La question, j’en conviens, est absurde. Mais ça ne m’a pas arrêté et je me la suis posée. On ne cessera probablement jamais de se demander ce qui serait arrivé si le nez de Cléopâtre avait été plus court et moins joli, ou si certain petit caporal avait été reçu à l’académie des Beaux-Arts de Vienne. Et donc: Albert Londres deviendrait-il l’immense reporter qu’il a été s’il avait retardé sa naissance à Vichy d’un petit siècle, 1984 au lieu de 1884?

Aujourd’hui, en 2012, on n’en saurait encore rien. En 1912, Londres chassait la rumeur dans les couloirs du parlement français et écrivait de la poésie. Il n’a vraiment commencé sa carrière qu’en 14, lorsqu’il est monté sur un vélo pour aller voir les obus allemands tomber sur la cathédrale de Reims. Et sa vraie renommée commencera au tournant des années 20. Y aura-t-il encore, en 2020, des journaux pour financer le voyage d’un Londres (ou d’un Kessel) en Chine, en Russie ou à Cayenne?

Aujourd’hui déjà, ils ne sont plus que des exceptions, de plus en plus rares. Il y a de moins en moins de grands reporters salariés. C’est trop cher et cela semble devenu moins nécessaire: avec Twitter, on fait désormais plus ample moisson de choses vues dans n’importe quel recoin de la planète qu’en lisant son journal. Ce qui n’empêche que le regard de Londres et de ses congénères, et leur éthique aussi, nous manquent, parce que Twitter parle de tout mais ne dit pas tout. En 23, au retour de la Ruhr occupée, son rédacteur-en-chef lui a reproché de n’être pas « dans la ligne » avec sa relation du mécontentement de la population allemande. Superbe, il a répondu en claquant la porte qu’un vrai journaliste ne connaissait qu’une seule « ligne »: la ligne du chemin de fer… Il était comme ça, Albert Londres.

Il ne faut pas croire que ça n’existe plus, les gens comme ça. Il y en a même probablement beaucoup plus qu’au temps de Londres, au début du siècle passé. Mais ils ne sont plus si souvent appointés dans les rédactions des quotidiens ou des hebdomadaires. Ils sont pigistes ou écrivains, publient dans XXI. Et tirent souvent le diable par la queue, comme on dit.

C’est un mauvais moment à passer. C’est toujours comme ça au carrefour des grandes époques, Gramsci le disait déjà: ce qui doit mourir résiste encore et ce qui doit naître a bien du mal à voir le jour.

Mais sous le sol gelé des hivers les plus rigoureux, la semence travaille déjà. La musique, populaire, oui, a donné le la: l’industrie s’effondre et cède la place à un nouvel artisanat. Je crois que ce sera pareil pour le journalisme et le reportage. On n’a plus besoin de ces grosses boîtes stupides qui sont passées de l’apostolat de l’information à l’hypermarché du papier et des ondes. Un laptop et une connexion à internet feront mieux l’affaire qu’une énorme presse rotative.

On a suggéré qu’ainsi, tout le monde pourrait devenir journaliste. C’est faux. Il y faudra toujours un talent spécifique, qui n’appartient pas à tout le monde. Ce qui ne fait pas des journalistes des super-héros, entendons-nous. Ce ne sont que des individus dotés d’une aptitude particulière, pas spécialement plus noble que les autres mais spécifique, comme elles le sont toutes. Pour réussir leur vie et faire sortir du lot de nouveaux Albert Londres, ils doivent seulement intégrer qu’il doivent changer d’employeur et, de préférence, devenir le leur. Et retrouver le contact avec leurs lecteurs ainsi que leur confiance. Car un bon lecteur, pour le journaliste comme pour tout auteur, ça compte beaucoup plus qu’un ministre ou qu’un PDG.

Quelques allumés sympathiques – comme peuvent l’être ces gens-là – ont créé un blog temporaire qu’il ont appelé Ultragonzo 2.0. C’est un hommage tardif mais sincère à une icône de la contre-culture US des Sixties et autres Seventies, le journaliste-écrivain Hunther Thompson, qui a laissé quelques témoignages encore lisibles aujourd’hui d’une ultra-subjectivité brandie comme un étendard déployé en signe de révolte contre les canons de l’objectivité journalistique. Pour faire simple, on dira donc que ce sont des romantiques.

