En Arles, sur la place Nina Berberova près du Rhône, vous trouverez le siège social et la librairie d’Actes Sud, la belle maison d’édition fondée il y a plus de trente ans par Hubert Nyssen et Jean-Philippe Gautier. C’est un lieu inspiré comme je les aime. Délaissant les tables centrales où s’affichaient comme partout les candidats de la rentrée littéraire, j’ai vagabondé dans les rayons périphériques à la recherche des perles rares qui y foisonnent.
J’en suis notamment revenu avec les Œuvres complètes d’Albert Londres, parues chez Arléa en 2007. C’est une compilation des reportages que cet immense journaliste a republiés comme des livres, après qu’ils aient paru dans les journaux qu’il a fréquentés, et souvent quittés en claquant la porte. Comme Le Quotidien qui lui reprocha une « ligne » trop peu enthousiaste sur l’occupation de la Ruhr, en 1923, par les troupes françaises et qu’il honora de cette réplique grandiose que tout journaliste bien né devrait connaître par cœur et être capable de faire sienne quand le commandent les circonstances:
« Messieurs, vous apprendrez à vos dépens qu’un reporter ne connaît qu’une seule ligne:celle du chemin de fer!«
J’en ai pour des mois à déguster ça.
Je compte bien m’offrir aussi la biographie que Pierre Assouline a consacré à ce monument, quitte à me sentir tout petit devant la statue d’un vrai grand journaliste.

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