Si vous vous intéressez tant soit peu à l’économie, à l’entreprise, à la Wallonie et même au patrimoine industriel de nos régions, vous êtes certainement au fait des déboires du Val Saint Lambert. La cristallerie a fait aveu de faillite et ses curateurs cherchent des repreneurs, mais la holding, propriétaire de la marque et cotée en bourse, sur le Marché Libre bruxellois, affichait toujours un bilan plus ou moins présentable… tant qu’il n’était pas consolidé.

Maintenant que c’est enfin fait, la réalité apparaît crûment, sans surprise: perte de plus de la moitié du capital, comme l’annonce L’Echo. Avec pour conséquence immédiate l’obligation pour le conseil d’administration de convoquer une assemblée générale extraordinaire en vue de statuer sur la poursuite des activités ou sur la dissolution de la société.

Le point positif de la chose, car il y en a un, c’est que les majoritaires vont enfin devoir se justifier devant les autres actionnaires, si ceux-ci se mobilisent. Si c’est le cas, l’assemblée du 6 octobre risque d’être « chaude ». Dans le cas contraire, ce sera tant pis pour eux. Les actions émises à € 5,98 en 2005 cotent en effet théoriquement aujourd’hui à 1. Théoriquement car il reste évidemment à prouver qu’il y a encore un marché à ce cours… ou à un autre.

Cette triste affaire illustre parfaitement le risque hors-norme que représente, pour l’épargnant, un investissement dans une entreprise qui ne prend et ne tient pas des engagements précis sur une information correcte de ses actionnaires. Une obligation morale dont VSLI s’est toujours souciée comme un poisson d’une pomme. Elle porte aussi un coup sévère à la crédibilité du Marché Libre bruxellois.

Précédents articles sur le Val:

J’ai déjà abordé brièvement cette question dans mon nouveau blog mais les hasards du calendrier de publication des résultats des sociétés pour 2007 me fournissent l’occasion de taper sur le clou et d’y revenir ici en images. Jetez un rapide coup d’oeil sur ces deux annonces publicitaires que j’ai trouvées dans L’Echo d’aujourd’hui et dites-moi quelle est celle qui a le plus de chances de retenir votre attention:

L'annonce des résultats 2007 de RTL Group...

Si vous me dites que c’est la première, ici à gauche, je ne vous croirai pas! Vous non plus, d’ailleurs, vous n’y croiriez pas: vous diriez cela pour le seul plaisir de m’embêter…

C’est tout-à-fait évident: au moment où vous « scannez » une page de journal pour vous orienter vers ce qui vous intéresse, vous cherchez d’abord une image ou un titre évocateurs, un élément qui retienne votre attention, vous saute aux yeux et vous invite à aller plus loin. Dans le cas de RTL Group, il n’y a que le logo pour vous attirer l’oeil…

Et puis on vous fait étouffer dans un texte serré, à peine rythmé par une avalanche de « bullet-points », comme dans une mauvaise présentation Power Point, comme pour vous décourager.

Moralité: vous n’entrerez dans l’annonce que si vous êtes, au départ, déjà acquis à la nécessité pour vous de prendre connaissance des résultats de la société. La communication est ratée et le budget gaspillé. En supposant que la publication n’est alors faite que pour satisfaire aux règlements, il y avait sans doute moyen de limiter les frais en choisissant une police de caractères plus petite encore… Parce que si c’est pour être illisible, autant y aller à fond, non?

Par contraste, la petite Atenor paraît terriblement séduisante. Les points essentiels du message sautent aux yeux (année record – doublement du dividende – trésorerie assainie…), les textes sont courts et, au pied de l’annonce, on vous signale que la version intégrale du communiqué est disponible sur le site de la société.

A propos: Atenor s’occupe de promotion immobilière. RTL Group, bien sûr, ce sont les médias, et donc la… communication. C’est pas l’inverse? Non, c’est pas l’inverse…

Noté dans « Actionnaire Individuel » (F), ce billet consacré à une étude toute récente de Boursoscan: 68% des actionnaires individuels affirment être directement influencés par le site internet de la société dont ils achètent des actions; 46% d’entre eux consultent ce site avant d’acheter des actions, ce qui serait plus ou moins neutre si ça ne représentait pas une progression de 11% par rapport à l’année précédente; et pour terminer, ce pourcentage passe à 80% dans le cas des entreprises les mieux notées.

Allo, le Bel20?

palettes.JPGComme je le signalais ici même la semaine dernière, c’est vendredi que s’est ouverte l’offre portant sur 210.000 actions Eryplast, l’entreprise liégeoise (Herstal) qui produit des palettes de manutention en plastique avec des matières recyclées. Dont des « bouchons d’amour » collectés par des organisations humanitaires.