Sur le fond, en gros, ils ont raison: l’objectivité est un mythe et donc un pieux mensonge. Il y  autant de relations objectives de la réalité qu’il y a de rapporteurs. Il y en a même infiniment plus dès lors que l’interprétation que l’on peut faire d’un fait est elle-même contingente et conditionnée par des personnalités immanquablement fluctuantes.

Mais le vrai gonzo est rusé. Il n’assume à fond sa subjectivité que pour mieux permettre à son lecteur d’approcher la réalité objective. Ce que traduit assez bien, me semble-t-il, cet extrait tiré de Wikipedia:

« Le parti pris par le journaliste gonzo est d’informer le plus possible son lecteur sur la nature et l’intensité des facteurs « déformant » son point de vue. Ainsi il peut, en faisant appel à son sens critique, recomposer ensuite une image vraisemblable de la réalité. Décrire les ondulations d’un miroir aide à retrouver la forme réelle du reflet anamorphosé qu’il projette« .

Le mot gonzo, finalement, est malheureux. Il vient, paraît-il, du slang irlandais des quartiers sud de Boston et désigne le dernier homme qui reste debout après une nuit de beuverie. On en a parfois tiré la conclusion abusive que pour être un vrai  gonzo, il faut et il suffit de savoir se bourrer la gueule et d’user de gros mots. Faux! C’est là du gonzo très basique d’où ne sortent que des borborygmes sans le moindre intérêt pour personne, un piège fatal dans lequel ne tomberont pas, je l’espère pour eux, les allumés d’ultragonzo 2.0.

Le vrai gonzo ne se paie pas de mots. Il in-forme et il sait que c’est un métier difficile. Il se méfie de tout, en ce compris de lui-même. Il est humble devant ce monde qu’il essaie de comprendre pour en proposer une interprétation provisoire, toujours sujette à révision. Bref, s’il assume sa subjectivité, ce n’est en aucun cas pour l’imposer, mais au contraire pour prévenir son lecteur des limites de son jugement et lui intimer l’ordre d’armer son sens critique.

C’est dur d’être un gonzo. C’est un but à atteindre, un rêve d’épitaphe, la pus belle que puisse espérer un journaliste: « C’était un gonzo« … Mais c’est comme l’objectivité, au fond: on peut y tendre mais on ne l’atteint jamais vraiment.

Pour vivre, l’Homme, c’est bien connu, a au moins besoin d’air, d’eau et d’énergie. Mais cela ne le distingue finalement en rien des autres organismes vivants. Pour être humain, il a aussi besoin d’information. Avant de sortir le matin, votre chien, monsieur, ne consulte pas la météo. Et si le rat de laboratoire, dans sa cage, peut « apprendre » quel est le bon bouton qu’il doit actionner pour accéder à sa pitance, au fond, il n’a rien « appris » vraiment car il choisit mécaniquement, sans conscience: il se contente de répéter une action profitable et nécessaire. Un humain, lui, a besoin pour vivre d’un quatrième élément dont il a le monopole et lui permet de faire des choix qui ne lui sont pas seulement dictés par l’habitude: l’information.

C’est pour ça que l’essor, à partir du XIXe siècle, d’une presse abondante et de plus en plus accessible au plus grand nombre a été un des facteurs importants du progrès de l’humanité.

Cette presse, aujourd’hui, est moribonde. Ce n’est assurément pas que le besoin d’information – la demande – a diminué, bien au contraire; c’est que le type d’information sur lequel les journaux avaient bâti leur succès est désormais largement accessible ailleurs, à moindre coût – parfois nul, ou presque.

Probablement mal… informés, ou incompétents, les éditeurs de journaux ont réagi à cette évolution comme les rats du laboratoire: constatant que leurs produits se vendaient moins, ils ont réduit leurs coûts pour rester rentables et se sont diversifiés dans des activités qui n’avaient rien à voir, tentant de racoler le chaland avec ce qui est supposé lui plaire, disons: du sang, du sexe, du spectacle. Et des gadgets. Sans oser se demander s’il ne restait pas toujours une place inexpugnable à occuper dans le business de l’info pas chiante, mais sérieuse et utile.

Ils se sont suicidés à délaisser ce qu’ils pouvaient proposer de mieux – la qualité, la profondeur – pour s’engager dans une lutte perdue d’avance avec des concurrents plus souples et mieux adaptés, avec une production toujours plus cheap et indifférenciée.

