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	<title>On a des choses à se dire &#187; Livres</title>
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		<title>Des nouvelles d&#8217;été</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Aug 2010 16:27:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
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Après une interruption de quelques semaines, je me suis remis à explorer le monde de la nouvelle. Il me semble que de plus en plus d&#160;&#187;éditeurs abandonnent petit à petit leur frilosité à l&#8217;égard du genre: de plus en plus de recueils paraissent et cela me ravit. Ce sont souvent des traductions car il y <a href='http://blog.pickme.be/2010/08/15/des-nouvelles-dete/'>[...]</a>]]></description>
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<p>Après une interruption de quelques semaines, je me suis remis à explorer le monde de la <a href="http://blog.pickme.be/2009/12/06/la-puissance-de-la-nouvelle/" target="_blank">nouvelle</a>. Il me semble que de plus en plus d&nbsp;&raquo;éditeurs abandonnent petit à petit leur frilosité à l&#8217;égard du genre: de plus en plus de recueils paraissent et cela me ravit. Ce sont souvent des traductions car il y a peu encore de vrais nouvellistes parmi les auteurs francophones. Il y en a. Mais ils sont encore loin de constituer la majorité de l&#8217;espèce &#8211; alors que dans la littérature américaine ou hispanophone par exemple, la plupart des écrivains de fiction sont <em>aussi</em> d&#8217;authentiques nouvellistes.</p>
<p><span id="more-2621"></span></p>
<p>Il ne fait d&#8217;ailleurs pas s&#8217;y tromper: entre la nouvelle et le roman, il y a bien plus que la longueur pour faire la différence. Une nouvelle, ce n&#8217;est pas un bref roman et un roman, c&#8217;est autre chose qu&#8217;une longue nouvelle&#8230;</p>
<p><a href="http://www.richardyates.org/" target="_blank">Richard Yates</a>, par exemple, le savait bien &#8211; à quatre paquets de clopes par jour, cet ancien <em>tubard</em> est mort d&#8217;un emphysème à 66 ans. Et c&#8217;est un vrai grand. J&#8217;ignorais pourtant jusqu&#8217;à son nom avant qu&#8217;une libraire, chez <em>Tropismes</em>, me fasse découvrir ses <em>Onze histoires de solitude</em> (<em>Eleven Kinds of Loneliness</em>) que j&#8217;ai savourées une à une depuis le début de l&#8217;année (paru chez Laffont et disponible dans les rééditions en &laquo;&nbsp;poche&nbsp;&raquo; de la collection &laquo;&nbsp;Pavillons lointains&nbsp;&raquo;).</p>
<p>Sur un tel thème, forcément, on ne se fend pas la pêche de la première à la 364e page mais curieusement, à la fin de chacune de ces histoires, le premier souci n&#8217;est pas non plus de se dégotter un bon petit canal bien frais pour le grand plongeon.  Ce sont des instantanés <em>piqués</em> de vies d&#8217;hommes &#8211; en ce compris de femmes, bien entendu &#8211; et ça laisse un long arrière-goût familier en bouche: Yates a un peu été le peintre de la <em>middle class </em>américaines à partir des années 50. Chez <a href="http://www.waterstones.com/waterstonesweb/simpleSearch.do?simpleSearchString=richard+yates&amp;typeAheadFormSubmit.x=15&amp;typeAheadFormSubmit.y=11" target="_blank">Waterstones</a>, à Bruxelles, on trouve en rayon pratiquement toute son œuvre en V.O. et en collection de poche (<a href="http://www.randomhouse.co.uk/vintage/vintageclassics/" target="_blank">Vintage Classics</a>).</p>
<p>Quand Yates est mort, en 1992, le <em>Times</em> de Londres a titré en une que &laquo;&nbsp;le Tchékhov américain&nbsp;&raquo; s&#8217;en était allé. Le compliment n&#8217;est pas mince, s&#8217;agissant d&#8217;une littérature dont Alain Bosquet écrivait dans une préface à une anthologie de <em>short stories made in US</em> que:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;La contribution la plus originale de l&#8217;Amérique à la littérature mondiale a été, dans l&#8217;ensemble, le développement de la nouvelle&nbsp;&raquo; <em>(Les vingt meilleures nouvelles américaines</em>, Marabout, 1957).</p></blockquote>
