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	<title>On a des choses à se dire &#187; communautaire</title>
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		<title>Lettre ouverte à Elio Di Rupo, préformateur</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/07/14/lettre-ouverte-a-elio-di-rupo-preformateur/</link>
		<comments>http://blog.pickme.be/2010/07/14/lettre-ouverte-a-elio-di-rupo-preformateur/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 14 Jul 2010 09:09:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[
			
				
			
		
Monsieur le préformateur,
Cher Elio,
J’espère que vous êtes conscient de la nature et de la portée véritables de la mission qui vous est confiée.
On ne vous demande pas de trouver un accord sur BHV qui satisfasse Flamands et francophones. Dans la configuration actuelle, vous n’y arriveriez pas.
On ne vous demande pas de déterminer quelques compétences fédérales <a href='http://blog.pickme.be/2010/07/14/lettre-ouverte-a-elio-di-rupo-preformateur/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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			</a>
		</div>
<p>Monsieur le préformateur,<br />
Cher Elio,</p>
<p>J’espère que vous êtes conscient de la nature et de la portée véritables de la mission qui vous est confiée.</p>
<p>On ne vous demande pas de trouver un accord sur BHV qui satisfasse Flamands et francophones. Dans la configuration actuelle, vous n’y arriveriez pas.</p>
<p>On ne vous demande pas de déterminer quelques compétences fédérales à transférer aux régions ou aux communautés. Ce n’est pas la question.</p>
<p>On ne vous demande pas de faire nommer des bourgmestres dans la périphérie bruxelloise. Cela ne ressortit pas aux compétences fédérales.</p>
<p>On ne vous demande pas d’agrandir le territoire de la région de Bruxelles-Capitale, c’est politiquement exclu.</p>
<p>On ne vous demande pas tout ça.</p>
<p>On vous demande bien plus.</p>
<p><span id="more-2537"></span>On vous demande, en plus de la constitution d’un gouvernement capable de gérer la boutique au quotidien, dans ces moments difficiles, de repenser à neuf l’organisation politique d’un territoire de 30.000 kilomètres carrés sur lequel vivent 10 millions de personnes, dont vous et moi.</p>
<p>Refusez donc la salopette et la clé à molette que mettent à votre disposition les générations de plombiers qui vous ont précédé au chevet de la vieille dame, depuis 1970.</p>
<p>Enfilez plutôt la blouse blanche que je vous avais prêtée pour visiter les laboratoires high-tech que je dirigeais, il y a quelques années. Et asseyez-vous à la table à dessin de <a href="http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/596159/fini-les-plombiers-place-aux-achitectes.html" target="_blank">l’ingénieur-architecte</a>.</p>
<p>Vous avez évidemment les capacités intellectuelles requises à cet effet, nous le savons tous. Il ne vous reste qu’à prouver que vous avez aussi le courage  politique nécessaire à cette fin.</p>
<p>Il vous faut du courage parce que vous allez devoir prendre le risque de sortir de la confortable routine du débat communautaire à l’ancienne. Et donc de déplaire à certains, au nombre desquels vous avez très probablement des électeurs.</p>
<p>Ayez d’abord le courage de reconnaître que si nous poursuivons sur la route que nous avons empruntée en 1970, celle des petites et grandes réformes dont la succession n’a jamais pu faire plus que rendre nécessaire la suivante, vous n’obtiendrez rien de mieux qu’un échec éventuellement honorable, parce que « les autres » n’auront pas voulu des solutions que vous préconisiez.</p>
<p>Ayez ensuite le courage de dire à nos concitoyens que le problème n’est pas, n’est plus, n’a même jamais été de se battre pour des symboles déguisés en principes, mais de gouverner dix millions de personnes de manière efficace et efficiente, et que tout doit être subordonné à cet objectif.</p>
<p>Vous aurez ainsi le courage de dire à nos concitoyens, que l’Etat n’est pas une fin en soi, mais un moyen au service d’une fin.</p>
<p>Vous ferez le constat que faisait déjà Gaston Eyskens en 1970. L’Etat belge, dans sa forme actuelle, est dépassé par les faits.</p>
<p>Vous direz alors que la question première est de savoir s’il faut conserver un Etat belge, ou s’il faut le supprimer hic et nunc. En 2010, un large consensus existe encore au sein de la représentation politique, même chez les Flamands le plus pointus, pour considérer que, oui, un Etat belge reste nécessaire et le restera tant que ne s’y substituera pas une construction bien plus vaste et plus ambitieuse, les Etats-Unis d’Europe.</p>
<p>Partant de là, vous pourrez poser que si nombreux sont encore ceux qui restent attachés à l’idée de la Belgique – j’en suis et je l’assume –, il n’en reste pas moins que, politiquement, il n’y a plus de nation belge, que le siège de la souveraineté s’est déplacé vers ses composantes. Que la question est dès lors de savoir ce que ces mêmes composantes souhaitent encore faire ensemble.</p>
<p>Les sceptiques vous diront : « rien ». Ils se tromperont car, si la réponse était vraiment « rien », on en reviendrait à la question précédente et on contredirait la décision qui a été de maintenir une structure belge, serait-ce seulement dans l’attente des Etats-Unis d’Europe.</p>
<p>Vous inviterez alors la constituante à déterminer ce champ de compétences qui resteront communes. Vous disposez d’ores et déjà de l’outil approprié pour ce faire : l’article 35 de la Constitution qui invite à déterminer les compétences de l’Etat fédéral.</p>
<p>Quand vous aurez dressé cette liste de matières qui resteront fédérales – ou confédérales si cette petite concession à la symbolique doit s’avérer opportune –,<br />
vous n’aurez pas encore achevé votre travail. Vous devrez encore dire comment les gérer, et avec quels moyens financiers.</p>
<p><strong>Comment les gérer ?</strong></p>
<p>Il faut rester logique jusqu’au bout. Ces matières (con)fédérales doivent être gérées démocratiquement à un échelon (con)fédéral, par une structure (con)fédérale. Cela veut dire à la fois :</p>
<ul>
<li>Que les mandataires qui les géreront doivent être choisis par tous les Belges, et qu’ils doivent être responsables devant tous les Belges : ce sera une forme ou l’autre de circonscription fédérale, que ce soit pour le choix de l’exécutif ou pour celui de la représentation parlementaire ;</li>
</ul>
<ul>
<li>Qu’il n’y a plus aucune raison de déroger, pour la gestion de ces compétences, à la règle de la majorité (con)fédérale : plus de sonnette d’alarme, plus de parité au conseil des ministres.</li>
</ul>
<p style="text-align: left;">Les Flamands sont plus nombreux ? Oui, et alors ? S’il leur prend l’envie de décider seuls de tout, gauche et droite unies contre les francophones, le système explosera et on en reviendra, une fois de plus à la première question : l’Etat belge disparaîtra.<br />
<strong><br />
Comment les financer ?</strong></p>
<p>C’est assez simple en son principe. L’Etat fédéral disposera des recettes indissolublement liées à ses compétences et sera financé pour le surplus par les régions, à concurrence de leur capacité contributive. On bâtira, dans ce système, un mécanisme de péréquation financière organisant entre les entités fédérées la solidarité dont le principe n’est remis en cause par personne, pourvu qu’elle soit transparente et réversible.</p>
<p>Dans ce système, les régions seront donc compétentes pour tout, sauf pour les matières qui auront été déléguées à l’autorité (con)fédérale.</p>
<p>Même pour la détermination de la règle de droit ? Oui. Sauf pour les matières (con)fédérales définies de commun accord.</p>
<p>Même pour le statut des personnes, pour la législation linguistique, pour les « facilités », pour le mode de nomination des bourgmestres, pour le découpage des circonscriptions électorales et des arrondissements judiciaires ? Oui. Sauf qu’au niveau (con)fédéral, on aura déterminé le socle de droits individuels reconnus à tous les Belges, où qu’ils se trouvent dans le pays. Le Canada y est bien arrivé – les francophones ont des droits à Vancouver –, pourquoi pas la Belgique ne reconnaîtrait-elle pas des droits pour les Flamands à Arlon et pour les francophones à Oostende ?</p>
<p><strong>Et Bruxelles ?</strong></p>
<p>C’est une ville-région. Et la capitale. En tant que région, elle sera gérée par des mandataires élus par ses habitants. Comme capitale, elle devra contractuellement rendre des comptes à ses « clients » que sont les entités fédérées et se soumettre à leur contrôle.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p>
<p style="text-align: left;">Ce ne sont bien sûr que des principes généraux. Leur application vous procurera sans doute quelques cheveux blancs. Mais je crois qu’il y a un avantage certain à les énoncer : on dispose ainsi d’un étalon de mesure pour toutes les décisions qui seront prises à tel ou tel niveau de pouvoir. On appelle ça une Constitution. Je crois sincèrement que c’est par là qu’il faut commencer, Monsieur le préformateur, cher Elio.</p>
<p>Et je suis certain que sur cette base, avec des nuances à apporter çà et là, sans doute, il y a moyen d’emporter l’adhésion d’une majorité des deux tiers du parlement. Vous savez pourquoi ? Parce que c’est juste, cohérent, logique. Parce que tout citoyen de bonne foi doit accepter un système dans lequel n’importe quel humain de bonne foi peut avoir confiance et se sentir raisonnablement bien.</p>
<p>Il y aura bien sûr toujours des mécontents. Des gens qui estimeront qu’ils doivent pouvoir profiter du travail ou de la bonne fortune de leurs voisins. D’autres qui se jugeront fondés à exiger qu’on les serve partout dans leur langue. Ou qui refuseront de s’incliner devant des décisions prises de façon démocratiques par les autorités compétentes.</p>
<p>Mais vous savez, quand des principes équitables auront été établis pour tout le monde, on pourra dire à tous ces râleurs d’aller se faire foutre.</p>
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		<title>Identités concurrentes</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/07/13/identites-concurrentes/</link>
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		<pubDate>Tue, 13 Jul 2010 20:32:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme]]></category>
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Ce sont des amis français. Ils sont à Bruxelles pour inscrire Alice, leur fille aînée, à l&#8217;ULB. J&#8217;ai fait la connaissance de Valérie quand je dirigeais BioVallée, à Charleroi. Elle travaille au développement des biotechnologies dans l&#8217;agglomération de Grenoble. Marc, lui, est kiné.