Aujourd’hui, en 2012, à 59 ans, j’ai accès à énormément plus d’informations sur ce qui m’intéresse qu’en 1972, à 19. Et pourtant, j’achète beaucoup moins de journaux qu’il y a quarante ans. Je reste maintenant souvent plusieurs jours sans prendre le moindre journal chez mon libraire à qui je continue pourtant à rendre visite tous les jours. Cherchez l’erreur.

La faute au méchant internet? Même pas. La faute aux journaux et magazines qui n’arrivent plus à m’être utiles et qui m’énervent souvent avec leurs éditos ringards et leurs « dossiers » ou « cahiers spéciaux » copiés-collés sur les évènements dits « d’actualité » dont tout le monde traite en même temps, avec les mêmes mots, les mêmes photos, les mêmes informations déjà rancies.

Il faut repenser la presse autrement. Non plus à partir d’un support, devenu un pur « produit » qu’il faut fourguer au lecteur de gré ou de force, avec un cours de tricot gratuit pour madame et une BD bradée pour le jeune homme, qui transforment le comptoir de mon libraire en improbable bollewinkel. Il faut repenser la presse en « entreprise de services d’information ». En productrice de contenus de vraie qualité.

Il faut faire exactement l’inverse que ce que font les éditeurs depuis que je suis entré dans le métier: ne plus consacrer tous ses efforts au produit – le journal – mais les recentrer sur le producteur – le journaliste.

« C’est trop cher! », hurlent-ils. « Vous savez ce que ça coûte, une rédaction? ». Oui, je sais: pas assez. Car vous avez tellement dévalorisé le métier, messieurs-dames, que vous n’en avez même plus pour votre argent, soit que les meilleurs s’en sont allés, en retraite ou « promus » attachés de presse de quelque ministre ou capitaine d’industrie financière, soit que les bons qui restent n’ont plus les moyens de donner la mesure de leur talent, ni le temps,  devant faire des « piges » à gauche et à droite pour tenter de faire bouillir la marmite, vaille que vaille.

Cessez d’ailleurs de dire: « journaliste ». Entraînez-vous plutôt à redire: « reporter », comme pour Tintin. C’est du vilain franglais et ça devrait vouloir dire la même chose mais on s’est trop habitué à ne plus voir dans le journaliste que l’employé qui fait métier d’écrire dans un journal. Un reporter, c’est un journaliste qui collecte ses informations en allant sur les lieux où se passent les faits qu’il observe pour les rapporter et les mettre en perspective, pas un soutier qui bâtonne des dépêches d’agence ou résume ce que ses confrères ont déjà écrit ailleurs.

Alors vous aurez à nouveau la matière pour fabriquer des produits professionnels – journal, magazine, revue, reportage audio-visuel, film, web documentaire… – qui se vendent parce qu’ils contiennent des informations attendues par un public – c’est-à-dire des données contextualisées et expliquées. C’est un métier, la presse. Ce n’est pas un hobby pour dandys dilettantes, ni un secteur de diversification pour bâtisseurs d’empires multinationaux ou de conglomérats paroissiaux. Je dis ça, je ne dis rien, mais je ne dis pas ça gratuitement, ces jours-ci spécialement.

Ce qu’il y a surtout de bien avec le 12 septembre, c’est que c’est le lendemain du 11. Et qu’on nous fout donc la paix, pour un an au moins, avec les éditions, émissions et déjections spéciales consacrées à « nine-eleven ». Attention! Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas: l’attentat du World Trade Center est évidemment un évènement considérable qui vaut qu’on s’en souvienne et qu’on se recueille. Et aussi qu’on en décrypte les causes et les conséquences. Nous sommes bien d’accord. Mais cette pornographie médiatique?

C’est à ça qu’ils marchent les medias d’aujourd’hui. Le Barnum. Le point d’exclamation majuscule. L’Evènement. Et quand il n’y en  pas, on en fabrique. Ça fait vendre. Ça devrait, non? Le prochain, c’est dans six mois, jour pour jour. Le 11 mars 2012, ce sera le premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima. Claire Chazal débarquera dans l’archipel avec TF1, pas trop près des réacteurs car il y aura encore des radiations mais l’émotion est garantie. Sinon, on vous rembourse.

