Il sera toujours temps, demain, d’analyser le déroulement et les retombées de la « marche pour l’unité » qui se aura lieu à Bruxelles, ce dimanche. Pour le moment, je retiens simplement qu’en râlant, un soir dans son salon, à Liège, Marie-Claire Houard a commencé par démontrer toute la puissance (et probablement aussi les risques) de ce que j’appelle « la nouvelle communication ».
Car ce qui restera en tout cas de la démarche de Marie-Claire, quoiqu’il arrive demain, c’est la démonstration concrète qu’au fond, il ne faut pas plus de moyens qu’un simple ordinateur familial et une bête connection internet (deux armes ultra-puissantes et en vente libre) pour mobiliser les foules. Et le vouloir.
Le cas est exceptionnel, sans doute. Pour une Marie-Claire, combien de Fernand et de Germaine ne rament-ils pas pour recruter quelques lecteurs distraits sur leurs blogs? Combien de messages laissés sur les forums ne se perdent-ils pas dans l’invraisemblable cohue numérique? Combien de sites web inutiles ou importuns?
Certes.
Mais quand même.
Malgré mon double intérêt pour la chose (politique et « communicationnel »), je n’y avais pas trop prêté attention jusqu’à ce que je comprenne que Marie-Claire est vraiment une honnête citoyenne, apolitique, qui a considéré, un jour, à tort ou à raison, qu’il lui fallait faire quelque chose. Et elle a lancé sa pétition, comme vous pourriez tous le faire, sur un site expérimental où on en trouve de comiques. Comme ce plaidoyer « pour bannir la feuille de vigne« , ou cet autre « pour la banalisation des hommes en jupe« …
Inutile de vous dire que ces rigolos n’ont jusqu’ici recueilli que sept signatures pour l’un et… une pour l’autre. Mais Marie-Claire, elle, elle fait plus de 100.000 « voix ». Et à partir de là, de fil en aiguille, on en arrive à la manchette du « Soir » d’aujourd’hui et à tout un édito de Luc Delfosse, sans parler de France-Info, de Libé ou de la télé du Qatar… Et sans préjuger de ce qui va se passer demain et de ce qu’on en dira lundi.
Pour en arriver là, il n’aura fallu à Marie-Claire que ses deux flingues (un pc, une connexion) et sa rencontre avec un sentiment partagé par un nombre suffisant de ses semblables.
Je dis que c’est un bouleversement majeur dans le monde de la communication. Il y a dix ans, jamais une Marie-Claire, toute seule au départ, n’aurait pu arriver à cela. Je dis aussi, pour ce qui m’intéresse en termes professionnels, qu’il serait insensé de ne pas apprendre à utiliser ces armes de manière responsable quand on a quelque chose à défendre, que ce soit une idée, un concept ou un produit.
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