Carrefour est un des plus gros employeurs en Belgique. Quand une entreprise comme celle-là annonce qu’elle va licencier plus de 10% de son personnel, c’est une vraie catastrophe sociale.

Les émotions éclatent. Les travailleurs partent en grève. C’est parfaitement compréhensible, humainement parlant. Mais s’agit-il d’autre chose que d’une soupape qui laisse échapper un peu de la pression qui devient trop forte?

Reprenons.

Je ne vais presque jamais chez Carrefour.

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La bonne vieille Libre Belgique n’a peur de rien. Elle a embauché BHL en tant que rédac’chef. Bernard-Henri Lévy. Nouveau philosophe depuis trente ans. Oui, bon: pour un jour seulement. De 10h45 (arrivée du Thalys de Paris en gare du Midi) à peu avant 17 heures (départ du même Thalys vers  Paris, gare du Nord). Un chat aussi, sur l’heure de midi, avec les lecteurs. C’était lui au clavier? Il écrit fachisme, ce doit être un lapsus calami.

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J’ai une grande considération pour Pol Mathil, que j’ai connu dans mes années au Soir et que je vois encore, de loin en loin. Cela ne m’interdit pas de penser que parfois il se trompe, comme dans cette chronique qu’il vient de publier et dans laquelle il s’en prend à Yannick Haenel, dont j’ai moi-même parlé ici, il y a quelques semaines.

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J’ai un ami qui est un supporter acharné du Standard. Je trouve ça désolant mais cela ne nuit en rien à notre amitié. De mon point de vue en tout cas. Lui, il n’a pas à m’en vouloir : si j’ai toujours le cœur en mauve et blanc, c’est une nostalgie, ce n’est plus un engagement.
Il y a toutefois d’autres points de friction entre nous, forcément. Par exemple, en bon Liégeois, il me reproche assez souvent d’être trop tolérant avec les Flamands. Tenez : cette couverture de P Magazine, une feuille de chou flamande assez minable, qui montre Bart De Wever coupant l’ écharpe de Miss Belgïe – Belgique, qui foule au passage un drapeau tricolore de ses jolis pieds nus.
Mon ami y trouve une occasion de s’émouvoir, alors que je n’y vois qu’une vulgarité putassière sans intérêt, sinon celui du parallèle à établir entre cette photo grotesque et celles de Daerden avec sa fille dans Paris-Match.
Nos jugements sont souvent, sinon toujours peu ou prou conditionnés par nos préjugés. Nos postulats, si l’on préfère. En l’espèce, mon ami et moi sommes d’accord pour considérer Bart De Wever comme un des politiciens les plus intelligents de sa génération mais là où je ne vois en lui qu’un adversaire – pace qu’il est nationaliste et conservateur – mon ami le considère plus, je crois, comme un « ennemi » des francophones.
La même idée m’est venue à propos du nouvel archevêque. Et j’ai beaucoup aimé la carte blanche publiée dans Le Soir par Jean Bricmont et Anne Morelli. Comme l’aurait sans doute fait Voltaire, ils s’y emportent joliment contre ceux qui voudraient le faire taire, au nom d’une bien-pensance toujours avide d’étrécir le champ des opinions admissibles et exprimables dans le débat démocratique.
L’ecclésiastique y a d’ailleurs lui-même ajouté son grain de sel, dans une remarquable interview qu’il accorde au même journal. Il y tient, sur l’usage du préservatif par exemple, des propos beaucoup plus nuancés que ceux qu’on lui prête dans quelques citations en forme de coups de poing que l’on a retenues de lui.
En fait, nous nous faisons nos opinions, non pas à partir de ce que font, pensent ou croient dire ceux que nous jugeons, mais de ce que nous croyons qu’ils pensent, disent ou font…
Revenons au Standard. Le week-end passé, un de ses joueurs s’est ramassé un nouveau carton rouge pour une faute que certains jugent flagrante, d’autres imaginaire. Et pourtant, il y a une vidéo qui montre le déroulement de la phase de jeu. Mon ami rouge et blanc en tire la conclusion péremptoire que c’est le joueur mauve qui aurait dû être sanctionné, pas le rouge. Un tackle, pied en avant détaché du sol : il paraît à d’autres, généralement supporters d’Anderlecht bien sûr, qu’il y a bien une faute.
Moi, je ne me prononce pas. Cela m’est facile car je m’en fiche complètement. Mais qu’il s’agisse de Witsel ou de De Wever, du Standard ou des Flamands, je suis de plus en plus convaincu que si l’on peut tendre vers la vérité objective, y atteindre relèvera toujours de la gageure.
Ce qui me révoltera toujours, par contre, c’est qu’on prétende m’imposer d’opiner avec la meute, contre « ceux d’en face ». Et là-dessus au moins, je crois que mon ami est d’accord avec moi. Même quand on s’engueule parce que nos jugements s’opposent. C’est d’ailleurs pour ça que nous sommes amis et le restons.
Je lui dédie donc ces quelques lignes. Il se reconnaîtra sûrement.