Inévitablement, ils se sont enquis de ce que devenait la Belgique après les <a href='http://blog.pickme.be/2010/07/13/identites-concurrentes/'>[...]</a>]]></description>
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		</div>
<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/valerie-008b.jpg"></a><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/valerie-008b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2528" title="valerie 008b" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/valerie-008b.jpg" alt="" width="594" height="351" /></a><br />
Ce sont des amis français. Ils sont à Bruxelles pour inscrire Alice, leur fille aînée, à l&#8217;ULB. J&#8217;ai fait la connaissance de Valérie quand je dirigeais BioVallée, à Charleroi. Elle travaille au développement des biotechnologies dans l&#8217;agglomération de Grenoble. Marc, lui, est kiné.</p>
<p>Inévitablement, ils se sont enquis de ce que devenait la Belgique après les élections du 13 juin. L&#8217;écho de nos querelles leur parvient assourdi, là-bas, dans le Dauphiné. Nos identités les laissent perplexes, leurs filles plus encore. Les Flamands, les Wallons, et au milieu, les hybrides qui compliquent tout et dont ils connaissent quelques spécimens: Gaïd, nos fils et moi. Des Bruxellois. Qui suis-je, dans ce patchwork?</p>
<p>La question m&#8217;intéresse. Il n&#8217;y a rien de tel que des amis un peu lointains pour vous tendre le miroir dans lequel vous chercherez votre image.  La langue et ma grand-mère maternelle me relient aux Wallons, qui se sont francisés, avec le temps. <em>Mais je ne suis pas Wallon</em>, précisé-je. Je suis né à Bruxelles, comme mes parents et mes deux grands-pères. Je ne suis pas Flamand non plus. Ou seulement un peu. Pas  vraiment comme mon autre grand-mère, Gantoise mais fransquillonne. Sur la fin de sa vie, elle votait même FDF, en fredonnant le <em>Chant des Partisans</em> dans l&#8217;isoloir. Je lui en voulais un peu pour ça. Voter FDF vous rend hémiplégique dans vos racines de pur <em>zinneke</em>, ai-je toujours pensé. Vous ampute de votre part flamande, que moi j&#8217;assume, même si je n&#8217;ai appris la langue que sur le tard, comme on apprend une langue étrangère. Et pourtant intime.</p>
<p>Ils comprennent ça, Valérie et Marc. Elle est née à Nice, dans une famille juive sépharade. Ses racines à lui sont polonaises, et ashkénazes. La sœur d&#8217;Alice porte un des prénoms de son aïeule, qui venait d&#8217;Espagne. Un prénom juif, un peu rare. Perla. Ce sont aussi des <em>zinnekes</em>. Nous sommes tous des <em>zinnekes. </em>Certains plus, d&#8217;autres moins. Moi, beaucoup.<em><br />
</em></p>
<p><em><span id="more-2526"></span><br />
</em></p>
<p>Je suis Belge, finalement. Comme Valérie et Marc, par-delà leurs racines familiales, sont Français. Notamment. Mais cela compte-t-il, faut-il vraiment y accorder autant d&#8217;importance?</p>
<p>Une identité, au sens premier, c&#8217;est ce qui permet de vous <em>identifier</em>, de vous repérer dans la masse indistincte. L&#8217;identité présente ce paradoxe de renvoyer au <em>même</em>, mais en jouant sur les différences, comme le yin avec le yang et le yang avec le yin. Vous êtes <em>vous</em> parce que, d&#8217;abord, vous n&#8217;êtes pas un autre&#8230; Ce qui rend sacrément ambigu le concept d&#8217;identité collective.</p>
<p>De <em>je</em> à <em>nous</em>, il y a fatalement une tension &#8211; une contradiction? &#8211; entre deux identités concurrentes, ou plutôt entre deux niveaux différents et peut-être incompatibles du concept d&#8217;identité: le niveau de la collectivité et celui de l&#8217;individu.</p>
<p>Je ne suis pourtant paas de ceux qui s&#8217;indignent sans l&#8217;avoir lu du <a href="http://www.vlaamsparlement.be/vp/pdf/20102011/toepsraken/20100711_11julitoespraak_identiteit_en_autonomie.pdf" target="_blank">discours</a> qu&#8217;a prononcé Jan Peumans, le président N-VA du parlement flamand à l&#8217;occasion du 11 juillet. Ce discours n&#8217;est pas le mien, mais il n&#8217;a rien de scandaleux. Il me parait seulement un peu réducteur.</p>
<p>Peumans dresse d&#8217;abord un constat que je partage assez: la &laquo;&nbsp;belgitude&nbsp;&raquo; est une exception en Europe en ce qu&#8217;elle invoque précisément comme signe de sa substance une&#8230; absence d&#8217;identité collective! Et il oppose cette façon de se définir &laquo;&nbsp;en creux&nbsp;&raquo; &#8211; nous sommes Belges parce que nous ne sommes ni Allemands, ni Français, ni Hollandais, ni&#8230; &#8211; à une revendication plus ou moins généralisée d&#8217;identité &laquo;&nbsp;positive&nbsp;&raquo;: en Hollande, en France, au Royaume-Uni, en Catalogne. En Flandre. Et, espère-t-il, demain en Wallonie.</p>
<p>En Flandre, justement. Il y a là, dit-il, une nation qui achève sa gésine et aspire à s&#8217;incarner dans une structure étatique. Ce n&#8217;est pas à la Wallonie qu&#8217;elle s&#8217;oppose, mais à cette Belgique <em>a-nationale</em>, négatrice selon lui des peuples qu&#8217;elle enserre dans son non-être collectif. C&#8217;est une opinion respectable.</p>
<p>Elle le devient du moins quand Peumans précise que l&#8217;identité flamande ne suppose pas l&#8217;unanimité, qu&#8217;elle doit intégrer et accepter en son sein la diversité des Flamands, ce à quoi tout nationalisme est facilement rétif, faut-il rappeler.</p>
<p>Mais le président du parlement ne reconnaît-il pas implicitement par là que cette identité collective qu&#8217;on appelle le nationalisme, qu&#8217;on le pose sur la langue, sur la religion, sur une histoire supposée commune ou sur tout autre concept, en devient forcément une <em>construction</em> a posteriori, et non une réalité concrète affirmée ex ante?</p>
<p>Tout nationalisme est peu ou prou une déclinaison de la pensée collectiviste. Il est malaisément compatible avec un individualisme philosophique &#8211; indispensable pour penser les droits de l&#8217;Homme. Mais sous ses formes bénignes, il est aussi un des noms du social, c&#8217;est évident.</p>
<p>Aussi, dans le concret, si éloigné que l&#8217;on puisse philosophiquement se situer par rapport à un parti comme la N-VA, n&#8217;y a-t-il aucune indignité à rechercher avec lui de nouvelles façons d&#8217;organiser la vie politique de ce curieux pays de 10 millions d&#8217;habitants qu&#8217;est cette Belgique qui ne peut se définir que négativement, par ce qu&#8217;elle n&#8217;est pas.</p>
<p>Indépendamment de la question nationale, il est un fait que deux espaces publics, l&#8217;un flamand, l&#8217;autre francophone, se sont substitués à ce que pouvait être l&#8217;espace public unique de la Belgique de 1830, parce qu&#8217;on n&#8217;y comptait que 30.000 électeurs sur 4,5 millions d&#8217;habitants, et parce qu&#8217;on n&#8217;était pas encore entré dans l&#8217;ère des médias.</p>
<p>Il faut toutefois que tous les Peumans de Belgique acceptent cette autre réalité que les espaces multiples ne sont pas aussi simples et homogènes que l&#8217;étaient les espaces uniques des siècles enfuis. Il y a des francophones dans l&#8217;espace flamand, et des Flamands dans l&#8217;espace francophone. Et entre ces deux espaces, il y a des individus qui ne sont ni Flamands, ni Wallons. On peut les appeler des bâtards. Des <em>zinnekes</em>. Ou des Belges. Et des Bruxellois. Ils méritent autant le respect. Et même, ils l&#8217;exigent. Et même encore, ils peuvent servir. Ils peuvent être l&#8217;huile qu&#8217;on met dans les rouages, pour qu&#8217;ils s&#8217;emboîtent mieux. Le problème de la Belgique, aujourd&#8217;hui, c&#8217;est que cette huile est figée. Où sont-ils donc passés ceux qui, dans la politique, n&#8217;étaient ni tout-à-fait Flamands, ni tout-à-fait Wallons, ou francophones? Par électoralisme, ils hurlent avec les loups&#8230;</p>
