Aujourd’hui, il y a eu cinq ans que je blogue ici.
Ce billet est le 905e. Vous avez déposé 5.404 commentaires, plus quelques-uns que j’ai virés parce qu’ils étaient inconvenants et Akismet a arrêté 49.696 spams.
Ce ne sont que des statistiques.
Ce blog m’est cher pour une autre raison, bien plus importante: c’est le salon où je cause avec vous… Merci de le fréquenter.
Jésus est né dans la baie de Naples…
Je
vous présente mon ami Tarzan. C’est moi qui l’appelle comme ça, Tarzan. Tous les matins, il saute d’un chêne planté à gauche sur un tremble qui pousse à droite. Et puis il refait le chemin en sens inverse, dans les branches au-dessus de ma tête, prenant forcément le risque insensé, à un moment donné, de sauter d’un arbre à l’autre en s’accrochant aux feuilles qui dansent comme des lianes pour m’avertir qu’il est là. C’est pour ça que je l’ai baptisé Tarzan. Lui et son frère, ou son père sans doute. Peut-être aussi sa mère ou sa sœur car il n’y a pas de raison que les écureuils restent insensibles aux progrès de la Gender Theory. Va savoir.
Pardonnez-moi la qualité médiocre de la photo. Tarzan et moi, on ne se connaît pas depuis assez longtemps pour qu’il pose en confiance. Et je n’ai avec moi que mon zoom de base, un 18-55 très standard qui cadre trop large pour lui. Il faut donc rogner.
Je suis en Ardèche. J’y rattrape un peu du sommeil que j’ai en retard. J’y rêve au spectacle de la vie qui s’écoule comme une rivière frissonnante. Et je lis. Un Simenon par jour. Pas de Maigret. Rien que des romans « durs », pour l’instant. Les frères Rico. La mort de Belle. Le Fils. Les Suicidés. Marie qui louche… Un bonne douzaine déjà. C’est Gaïd qui insiste pour acheter Le Dauphiné. Parfois Le Monde. Je les regarde à peine. Le monde à l’envers. Ou peut-être à l’endroit, qui sait? Au marché de Coucouron, le mercredi, on trouve un fabuleux Salers. Du saucisson. Et de vrais poulets fermiers. Sur celui de Vals, un barbu vend des tomates anciennes comme vous n’osez en rêver dans les rayons du Delhaize: des espèces oubliées, de presque toutes les couleurs qui se mangent nature, comme des fruits. Ma mère n’en reviendrait pas de me voir manger des tomates à la croque au sel.
Je ne suis pas d’ici mais je m’y sens bien. Demain matin, j’ai rendez-vous avec Tarzan dans les branches chargées de glands qui mûrissent et qu’il est occupé à stocker pour l’hiver.
Je n’ai pas repris le chemin du studio de Bel-RTL pour la nouvelle saison de Sans langue de bois. C’est ma décision. Il n’y a pas de quoi en faire un fromage mais, à vous qui me lisez, je dois bien quelques mots d’explication.
Il y a plusieurs raisons à ce renoncement. La nausée, sans doute, qui me saisit à l’idée d’avoir à commenter une « actualité » politique belge devenue à mes yeux complètement inepte et absurde. C’est assez de l’avoir dit ici. Point n’est besoin de répéter que nous subissons le joug d’une génération de politiciens fort médiocre. Nous n’avons pas à nous en plaindre car ce sont les élus. Quand on en vient à penser ça et à le laisser paraître, mieux vaut se taire ou parler d’autre chose. Je ne suis pas un roquet.
Il y a aussi la vacuité, dans un tel contexte, du concept de communication politique sur lequel l’émission se penche par vocation. J’ai une trop haute idée de la politique pour participer de bon cœur à la confusion des genres et consacrer trop de temps et de salive à commenter les messages subliminaux portés par un slip de bain écarlate, une copulation ancillaire ou des sms ministériels un peu grivois. Ça peut faire rire, je souris parfois aussi mais j’estime n’avoir pas le talent requis pour être spirituel dans ce registre.
Il y a enfin que dans ce genre d’exercice, la confiance doit être totale entre tous les partenaires, c’est-à-dire avec chacun en particulier. Sinon ça ne marche plus et c’est l’ensemble qui en pâtit.
