Tant pour faire jouer un effet de levier que pour se prémunir contre toute mauvaise surprise, Ecolo et cdH ont maintenant intérêt à s’encorder l’un avec l’autre. Ne cherchez pas ailleurs la raison pour laquelle Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant ont annoncé une rencontre avec les humanistes ce mardi, pour donner le coup d’envoi des « consultations » préalables à la formation des gouvernements régionaux et communautaires.

En faisant les comptes en effet, on s’aperçoit qu’en région wallonne, le PS est arithmétiquement en mesure de former une majorité à deux avec n’importe lequel des trois autres partis, et que la seule menace pour lui réside dans l’alliance de ces trois partis pour l’écarter du pouvoir. Une majorité absolue mise à part, on ne peut pas rêver mieux.

A Bruxelles, côté francophone, c’est un peu plus compliqué car le MR domine beaucoup moins nettement la situation que le PS en Wallonie.

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Il joue gros, Elio Di Rupo. Il joue sa tête, en fait. Pas directement dans les urnes, sans doute, mais quand même: si le verdict est trop défavorable, ce sera l’opposition, pour cinq ans au moins. Et quoi qu’en dise leur président, les socialistes wallons n’aiment pas ça, l’opposition. Ils sont donc bien capables de le guillotiner symboliquement leur président, sur la grand-place de Mons, si les élections de dimanche les y conduisent, sur les bancs de l’opposition.

Alors la question, c’était de savoir comment il gère ça dans la campagne, Don Elio. Sur le coup, on s’est tous dit, autour de la table – Frédéric, Alain, Louis et moi – qu’il s’était plutôt bien débrouillé dans le « Face aux Belges ». Avec de ma part, cette réserve qu’une fois de plus, comme avec Reynders, se sentait trop fort cette volonté d’asséner à tout prix les quelques phrases-clé concoctées par l’équipe de com. Et cette façon exaspérante qui en découle, de répondre aux questions qui ne sont pas posées, comme de ne pas répondre à celles qui le sont effectivement.

Mais la conclusion, en fin de soirée après les sandwichs et un p’tit vin blanc, c’est finalement qu’on le voyait si mal pris, au départ, qu’on l’a trouvé plutôt bon sur le coup, le président du PS. Compte tenu des circonstances…Mais dans l’absolu, quel est kle retour qu’il obtiendra sur son investissement personnel? Réponse à la sortie des urnes, bien sûr.

Ce soir, on les retrouve une dernière fois tous les quatre. Et puis on ira voter… pour l’un d’entre eux ou pour un autre. Parce que, faudrait quand même pas l’oublier, il n’y a pas que quatre partis, dans cette campagne.

pro-bruxsel.jpgPour les élections régionales du 7 juin, il y a un nouveau petit parti qui dit exactement la même chose en français et en néerlandais et qui souhaite se présenter à tous les électeurs bruxellois, quelle que soit la langue qu’ils parlent de préférence ou de naissance. Et bien ça peut pas! Te faut choisir, ket. T’es Flamand ou t’es Wallon – allez: francophone, – mais Bruxellois ça va pas, même si t’es né dans la Marolle…

C’est donc ProBruxsel qui voulait présenter deux listes portant le même nom, une dans chacun des deux collèges électoraux, le « F » et le « N ». Ils avaient tout juste, croyaient-ils. En se pinçant le nez, ils avaient scrupuleusement joué le jeu de l’apartheid électoral, toujours  bien vigoureux dans la capitale de l’Europe: une liste francophone, avec des candidats et des signatures d’électeurs pour la soutenir, et une liste flamande, avec des kandidaten et des handtekeningen du nombre requis de kiezers pour la présenter.

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On trouve évidemment du thé dans n’importe quelle grande surface. Pas forcément seulement ces immondes petits sachets remplis d’une poudre qui ne procurent une boisson plus ou moins buvable qu’avec l’apport d’une rondelle de citron et d’un ou deux morceaux de sucre. Il y a des marques parfaitement respectables, si l’on en reste aux grands classiques du genre Earl Grey (thé parfumé à la bergamote). Pour le véritable amateur toutefois, rien de tel que le vrac. Ce qui suppose le recours à un commerçant spécialisé, comme on en trouve heureusement de plus en plus.

Personnellement, j’ai mes habitudes à la 7e Tasse, rue du Bailli à Ixelles. Et de temps en temps au Palais des Thés, à la Vieille Halle aux Blés, dans le centre. Hier soir, j’ai eu envie d’explorer les autres ressouces bruxelloises et, tant qu’à faire, j’en ai tiré un petit mashup que je vous offre ici:
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A la réflexion, je me dis que ce serait peut-être une bonne idée d’enrichir progressivement cette petite base de données en échangeant avec vous sur le sujet. Si vous aussi vous aimez le thé, bien sûr!