<p>Autre découverte marquante, dans un genre différent, ces <a href="http://www.amazon.fr/Sc%C3%A8nes-vie-villageoise-Amos-Oz/dp/2070127214" target="_blank"><em>Scènes de la vie villageoise</em></a> de l&#8217;Israélien, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Amos_Oz" target="_blank">Amos Oz</a>, chez Gallimard. Celui-là, je le connais depuis 1975. Connu surtout pour <em>Mon Michaël</em>, son plus grand succès, j&#8217;avais pour ma part découvert <a href="http://www.evene.fr/livres/livre/amos-oz-ailleurs-peut-etre-22228.php" target="_blank"><em>Ailleurs peut-être</em></a>, un roman puissant, écrit par un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sabra_%28Isra%C3%ABl%29" target="_blank"><em>sabra</em></a> (un Juif né en Israël) et qui se déroule dans l&#8217;univers du <a href="http://www.mfa.gov.il/MFAFR/MFAArchive/1990_1999/1999/10/Zoom%20sur%20Israel-%20Le%20Kibboutz" target="_blank">kibboutz</a>.</p>
<p>Les huit <em>Scènes </em>que je vous recommande ici se passent toutes dans un village imaginaire, les personnages se croisent et se recroisent d&#8217;un récit à l&#8217;autre mais il y a une thématique sous-jacente, celle de l&#8217;attente et du mystère. Le romancier Amos Oz est aussi un nouvelliste pour la place qu&#8217;il laisse à l&#8217;imagination du lecteur: presque chaque récit est centré sur un personnage qui <em>attend</em> &#8211; quelqu&#8217;un ou une explication &#8211; sans que la tension se résolve à la fin de l&#8217;histoire.</p>
<p>Plus léger enfin, mais pas futile pour autant, et souvent drôle en plus et parfois émouvant, Tonino Benacquista, qui s&#8217;est d&#8217;abord imposé dans le polar, livre dans <a href="http://www.amazon.fr/Tout-%C3%A0-lego-Tonino-Benacquista/dp/2070417085" target="_blank"><em>Tout à l&#8217;ego</em></a> (réédité en Folio, n°3469) dix nouvelles de virtuose de la narration.</p>
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		<title>C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un type, un Allemand&#8230;</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/07/21/cest-lhistoire-dun-type-un-allemand/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 20:36:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[nazisme]]></category>

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Pourquoi faudrait-il l&#8217;excuse d&#8217;une publication récente ou d&#8217;une imminente commémoration, bref, d&#8217;une actualité quelconque, pour parler d&#8217;un livre? C&#8217;est réducteur, à la fin. Et ce n&#8217;est pas comme ça que fonctionne un lecteur.
Le lecteur, il se fout pas mal de l&#8217;actualité. Ou plutôt: l&#8217;actualité, c&#8217;est la sienne, qui n&#8217;est pas forcément celle du monde. Il <a href='http://blog.pickme.be/2010/07/21/cest-lhistoire-dun-type-un-allemand/'>[...]</a>]]></description>
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<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/51S32XFWYJL._SL500_AA300_.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2566" title="51S32XFWYJL._SL500_AA300_" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/51S32XFWYJL._SL500_AA300_.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Pourquoi faudrait-il l&#8217;excuse d&#8217;une publication récente ou d&#8217;une imminente commémoration, bref, d&#8217;une actualité quelconque, pour parler d&#8217;un livre? C&#8217;est réducteur, à la fin. Et ce n&#8217;est pas comme ça que fonctionne un <em>lecteur</em>.</p>
<p>Le lecteur, il se fout pas mal de l&#8217;actualité. Ou plutôt: l&#8217;actualité, c&#8217;est la sienne, qui n&#8217;est pas forcément celle du monde. Il lit ce qu&#8217;il trouve, au moment où ça l&#8217;intéresse, et il se peut bien que ce soit un essai retrouvé en rangeant sa bibliothèque, ou un vieux roman découvert chez un bouquiniste. C&#8217;est ce qui fait l&#8217;importance des vrais libraires comme il en existe heureusement encore, et l&#8217;inanité relative de la plupart des rubriques littéraires des journaux, exclusivement scotchées aux nouvelles parutions.</p>
