J’ai un faible pour les chanteuses à la voix chaude et grave. Voici une de mes découvertes récentes.
Elle s’appelle Piera Lombardi, elle vient de la région de Salerne, en Campanie, du même village que son amie Rosalba qui me signale qu’elle sera le dimanche 24 janvier au café-théâtre « Au Bizou« , 13 rue de la Promenade, à Anderlecht. Le spectacle commence à 17 heures, avec Capucine en première partie. Les places sont à € 14 (12 en prévente). Ce n’est en rien de la pub, juste une info comme on en partage avec ses amis.
Et à ce propos, Rosalba, l’amie de Piera, est une des deux sœurs qui pilotent de maîtresse façon un de mes restaurants italiens préférés, le Convivio, à Ixelles (76 rue de l’Aqueduc, dans le quartier du Châtelain). Avec la table, la cave est un des attraits majeurs de l’endroit: Rosalba vous pilotera gentiment dans sa réserve qui recèle des trésors de toutes les régions d’Italie, et donc aussi de sa Campanie natale.
Sur mon profil Facebook, j’ai relayé la merveilleuse interprétation de Stand by me par les musiciens de rue du monde entier réunis par Playing for Change. Si vous n’êtes pas sur Facebook, vous pouvez aussi la trouver sur YouTube. Je ne m’en lasse pas; merci donc à la fée Clochette qui m’a branché là-dessus. Mais voici un autre morceau qui me paraît digne d’intérêt:

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit donc d’une démarche originale qui consiste à enregistrer plusieurs interprétations d’un même morceau par des musiciens des rues aux quatre coins du monde avec un studio mobile et de les mixer ensuite pour produire un clip comme celui-ci. Avec pour philosophie la paix dans le monde, par la musique.
Ce qui m’intéresse surtout, au-delà de l’émotion pure procurée par la musique, c’est l’efficacité du « système de distribution » viral d’internet. Ce formidable Grandpa Elliott (dans Stand by Me), qui joue de l’harmonica depuis 50 ans au coin de Royal Park, à New Orleans, Louisiana, n’était jusqu’ici connu que comme une curiosité locale par les touristes de passage. Il joue et chante maintenant en concert, au début d’un match des Dodgers et dans le Tonight Show de Conan O’Brien, sur NBC…
Vous me direz qu’un bon scout d’un des majors aurait pu le faire. Oui, mais aucun ne l’a fait, depuis un demi-siècle. Ils ne sont peut-être pas tous bons, les scouts… En tout cas, les mailles du filet se resserrent, il laisse échapper moins de talents. Et c’est tout profit pour nous, les amateurs de bonne musique (et de bonne littérature, de bon journalisme, de…), et pour eux, les artistes…
En 1964, j’avais 11 ans. Il m’a fallu quelques printemps de plus pour entendre parler de Bob Dylan, d’abord via Hugues Aufray qui popularisa ses chansons en français. Avec le recul, celle-ci me semble ne pas avoir vieilli. Mieux même: elle me semble plus actuelle que jamais, for the times, they are a-changin…
En voici les paroles, sur le site de l’artiste.
Sur les vols vers Athènes d’Olympic Airlines, une des rares compagnies aériennes européennes qui reste recommandable pour la qualité de son accueil, on vous propose des écouteurs et de la musique enregistrée (c’est un avis d’utilisateur, pas une pub déguisée). Il y a déjà deux ans, la musique de Théodorakis m’y a rattrapé quand j’ai entendu Grigoris Bithikotsis dans ce poème d’Odysseas Elytis, Prix Nobel de littérature en 1979: Ena to Chelidoni (« Une hirondelle« ). De l’émotion à l’état pur.
Vers la fin de notre séjour, nous sommes allés dîner, Gaïd et moi, dans une taverne du quartier de Monastiraki. Une chanteuse accompagnée de deux bouzoukia y livrait des rebetike, de Tsitsanis principalement. En anglais mêlé des quelques mots que je connais en grec, je lui ai demandé si elle pouvait nous chanter l’hirondelle. Elle a paru apprécier: par chez nous, le nom de Théodorakis évoque plus facilement les musiques de film, comme « Z » ou surtout Zorba et son sirtaki qu’un de ces grands oratorios laîques comme To axion esti, d’où ce morceau épique est tiré, ou le fabuleux Canto General , de Pablo Neruda.
La magie de la musique, c’est de nous faire entendre la poésie par-delà des mots qui nous restent inaccessibles.
Pour les paroles (en grec transcrit phonétiquement), cliquez ici.
Je ne pouvais inaugurer cette rubrique qu’avec celui à qui je dois mon prénom, et donc une partie de ce que je suis: Charles Trenet. On peut admettre, sur la foi des registres de l’état-civil, que le poète est né le 18 mai 1913 dans la bonne ville de Narbonne, mais je conteste formellement la rumeur imbécile selon laquelle il serait mort à Créteil le 19 février 2001, la veille du jour où mon père aurait eu 69 ans, si le crabe ne l’avait emporté. Les poètes ne meurent jamais car, longtemps après qu’ils se soient dérobés à nos regards, leur âme légère et leurs chansons continuent à courir dans les rues. Il le dit lui-même, d’ailleurs:
Cette première chanson, j’ai mis bien du temps à la choisir. Il en est sans doute de plus emblématiques: Je chante, La Mer, Y’a d’la joie… Vous les entendrez, leur tour viendra. Et d’autres aussi. Mais aujourd’hui, en ce siècle qu’il aura si peu connu, lui qui est du XXe pour l’éternité, c’est peut-être celle qui illustre le mieux, à mes yeux en tout cas, la douce nostalgie que j’éprouve toujours à l’écouter.
Pour le texte, cliquez ici.
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