Voyez l’effet quand elles sont empilées, les palettes, sur la photo ci-dessus…

Vendredi midi, l’offre prioritaire portant sur 80% des titres avait déjà trouvé preneurs… A telle enseigne que Raphaël Abou, le patron de NextCap qui cornaque l’entrée en bourse, va probablement pouvoir ajouter une clôture anticipée comme nouvelle plume à son chapeau!

C’est mon scoop du jour, les amis. Enfin… Pas tout-à-fait. En réalité, je l’ai réservée, cette primeur à un blog que je viens de lancer et sur lequel j’ai publié l’info il y a quelques heures: c’est micro-caps.be, un tout nouveau site d’information sur les plus petites sociétés cotées à la Bourse de Bruxelles. Je vous en parle ce soir ou demain, promis. Parce qu’il ne faut pas mélanger les genres, qu’un sujet par article, ça suffit amplement et que le but de celui-ci est d’opérer le suivi de l’info.

Et puis, ça fait quand même plaisir à voir, une entreprise qui marche… D’autant plus quand c’est une entreprise citoyenne.

 

La patronne française du Val Saint Lambert, Sylvie Henquin, ne manque pas d’aplomb (appelons-ça comme ça…). Interrogée par Pierre-Yves Warnotte, du magazine Trends-Tendances, sur la très médiocre et rarissime information dispensée aux actionnaires de sa société, cotée sur le Marché Libre d’Euronext Bruxelles depuis le 15 décembre 2005, elle répond: « A mon sens, j’ai toujours bien communiqué avec la Bourse. Cela étant, j’ai préféré annoncer les nouvelles négatives en association avec le résultat de fin d’année. J’ai pensé que cela ne valait pas la peine de prévenir le marché« .

Oufti, comme on dit à Liège…

Les faits:

  1. Le 13 décembre 2006, Sylvie Henquin déclare à Fabian Lacasse, de « L’Echo« , qui l’interroge sur la chute du cours de bourse de l’action du Val: « Il n’est pas encore possible de confirmer formellement les pronostics précédents car décembre est le mois le plus chaud de l’année, mais ça se présente bien (…) L’évolution du cours de bourse n’a rien à voir avec le développement de l’activité industrielle« .
  2. Le 18 avril 2007, le même Lacasse (peu suspect d’être mal disposé à l’égard du Marché Libre et de ses pensionnaires…) écrit à la une de L’Echo: « Les résultats réalisés l’an dernier par Val Saint Lambert International (VSLI)sont loin de correspondre aux promesses formulées dans le prospectus de son ouverture au public. Pourtant, le cristallier n’a jamais publié de « profit warning ». Et d’expliquer dans les pages intérieures que les revenus 2006 s’arrêtent à € 3,03 Mos au lieu des 6,5 Mos prévus dans le prospectus et que les 400 K€ de résultat net sont remplacés par… une perte de 80K€!

Heureusement qu’il est là, Fabian Lacasse. parce qu’à parcourir le site web de VSLI, on serait bien en peine de deviner que la société est cotée en bourse: pas la moindre petite information pour les actionnaires. Sur le site d’Euronext, les derniers chiffres de la fiche « profil de la société » sont ceux de… 2004! Et dans les « actualités » (?), deux communiqués à contenu financier seulement: le 28 avril 2006, pour les résultats 2005 et le 10 juillet 2006, pour le chiffre d’affaires du premier semestre. Depuis lors: le black-out intégral!

Et sur le site de Small Caps Finance, qui publie religieusement tous les extraits de presse relatifs aux sociétés qu’elle a introduites sur le Marché Libre, même topo…

Le plus comique – si on a l’humour un peu grinçant -, c’est que Sylvie Henquin se demande aussi, dans son interview à Trends-Tendances, s’il ne va pas bientôt lui falloir « du financement supplémentaire« . Lucide (?), elle avoue ignorer si elle fera encore appel à la bourse… Dans les circonstances actuelles, on hésite un peu à le lui conseiller…:-(

A noter que dans la même livraison de l’hebdo économique et financier de Roularta, Sébastien Buron interroge Jean-Paul Servais, le nouveau patron de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) sur ces ratés dans la communication financière de certaines sociétés cotées sur les marchés non réglementés. Extrait de la réponse: « La législation ne prévoit pas de contrôle de l’information continue par la suite [ndlr: après l'approbation du prospectus d'émission]. La CBFA veut bien intervenir mais pour autant qu’elle ait les compétences nécessaires à cet effet. Ce qui n’est pas prévu pour l’instant« .

Dommage?