<p>Je me suis laissé aller à faire l&#8217;emplette de ce bouquin-ci par intérêt pour la confrontation d&#8217;un individu ordinaire avec l&#8217;Histoire. Comme il peut arriver à tout le monde. Tenez: en mai 40, mon grand-père a entraîné famille et amis dans l&#8217;Exode. Il est allé jusqu&#8217;à Poitiers, avec un gros camion américain qui fut réquisitionné pendant quelques jours par l&#8217;armée française. Il a obtenu de pouvoir le conduire lui-même mais il n&#8217;a jamais raconté ce qu&#8217;il avait fait, ni ce qu&#8217;il avait vu. Maman se souvient seulement que lorsqu&#8217;il est revenu, une nuit, la petite fille de huit ans qu&#8217;elle était alors a été fort étonnée de constater qu&#8217;un papa, ça pleurait aussi. Puis, en juin, ils sont rentrés. En passant la frontière, bon-papa a paraît-il grommelé qu&#8217;il avait bien envie d&#8217;accrocher, à l&#8217;avant du camion, une pancarte sur laquelle il aurait écrit: &laquo;&nbsp;Les couillons reviennent&nbsp;&raquo;. Légende familiale&#8230;</p>
<p>Sébastian Haffner est né dans le camp d&#8217;en face, en 1907. Il avait donc deux ans de moins que mon grand-père menuisier. Dans <em>Histoire d&#8217;un Allemand</em>, il a raconté sa vie à lui, de 1914 à 1933. Il l&#8217;a écrite en 1939, en Angleterre où il s&#8217;était réfugié. La guerre a fait avorter le projet éditorial mais quand il est mort, en 1999, on a retrouvé le manuscrit dans ses papiers. <a href="http://www.actes-sud.fr/" target="_blank">Actes Sud</a> en a publié la <a href="http://www.actes-sud.fr/catalogue/histoire-moderne-et-contemporaine/histoire-dun-allemand" target="_blank">traduction française</a>, rééditée ensuite en &laquo;&nbsp;poche&nbsp;&raquo; (Babel, n°653).</p>
<p><span id="more-2565"></span>A l&#8217;entame de la troisième et dernière partie (&laquo;&nbsp;<em>L&#8217;Adieu</em>&laquo;&nbsp;, pp. 271 et suiv.), Haffner prend le temps de s&#8217;excuser de raconter ainsi sa petite histoire, son expérience intime. A titre individuel, il n&#8217;a évidemment pesé en aucune manière sur le cours des choses. Mais le paradoxe de l&#8217;Histoire, suggère-t-il, c&#8217;est que:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>Un fait indubitable, même s&#8217;il semble paradoxal, c&#8217;est que les événements et les décisions historiques qui comptent vraiment se jouent entre nous, entre les anonymes, dans le cœur de chaque individu placé là par le hasard, et qu&#8217;en regard de toutes ces décisions simultanées, qui échappent même souvent à ceux qui les prennent, les dictateurs, les ministres et les généraux les plus puissants sont totalement désarmés. Et c&#8217;est ne caractéristique des événements décisifs qu&#8217;ils ne sont jamais visibles en tant que phénomène de masse, en tant que démonstration de masse &#8211; sitôt que la masse se présente en masse, elle est incapable de fonctionner -, mais toujours comme le vécu apparemment privé de milliers et de millions d&#8217;individus</em>&laquo;&nbsp;.</p></blockquote>
<p>Ainsi justifiée dans sa pertinence, s&#8217;il en est besoin, cette histoire d&#8217;un Allemand m&#8217;a fasciné par la description clinique qu&#8217;elle fournit  de la &laquo;&nbsp;révolution&nbsp;&raquo; nazie de 1933, fondée sur un &laquo;&nbsp;nationalisme pathologique&nbsp;&raquo; dont on pouvait croire, en 1939, qu&#8217;il avait détruit à jamais la culture allemande. C&#8217;est dans ce récit qu&#8217;on nous propose ici d&#8217;entrer, avec les yeux d&#8217;un Prussien libéral et individualiste &#8211; un cinglant démenti en soi au plus convenu des clichés.</p>