<p>Je m&#8217;en vais retrouver Marc, Valérie et leurs filles. Nous avons rendez-vous pour l&#8217;apéritif, au <a href="http://www.letrappiste.be/index.php" target="_blank"><em>Trappiste</em></a>. Ils profitent de leur séjour pour goûter à ce qui reste de l&nbsp;&raquo;&#8216;identité belge. On devrait pouvoir en trouver des traces dans l&#8217;une ou l&#8217;autre de nos 400 sortes de bières&#8230;</p>
<p><strong>Lire aussi: </strong><a href="http://www.vlaamsparlement.be/vp/pdf/20102011/toepsraken/20100711_11julitoespraak_identiteit_en_autonomie.pdf" target="_blank"><em>Identiteit en autonomie</em></a>, le discours de Jan Peumans, texte intégral en V.O.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Di Rupo et De Wever doivent s&#8217;entendre</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/07/11/di-rupo-et-de-wever-doivent-sentendre/</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Jul 2010 15:42:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Bart De Wever]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
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Qu&#8217;arrivera-t-il si le parti socialiste et la N-VA n&#8217;arrivent pas à s&#8217;entendre sur la constitution d&#8217;un nouveau gouvernement? On passera par une phase absolument chaotique, soit. Mais après?
C&#8217;est un cauchemar. Un vrai. Mais cela reste une hypothèse envisageable. Une situation dans laquelle plus rien ne serait raisonnablement prévisible. C&#8217;est à Henri Simonet qu&#8217;un jour, vers <a href='http://blog.pickme.be/2010/07/11/di-rupo-et-de-wever-doivent-sentendre/'>[...]</a>]]></description>
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			</a>
		</div>
<p>Qu&#8217;arrivera-t-il si le parti socialiste et la N-VA n&#8217;arrivent pas à s&#8217;entendre sur la constitution d&#8217;un nouveau gouvernement? On passera par une phase absolument chaotique, soit. Mais après?</p>
<p>C&#8217;est un cauchemar. Un vrai. Mais cela reste une hypothèse envisageable. Une situation dans laquelle plus rien ne serait raisonnablement prévisible. C&#8217;est à Henri Simonet qu&#8217;un jour, vers la fin des années 80, je demandai son avis sur ce qui se passerait si le gouvernement tombait. Le grand homme haussa les épaules comme il savait si bien le faire et me répondit: &laquo;&nbsp;<em>Hé bien, on constituera un autre gouvernement! Quoi d&#8217;autre?</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Justement: quoi d&#8217;autre? Une vingtaine d&#8217;années plus tard, nous approchons de la configuration dans laquelle François Perin imaginait jadis la fin de la Belgique: l&#8217;impossibilité de constituer <em>un autre</em> gouvernement fédéral. Il n&#8217;y aura que des perdants dans une telle situation. Elle serait désastreuse pour les Flamands aussi bien que pour les francophones. Ce qui fait de la rue de la Loi une piste de <a href="http://www.maaxpoker.com/forum/debats-986/chicken-game-:-introduction-a-la-theorie-des-jeux-12973.html"><em>chicken game</em></a> dans l&#8217;acception la plus pure du concept.</p>
<p>L&#8217;échec de la mission De Wever &#8211; Di Rupo, ou Di Rupo &#8211; De Wever, comme on voudra, n&#8217;est donc pas une option. Ce qui n&#8217;est pas pour autant, loin de là, une garantie de succès. La guerre non plus n&#8217;était pas une option raisonnable, en août 14, on l&#8217;a compris à tout ce qui a suivi, jusqu&#8217;à la chute du Mur de Berlin. Mais il y eut la guerre où l&#8217;on partit, la fleur au fusil, avec la foi inébranlable, des deux côtés, d&#8217;en revenir bientôt, sain et sauf, triomphant. Les peuples ne savent pas toujours ce qu&#8217;ils font, quand ils s&#8217;embrasent et s&#8217;enthousiasment.</p>
<p><span id="more-2524"></span></p>
<p>Il faut donc que De Wever et Di Rupo s&#8217;entendent, à partir de positions de départ qui paraissent bel et bien inconciliables.</p>
<p>Mettons-les donc provisoirement de côté, ces positions de départ, et essayons de comprendre ce qui se passe en revenant aux origines. A la Belgique de 1830.</p>
<h3>Deux siècles d&#8217;Histoire en un clin d&#8217;œil</h3>
<p>Une construction artificielle, cette Belgique? Non pas. Un aboutissement logique de soustractions successives. Une société fragmentée, profondément divisée entre catholiques et libéraux qui ne cessent de se chamailler depuis la révolution brabançonne. Pas vraiment démocratique, ou alors à la mode antique: 30.000 électeurs pour une population de 4,5 millions d&#8217;âmes. Flamandes et wallonnes, mais elles ne comptaient pas. Ou si peu.</p>
<p>Le mode de scrutin est majoritaire. Les gouvernements sont le plus souvent catholiques. Les catholiques sont majoritaires en Flandre, jusqu&#8217;à la caricature parfois: en 1884, toutes les circonscriptions flamandes, en ce compris celles de Bruxelles, envoient un catholique au parlement; et toutes les circonscriptions wallonnes, sauf au Luxembourg, y envoient un libéral. Mais ce n&#8217;est pas ça qui gêne, à l&#8217;époque: presque tous sont francophones.</p>
<p>La question sociale émerge. Le corps électoral s&#8217;élargit par étapes. Le parti ouvrier se constitue. La &laquo;&nbsp;question flamande&nbsp;&raquo; prend de l&#8217;ampleur car le Flamand, pour grimper dans l&#8217;ascenseur social, doit abandonner sa langue maternelle en fournissant un plus gros effort que le Wallon. Il revendique un enseignement dans sa langue et le bilinguisme dans l&#8217;administration. Ce qui fait découvrir à Jules Destrée la &laquo;&nbsp;terrible vérité&nbsp;&raquo; qu&#8217;il croit percevoir et dont il fait aussitôt part au Roi, en 1912: il n&#8217;y a pas de Belges, Sire, il n&#8217;y a dans ce pays que des Flamands et des Wallons&#8230;</p>
<p>Ils ne parlent pas la même langue, c&#8217;est évident. Mais ils pensent et votent différemment aussi, comme en 1884. En 1950, en remettant les clés du royaume à son fils Baudouin, Léopold III implore ses sujets: &laquo;&nbsp;<em>Je vous en conjure, restez unis!</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Léopold a vu les résultats de la consultation populaire organisée à propos de son retour sur le trône: plus de sept Flamands sur dix ont voté &laquo;&nbsp;oui&nbsp;&raquo;, près de six Wallons sur dix ont voté &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo;. Ce qui fait par solde une majorité de 58% en sa faveur. Mais c&#8217;est l&#8217;émeute en Wallonie: la loi de la rue l&#8217;emporte sur la rue de la Loi, le roi doit partir. La majorité flamande, qui trouve pour la première fois à s&#8217;exprimer clairement, doit s&#8217;incliner devant la combativité de la minorité wallonne. Premier vrai symptôme du divorce belge et d&#8217;une forme de pensée &laquo;&nbsp;confédéraliste&nbsp;&raquo;: la Wallonie est en mesure de paralyser une majorité obtenue au niveau national.</p>
<p>Il y a désormais deux &laquo;&nbsp;Belgique&nbsp;&raquo;, il y a la Flandre et la Wallonie. Et Bruxelles au milieu. Qui s&#8217;est francisée. Qui se détache de la Flandre, impuissante à retenir chez elle cette ville autrefois flamande.</p>
<p>Dans le même temps, la Wallonie industrielle entame son long déclin, tandis que la Flandre prend son envol. En 1966, le nombre de chômeurs wallons dépasse pour la première fois celui des chômeurs flamands. La Belgique change de locomotive.</p>
<p>Et la Flandre parachève sa flamandisation. Louvain, 1968. Le traumatisme de toute une génération de francophones, avec les lois linguistiques de 1963. On sent bien qu&#8217;il va falloir aménager les institutions. On en parle depuis longtemps déjà. Le 18 février 1970, Gaston Eyskens déclare solennellement à la tribune de la Chambre que &laquo;&nbsp;<em>L&#8217;Etat unitaire (&#8230;) est dépassé par les faits</em>&laquo;&nbsp;. La <em>séparation administrative</em> évoquée par Destrée dans son pamphlet de 1912 va prendre la forme de l&#8217;autonomie culturelle réclamée par les Flamands et, subsidiairement, de la régionalisation économique revendiquée par les Wallons.</p>