J’ai un ami qui est un supporter acharné du Standard. Je trouve ça exotique ;-) mais cela ne nuit en rien à notre amitié. De mon point de vue en tout cas. Lui, il n’a pas à m’en vouloir : si j’ai toujours le cœur en mauve et blanc, comme le maillot du Beerschot que j’ai porté sur les terrains de hockey de mon enfance, c’est une nostalgie, ce n’est plus un engagement.

Il y a toutefois d’autres points de friction entre nous, forcément. Par exemple, en bon Liégeois, il me reproche assez souvent d’être trop tolérant avec les Flamands. Tenez : cette couverture de P Magazine, une feuille de chou assez minable, qui montre Bart De Wever cisaillant  l’ écharpe de Miss Belgïe – Belgique, qui foule au passage un drapeau tricolore de ses jolis pieds nus.

Mon ami y trouve une occasion de s’émouvoir, alors que je n’y vois qu’une vulgarité médiatico-putassière sans le moindre intérêt, sinon celui du parallèle à établir entre cette photo grotesque et celles de Daerden avec sa fille dans Paris-Match.

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510SC67CY2L._SL500_AA240_Ce petit livre de 190 pages, en édition de poche, reposait paisiblement sur un rayon oublié de ma bibliothèque. Un faux mouvement de sa part et hop! Il me tombe dans les mains. Je l’ouvre. Il m’accroche. Je le lis jusqu’au bout. Les identités meurtrières, d’Amin Maalouf (Le Livre de Poche n°15005).

C’est Kevin, je pense, à qui on l’a fait lire quand il était à l’athénée. Avec le recul – il a paru pour la première fois en 1998, avant donc certain 11 septembre – il apparaît étonnamment prémonitoire.

Je ne veux pas en entreprendre ici une recension dans les règles, mais il y a un paradoxe qui me brûle la plume.

L’identité, dont débattent précisément dans la confusion nos voisins français et qui nous taraude aussi, nous, les Belges. Flamands ou francophones. Ou allochtones.

L’identité collective, nationale, religieuse, culturelle ou linguistique. N’est-elle pas paradoxale, cette allégeance qu’on voudrait nous imposer à UNE identité? Alors qu’au sens strict, nos identités individuelles, à chacun d’entre nous, sont précisément ce qui nous distingue de tous les autres êtres vivants de la planète?

Car tout homme a une identité complexe et de multiples appartenances.

Libanais chrétien élevé en arabe et devenu aussi français, Maalouf était sans doute bien placé pour repérer cette contradiction et constater que rarissimes sont ceux qui peuvent se réclamer objectivement d’une et une seule identité collective.

Moi par exemple, je serais probablement tenté de me définir comme un Européen de Belgique, né à Bruxelles dans une famille francophone de tradition catholique. Ce qui reviendrait à oublier un arrière-grand-père hennuyer, une grand-mère brainoise et une autre gantoise, donc flamande. Moi qui vous parle donc, j’ai bel et bien aussi des racines wallonnes, flamandes, française et hollandaises si l’on remonte dans mon arbre généalogique.

Et sentimentalement, ou esthétiquement aussi, j’ai incontestablement le sang mélangé, mon tropisme latin se mêlant sans aucun doute de globules flamands accoutumés aux ciels si bas que même les canaux s’y perdent.

C’est pourquoi je récuse radicalement tous les suivismes tribaux. Et revendique ma place à l’écart de toutes les mêlées mortifères et de toutes les identités exclusives et subséquemment totalitaires. La nationalité belge ainsi me convient bien, dès lors qu’il n’y a pas de nation belge. Rien qu’un waterzooi d’individus que rassemblent, si l’on veut, leurs différences.

Dans Le Soir de mardi, Jean-Paul Marthoz signe une très belle, une superbe chronique dans laquelle on peut lire quelque chose comme un manifeste de la démocratie libérale, valeur fondatrice d’une civilisation universelle. S’il était ouvert à la signature des citoyens, j’y ajouterais sans hésiter la mienne, tant j’en approuve chaque phrase, chaque mot, chaque lettre, jusqu’à la moindre virgule.

Je dis: « libérale ». C’est de philosophie que je parle ici, pas de parti, ni de faction. Dans cette acception, nous devons tous être des « libéraux », car ne pas l’être reviendrait à rejeter l’idée, l’idéal incontournable selon lequel tous les être humains naissent libres et égaux en droit.

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1artusJ’ai lu ce petit livre (140 pages) en deux heures. Pas perdues mais qui m’ont laissé un petit goût de trop peu, quand même. Voilà typiquement le genre de bouquin qui est moins celui d’un auteur que d’un éditeur: on choisit un bon titre, provocant et alléchant, puis on commande les pages qui vont avec à l’une ou l’autre signature – ici, un prof assisté par une journaliste pour l’écriture qui fait mouche.

