. Mais ça va beaucoup plus loin. Pas dans l’idéologie, non, mais dans la pratique quotidienne de l’occupation du pouvoir, de la mise en coupe réglée de la société dans son ensemble, qui fait qu’à Charleroi ou à Liège, on ne peut entreprendre ou simplement survivre sans faire serment d’allégeance à une nomenklatura que n’a pas encore atteint le vent frais d’une quelconque perestroïka

Vous ne lirez pas ça dans les journaux. Ce sont des propos de samizdat. On commence à pouvoir les lire, par exemple dans les écrits d’un Destexhe ou d’un Huwart. N’écrivant plus au Soir ou à La Libre, ni Elio (Di Rupo), ni les deux Philippe (Busquin et Moureaux), ni Jean-Claude (Marcourt, pas Van Cau…) ne prendront la peine de me faire l’honneur d »un anathème ou d’une fatwa. Tant mieux. Non que j’en aie peur ou leur doive quoi que ce soit, mais ce sont des gens bien et que j’estime. Simplement, ils sont au mauvais moment, au mauvais endroit. Et y resteront, à moins qu’ils ne deviennent les moteurs d’une véritable « refondation » (le terme est un peu galvaudé et mérite de ce chef ses guillemets) d’une gauche démocratique en Wallonie. Ce qui prendra du temps. Probablement plus que les deux années de tutelle imposée par le boulevard de l’Empereur à la fédération et à l’USC de Charleroi.

Le PS dans l’opposition, c’est une chance inouïe pour la Wallonie (pour un peu, on remercierait presque les « parvenus » carolos d’avoir déclenché bien involontairement ce séisme). Et probablement une condition de survie pour la Belgique. Pas suffisante, sans doute. Mais nécessaire. Le reste est affaire de talent. Pour Reynders et pour Milquet; pour Javaux et Morael peut-être, pourquoi pas? Et pour Leterme, sûrement.

Post-scriptum ajouté le 14 juin à 17:00. – En relisant ce billet avant publication dans la nuit du 12 au 13, je m’étais demandé s’il était suffisamment clair pour le lecteur non informé que c’était bien le père de Jacques Simonet qui nous avait quittés, et non Jacques lui-même. Quelques heures plus tard, j’apprends que Jacques est à son tour parti pour les contrées d’où l’on ne revient pas. A 43 ans. Seulement. Quelle trace il nous laisse, pourtant!

Mon édito sur les élections fédérales. Belges?

Lundi 11 juin 2007

Depuis hier, j’accueille sensiblement plus de visiteurs qu’à l’accoutumée sur ce blog. Les élections, sans doute. Des blogueurs s’attendraient-ils à trouver ici des commentaires électoraux? Ne fréquentant plus le monde politique que de loin en loin, je n’en sais pas plus que n’importe qui sur ce qui va ou sur ce qui peut se passer.

Mais j’ai quand même acheté tout un paquet de journaux ce matin, pour le plus grand bonheur d’Alex, mon libraire. Parce que, quand même: le sorpasso à la belge, les libéraux qui battent les socialistes, en Wallonie… Historique, non?

  • De Morgen: « Leterme aan zet« . Et cinq titres mineurs, tous sur la Flandre.
  • De Standaard: « Vlaming kraakt paars« . Sept titres mineurs, dont le tout dernier, quand même, c’est un « quality paper » qui s’intéresse aussi à l’international, De Standaard: « MR wordt Franstalige marktleider ten koste van PS« .
  • Het Laatste Nieuws: « Oranje boven » (la couleur du CD&V). Trois titres mineurs, sur la Flandre. Et… et… la photo d’une personnalité wallonne en une! Si, si, je vous assure, c’est bien elle: Justine Henin.

Ite, missa est