N.B.: Peu après l’introduction en bourse des actions VSLI, le marché a laissé entrevoir quelques symptômes d’une « exubérance irrationnelle » et le cours a brièvement flambé à €14,95 (le 16 janvier 2006, sur près de 16.000 titre échangés). Il a coté à 7,25 vendredi, 50 centimes au-dessus de sa première cotation, le 15 décembre 2005.

J’ai déjà parlé ici en termes plutôt élogieux de NewTree, une des sociétés qui semblent bien tirer son épingle du jeu, sur le Marché Libre d’Euronext Bruxelles. Peut-être est-ce aussi en raison de mon « petit » penchant pour le chocolat et, d’une façon générale, pour tout ce qui est bon…

La société, justement, m’adresse aujourd’hui le traditionnel communiqué relatif à ses résultats annuels. Qui ont l’air bons: chiffre d’affaires et bénéfices en hausse de respectivement 47 et 167%.

Mais tout est relatif, on le sait. Ce que je trouve un peu dommage, c’est que ce communiqué ressemble à s’y méprendre à celui qu’aurait dû publier une société du BEL20, en plus court (il n’y a pas, ou très peu, de données bilantaires): un peu ennuyeux et soulevant plus de questions qu’il n’en résout. A lire entre les lignes, quoi…

Ce qui m’intéresse, moi, comme investisseur particulier, c’est essentiellement de savoir si, au cours actuel de € 16,40 (ce vendredi 13 au simple fixing de 15 heures), Newtree est un buy, un sell ou un hold. Ca, elle ne peut pas le dire, je sais, car elle ne peut conseiller l’investisseur. Mais elle pourrait dispenser plus d’informations qui seraient autant d’indices…

Un exemple, tenez: on peut relever que dans son prospectus d’émission, Newtree avait été évaluée à € 7,41 millions sur base des cash-flows libres actualisés (DCF), soit les € 9 par action du prix de souscription. Un tout petit calcul (multiplication du cours du jour par le nombre d’actions) permet de constater que la société est aujourd’hui évaluée par le marché à € 12,96 millions, soit près de 75% de plus (52 en base annuelle). En 16 mois, c’est plutôt joli, pour des résultats au mieux en ligne avec ce qui avait été annoncé dans le prospectus (dépassement des prévisions de chiffre d’affaires mais profits moins élevés que prévu). Et pour une société dont le coût du capital (et donc le rendement annuel exigé par les investisseurs) était évalué à 13,05% dans le prospectus d’émission.

L’action a-t-elle ainsi déjà épuisé son potentiel de hausse pour les trois ou quatre années à venir? Pour les pronostics, voyez ailleurs, mais je crois que la question peut au moins être posée… Dommage qu’on aie si peu d’éléments de réponse. Autour de l’assemblée générale, peut-être? S’il y a, cette fois, un rapport annuel à se mettre sous la dent?

Je ne veux pas « chatouiller » ici une des sociétés du Marché Libre qui fait justement le plus d’efforts pour informer les investisseurs. Mais je souhaite, une fois de plus, rompre ici une lance pour une communication financière centrée sur le destinataire du message. Ici, des investisseurs particuliers, pas des institutionnels entourés d’une armée d’analystes.

Le blog « Actionnaire individuel » a eu l’heureuse idée de publier les flux RSS émis par les sociétés du CAC40 et quelques autres qui offrent ce service. Je me suis donc proposé de suivre ce bon exemple pour le BEL20, le principal indice de la Bourse de Bruxelles.

La déprime… Au fil de l’ordre alphabétique que je suis scrupuleusement, c’est un assourdissant silence qui répond à mes requêtes. Le RSS, en Belgique, connais pas! J’arrive ainsi, découragé, à la dernière de la liste, et là, yesss… L’honneur est sauf, il en est une quand même: Umicore. Et voici son flux.

Pour ceux qui l’ignorent (et bon, c’est vrai, j’en faisais partie il y a quelques mois encore…), un fil RSS est une invention très pratique qui vous permet d’être averti lorsqu’il y a du neuf sur le site qui l’émet. Voyez l’avantage: je suis environ 120 blogs à la trace. Si je dois tous les ouvrir, un par un, je perds un temps fou. Alors qu’ici, je suis non seulement averti mais un simple clic me permet de voir rapidement de quoi il retourne. Et je n’ouvre plus que les sites qui, non seulement ont du neuf, mais du neuf qui m’intéresse…

On fait comment? C’est tout simple: avec Internet Explorer 7 ou Mozilla Firefox comme navigateur, vous avez un lecteur de flux élémentaire (mais suffisant) intégré. Sinon, tapez Feedburner, Newsgator ou NetVibes (par exemple) sur votre moteur de recherche favori et vous trouverez des outils gratuits, faciles à installer et performants.