Le résultat, c’est un essai-cheeseburger, vite fabriqué, vite avalé, vite oublié. Mais bon, c’est nourrissant quand même car si l’on oublie que les auteurs ne nous donneront pas de réponse à la question posée en titre de l’ouvrage, il reste une analyse bien faite du contexte de cette même question.

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Pour acheter un livre, c’est encore une librairie classique que personnellement, je préfère. Seulement voilà: je voulais le dernier bouquin de Jeff Jarvis, What Would Google Do? C’est en anglais, parce que le français est la seule langue dans laquelle il ne sera pas traduit. Les éditeurs français n’aiment pas Google. Les cons…

Mais soit, ce n’est pas le sujet. J’ai donc été chez Waterstone, à la FNAC, et aussi chez Graffiti, à Waterloo. Accueils en tous points charmants mais aucun n’avait le bouquin, ce que je peux comprendre. On peut le commander? Oui-da. 15 jours au moins de délai de livraison. A la FNAC, on semblait croire que le tirage était épuisé. Et, pire encore, chez les autres, pas moyen de l’obtenir à moins de 30 ou 35 euros, le distributeur semblant vouloir égaliser les prix des versions hardback et paperback.

Alors donc, dimanche, je me suis résolu à aller sur Amazon. On m’a livré le bouquin ce matin, par TaxiPost, venant de chez Amazonuk, avec un facture émise par la France, en français. En trois jours donc. J’ai payé € 20,59, tout compris, par carte de crédit. Allez vous étonner après ça si les bonnes vieilles librairies ont du mal à survivre…

Ah oui, le livre. Je vous en parlerai, promis.

Jean-Jacques m’avait annoncé que dimanche en fin d’après-midi, il avait rendez-vous avec Mischaël Modrikamen, pour L’Echo. Je lui ai proposé de l’accompagner. Comme ça. Pas pour bénéficier en primeur de confidences sur Fortis, non, pour le simple plaisir de rencontrer un personnage, un vrai. C’était mon intuition.

Je l’avais rencontré une fois déjà, il y a quelques années. Je dirigeais alors le service juridique de l’ULB et lui, il était le conseil de la Sabca, pour une petite affaire qui devait conduire à la constitution d’une spin-off de l’université. Vous dire si j’étais à l’aise, modeste généraliste du droit que j’étais par constitution, en face de celui qui, déjà, avait la taille et l’autorité potentiellement écrasantes du spécialiste reconnu… Il eut l’élégance naturelle des grands, celle de ne pas me le faire sentir dans nos débats et, intérieurement, je lui en sus gré.

L’avocat Modrikamen est un bretteur qui s’assume, mais il n’est pas arrogant pour un sou. Il n’en a pas besoin. Il lui suffit amplement d’avoir des convictions et de les affirmer, envers et contre tout, surtout contre la foule quand elle n’a à ses yeux d’autre argument que celui d’être en nombre et aux ordres des puissants. Amoureux des lettres, il ne cite pas Soljenitsyne car il n’est pas pédant, mais il devrait aimer ce mot que, moi, j’ai retenu de ce grand Russe quand il était pour nous une icône: « Une parole de vérité pèse plus que le monde entier« .

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Je ne le savais pas en écrivant ma chronique de mardi, dans la solitude de ma tour d’ivoire, mais toute la page forum du Soir était consacrée par le plus grand des hasards au même sujet que celui que j’avais justement choisi de traiter: ce petit passage de son interview dans lequel Joëlle Milquet revendiquait une plus forte implication des intellectuels dans le débat politique, voire carrément la création d’une « cellule de prospective ». Axel Gosseries (UCL), Bertrand Montulet (FUSL) et Alain Eraly (ULB) sont montés au créneau.

Ce dernier, j’ai eu la chance de le fréquenter, un mardi sur deux notamment, au petit déjeûner qu’organisait Hervé Hasquin avec ses proches conseillers et collaborateurs, quand il présidait le conseil d’administration de l’ULB. Il a ensuite dirigé le cabinet de Hasquin à la Région bruxelloise et préside aujourd’hui la Solvay Business School. C’est un exemple convaincant d’intellectuel et universitaire soucieux d’associer le geste à la parole et de s’impliquer dans la société des mortels ordinaires.

Il n’est pas tendre quand il rappelle que les partis eux-même ne sont pas toujours bien à l’aise avec ces intellos toujours tentés de préférer la raison tout court à la raison politique… Il ne l’est pas plus pour les universités quand il constate crûment que « ce vers quoi la commnauté scientifique est en train d’évoluer, c’est vers un émiettement de connaissances très pointues plutôt que vers une réflexion globale« .

Mais j’en reste pour ma part à l’idée que je défends dans mon propre texte et que je traduis plus sèchement ici:  remettez vos cellules de prospectives, vos trucs et vos machins au vestiaire, Joëlle, cela ne sert qu’à améliorer l’ordinaire de ceux qui y participent. Engagez plutôt quelques bons veilleurs dans vos équipes. Cover what you do best, and link to the rest…

PS: Pour trouver les articles ci-dessus sur le site du Soir, il faut avoir envie, je vous jure!

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