<p>C&#8217;est un point d&#8217;inflexion de l&#8217;Histoire car on entre alors dans un long processus de régionalisation, puis de fédéralisation de l&#8217;Etat belge. Il va durer quarante années, par à-coups. Gaston Eyskens croyait qu&#8217;en 1970, il avait mené à bien la réforme de l&#8217;Etat. En 1972, au congrès du CVP, il fait face, désabusé, à la poussée d&#8217;un jeune qui monte: Wilfried Martens. Qui parlera à son tour de réformes &laquo;&nbsp;définitives&nbsp;&raquo;, avant de passer la main à d&#8217;autres, qui veulent aller plus loin. Les francophones se pétrifient.</p>
<p>Et on en est là. Avec Bart De Wever et Elio Di Rupo.</p>
<h3>Révolution copernicienne</h3>
<p>Il y a deux ans, en 2008, Yves Leterme a constaté &#8211; un <em>remake</em> d&#8217;Eyskens, 1970? &#8211; que le modèle fédéral avait &laquo;&nbsp;a<em>tteint ses limites</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>D&#8217;une certaine façon, il n&#8217;a probablement pas tort. Mais ce qui a atteint ses limites, ce n&#8217;est probablement pas le modèle fédéral proprement dit. C&#8217;est plutôt la méthode qui consiste à évacuer les problèmes à mesure qu&#8217;ils se présentent.</p>
<p>Si De Wever et Di Rupo veulent poursuivre dans cette même voie, en tansférant de nouvelles compétences fédérales aux régions et aux communautés, ils vont probablement constater qu&#8217;ils arrivent dans une impasse financière: il y a sans doute encore des matières qui peuvent être transférées, mais dans les caisses fédérales, il n&#8217;y a plus d&#8217;argent à laisser filer vers les entités fédérées.</p>
<p>Il faut changer de méthode.</p>
<p>Comme je le suggère depuis 1988, il faut probablement cesser maintenant de vider progressivement l&#8217;Etat fédéral de ses attributions et inverser le processus. Il faut partir du principe que les régions sont entièrement autonomes et souveraines et vérifier ce qu&#8217;elles pourraient ou devraient gérer en commun, dans un souci d&#8217;efficacité au service des citoyens. Dans un contexte de solidarité interrégionale et interpersonnelle.</p>
<p>La révolution copernicienne. Le fédéralisme. Le vrai. Que l&#8217;on peut appeler &laquo;&nbsp;confédéralisme&nbsp;&raquo; si on veut, c&#8217;est souvent par là que commencent les Etats fédéraux.</p>
<p>Dans 10, 20 ou 50 ans, si les Etats-Unis d&#8217;Europe voient le jour, il est possible qu&#8217;un Etat belge soit superflu, comme le suggère la N-VA. Mais si l&#8217;Europe reste un agglomérat d&#8217;Etats-Nations, il faut donner à la Belgique sa chance d&#8217;opérer sa &laquo;&nbsp;refondation&nbsp;&raquo; sur de nouvelles bases, celles de régions autonomes unies dans une structure fédérale. C&#8217;est la base. Le reste, les questions de frontières en particulier, ne sont que des détails assez mineurs, somme toute.</p>
<p>Car comme l&#8217;écrit Amin Maalouf dans <em>Les identités meurtrières</em> &#8211; et j&#8217;ose espérer que Bart De Wever ne le contestera pas sur ce point:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>Le seul objectif honorable, c&#8217;est d&#8217;œuvrer pour que chaque citoyen soit traité comme un citoyen à part entière, quelles que soient ses appartenances&nbsp;&raquo;.</em></p></blockquote>
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		<title>Méditation après la bataille</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/06/24/meditation-apres-la-bataille/</link>
		<comments>http://blog.pickme.be/2010/06/24/meditation-apres-la-bataille/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 22:35:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[de wever]]></category>
		<category><![CDATA[Di Rupo]]></category>
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		<category><![CDATA[politique]]></category>

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La poussière retombe, les fumées se dissipent, le paysage est en ruine. Le canon n&#8217;a épargné que deux tours, une au nord, l&#8217;autre au sud, qui dans la lumière froide du petit jour s&#8217;échangent des sémaphores&#8230; Le champ de bataille, the Day After. Désolé. Hiroshima après la bombe.
Avec quelques amis journalistes, flamands et francophones, on <a href='http://blog.pickme.be/2010/06/24/meditation-apres-la-bataille/'>[...]</a>]]></description>
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<p>La poussière retombe, les fumées se dissipent, le paysage est <a href="http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/politiek/100623_thyssen_ontslag" target="_blank">en ruine</a>. Le canon n&#8217;a épargné que deux tours, une au nord, l&#8217;autre au sud, qui dans la lumière froide du petit jour s&#8217;échangent des sémaphores&#8230; Le champ de bataille, <em>the Day After</em>. Désolé. Hiroshima après la bombe.</p>
<p>Avec quelques amis journalistes, flamands et francophones, on se disait ce midi que le plus étrange était encore la facilité déconcertante avec laquelle leurs journaux se mettaient au goût du jour. Avant la bataille, De Wever était le diable pour les francophones, et Di Rupo Belzébuth aux yeux des Flamands. Voilà-t-y pas maintenant qu&#8217;<a href="http://www.leblogdubiencommun.be/?p=91&amp;cpage=1#comment-228" target="_blank">on les marie</a> sans remords, <a href="http://demainonrasegratis.blogspot.com/2010/06/troubles-de-lelection43et-si-le.html" target="_blank">en louant</a> l&#8217;exquise courtoisie polyglotte de l&#8217;un, en excusant par un airbag importun les hésitations linguistiques de l&#8217;autre. Sans insister sur les <a href="http://www.lesoir.be/regions/hainaut/2010-06-23/le-bureau-de-patrick-moriau-perquisitionne-777937.php" target="_blank">affaires</a> qui reprennent, ce serait grossier.</p>
<p>Je crois pour ma part que ces revirements se comprennent en politique, qui est une valse à deux temps: au premier, l&#8217;approche des élections dresse sur leurs ergots les coqs au moment de combattre; au second, dans l&#8217;intervalle entre deux reprises, le plus raisonnable est encore de s&#8217;entendre pour se partager équitablement les graines disséminées dans la basse-cour.</p>
<p><span id="more-2426"></span></p>
<p>Ce qui m&#8217;étonne, c&#8217;est qu&#8217;on s&#8217;aligne si facilement sur leurs humeurs princières. C&#8217;est peut-être que la presse ne joue plus sa propre partition, qu&#8217;instrumentalisée à l&#8217;extrême elle se contente désormais d&#8217;amplifier le discours de ceux qu&#8217;elle devrait observer et surveiller pour le compte de ceux qui la lisent.</p>
<p>Etonnez-vous après ça que ceux-ci lisent désormais autre chose, quand ils lisent encore.</p>
<p>C&#8217;est un point sur lequel, sans trop vouloir la ramener, je me sens bien à l&#8217;aise. Je peste depuis trop longtemps sur la logique des fronts et sur les dévotions rituelles aux clichés en sépia des conflits passéistes pour ne pas me réjouir de n&#8217;être plus seul à considérer, de ce côté-ci du mur de chicons, que partager civilement un <a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=1O2RQGIV" target="_blank"><em>Drakenburger</em></a> avec monsieur De Wever dans son snack favori n&#8217;équivaut pas forcément à s&#8217;aligner sur toutes ses pensées.</p>
<p>La politique est l&#8217;art de poursuivre l&#8217;idée qu&#8217;on se fait du bien commun comme on peut, en prenant poliment en compte les conceptions de l&#8217;Autre.</p>
<p>Mais comme disait Gaïd, &#8211; c&#8217;est ma femme -, l&#8217;époque incite moins à jouer le ballon que l&#8217;homme qui le porte. On ne discute pas les idées de l&#8217;adversaire pour les confronter aux siennes et dégager une synthèse. On l&#8217;exclut. On le moque. On souhaite à ce fils de pute de se faire enculer dans le vestiaire des Bleus.</p>
<p>D&#8217;où il suit que je ne suis pas si sûr que l&#8217;humanité progresse vraiment de façon linéaire.</p>
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		<title>Les deux &#171;&#160;fronts&#160;&#187; de la N-VA</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/06/21/les-deux-fronts-de-la-n-va/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 16:11:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[n-va]]></category>