Jean-Claude DefosséTrop bavard comme il peut souvent l’être, Josy Dubié annonçait l’autre jour à Mehmet Koksal, qui y faisait écho sur Twitter, qu’il ne briguerait plus de fonction élective (« C’est trop tard pour moi« ), mais que le 31 mars, il y aurait « une grosse surprise chez Ecolo ».

Ne cherchez pas trop loin qui sera la surprise: selon mes informations, qui viennent de plusieurs sources mais n’ont pas encore été confirmées par l’intéressé lui-même (je blogue pour mon plaisir, les amis, si vous voulez du vrai travail de pro bien recoupé, c’est possible mais c’est plus cher…), cette surprise s’appelle Jean-Claude, le petit frère de Josy, qui « poussera » la liste écologiste pour le parlement bruxellois, le 7 juin.

Jean-Claude? Oui, oui: Defossé (l’actuel homme-sandwich de Question à la Une, après avoir été le génial découvreur des travaux inutiles). Retraité lui aussi, d’ailleurs. Ce que j’ignore encore, c’est s’il pourra utiliser son pseudo sur les bulletins de vote ou s’il devra se présenter sous son vrai patronyme, Dubié. Quoiqu’il en soit, cela ne changera probablement pas nos vies, mais voilà donc un petit scoop: Jean-Claude posera désormais ses questions dans les urnes…

[MàJ 18/3/09 - 12:30] La question du jour, à la RTBF: Jean-Claude or not Jean-Claude pour la présentation de Questions à la Une, ce soir après le JT? A moins de trois mois des élections, on est en « période suspecte » et les règles sont les règles…

[18:55] Voici déjà la réponse à la question précédente: JCD sera bien à l’antenne, ce soir. Je vais vous dire: personnellement, ça me laisse froid, et je ne pense pas qu’on puisse dire dans quel sens cela pourrait influencer le vote des électeurs, ni même si c’est susceptible d’avoir une quelconque influence… Mais je pense qu’il était utile de provoquer la petite discussion, comme je l’ai fait: la transparence, ça ne fait jamais de tort, en démocratie. Pas vrai, Jean-Claude?

J’ai publié ce matin dans Le Soir une chronique qui m’a valu, de la part de francophones wallons et bruxellois pur sang, un nombre inhabituel d’encouragements discrets. Comme si j’avais dit tout haut ce que de plus en plus de monde ose à peine penser tout bas. Que Bruxelles n’a pas vocation à ne réserver ses faveurs qu’à une seule des autres entités fédérées, la Wallonie en l’occurrence, que la capitale ferait mieux de s’inspirer de la sage attitude de la communauté germanophone: s’occuper de ses affaires et vivre en harmonie avec ses partenaires.

Dans l’Etat bipolaire qui est le nôtre, c’est pourtant devenu un dogme: Bruxelles est francophone et doit donc faire la paire avec la Wallonie, contre la Flandre. Je respecte ceux qui pensent de la sorte, mais je crois qu’ils se trompent gravement. Je ne soutiens évidemment pas qu’il ne peut y avoir une solidarité culturelle ou linguistique, voire à certains égards politique, entre francophones bruxellois et wallons, au contraire, mais je prétends que faire de celle-ci le critère décisif et unique du débat politique belgo-belge est contre-productif à tous points de vue.

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Ce week-end, j’avais pensé consacrer ma chronique du Soir à Bruxelles. Parce qu’elle est occupée à changer, ma ville, et ses citoyens avec elle. Il n’y est plus obscène de se référer à une spécificité – qui n’est pas une « insularité » – bruxelloise transcendant les appartenances linguistiques, « communautaires » ou « nationales ». Cela fait moins de Flamands et de francophones bruxellois, ils doivent faire place à une nouvelle génération de vrais Bruxellois, echte Brusseleirs, francophones, néerlandophones ou allophones…

J’y reviendrai. Mais j’ai changé d’idée parce que cette chronique, je devais l’écrire dès dimanche. Pas le temps, aujourd’hui, sinon de la relire. Et je ne savais toujours pas, à ce moment, ce qu’allait décider le MR: le FDF Gosuin ou le libéral De Decker (Armand bien sûr, pas Jean-Marie!), pour emmener la liste, aux régionales de juin.

C’est donc De Decker. C’est plus qu’une anecdote. En faisant le choix du fringant sexagénaire qui préside actuellement le Sénat, Didier Reynders prend évidemment le risque de se fâcher avec son allié FDF, mais il envoie aussi un signal de retenue à ses partenaires flamands de la coalition fédérale et, surtout, il « ringardise » un peu plus un parti qui, à mes yeux, a fait son temps, comme la stratégie de la tension perpétuelle qu’il promeut.

Finalement, cette tête de liste, c’est peut-être le premier signe tangible de dégel, qu’on attend depuis le 10 juin 2007… A plus tard pour poursuivre et compléter cette analyse, avec vos commentaires évidemment.

