La décision de la présidente du tribunal de commerce de Bruxelles siégeant en référé dans l’affaire Fortis, la voici en version intégrale, sur le site de Fortis qui, pour une fois, a pris à coeur l’information de ses actionnaires et des simples citoyens… Elle commence à la page 106 du document, celles qui précèdent étant consacrées à l’énumération des nombreuses parties à la cause.
Au-delà du jargon juridique, le cas est finalement assez simple à comprendre: sans prendre position sur le fond (ce n’était pas son rôle) la présidente a considéré que si elle faisait droit à la demande des actionnaires, elle risquait d’infliger à Fortis Banque et à l’économie belge un préjudice bien plus grave que celui qui est subi par lesdits actionnaires et qui, étant de nature pécuniaire, pourra toujours faire l’objet d’une indemnisation ultérieure.
Il n’y a donc lieu, ni de s’indigner de cette décision, ni d’y trouver une quelconque « approbation » de la stratégie du gouvernement belge.
Ce qui n’empêche toutefois pas de constater qu’un peu plus d’un quart de siècle après les dispositions (dites: « Monory – De Clercq ») qui ont rendu aux épargnants un peu de confiance dans la bourse belge, l’actionnaire est redevenu, dans une partie de l’inconscient collectif, le « sale capitaliste » ou le « vil spéculateur » qui ne mérite aucune considération. Et au mieux, dans cette affaire, selon le premier ministre: un connard qui n’a même pas été foutu de s’opposer au calamiteux rachat d’ABN-Amro par Fortis…
Au fond, ce que dit implicitement ce gouvernement à ses administrés, c’est de ne surtout plus investir dans le capital des entreprises belges, il faut laisser ça aux spécialistes, s’il en reste. Dans quelques années d’ici, un de ses successeurs tentera probablement de redresser la barre et de restaurer la confiance, quand il apparaîtra que les entreprises belges ont à nouveau si peu de fonds propres que leur solvabilité s’en trouve menacée…
Je propose pour ma part une petite minute de silence en hommage aux millions d’innocents « actionnaires-inconnus » (et inconscients), acheteurs de fonds d’épargne-pension largement investis en actions belges (voyez par exemple celui-ci)…


Pour célébrer dignement ce 1er Mai 2008 et le 40e anniversaire du XXIe siècle – les siècles ne commencent et ne finissent jamais à la date prévue, c’est bien connu – voici l’affichette imaginée par
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