C’est avec un peu de retard que je découvre la couverture de Cash, le supplément financier hebdomadaire de Trends-Tendances consacrée, jeudi dernier, au survey annuel de la communication financière des sociétés cotées sur Euronext Bruxelles. Ce n’est pas distraction de ma part: je reviens de Grenoble où Valérie Ayache m’avait invité à animer un atelier de l’Adebag (Association pour le développement des biotechnologies dans l’agglomération grenobloise) sur la communication financière des jeunes pousses en quête de capitaux. D’où mon silence, depuis mercredi soir…

Mais revenons au sujet: un peu décevant, je trouve. Et pas toujours très compréhensible: certains sociétés font des bonds spectaculaires en avant d’une année à l’autre (GBL, CNP, Fortis, Omega Pharma…), d’autres disparaissent du Top 10 (Delhaize, Solvay, Suez, D’Ieteren…) sans qu’on sache très bien pourquoi. La méthodologie suivie, peut-être? L’année passée, le magazine avait tenu compte de l’avis des internautes, interrogés sur le site de Cash, alors que cette année, il n’y a plus que deux critères pris en compte: le site internet de la société et la réponse apportée à deux questions posées par de prétendus investisseurs.

C’est un peu court. Et parfois surprenant. J’avais déjà relevé dans ma propre étude consacrée au Marché Libre que certaines sociétés s’abstenaient de diffuser sur leur site la moindre information financière. Ce n’est apparemment pas seulement un péché de jeunesse des marchés non réglementés: il existerait des pensionnaires de l’Eurolist qui ne jugent pas utile d’informer leurs actionnaires par le web. Au XXIe siècle, oui…

Une entreprise cotée en bourse ne communique pas seulement avec ses actionnaires par ses communiqués et rapports annuels. Les mutations de sa politique de distribution des bénéfices peuvent aussi être un message à décoder.

J’ai eu l’occasion de discuter ce matin avec les responsables de la communication d’une société hautement technologique cotée à Bruxelles. En publiant ses résultats, il y a quelques jours, son CEO s’est en quelque sorte excusé de ne pouvoir distribuer de dividende, pour cause de pertes reportées à absorber au prélable. Je connais le goût prononcé de mes compatriotes pour les « coupons », mais j’ai quand même trouvé ça digne d’intérêt dans le chef d’une société de (forte) croissance: n’est-il pas préférable de consacrer l’argent des actionnaires à celle-ci, plutôt que de le leur redistribuer?

Et puis surtout, en augmentant le taux de distribution de ses bénéfices, la société n’indique-t-elle pas dans un message implicite qu’elle ne pourra soutenir son taux de croissance actuel?

Mes interlocuteurs n’étaient pas d’accord. Ils ont fait état de la volonté de l’entreprise de s’extraire de la catégorie des actions hautement volatiles et de pouvoir compter sur un actionnariat plus stable que celui des day-traders. Message reçu. Car c’en est bien un: la politique de dividendes est, pour l’entreprise, une des multiples façons non verbales de communiquer. Ne gagnerait-elle cependant pas à être mieux verbalisée?

Le blog « Actionnaire individuel » se demande, à juste titre, pourquoi les avis financiers publiés par les sociétés cotées sont toujours aussi tristes. Et de citer quelques exemples choisis, tirés de la saison des résultats qui s’achève, en France. L’observation peut être faite en Belgique aussi.

C’est vrai qu’il y a apparemment deux écoles:

  1. les « bavards », qui publient d’interminables communiqués le plus souvent illisibles;
  2. les « esthètes », qui raisonnent en termes visuels mais ne donnent que peu (ou pas) d’informations.

Je pense qu’il y a place pour une troisième voie, qui n’est pas médiane, mais qui se soucie avant tout de ce qui intéresse le lecteur. Dans tous les cas, il s’agit à mon humble avis de l’aider à déterminer quelle attitude adopter vis-à-vis de la boîte qui communique: acheter le titre ou rester à l’écart? Se renforcer ou alléger les positions? Vendre ou conserver? Autant de décisions qui dépendent en fin de compte d’une seule question: à son cours actuel, ce titre offre-t-il, à l’horizon envisagé, des perspectives de rendement en rapport avec le risque qu’il représente?

Nous sommes là dans les « basics« , je sais. Mais, sans jeu de mots, il est bon de se rappeler parfois les fondamentaux… Un bon exemple? Les « letters to the shareholders » de Warren Buffet, et le guide de l’actionnaire qui les accompagne. Allez-y voir. Vous m’en direz des nouvelles.

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