<p>Avec cette tension permanente entre l&#8217;inflexibilité commandée par les valeurs et les capitulations symboliques imposées pour survivre: à la brute des SA qui lui demande s&#8217;il est bien aryen, Haffner répond par l&#8217;affirmative et se reproche ensuite d&#8217;avoir accepté de se justifier ainsi.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>On se mit à participer &#8211; d&#8217;abord par crainte. Puis, s&#8217;étant mis à participer, on ne voulut plus que cela fût par crainte, motivation vile et méprisable. Si bien qu&#8217;on adopta après coup l&#8217;état d&#8217;esprit convenable. C&#8217;est là le schéma mental de la révolution national-socialiste</em>&laquo;&nbsp;.</p></blockquote>
<p>Le redoutable schéma de ce que l&#8217;on appela ensuite la &laquo;&nbsp;<a href="http://www.dunod.com/livre-dunod-9782100488353-psychologie-de-la-soumission-et-de-la-manipulation.html" target="_blank">psychologie de la soumission</a>&laquo;&nbsp;: on rallie plus facilement les esprits quand on a fait tendre le bras car celui qui tend le bras cherchera toujours une justification rationnelle et &laquo;&nbsp;honorable&nbsp;&raquo; à son geste: il s&#8217;efforcera donc plus volontiers de mettre ses pensées en accord avec ses gestes que l&#8217;inverse. C&#8217;est pessimiste, mais probablement réaliste&#8230;</p>
<p>Sauf avec les personnalités bien structurées. Au moment de passer son examen pour l&#8217;assessorat, Haffner est convoqué dans un &laquo;&nbsp;stage&nbsp;&raquo; de formation idéologique. Il en démonte les rouages et en dénonce les drogues. La &laquo;&nbsp;camaraderie&nbsp;&raquo; par exemple:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>La camaraderie est partie intégrante de la guerre. Comme l&#8217;alcool, elle soutient et réconforte les hommes soumis à des conditions de vie inhumaines. Elle rend supportable l&#8217;insupportable. Elle aide à surmonter la mort, la suffrance, la désolation. Elle anesthésie. Supposant l&#8217;anéantissement de tous les biens qu&#8217;apporte la civilisation, elle console de leur perte. Elle est sanctifiée par de terrifiantes nécessités et d&#8217;amers sacrifices. Mais séparée de tout cela, recherchée et cultivée pour elle-même, pour le plaisir et l&#8217;oubli, elle devient un vice. Et qu&#8217;elle rende heureux pour un moment n&#8217;y change absolument rien. Elle corrompt l&#8217;homme, elle le corrompt et le déprave plus que ne le font l&#8217;alcool et l&#8217;opium. Elle le rend inapte à une vie personnelle, responsable et civilisée. Elle est proprement un instrument de décivilisation. A force de camaraderie putassière, les nazis ont dévoyé les Allemands; elle les a avilis plus que nulle autre chose</em>&laquo;&nbsp;.</p></blockquote>
<p>Si j&#8217;étais prof de français ou de morale, je ferais lire ça à mes élèves. Comme je ne le suis pas, je me contente de vous recommander cette <em>Histoire d&#8217;un Allemand</em>. Ça peut faire du bien à tout le monde.</p>
<p><strong>Lire aussi:</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/1978634001/sebastian-haffner-histoire-d-un-allemand.fr.html" target="_blank">Un livre, un jour</a> (vidéo FR3)</li>
<li><a href="http://www.lalettrevolee.net/article-4050374.html" target="_blank">La lettre volée</a> (blog)</li>
<li><a href="http://pitou.blog.lemonde.fr/2005/06/05/2005_06_histoire_dun_al/" target="_blank">Voyage au bout de la lettre</a> (blog)</li>
<li><a href="http://www.parutions.com/pages/1-1-304-2560.html" target="_blank">Parutions.com</a></li>
<li><a href="http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=13399" target="_blank">Le matricule des anges</a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Il publie ce que les autres n&#8217;éditent pas</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/07/19/il-publie-ce-que-les-autres-neditent-pas/</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 09:30:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