Je quitte mes amis sans rancœur ni amertume, parce que c’est mieux ainsi, et pour eux, et pour moi. Je leur souhaite bonne route, surtout à toi, Matthieu, qui tiens les manettes avec talent, après Frédéric qui a lancé la fusée. Merci à RTL aussi de m’avoir invité dans sa famille, j’ai déjà la nostalgie des belles heures que j’ai passées dans le studio depuis 2009…
Je ne sors pas assez. C’est ce que dit ma femme et, là-dessus, elle a raison. J’ai donc dû la surprendre de manière positive, aujourd’hui, en lui proposant en début d’après-midi, alors que Na Li bousculait la belle Sharapova à Roland-Garros, d’aller faire un tour en ville. C’est plutôt elle, d’ordinaire, qui fait ce genre de proposition, généralement sans trop d’illusions.
Il faisait beau, chaud, des hordes d’étrangers submergeaient les abords du Manneken-Pis et nous avons passé un certain temps à tourner en rond en vue de trouver une place où garer la voiture. Parce qu la STIB, un jour férié, c’est pas la RATP, c’est galère. Déjà qu’un jour ouvré…
Aux Halles Saint Géry, le photographe Alain Trellu expose d’étranges images de la ville, accompagnées de textes de divers écrivains. Je suis tombé en arrêt devant un tram solitaire, sur la place Royale enneigée. Et devant ce cliché de la rue Neuve rhabillée en artère chinoise:
C’est à voir jusqu’au 29 juin et ça vaut le coup d’oeil (Bruxelles Urbanitude, entrée libre).
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Je vais sortir une incongruité: je n’étais pas fan de l’actrice Annie Girardot. C’est dit. Je précise immédiatement que je ne soutiens pas pour autant qu’elle fut une mauvais actrice. Rien à voir. Je n’ai simplement pas le souvenir d’un de ses personnages qui m’ait plu. Sauf peut-être celui de Muriel Bouchon, la vieille fille du fil éponyme de Jean-Pierre Blanc, en 1972. Et encore: c’est plutôt Noiret qui m’a touché.
Mais bon. Je n’ai pas tout vu de sa filmographie. Loin de là. Il y a juste qu’elle incarnait souvent un style de femme qui me tape un peu sur les nerfs. Celui qui joue au mec, vous savez? Déjà que les « mecs » – ceux qui en ont deux et qui veulent qu’on le sache – me sortent par les trous de nez, vous pensez bien qu’une femme qui les imite, même si je peux comprendre ce désir de revanche, c’est pas ma tasse de thé.
Non, moi j’ai toujours préféré d’autres types de personnages et les jeux qui vont avec. Maria Schneider dans Profession: reporter; Emmanuelle Béart dans Manon des Sources et Jean de Florette; Marie Gillain dans Le Bossu; Kity Winn dans The Panic in Needle Park; Christine Boisson dans Extérieur Nuit. Et non, pas rien que les jeunes filles. Il y a aussi Simone Signoret dans Le Chat; et Suzanne Flon dans Le Tonnerre de Dieu. Voilà. Ce ne sont que des exemples, pour vous situer.
Mais de la destinée d’Annie, on pourrait sans doute tirer un film qui me toucherait.
Je pense que Clou en a parfaitement synthétisé l’argument dans ce dessin que La Libre n’a pas publié, allez savoir pourquoi. Peut-être parce qu’il rendait tout autre article superflu?

Desin de Clou (avec son autorisation)
Une petite Roxane est née la nuit passée chez mes amis Janne et Alexandre, où elle rejoint Anna. Son prénom vient paraît-il du persan « Raokshna », qui signifie: « belle aurore ». I loved you since I knew you dit Sting dans la chanson ci-dessous. Moi aussi, en y joignant tous mes voeux de bonheur et de prospérité…
Sur mon nouvel ordinateur portable, il y a un jeu d’échecs. Le logiciel n’est sûrement pas du top niveau mais j’ai pris du plaisir à rejouer quelques parties, en reprenant au début. Je n’ai pas tout oublié: aux trois premiers niveaux, sur dix, je gagne encore presque à chaque fois, tant avec les noirs qu’avec les blancs – pour les non-initiés, il y a un avantage certain à avoir les blancs car ils jouent toujours en premier, on dit qu’ils « ont le trait ». L’initiative, si vous préférez.