Aujourd’hui, le 12, Mylène Farmer a cinquante ans. Je trouve qu’elle ne les fait pas trop.

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Je n’ai pas chronométré, parce que je suis passé à table bien avant que l’onctueux ami François ne prononce l’ite missa est, mais je tiens pour vraisemblable que le journal télévisé d’hier ait consacré à l’affaire DSK sensiblement plus que les sept minutes qu’a duré l’audience de la justice new-yorkaise dans ce même dossier. C’est le système qui veut ça. Pour s’assurer une audience dont on présume les goûts – à moins qu’on projette ingénument les siens sur elle -, on a pris l’habitude dans les médias de sur-commenter certains sujets qui croustillent sur la langue, illustrant ainsi le célèbre aphorisme d’Audiard selon lequel c’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule.

Bon. On sait ça. Il n’y a pas là de quoi en faire un fromage, me direz-vous avec le décapant bon sens qui vous caractérise. J’y consacre quand même quelques lignes que m’inspirent cet excellent billet que j’ai trouvé sur Marianne.fr et qui explique la très parisienne controverse engendrée par les propos explosifs de Luc Ferry sur l’éventuelle participation d’un ancien ministre de la République à une partouze impliquant de jeunes garçons marocains. Sa thèse s’énonce ainsi:

Cette surenchère est le résultat de l’injonction paradoxale qui s’impose aux commentateurs de l’actualité: d’un côté n’avoir aucun élément concret et nouveau à apporter à la polémique, de l’autre, devoir ajouter un commentaire à la bulle pour ne pas disparaître.

Cela me paraît bien dit.

Il y a une économie de l’attention qui conduit pratiquement tous les intervenants sur le marché de l’actualité à y proposer ce dont ils croient que le public a envie, sans trop se soucier de ce dont ils pourraient avoir besoin. Et ça marche. Pour combien de temps encore?

Je ne regarde plus qu’épisodiquement le JT. Je n’achète plus le journal tous les jours. Je reste pourtant toujours aussi avide de comprendre le monde qui m’entoure. Mais ma soif d’informations s’étanche désormais à de nouvelles sources librement accessibles. Je crois qu’on n’y réfléchit pas assez dans ce qu’on appelle encore les grands médias, ceux qui me font de plus en plus penser aux dinosaures du crétacé, avant l’impact de la comète.

Alexandre est occupé à développer sa librairie. Il vient de rentrer 23.000 bouquins dans ses rayons. Avec ceux qui y étaient déjà, ça fait 36.000 titres disponibles. Tu parles d’un choix!

Et ce stock ne lui coûte presque rien. Il est numérique son stock, pas « physique ». Ce ne sont pas des livres comme on les connaît, non plus. Ce sont des e-books. De « bêtes » fichiers informatiques, quoi. Tu en achètes un en ligne, tu le reçois par courriel, tu le transfères sur une tablette et tu peux commencer à lire, tranquille, dans ton fauteuil, le whisky ou la tisane à la main, selon ce qu’en pense ton foie…

Le nirvana du libraire de demain?

Ce n’est pas si simple. Tout le monde tâtonne encore. On chipote. On fait des essais. On cherche à savoir ce que vont faire les autres, les concurrents. Pas tellement les autres libraires classiques, non. Les « gros ». Pas forcément libraires, d’ailleurs. Il y a Google aussi: en août 2009, Google avait déjà un million de livres en stock. Libres de droits. Gratuits, ceux-là.

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Allez, comme vous êtes sages, je vous raconte encore une histoire… ;-)

Elle est vieille de trente ans, mais c’est forcé. Il faut que joue la prescription, pour pouvoir raconter des histoires qui se sont déroulées en off.

J’aime bien vous raconter des histoires. C’est peut-être l’âge, bien sûr, qui m’incite à égrener ainsi des souvenirs – vous me préviendrez quand je commencerai à radoter… – mais celle-ci me revient en lisant les journaux qui essaient désespérément de grappiller quelques infos sur la progression – ou la stagnation – de la mission de préformation d’Elio Di Rupo. Dans De Standaard, ce matin, on sent bien ainsi que la tension croît aux confidences distillées par quelques participants aux discussions.

Et c’est toujours comme ça que ça se passe.

