C’est Thomas Mann, je crois, qui a écrit en parlant de Venise qu’y arriver autrement qu’en bateau, c’était comme entrer dans un palais par la porte de service. C’est vrai de tous les ports, je crois. Même de Brest, aujourd’hui laide à faire peur sous certains aspects et en certains endroits, mais si bourrée de charme océanique que même ses plaies les plus mal cicatrisées en deviennent des attraits.

En sus, depuis Le Fret, de l’autre côté de la rade, il y en a pour trois quarts d’heure à une heure en voiture. Et pour 40 minutes maxi par la mer, avec les vedettes de la compagnie Penn-Ar-Bed. Qui en des jours comme ceux-ci, vous offrent en prime l’occasion d’approcher les vieux gréements en pleine action. Et on a beau dire: pour admirer un bateau, on n’a encore rien trouvé de mieux que de le croiser sur l’eau, le nez au vent, toutes voiles déployées…

Quelques rencontres, ce mardi:

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Le Zuiderzee vient des Pays-Bas, comme l’indiquent son nom et son pavillon. C’est une goélette qui, dans sa configuration de base, est un bateau à deux mâts dont le premier est plus petit ou au plus égal au second (sinon, c’est un ketch) et qui sont tous les deux équipés de voiles auriques (elles sont dans l’axe du bateau et ont la forme de trapèzes irréguliers).

Il y a bien entendu de multiples variantes, dont celles-ci:

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… avec à droite et à l’avant-plan, une goélette à hunier (les deux voiles carrées en haut du mât de misaine) et à gauche, une goélette à trois-mâts (because les voiles auriques), à ne pas confondre avec le trois-mâts goélette, qui a des voiles carrées au mât de misaine.

Voici enfin un trois-mâts barque britannique (l’Union Jack qu’il arbore fièrement en atteste), qui se distingue du trois-mâts carré par la voile axiale, la brigantine, enverguée sur le mât d’artimon, à l’arrière du navire:

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Mais bon. On en reste là? Plus de bateaux, si vous le souhaitez, sur mon compte Flickr, album Brest 2008, ou mieux encore, dans le groupe Brest 2008 qui m’a gentiment invité à le rejoindre.

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J’aurais voulu publier ces quelques notes en live, comme un travel blog. Mais il n’y avait pas de connection, dans la petite maison que nous avons louée pour huit jours, au Fret, en face de Brest. Je vous les distille donc a posteriori, à la date d’origine, après relecture et choix des illustrations et des liens.

11-12 juillet

De Bruxelles à la pointe de la Bretagne, en passant par Amiens, Le Havre et Caen, il n’y a plus guère qu’une dizaine d’heures de route, en respectant les limitations de vitesse. Mais la Bretagne se mérite, elle se respecte : en y entrant, on fait sa révérence, on se présente. Une étape à Cancale donc, aux marches du palais. Chez la Mère Champlain, il ne reste qu’une belle chambre et elle est chère. Mais le ciel est bas et chagrin, on a envie de vous garder et on vous la propose, avec le sourire, au tarif de basse saison. Comment dire encore non ?

La basse saison, au demeurant, c’est ma préférée, pas seulement pour les prix. J’aime ce pays sous un ciel qui chiale, balayé par un vent de noroît. Vision crépusculaire de la basse mer hantée par les « plates » échouées des ostréiculteurs, grands bienfaiteurs de cette partie gourmande de l’humanité dont je fais partie.

Surtout, il y a ces senteurs marines, huîtres et goémon confondus, et cet air vif et tendre à la fois qui vous enveloppe et s’insinue en vous comme une vague thermale. Vous êtes en Bretagne. Au matin, sur le petit port qui s’éveille doucement dans une ambiance de café crème et de croissant au beurre, la pipe au bec, vous faites au tabac du quai Dugay-Trouin l’emplette de Ouest-France, prononcez où est c’te France ? comme le faisait p’tit Louis mon beau-père, le papa de Gaïd, qui fut officier marinier dans la Royale et dont le sabre d’apparat, précieuse relique, reste désormais de bienveillante faction sur le manteau de notre cheminée.

C’est le moment de prendre sa respiration, de la ramener sous son contrôle, et de laisser filer tous le reste : les horaires, les agendas, les contraintes… C’est banal ? Oui. Mais c’est une définition des vacances qui me convient bien, comme une inversion du pas de l’hélice : on s’occupe de ce qui est automatique en temps « normal », et on abandonne aux hasards ce dont on s’occupait jusque là.

A demain.

Je pars pour quelques jours au bout du monde, au Finistère pour tout vous dire, Penn-Ar-Bed en breton. Avec Gaïd, nous avons loué une petite maison sur la rade de Brest, au bord de l’eau. Je ne sais pas si je trouverai une connection là-bas mais si c’est le cas, je me mettrai en mode travel-blog pour vous parler de bateaux, des vieux gréements de Brest 2008, que je compte observer depuis le rivage, à la pointe des Espagnols, par exemple…

Et si ce n’est pas le cas, je rédigerai quand même mes petits billets que je vous livrerai à mon retour le 21 juillet. Tiens: c’est pas la fête nationale, ça? Gardez-moi donc le pays au chaud d’ici là, et pas d’imprudences avec les allumettes!

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