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Janne a découvert, je ne sais pas comment, un éditeur parisien. Allia. Les Editions Allia. Je n&#8217;en avais jamais entendu parler. Vous non plus, je parie. Il est installé au numéro 16 de la rue Charlemagne, dans le IVe arrondissement, entre la rue de Rivoli et la Seine, à hauteur de l&#8217;île Saint Louis. C&#8217;est <a href='http://blog.pickme.be/2010/07/19/il-publie-ce-que-les-autres-neditent-pas/'>[...]</a>]]></description>
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<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/allia-004.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2547" title="allia 004" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/allia-004.jpg" alt="Editions Allia" width="604" height="403" /></a></p>
<p><a href="http://www.librairie-brillat-savarin.be/" target="_blank">Janne</a> a découvert, je ne sais pas comment, un éditeur parisien. Allia.<a href="http://www.alliaeditions.com/avertissement.asp" target="_blank"> Les Editions Allia</a>. Je n&#8217;en avais jamais entendu parler. Vous non plus, je parie. Il est installé au numéro 16 de la rue Charlemagne, dans le IVe arrondissement, entre la rue de Rivoli et la Seine, à hauteur de l&#8217;île Saint Louis. C&#8217;est une vieille baraque qui paraît anodine, sauf qu&#8217;elle ressemble un peu à un décor du père Hugo, le romancier des <em>Misérables</em>. Au rez-de-chaussée, il y a un bar-restaurant qui propose une cuisine &laquo;&nbsp;bistro&nbsp;&raquo;, <em><a href="http://www.leframboisy.com/" target="_blank">Le Framboisy</a>. </em>Au 14, juste à côté, il y a le <a href="http://www.lycee-charlemagne.fr/historique/presentation.php" target="_blank">Lycée Charlemagne</a>. Celui-là eut pour élèves Gérard de Nerval, Léon Blum, Jules Renard, Théophile Gautier, Honoré de Balzac&#8230;</p>
<p><span id="more-2545"></span></p>
<p>Gautier, Balzac et Nerval sont au catalogue des Editions Allia. Mais avec des titres peu connus. Dont un <a href="http://www.alliaeditions.com/Catalogueview.asp?ID=493" target="_blank">portrait de Gérard</a> par Théophile. C&#8217;est normal: dans l&#8217;avertissement qui préface son site web, l&#8217;éditeur signale qu&#8217;il publie essentiellement des textes qu&#8217;aucun éditeur ne souhaite diffuser ou qu&#8217;aucun copyright ne protège de l&#8217;intérêt du public. &laquo;&nbsp;<em>Dans les conditions présentes,</em>explique-t-il, <em>qu&#8217;un ouvrage puisse être largement diffusé ne nous a pas paru un critère d&#8217;excellence, ni inversement&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>Et donc, on trouve de tout chez Allia, de tout ce qui plaît à l&#8217;éditeur qui en fait de jolis objets sur un présentoir, comme sur la photo. C&#8217;est ce côté &laquo;&nbsp;bel objet&nbsp;&raquo; qui a plu à Janne, m&#8217;a-t-elle dit. On lit avec les yeux, et aussi avec les doigts. Un peu avec le nez aussi. Pour l&#8217;odeur du papier fraîchement imprimé qui s&#8217;échappe des pages qu&#8217;on ouvre pour la première fois, comme une fleur de papier dont on écarterait délicatement les pétales.</p>
<p>Ces bouquins-là sont tout petits: c&#8217;est la collection à 3 euro. J&#8217;ai choisi, pour commencer:</p>
<ul>
<li><a href="http://www.alliaeditions.com/Cataloguelist.asp?x_IDAutore=306&amp;z_IDAutore=%3D%2C%2C" target="_blank"><em>La grève des électeurs</em></a>, d&#8217;Octave Mirbeau, C&#8217;est la reproduction d&#8217;un article paru dans <em>Le Figaro</em>, le 14 juillet 1889. &laquo;&nbsp;<em>Je comprends qu&#8217;un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l&#8217;Opéra-Comique des dilettanti, le </em>Constitutionnel <em>des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne; je comprends M. Chantavoine s&#8217;obstinant à chercher des rimes; je comprends tout. Mais qu&#8217;un député, ou un sénateur, ou un président de République ou n&#8217;importe lequel parmi les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu&#8217;elle soit, trouve un électeur, c&#8217;est-à-dire l&#8217;être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspectuive de recevoir, en échange de ses prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n&#8217;est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m&#8217;étais faites jusqu&#8217;ici de la sottise humaine en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô chauvin!</em>&nbsp;&raquo; On savait écrire, à gauche, en ce temps-là&#8230;</li>
