Cela fait quelques jours maintenant que je ne vous ai plus parlé de politique. Et pour cause: il n’y avait rien à dire! Et c’est mon petit privilège de blogueur, de ne rien dire quand il n’y a rien à dire…
J’y reviens aujourd’hui, prudemment, à l’approche de la fin de la mission d’informateur de Bart De Wever. Dont rien ne permet de dire encore si elle sera un échec, ou une réussite comme je l’espère. Cela ne dépend d’ailleurs plus de lui. Mais du PS. Et de sa capacité à assumer sa position de leader en communauté française.
Tout indique en effet que, comme il se doit, De Wever est prêt à « se mouiller » sur une ébauche de projet gouvernemental, et qu’il demande à Di Rupo d’en faire autant. C’est une démarche à la fois « confédérale » et volontariste: la formation d’un nouveau cabinet incombe manifestement à la paire a priori improbable que constituent, ensemble, la N-VA et le PS.
On sent bien que les socialistes hésitent, font la coquette. En tergiversant d’une part sur le partenaire à embarquer dans l’équipe – MR ou Ecolo? – mais aussi et peut-être surtout par crainte de se jeter à l’eau.
On entend dire ainsi que pour le PS, il est bien difficile de s’engager sans le faire d’emblée avec tous les partenaires.
Si les socialistes s’en tiennent là, l’enlisement, comme en 2007, est probable, sinon certain. On retournerait alors à la « conférence intergouvernementale », bloc contre bloc, front contre front.
Personne n’attend évidemment de la N-VA et du PS qu’ils présentent aux partenaires qu’ils inviteront à la table, un programme gouvernemental à prendre ou à laisser. Mais il est indispensable qu’ils leur proposent une feuille de route sur laquelle ils sont d’accord, des principes de base autour desquels pourra s’articuler la négociation.
Et ça, ce serait nouveau. Ce ne serait plus un parti flamand qui dirigerait la manœuvre, comme au temps du CVP et de ses hommes « providentiels », mais une « association bicommunautaire momentanée » constituée par les deux partis dominants, liés l’un à l’autre pour faire aboutir un projet qu’ils auraient esquissé.
Ce serait un pari. Risqué. Mais inéluctable, sous peine de continuer à dévaler la pente qui conduit au chaos. On saura dans les heures qui viennent si de Wever et Di Rupo, et donc leurs partis avec eux, avaient bien la carrure pour entreprendre cette démarche.

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