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Pour bâtir son succès historique, le 13 juin, la N-VA a recruté partout: au centre, dans l&#8217;électorat du CD&#38;V et de l&#8217;Open-VLD, et à droite, dans celui du Vlaams Belang et de la liste De Decker. Ce qui la met évidemment au défi de consolider ce succès, de transformer l&#8217;essai sans y perdre trop de <a href='http://blog.pickme.be/2010/06/21/les-deux-fronts-de-la-n-va/'>[...]</a>]]></description>
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			</a>
		</div>
<p>Pour bâtir son succès historique, le 13 juin, la N-VA a recruté partout: au centre, dans l&#8217;électorat du CD&amp;V et de l&#8217;Open-VLD, et à droite, dans celui du Vlaams Belang et de la liste De Decker. Ce qui la met évidemment au défi de consolider ce succès, de transformer l&#8217;essai sans y perdre trop de ses nouveaux électeurs. C&#8217;est l&#8217;éternelle bagarre des <em>fundis</em> et des <em>realos</em>.</p>
<p>Chez les nationalistes flamands, apprend-t-on dans <em>De Standaard </em>on traduit ça <a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=F02RPIDA" target="_blank">sur la rose des vents</a>: il y a &laquo;&nbsp;le front nord&nbsp;&raquo;, ce sont les (relativement) modérés qui ont rejoint le camp de base par dépit devant l&#8217;impuissance des &laquo;&nbsp;traditionnels&nbsp;&raquo; à faire fonctionner l&#8217;Etat. Et il y a &laquo;&nbsp;le front sud&nbsp;&raquo;, celui des radicaux qui détestent cordialement ce même Etat.</p>
<p><span id="more-2419"></span></p>
<p>Quelles sont les forces en présence? Y aura-t-il lutte entre elles? Et si oui, qui va l&#8217;emporter?</p>
<p>Bien malin qui pourrait le dire. La N-VA, en tant que parti, a grandi si vite que son image est immanquablement devenue moins lisible. Au départ, avec Geert Bourgeois, c&#8217;est le noyau dur de l&#8217;ancienne Volksunie, celui qui ne s&#8217;est pas dispersé aux quatre vents des familles traditionnelles, jusqu&#8217;à y investir des positions parmi les plus en vue. Ce ne sont pas des &laquo;&nbsp;tendres&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais d&#8217;un autre côté, si Bart De Wever est un sentimental qui avoue s&#8217;émouvoir aux accents du <em>Vlaamse Leeuw</em> mais que la <em>Brabançonne</em> laisse de marbre, c&#8217;est aussi un pragmatique. Il est devenu membre de la VU à&#8230; un an, quand son père l&#8217;y a affilié. Son grand-père avait fait de la prison, à la Libération, parce qu&#8217;il avait milité au VNV, avant et pendant la guerre. Sans s&#8217;être jamais rendu coupable d&#8217;autres faits de collaboration, assure-t-il. Serait-ce le cas, d&#8217;ailleurs, à quel titre pourrait-on reprocher à Bart, qui a vu le jour en 1970, d&#8217;éventuelles fautes qu&#8217;auraient commises ses ascendants? Hugo Schiltz avait connu ça aussi. Beaucoup plus directement, pour ce qui le concerne. Ce qui ne l&#8217;a pas empêché d&#8217;être tenu, dans les années 70 et 80, pour un honorable humaniste que je suis heureux et fier d&#8217;avoir connu.</p>
<p>En acceptant sa mission d&#8217;informateur et en tendant la main aux francophones au soir de son triomphe, le président de la N-VA a clairement confirmé, si besoin en était encore, qu&#8217;il opère résolument sur le &laquo;&nbsp;front nord&nbsp;&raquo;. Avec les &laquo;&nbsp;réalistes&nbsp;&raquo;. Républicain et séparatiste? Sans doute. Mais démocrate. De Wever n&#8217;est donc ni plus, ni moins fréquentable en coalition que n&#8217;importe qui dans l&#8217;hémicycle, exception faite des fachos patentés, qui ne le sont pas. Cela dépend du programme.</p>
<p>Les questions n&#8217;en demeurent pas moins:</p>
<ol>
<li>Un accord est-il possible?</li>
<li>S&#8217;il est conclu, sera-t-il approuvé par la N-VA réunie en congrès de participation et, ensuite, exécuté par ses mandataires?</li>
</ol>
<p>Je n&#8217;ai pas les réponses. Ni vous non plus. Ni personne d&#8217;autre. Il faut aller voir. Et juger sur pièces. Un gouvernement de coalition, c&#8217;est par la force des choses un amalgame parfois improbable de gens à qui on demande de se respecter mutuellement et d&#8217;honorer leurs engagements consignés dans un &laquo;&nbsp;contrat&nbsp;&raquo;, pas de s&#8217;aimer d&#8217;amour fou.</p>
<p>Ce sera donc un pari. Mais pour le refuser, il faut au moins avoir une <em><a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=PD2RMHN4" target="_blank">BATNA</a>, </em>soit <em>a better alternative to a negotiated solution (with the N-VA).</em> Des suggestions? Ne vous gênez pas. Mais pour tout qui connaît l&#8217;arithmétique parlementaire, la réponse est &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;y en a pas. En cherchant Batna, on ne trouve que <em>TINA</em> (pour: <em>there is no alternative</em>).</p>
<p>Que ceux qui s&#8217;en désolent maintenant comme des galopins aux fesses rougies méditent donc un peu sur la finesse de la stratégie qui a consisté, pendant trois ans, à claironner qu&#8217;on n&#8217;était &laquo;&nbsp;demandeur de rien&nbsp;&raquo;, rien que pour emmerder le camp d&#8217;en face. Ne le répétez pas aux Flamands mais ceux-là, ce ne sont pas de fiers faucons indomptables. Non, c&#8217;en sont de vrais.</p>
<p><strong>Lire aussi: </strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=F02RPIDA" target="_blank">N-VA moet flanken verzoenen</a> (<em>De Standaard</em>)</li>
<li><a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=PD2RMHN4" target="_blank">Onderhandelen met de duivel</a> (<em>De Standaard</em>)</li>
<li><a href="http://www.lalibre.be/actu/elections-2010/article/590739/bientot-le-grand-chambardement.html" target="_blank">Bientôt, le grand chambardement</a> (<em>La Libre Belgique</em>)</li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Les socialistes flamands, entremetteurs&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 10:44:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
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		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[réforme de l'Etat]]></category>

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C&#8217;était un bon moment de radio, ce matin, cette rencontre entre Bruno Tobback (SP.A) et Paul Magnette (PS) dans le journal de Bel-RTL. Pas de petites phrases, rien qui mérite un gros titre, mais une conversation menée par Pascal Vrebos, inimitable quand il s&#8217;agit de jouer les naïfs un peu lourdauds pour débusquer le gibier. <a href='http://blog.pickme.be/2010/06/15/les-socialistes-flamands-entremetteurs/'>[...]</a>]]></description>
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		</div>
<p>C&#8217;était un bon moment de radio, ce matin, cette rencontre entre Bruno Tobback (SP.A) et <a href="http://www.rtlinfo.be/info/belgique/elections2010/716488/magnette--le-poids-des-pensions-surtout-en-flandre-" target="_blank">Paul Magnette</a> (PS) dans le journal de Bel-RTL. Pas de petites phrases, rien qui mérite un gros titre, mais une conversation menée par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Vrebos" target="_blank">Pascal Vrebos</a>, inimitable quand il s&#8217;agit de jouer les naïfs un peu lourdauds pour débusquer le gibier. C&#8217;est un homme de théâtre, Pascal, et ça se sent, sa feinte ingénuité est souvent efficace.</p>
<p>J&#8217;ignore complètement l&#8217;état de leurs relations personnelles mais, politiquement, ils sont manifestement en phase, Paul et Bruno, et c&#8217;est une bonne nouvelle. Car cela semble traduire, au sein de la &laquo;&nbsp;famille&nbsp;&raquo; socialiste, la reconstitution d&#8217;un axe transcommunautaire qui est un élément indispensable &#8211; même s&#8217;il ne sera pas suffisant &#8211; d&#8217;une sortie de crise par le haut.</p>
<p>L&#8217;état des lieux est sur la table, en double exemplaire: c&#8217;est le chaos. Ces élections qui viennent de se dérouler ont provoqué le séisme attendu. Tout est sens dessus dessous. Au moins commence-t-on à voir d&#8217;où peuvent venir les secours et l&#8217;aide humanitaire&#8230;</p>