[Mise à jour 18:27] … mais ce n’est manifestement pas la lecture que fait le ministre-président Kris Peeters: si Reynders annonce dans la foulée que rien ne serait voté de la réforme institutionnelle avant les élections de juin, il n’y a pas lieu de poursuivre le dialogue communautaire, a-t-il déclaré sur Radio Eén. La campagne pour les régionales de juin a vraiment démarré. Il n’y a personne pour siffler la fin de la récré, dans le bac à sable?

J’ai longtemps été un chaud partisan d’un fédéralisme belge fondé sur deux types d’entités fédérées: les régions et les communautés. Les premières me paraissaient avoir une vocation naturelle à gérer tout ce qui a trait à l’espace, donc à des territoires: l’économie, l’environnement, la mobilité… Les secondes à s’occuper de ce qui concerne les personnes dans leur identité: la culture, l’enseignement, les matières qu’ici on appelle gentiment « personnalisables ».

Une construction complexe comme celle-là me paraissait avoir l’avantage d’alléger la charge émotionnelle des nouvelles entités, de leur ôter une partie de leur venin nationaliste et de permettre de résoudre quelques questions qui n’ont pas fini de nous empoisonner l’existence. Les communes de la périphérie bruxelloise, par exemple.

Intellectuellement, le principe me paraît rester valide. De Linkebeek à Jérusalem Est en passant par la Bosnie, il est clair que si les collectivités politiques doivent être omnicompétentes et souveraines à l’intérieur de leurs frontières, on aura toujours un problème avec les territoires à populations mélangées, avec les questions des minorités et avec la délimitation des aires territoriales. Tandis que si, dans le cadre belge par exemple, les institutions communautaires pouvaient être compétentes sur tout le territoire national, mais uniquement pour les personnes et pour les institutions qui en relèvent, la question des frontières deviendrait largement irrelevante.

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Regardez et écoutez: dans son « Fireside Chat » du vendredi, le ministre-président flobecquois (c’est comme ça qu’on dit?) de la Région wallonne (né à Ronse – Renaix quand même, c’est un Flamand géographique, en fait) entend célébrer le 20e anniversaire de la région de Bruxelles-Capitale.

Et il le fait à l’attention apparemment exclusive « des Wallons qui ont choisi de s’installer dans la Région bruxelloise, des Flamands qui y vivent et de tous ceux qui ont été accueillis par ce pays hospitalier ». Punt, aan de lijn.  Et les Bruxellois qui, comme moi,  sont nés à Bruxelles de parents nés à Bruxelles, ket? Ils peuvent aller se faire foutre?

Si vous ne me croyez pas, regardez donc les trente premières secondes du clip de ce ce peï. Et écoutez surtout. Le reste, vous pouvez laisser tomber. C’est pas Obama

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On en fait des gorges chaudes, dans les coulisses de Bruxelles, de la participation du pétaradant sénateur MR, Alain Destexhe, à la prochaine présentation des priorités de Lidé pour la région-capitale. Cela se passe samedi matin, à la Fondation universitaire.

Et pourtant, il n’y aurait pas de quoi. Destexhe a poliment demandé l’autorisation de participer à son président, et celui-ci la lui a donnée. Lundi, Didier Reynders a sobrement informé le bureau du MR, de la chose.

Ne rêvez donc pas à une liste bruxelloise de Lidé emmenée par le picador d’Auderghem. Envisagez plutôt un ralliement du patron de Lidé au MR, pour un siège, quoi? Wallon? Bruxellois? Pariez plutôt pour l’Europe. Pas seulement parce que deux fonctionnaires européens s’affichent à la présentation des priorités bruxelloises de Lidé. Mais parce que personne n’imagine sérieusement ajouter Rudy Aernoudt à la fameuse trilogie MR – FDF – MCC.

Pas sûr cependant que tout le monde trouve ça génial, dans la grande maison bleue délicatement soutachée d’amarante. Rudy Aernoudt n’y compte pas que des amis, loin de là. En clair, il y en a qui accusent Aernoudt de n’avoir pas toujours eu des comportements en phase avec les idées qu’il avance, quand il fréquentait les cabinets wallons. Moi, je n’en sais pas plus, et tant qu’il en sera ainsi, je me tairai là-dessus.

Cela étant, point de vue contenu, les idées de Lidé pour Bruxelles ne me paraissent pas forcément stupides. Pour ce qui me concerne – mais vous me connaissez -, j’apprécie même assez que, du point de vue institutionnel, elles tranchent nettement avec l’obstination bornée que met le « front francophone » à défendre des revendications millénaristes et hors de propos de combattants perdus du Pacifique (ces fantassins japonais qu’on retrouvait de temps à autre dans un bout de jungle ou sur un îlot oublié, des années après la fin de la guerre).

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