En juillet 81, Mark Eyskens était premier ministre d’un gouvernement de sociaux-chrétiens et de socialistes. On était en pleine crise de la sidérurgie wallonne, la situation budgétaire était désastreuse et le franc sous pression. En mars, Wilfried Martens avait échoué à faire approuver son « plan d’urgence » et avait démissionné. Avant de partir en vacances, le gouvernement Eyskens devait élaborer un budget.

Moi, j’étais alors journaliste politique à La Libre Belgique, avec Guy Daloze comme chef de service. Et je devais suivre ces travaux budgétaires qui ennuyaient tout le monde à la rédaction. C’est pourtant une matière aussi passionnante qu’essentielle. Mais elle est complexe et rébarbative, surtout pour des journalistes qui sont rarement très à l’aise devant les alignements de chiffres…

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Mise à jour 26/5/2010: Je constate avec plaisir que Le Soir semble avoir entendu le point de vue développé ci-dessous. Ce midi en effet, BIS publie un billet d’Olivier Baum en renvoyant vers le blog-source. Comme quoi le dialogue a ses vertus. Et Le Soir des oreilles!

Notre bon vieux Soir a lancé un nouveau blog. Il y avait déjà Saga Belgica, le blog jusqu’ici fort discret de la rédaction politique qui a probablement mieux à faire, avec ses maigres effectifs surbookés, que de baguenauder sur le web. Il y a maintenant Saga Belgica BIS (un lien, on dit merci, monsieur Rossel!). BIS pour « blog des internautes du Soir ». Joli…

On y trouve déjà un francophonissime déjanté, qui dévore un Flamand du VMO à chaque repas – avec ses bottes cloutées et son coup de poing américain – et, plus sérieusement, des gens sympas comme Pamina et Alexandre Plennevaux. Et peut-être moi.

Ils m’ont demandé. J’ai dit « oui », pour autant que ça se fasse de manière équitable. C’est-à-dire avec un lien vers l’URL de l’article reproduit et aucune équivoque sur le fait qu’il s’agit d’un article de mon blog. Et depuis, au moment de publier ce billet en tout cas, je n’ai pas de nouvelles.

Enfin si. J’en ai une. C’est Alexandre qui a bondi en voyant son premier article republié. Voyez ici (un deuxième lien, monsieur Rossel). Vous pouvez deviner qu’il s’agit d’un article de son blog et pas un guest post, vous?

Ce n’est pas une ficelle, c’est un câble en acier.

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Ce matin, j’ai trouvé Alexandre carrément hilare, derrière son comptoir de libraire. « On y est » m’a-t-il dit. Et il me montre le numéro du jour de « La Libre« . Une pleine page de pub en une. Je ne vous dis pas pour quel marchand de vacances, je ne l’aime pas. Chacun ses goûts.

En même temps, il me montre une autre « une », celle du normalement très sérieux Daily Telegraph. Il paraît que Carla tromperait son présidentiel époux avec le nouveau Tino Rossi et que Nico se consolerait dans les bras musclés de la karatekate dont il a fait une ministre.

Il paraît aussi que la dame n’est pas contente. Je la comprends.

Et ça juste après que la DH eut donné la migraine aux lecteurs qui lui restent en publiant des photos floues qu’il faut regarder au travers de ridicules lunettes en carton pour obtenir un effet 3D, je ne vous dis que ça.

Il est impératif que Le Soir réagisse au plus vite, sous peine de perdre des parts de marché. Je suggère un journal en papier comestible avec des goûts différents pour chaque cahier: potage aux poireaux pour le premier, croquette aux crevettes pour le deuxième, et ainsi de suite jusqu’au dessert.

On n’arrête pas le progrès. Ce sera dur, mais les journaux s’en sortiront.

Roger Gicquel est mort. Un infarctus, à l’âge où, précisément, on perdrait le droit, d’après le slogan, de lire le journal de Tintin reporter, « le journal des jeunes de 7 à 77 ans ». C’était, c’est et ça restera le journalisme comme je l’aime. Un journalisme d’auteur, à mille lieues du journalisme aseptisé, émasculé qu’on veut nous imposer comme le modèle d’une illusoire objectivité et qui n’a plus aucun sens à l’âge où la nouvelle est connue de tous avant de paraître dans la presse.

Illustration:

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Ceci, que vous avez sûrement déjà revu ailleurs, était l’ouverture du journal de TF1, le 18 février 1976.

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