<p>Reprenons.</p>
<p>Il y a deux vainqueurs incontestables: la N-VA en Flandre, le PS au sud. Ils doivent s&#8217;entendre, ou c&#8217;est la mort. Ils le savent l&#8217;un et l&#8217;autre.</p>
<p><span id="more-2403"></span>Tout seuls, ils n&#8217;y arriveront pas. Ils sont trop loin l&#8217;un de l&#8217;autre. Et les chœurs &#8211; vous, moi, eux&#8230; &#8211; sont trop dissonants, chacun dans sa langue. On peut imaginer que dans les jours qui viennent, à force de rencontres et de caucus, Elio Di Rupo et Bart De Wever puissent apprendre à se connaître, peut-être à se comprendre, et même à s&#8217;apprécier humainement, pourquoi pas? Mais pas plus. Il faut autre chose, pour assembler un puzzle qui compte autant de pièces.</p>
<p>Dimanche soir, De Wever parlait de lancer des ponts, de jeter des passerelles. Cela ne se fait pas dans le vide. Il faut des relais, des points d&#8217;accroche. Le SP.A est le premier car il est déjà associé, dans le gouvernement flamand, à la N-VA. Et Bruno Tobback aura beau dire qu&#8217;il ne faut pas attacher trop d&#8217;importance aux mots, je vois une valeur symbolique importante à celui qu&#8217;a utilisé Caroline Genez: son &laquo;&nbsp;ami&nbsp;&raquo; Bart De Wever.</p>
<p>Il m&#8217;étonnerait bien sûr que ces deux-là sortent en boîte ensemble le samedi soir. Mais le vocabulaire n&#8217;est jamais innocent. Même si l&#8217;usage du mot &laquo;&nbsp;ami&nbsp;&raquo; n&#8217;a pas été soigneusement prémédité, même s&#8217;il est fortement exagéré, il traduit un inconscient affirmé. Et il positionne le SP.A dans le rôle d&#8217;indispensable <em>go-between</em> entre les forces dominantes du nord et du sud. C&#8217;est le socle.</p>
<p>Le deuxième élément essentiel, c&#8217;est le processus de formation d&#8217;une majorité fédérale inédit dans lequel on s&#8217;engage. Le virage par rapport à 2007 est évident. Didier Reynders, grand vainqueur à l&#8217;époque, côté francophone, voyait dans l&#8217;orange bleue une réforme de l&#8217;Etat en soi.</p>
<p>Il avait raison.</p>
<p>Si le centre de gravité politique de la Wallonie s&#8217;était effectivement et durablement déplacé du boulevard de l&#8217;Empereur vers l&#8217;avenue de la Toison d&#8217;Or &#8211; l&#8217;image est audacieuse&#8230; &#8211; on aurait pu imaginer de ranger Copernic et sa révolution institutionnelle au placard. Nous ne vivons pas un conflit ethnique, mais une opposition entre un univers de gauche et un monde de droite. Si la Wallonie rejoignait la Flandre à dextre, on ne parlerait pas de glissements progressifs vers le confédéralisme. Mais ça n&#8217;a pas marché. Le centre de gravité wallon s&#8217;est replacé à gauche mais c&#8217;est le centre de gravité flamand qui s&#8217;est mis en route, quittant le CD&amp;V pour la N-VA.</p>
<p>D&#8217;où cette innovation: deux majorités se forment, une en Flandre, une en Wallonie, et se rejoignent au centre pour tenter de constituer un gouvernement (con)fédéral. Et sur les marches du Palais où il le reconduit, Albert II salue de la main Bart De Wever qui a eu la politesse de venir l&#8217;en informer.</p>
<p>La Belgique est déjà entrée dans l&#8217;ère du confédéralisme. La question est de savoir si ça va marcher. Et comment. Encore un peu de patience&#8230;</p>
<p><strong>A lire:</strong> deux textes de Bart De Wever, pour le comprendre, republiés aujourd&#8217;hui par <em>De Standaard</em>: <a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=2N2RHA7P" target="_blank">Het moderne conservatisme</a> et <a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=2N2RHA7N" target="_blank">Gezonde identiteit </a>(en réplique à un essai de Guy Verhofstadt)</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong> les commentaires de <a href="http://www.rtbf.be/info/belgique/politique/l-onkelinx-tout-est-possible-il-faut-dabord-apprendre-a-se-connaitre-227525" target="_blank">Laurette Onkelinx à <em>Matin Première</em></a> (RTBF).</p>
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		<title>Négociations confédérales</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/06/14/negociations-confederales/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2010 15:29:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actuelles]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
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Le roi a reçu Bart De Wever. Rien que de très normal puisqu&#8217;il est le grand vainqueur des élections. Mais c&#8217;est quand même un événement. Le président de la N-VA est républicain, mais c&#8217;est aussi un légaliste. Il jouera le jeu jusqu&#8217;au bout, respectant la discrétion qui est de mise dans le cadre du &#171;&#160;colloque <a href='http://blog.pickme.be/2010/06/14/negociations-confederales/'>[...]</a>]]></description>
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			</a>
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<p>Le roi <a href="http://www.rtlinfo.be/info/belgique/elections2010/716191/le-roi-recoit-di-rupo-et-de-wever-cet-apres-midi" target="_blank">a reçu</a> Bart De Wever. Rien que de très normal puisqu&#8217;il est le grand vainqueur des élections. Mais c&#8217;est quand même un événement. Le président de la N-VA est républicain, mais c&#8217;est aussi un légaliste. Il jouera le jeu jusqu&#8217;au bout, respectant la discrétion qui est de mise dans le cadre du &laquo;&nbsp;colloque singulier&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Surtout, il la joue fine pour l&#8217;instant, Bart De Wever. Le temps fort d&#8217;hier, c&#8217;est <a href="http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/verkiezingen2010/partijen/N-VA/100614_nva_partijbureau" target="_blank">la main qu&#8217;il a tendue</a> aux francophones dans le bref discours qu&#8217;il a prononcé pour célébrer sa victoire. Je ne suis pas encore assez fat pour suggérer qu&#8217;il a ainsi suivi le conseil que je lui donnais <a href="http://blog.pickme.be/2010/06/05/jdc-15-la-pendule-de-bart-de-wever/" target="_blank">ici même</a> il y a peu mais, pour symbolique qu&#8217;elle soit, cette démarche n&#8217;en était pas moins essentielle. La politique est affaire de symboles.</p>
<p><span id="more-2399"></span></p>
<p>Parmi toutes les coalitions envisageables, celle qui reposerait sur un mariage de raison entre nationalistes flamands et socialistes est la plus évidente: elle réunirait les deux vainqueurs du scrutin d&#8217;hier, un en Flandre, l&#8217;autre en francophonie.</p>
<p>Elle est ainsi la plus compatible avec une approche &laquo;&nbsp;confédéraliste&nbsp;&raquo;. Mais elle n&#8217;est neuve que parce que la N-VA s&#8217;y substituerait au CVP: pendant la plus grande partie du XXe siècle, la Belgique a été gouvernée par une alliance &laquo;&nbsp;rouge-romaine&nbsp;&raquo; (<em>rooms &#8211; rood</em>) qui traduisait sans doute moins une philosophie foncièrement &laquo;&nbsp;travailliste&nbsp;&raquo; que le souci d&#8217;associer les deux formations dominantes, au nord et au sud respectivement. L&#8217;Etat PS et l&#8217;Etat-CVP.</p>
<p>Mais ce n&#8217;est pas suffisant. A deux (ou plutôt à trois), nationalistes et socialistes ne réunissent que 66 sièges sur 150 à la Chambre. Il en faut au moins dix de plus pour constituer une majorité, et même 35 pour une majorité des deux tiers.</p>
<p>Avec le CD&amp;V et le CDH en renfort, on arrive à 92. Les huit députés écologistes francophones permettraient d&#8217;arriver à 100, avec les verts flamands en plus, à 105. Le nirvana?</p>
<p>Le &laquo;&nbsp;patron&nbsp;&raquo; confédéraliste en tout cas: une telle coalition associerait les majorités régionales respectives de Flandre et de Wallonie (<em>afspiegelingscoalitie</em>). Les socialistes du nord et du sud <a href="http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/verkiezingen2010/partijen/SPA/100614_Gennez_regeren" target="_blank">se déclarent</a> en sa faveur.</p>