Dans les années 90, j’ai joué des tournois et participé à des interclubs, à Boitsfort. Oh, bien modestement: je n’ai jamais eu plus de 1.500 points Elo – du nom du mathématicien hongrois, Arpad Elo, qui a inventé le système -, ce qui devrait me mettre à peu près au niveau d’un C30 au tennis, pour vous donner un point de repère. Qu’importe, si on s’amuse et qu’on a le sentiment de progresser.
J’avais toutefois fait la même erreur que de nombreux débutants: je m’étais excessivement concentré sur les ouvertures. Il y a une théorie énorme sur les ouvertures, c’est-à-dire sur les premiers coups de la partie. Moi, ça me paraissait logique de commencer par là car lorsque vous êtes devant l’échiquier, il faut bien choisir un des vingt premiers coups possibles (avec les blancs) et savoir comment répondre à celui de l’adversaire, quand vous avez les noirs. Et la dizaine de mouvements qui suivent pour arriver au milieu de partie. Gambit dame – accepté ou refusé -, ouverture espagnole, défense Caro-Kann ou Petroff, écossaise, sicilienne… Toute une nomenclature quasi-poétique élaborée au cours du temps.
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Michel Henrion est arrivé l’autre jeudi à RTL House avec un DVD sur lequel il avait recopié une vieille vidéo-cassette retrouvée dans son grenier. Un « Faire le Point » de 1988 avec son patron de l’époque en vedette: Guy Spitaels. Dieu. Le Spit’. Pour l’interroger, la fine fleur (it’s a joke) du journalisme politique de l’époque – vous avez parié que j’en étais et vous avez gagné! Voici:

Oui, je sais: le temps, aux plus belles choses, se plaît à faire un affront, comme disait Pierre Corneille dans sa « Stance à la Marquise »… Mais bon: j’avais 35 ans et encore quelques illusions. Ne vous moquez donc pas, gentes damoiselles et fringants godelureaux: si mon visage a quelques traits un peu vieux, souvenez-vous qu’à mon âge, vous ne vaudrez guère mieux,.. comme dit toujours ce bon Corneille.
C’était en 1988. On sortait de deux austères législatures « rooms-blauw » (chrétiens et libéraux), Jean Gol râlait sur moi parce que, disait-il, j’avais (enfin: Le Soir avait) réussi à faire perdre les élections aux libéraux. Wilfried Martens m’en voulait aussi. Lui, il avait cafté et m’avait dénoncé à mon rédacteur-en-chef comme étant « un ami des Van Rompuy », Herman et Eric – comprenez donc que lui, à ce moment-là, il ne l’était pas. Mais alors là pas du tout: les meilleurs ennemis d’un social-chrétien sont souvent d’autres sociaux-chrétiens. Particulièrement au CVP. Et plus encore quand il y a un premier ministre dans le coup: généralement, la plupart des autres sociaux-chrétiens, surtout s’ils sont Flamands, sont alors ses ennemis…
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Dimanche, j’ai raté l’arrivée du printemps. J’ai oublié d’y penser. Je l’ai rattrapé aujourd’hui, dans une rue de Saint Josse. Une rue si étroite que le soleil bas ne peut encore réchauffer le bitume.
Un gros flic occupe le trottoir. Il pourrait bien s’être échappé d’un album de Quick et Flupke, avec sa moustache, s’il n’était vêtu à la mode de 2010: nu-tête avec un polar bleu. Il colle une prune à un Turc aussi costaud que lui, qui gesticule. « Mais dis-moi alors où je dois m’arrêter pour décharger! Au milieu de la rue? »
L’agent garde son flegme bruxellois. « Allé! Tu peux quâ même pas te garer n’importe où, hein, menneke… »
Il m’adresse un clin d’œil et me sourit au moment où je me faufile dans le minuscule espace qu’il a laissé entre lui et les façades. Et il reprend paisiblement sa discussion avec le conducteur de la camionnette. Ces deux-là vont s’arranger, c’est sûr. Le soleil brille par-dessus les toits.
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