Le hasard souvent fait bien les choses. Il les concentre en fait, et fait mine ainsi de nous adresser des petits signes d’amitié qui nous font du bien. Tenez, en rentrant ce midi d’un déjeûner avec mon cousin Eric, le fils de Guy, mon parrain – pourquoi avons-nous attendu si longtemps pour nous retrouver? Mais ce n’en est que meilleur! – un courriel d’Arnaud m’attendait dans ma boîte Outlook. Comme une introduction à Brest 2008, le fabuleux rassemblement des vieux gréements – j’y serai en juillet. Ici, sur la photo, c’est Oostende voor Anker. L’Earl of Pembroke capturé par Arnaud, affichant nos trois vieilles couleurs pâlissantes en pavillon de courtoisie…
Hier soir, c’est François qui avait attiré mon regard, depuis Belle Ile en Mer, avec le portrait d’une bien appétissante araignée dont quelques cousines nous attendent, Gaïd et moi, début juillet dans la presqu’île de Crozon. Sentimental comme je peux l’être, je lui ai adressé en commentaires quelques lignes qui semblent lui avoir fait plaisir. Je ne vous les montre pas par autosatisfaction, mais parce qu’elles illustrent, je pense, comment on peut aimer un pays qui n’est pas le sien. Ou plutôt comment, peut-être, on peut aimer plusieurs pays, et d’une certaine façon en être, sans pourtant y être né, sans en être citoyen, ni même seulement résident.
Je ne renie aucunement mes origines – je suis Bruxellois – et ma langue – le français – est ma patrie. Mais je m’empare résolument du droit d’en aimer d’autres aussi et de me sentir résolument plus proche d’un Persan cultivé que d’un francophone borné. Aussi, quand surviennent des différends entre coalitions d’humains, quelles que soient la nature de celle-ci, il m’intéresse plus de contribuer à les aplanir dans l’intérêt commun que de prendre parti. Je suis fait comme ça, je n’y peux rien c’est mon choix, et n’ai d’ailleurs aucune envie d’y changer quoi que ce soit.
Dans le commentaire que j’ai laissé à François, la citation entre guillemets est tirée d’une chanson de Soldat Louis, une bande de Bretons joyeusement anarchistes et guindailleurs qui ne s’illustrent pas seulement par des chansons à boire (« Du rhum, des femmes… »), mais par des textes qui me remuent les tripes, comme « Pavillon Noir » ou « C’est un Pays« , précisément, que j’ai trouvé sur You Tube et que je vous offre en conclusion de ce billet un peu atypique, dont vous excuserez j’espère, la tonalité très personnelle.
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