<p>Quant à mettre ce joli monde d&#8217;accord sur une réforme de l&#8217;Etat instaurant le confédéralisme pour de bon, c&#8217;est tout une autre histoire. D&#8217;ailleurs, De Wever ne veut pas plus se mêler des affaires des francophones qu&#8217;il n&#8217;accepterait de voir les francophones se mêler de la boutique flamande.</p>
<p>N&#8217;empêche: la formation du prochain gouvernement se fera bel et bien sur le modèle confédéral.</p>
<p>Avec ou sans la N-VA: la seule alternative consisterait à associer tous les &laquo;&nbsp;traditionnels&nbsp;&raquo; flamands, écologistes compris. Car si vous croyez qu&#8217;un gouvernement fédéral puisse se mettre en place sans pouvoir compter sur une majorité en Flandre, comme sous la précédente législature, vous rêvez!</p>
<p>Mais cela reste une alternative. Un pis-aller théorique. En cas de panne prolongée. On en revient ainsi à l&#8217;équation de base: comment bâtir un programme gouvernemental qui concilie le confédéralisme radical de la N-VA avec le confédéralisme-terminus des autres partis flamands et avec les tabous des francophones, dont la gracieuse Joëlle Milquet, pour qui le confédéralisme, c&#8217;est &laquo;&nbsp;le fédéralisme des cons&nbsp;&raquo;?</p>
<p>La possibilité d&#8217;y arriver dépend au premier chef du talent de deux hommes qui paraissent disposés à s&#8217;y employer: Bart De Wever et Elio Di Rupo. A priori, c&#8217;est une très improbable association. C&#8217;est peut-être bien pour ça qu&#8217;elle a une chance de fonctionner. Il va en tout cas falloir le vérifier.</p>
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		<title>JDC #16 &#8211; Contresens</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 12:21:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Journal de campagne 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Bart De Wever]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[bruxelles]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[n-va]]></category>
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En préconisant la suppression de la région bruxelloise, Bart De Wever a commis le premier vrai faux pas de sa campagne, la première gaffe, le premier contresens qui ne lui coûtera sans doute pas de voix flamandes et lui vaudra peut-être même une certaine sympathie dans la Flandre à front bas, mais lui vaudra probablement <a href='http://blog.pickme.be/2010/06/07/jdc-16-contresens/'>[...]</a>]]></description>
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<p>En <a href="http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/verkiezingen2010/partijen/N-VA/100607_brusselsgewest" target="_blank">préconisant</a> la suppression de la région bruxelloise, Bart De Wever a commis le premier vrai faux pas de sa campagne, la première gaffe, le premier contresens qui ne lui coûtera sans doute pas de voix flamandes et lui vaudra peut-être même une certaine sympathie dans la Flandre à front bas, mais lui vaudra probablement de grosses difficultés dans la suite.</p>
<p>Car on peut le suivre jusqu&#8217;à un certain point dans sa critique: dans son organisation (ou plutôt: sa désorganisation) actuelle, Bruxelles est un &laquo;&nbsp;modèle&nbsp;&raquo; de gaspillage, d&#8217;incohérence et d&#8217;inefficacité. Mais on n&#8217;assainira pas la situation en supprimant le seul niveau politique pertinent, celui qui est commun à tous les Bruxellois.</p>
<p>Fusionner les dix-neuf commune en une seule, comme dans la plupart des autres grandes capitales? Je n&#8217;y vois aucun inconvénient. J&#8217;adhère, même, à la différence des satrapes locaux mais comme bon nombre de Bruxellois. Mais un condominium franco-flamand sur la ville transformée en avatar de principauté andorrane, c&#8217;est non. Radicalement.</p>
<p>Cette position n&#8217;est compréhensible, dans le chef de la N-VA, que par référence à un archéo-nationalisme flamand, celui qui ne se fonde pas sur une assise territoriale dans des frontières &laquo;&nbsp;sûres et reconnues&nbsp;&raquo;, mais sur des considérations purement ethniques. Dans cette conception, Bruxelles n&#8217;est plus un territoire autonome, comme les autres, mais un vague &laquo;&nbsp;comptoir colonial&nbsp;&raquo; commun aux deux nations dominantes.</p>
<p>Celles-ci, monsieur De Wever ne me contredira pas, n&#8217;ont pas jusqu&#8217;ici fait preuve de leur capacité à s&#8217;entendre. Alors, à supposer même que cela puisse ressembler à de saines conceptions démocratiques &#8211; ce qui n&#8217;est assurément pas le cas -, faire dépendre de leur entente la gestion d&#8217;une population de plus d&#8217;un million d&#8217;individus? <em>Nee, bedankt</em>.</p>
<p>Qu&#8217;en tant que capitale et en tant que ville-région, Bruxelles ait des caractéristiques qui la distinguent fondamentalement de la Flandre et de la Wallonie, on peut l&#8217;entendre. On peut même discuter sur les conséquences à en tirer quant à l&#8217;organisation de ce territoire et quant à l&#8217;aménagement de l&#8217;exercice de ces compétences. Mais l&#8217;en déposséder pour y installer un système qui ressemble plus encore à l&#8217;apartheid que celui qui prévaut aujourd&#8217;hui, c&#8217;est non. Radicalement non.</p>
<p>Et ce n&#8217;est pas un non linguistique. Les Bruxellois flamands n&#8217;en veulent pas plus que les francophones. Cette gaffe, c&#8217;est l&#8217;élucubration d&#8217;un <em>Sinjoor</em>, d&#8217;un Anversois qui, à 48 kilomètres d&#8217;ici, raisonne en chambre, d&#8217;une manière incohérente avec les principes démocratiques qu&#8217;il dit avoir intégrés dans son option nationaliste. C&#8217;est un signe qu&#8217;il reste à la N-VA du chemin à faire pour devenir un parti de gouvernement. Même à 25% des voix flamandes&#8230;</p>
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		<title>Cons de tout le pays, unissons-nous!</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Jun 2010 21:51:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[confédéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[institutions]]></category>
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Un éminent professeur retraité a un jour trouvé un bon mot. Il en use et en abuse depuis comme un cuisinier paresseux de ses fonds de sauce surgelés. &#171;&#160;Le confédéralisme, c&#8217;est le fédéralisme des cons&#171;&#160;. Un président de parti a enchaîné dans le même registre: &#171;&#160;Le confédéralisme? Un piège à cons&#171;&#160;. Par un heureux hasard <a href='http://blog.pickme.be/2010/06/02/cons-de-tout-le-pays-unissons-nous/'>[...]</a>]]></description>
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<p>Un éminent professeur retraité a un jour trouvé un bon mot. Il en use et en abuse depuis comme un cuisinier paresseux de ses fonds de sauce surgelés. &laquo;&nbsp;<em>Le confédéralisme, c&#8217;est le fédéralisme des cons</em>&laquo;&nbsp;. Un président de parti a enchaîné dans le même registre: &laquo;&nbsp;<em>Le confédéralisme? Un piège à cons</em>&laquo;&nbsp;. Par un heureux hasard qu&#8217;on n&#8217;explique pas, personne n&#8217;a encore répliqué, à ce niveau élevé atteint par la pensée politique, que &laquo;&nbsp;<em>C&#8217;est celui qui le dit qui l&#8217;est lui-même</em>&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ce débat terminologique est un peu stupide et tout-à-fait vain. Au sens strict, une confédération est une union d&#8217;Etats souverains; une fédération est un Etat composée d&#8217;entités fédérées qui lui abandonnent une part de leur souveraineté. Historiquement, les Unions d&#8217;Etats qui ont réussi sont devenues des Etats fédéraux. Comme les Etats-Unis ou la Suisse (la <em>Con</em>fédération Helvétique). D&#8217;autres se sont dissoutes, au moins provisoirement (la Confédération du Rhin, par exemple).</p>
<p>Mais dans la confédération comme dans le fédéralisme, l&#8217;intention est la même: il y est question d&#8217;<em>unir</em> des entités distinctes. L&#8217;essentiel n&#8217;est pas dans le préfixe (issu du latin <em>cum</em>, avec) mais dans la racine, qui dérive de <em>fœdus</em>, pacte.</p>
<p><span id="more-2343"></span></p>
<p>En ce sens, la Belgique n&#8217;est déjà pas vraiment <em>fédérale. </em>Dans sa forme actuelle, l&#8217;Etat belge n&#8217;est pas le résultat d&#8217;un processus d&#8217;agrégation, mais de dés-agrégation. Aux premiers stades de l&#8217;évolution, on ne le désignait d&#8217;ailleurs pas comme une démarche de <em>fédéralisation</em> mais, plus pudiquement et plus correctement, comme une <em>régionalisation</em> et une <em>communautarisation</em>.</p>
<p>La référence au confédéralisme, en Belgique, ne signifie finalement rien d&#8217;autre que l&#8217;aspîration à un modèle qui partirait de la base pour aller vers le centre, en vue de remplacer celui qu&#8217;on essaie sans succès de faire fonctionner depuis quarante ans et qui consiste à vider progressivement le centre pour en évacuer les problèmes vers les bases.</p>
<p>Nous sommes maintenant au bout de cette logique et nous avons échoué. Le système laborieusement bricolé par quatre générations de premiers ministres CVP (Gaston Eyskens, Léo Tindemans, Wilfried Martens et Jean-Luc Dehaene) est dans les choux. Il faut changer de méthode ou se résigner à une séparation chaotique.</p>
<p>Et cette méthode existe. Elle se trouve même en germe dans la Constitution. Dans son article 35, celle-ci dispose qu&#8217;une loi spéciale devrait énumérer les matières qui sont attribuées à l&#8217;Etat fédéral, ou à la Confédération. Tout le reste allant aux Communautés et aux Régions.</p>
<p>Il faudra tenter cette ultime expérience. Et le faire avec la participation de la plus grande partie possible des forces politiques qui sortiront des urnes. Car ce n&#8217;est pas la tâche d&#8217;un gouvernement, mais d&#8217;un congrès national, ou interfédéral. Comme en 1830-1831, finalement.</p>
<p>Chacun ira là avec sa vision de l&#8217;avenir, comme au sein de la première constituante, il y avait des &laquo;&nbsp;belgicains&nbsp;&raquo;, des francophiles et des orangistes. Il en sortira ce qui doit en sortir. Et d&#8217;ici quelques décennies, on avisera. Ou bien les Etats-Unis d&#8217;Europe seront devenus une vraie fédération, et peu importera que les anciens Belges y soient représentés par leurs régions devenues adultes, comme en rêve Bart De Wever, ou par un ensemble plus vaste; ou bien ce ne sera pas encore le cas et on aura mis en place une dynamique centripète cette fois, laissant la porte ouverte à la refondation d&#8217;une autre Belgique, celle des Etats belgiques unis, selon ce que commanderont les circonstances.</p>
<p>Il me semble que cela vaut la peine de rassembler dans un tel effort tous les &laquo;&nbsp;cons&nbsp;&raquo; de Belgique. Je veux bien en être.</p>
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		<title>Sur la Belgique &#8211; Over België</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/05/29/sur-la-belgique-over-belgie/</link>
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		<pubDate>Sat, 29 May 2010 21:44:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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Forcément, ça m&#8217;a fait plaisir que Le Soir et De Standaard me demandent mon avis sur la Belgique. Ça m&#8217;a touché qu&#8217;on me reprenne parmi les 50 Belges qu&#8217;il valait la peine d&#8217;interroger sur le sujet. Fatuité? Peut-être. Mais j&#8217;assume. Voici mes réponses. In beide voornaamste landstalen want er komen hier 20 tot 25 procent <a href='http://blog.pickme.be/2010/05/29/sur-la-belgique-over-belgie/'>[...]</a>]]></description>
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<p>Forcément, ça m&#8217;a fait plaisir que <em>Le Soir</em> et <em>De Standaard</em> me demandent mon avis sur la Belgique. Ça m&#8217;a touché qu&#8217;on me reprenne parmi les 50 Belges qu&#8217;il valait la peine d&#8217;interroger sur le sujet. Fatuité? Peut-être. Mais j&#8217;assume. Voici mes réponses. <em>In beide voornaamste landstalen want er komen hier 20 tot 25 procent Vlaamse lezers.</em></p>
<ul>
<li><strong>Que voulez-vous en tant que francophone? Qu&#8217;est-ce que ça représente pour vous, la Belgique? / <em>Voelt u zich Franstalige en wat wilt u als Franstalige?</em></strong></li>
</ul>
<p>Je souhaite ce que peut souhaiter n’importe quel habitant du pays, francophone ou autre : des institutions qui fonctionnent enfin de manière satisfaisante. Je crois que cela impose de considérer qu’il est temps de reconstruire quelque chose d’audacieusement neuf, en décidant cette fois de ce qu’on veut vraiment faire ensemble, dans un espace public peut-être réduit, mais vraiment commun.</p>
<p><em>Ik wil wat elke inwoner van dit land wilt, Franstalig of niet: instellingen die eindelijk behoorlijk werken. Waarschijnlijk veronderstel dat een gedurfde, totaal nieuwe constructie. We moeten deze keer beslissen wat we werkelijk samen willen doen. In een openbare ruimte die misschien kleiner, maar wel echt gemeenschappelijk is.</em></p>
<p><em><span id="more-2316"></span></em></p>
<ul>
<li><strong>Estimez-vous qu&#8217;il serait dommage que la Belgique n&#8217;existe plus? Pourquoi? </strong><em><strong>/ Zou u het erg vinden als België niet meer bestond?</strong></em></li>
</ul>
<p>Mais la Belgique n’existe déjà pratiquement plus ! Et d’un point de vue strictement rationnel, je trouve cela dommage parce que personne ne peut soutenir honnêtement qu’il s’en trouve mieux. Cela étant, Flamands et francophones resteront toujours voisins, même si la Belgique s’évapore complètement. Il est donc raisonnable de chercher à s’entendre sur nos intérêts partagés. C’est même la base de la civilisation.</p>
<p><em>Maar België bestaat al bijna niet meer! Rationeel vind ik dat jammer, want je kunt niet eerlijk beweren dat er iets beters bestaat. Anderzijds zullen de Vlamingen en de Franstaligen altijd buren blijven, zelfs als België totaal verdampt.</em></p>
<p><em>Het is dus verstandig dat we het eens worden over onze gezamenlijke belangen. Dat is niets anders dan de basis van de beschaving.</em></p>
<ul>
<li><strong>Comment améliorer l&#8217;image des francophones? / <em>Hoe zou u de imago van uw eigen taalgemeenschap verbeteren?</em></strong></li>
</ul>
<p>En nous exerçant à l’empathie. C’est-à-dire en nous efforçant honnêtement de comprendre les préoccupations et la logique de l’autre. Après, on peut commencer à débattre en connaissance de cause.</p>
<p><em>Door empathisch te worden. Met andere woorden door een eerlijke inspanning te leveren om de problemen en de logica van de ander te begrijpen. Pas dan kun je met kennis van zaken een debat beginnen.</em></p>
<ul>
<li><strong>Dans toute l&#8217;histoire de la pop, quelle chanson représente pour vous le mieux ceux de l&#8217;autre communauté? / <em>Welke popsong zou volgens u een goed volkslied zijn voor de andere taalgemeenschap?</em></strong></li>
</ul>
<p>Peut-être &laquo;&nbsp;Afscheid van een vriend&nbsp;&raquo;, de Clouseau, au Sportpaleis d’Anvers en 2002. C’est une belle émotion populaire. Il y a une vidéo sur YouTube. Regardez, vous comprendrez.</p>
<p><a href="http://blog.pickme.be/2010/05/29/sur-la-belgique-over-belgie/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><em>Misschien &#8216;Afscheid van een vriend&#8217;, van Clouseau, in het Antwerps Sportpaleis in 2002. Dat was een mooie volkse emotie. Er staat een video op YouTube. Kijk maar, dan begrijp je het.</em></p>
<ul>
<li><strong>Pour qui allez-vous voter ? / Op wie gaat u stemmen?</strong></li>
</ul>
<p>Je n’aurai pas peur de le dire quand je me serai décidé mais franchement, je n’en sais encore rien. Comme je vote à Bruxelles, je me trouverai de préférence un ou une francophone dans une chambre et un ou une néerlandophone dans l’autre.</p>
<p><em>Ik wil best voor mijn keuze uitkomen, maar eerlijk gezegd weet ik het nog niet. Ik stem in Brussel en dus stem ik waarschijnlijk op een Franstalige voor de ene kamer  en op een Nederlandstalige voor de andere.</em></p>
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