<li><a href="http://www.alliaeditions.com/Catalogueview.asp?ID=469" target="_blank"><em>La crise commence où finit le langage</em></a>, d&#8217;Eric Chauvier, anthropologue, dont le titre me faisait un clin d&#8217;oeil aguicheur;</li>
<li><a href="http://www.alliaeditions.com/Cataloguelist.asp?x_IDAutore=283&amp;z_IDAutore=%3D%2C%2C" target="_blank"><em>La conduite de la guerre</em></a>, de William Langewiesche, un reportage dans l&#8217;Irak en guerre des &laquo;&nbsp;assassins ordinaires&nbsp;&raquo;, paru pour la première fois en 2006, dans <em>Vanity Fair</em>, sous le titre: <em>Rules of engagement.</em></li>
</ul>
<p>Derrière Allia, il y a un tout récent sexagénaire, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Berr%C3%A9by" target="_blank">Gérard Berréby</a>. Il a quitté l&#8217;école en 68 &#8211; tiens donc&#8230; &#8211; pour vivoter de petits boulots et flirter avec les situationnistes. Il a créé Allia en 1982, pour &laquo;&nbsp;<a href="http://www.bside-rock.com/Gerard-Berreby-editeur-d-Allia.html">construire un catalogue</a>&laquo;&nbsp;. Il y a édité près de 400 titres avant d&#8217;y publier le premier des siens: <em><a href="http://www.alliaeditions.com/Catalogueview.asp?ID=495" target="_blank">Stations des profondeur</a>s.</em> Je crois que je vais passer commande. Pour voir.</p>
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		<title>Sur les traces bruxelloises de Léopold II</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/07/04/sur-les-traces-bruxelloises-de-leopold-ii/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Jul 2010 13:26:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[bruxelles]]></category>
		<category><![CDATA[Léopold II]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>

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Il y avait quelques jours que cette jaquette me lançait d&#8217;aguichantes œillades. Non que je sois spécialement entiché des anecdotes de cour en général et des goûts architecturaux de Léopold le Deuxième en particulier. Mais j&#8217;étais curieux d&#8217;entrer dans un univers familier mais qu&#8217;on ne connaît finalement que très mal, ou si peu.
Tenez: le palais <a href='http://blog.pickme.be/2010/07/04/sur-les-traces-bruxelloises-de-leopold-ii/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/Bxl1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2499" title="Bxl" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/07/Bxl1-191x300.jpg" alt="" width="191" height="300" /></a>Il y avait quelques jours que cette jaquette me lançait d&#8217;aguichantes œillades. Non que je sois spécialement entiché des anecdotes de cour en général et des goûts architecturaux de Léopold le Deuxième en particulier. Mais j&#8217;étais curieux d&#8217;entrer dans un univers familier mais qu&#8217;on ne connaît finalement que très mal, ou si peu.</p>
<p>Tenez: le palais de Justice du <em>schieven architek</em>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Poelaert" target="_blank">Joseph Poelaert</a>. Vous l&#8217;associez à Léopold II, pas vrai? C&#8217;est pourtant Premier qui l&#8217;a voulu et qui en a confié la conception à Poelaert. Mais le deuxième roi des Belges était plus urbaniste que bâtisseur. &laquo;&nbsp;<em>Partout l&#8217;embellissement des villes marche de pair avec l&#8217;accroissement du bien-être public</em>&laquo;&nbsp;, déclarera-t-il.</p>
<p>Ce sont donc les 136 pages consacrées par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Demey" target="_blank">Thierry Demey</a>, l&#8217;auteur de ce beau guide, aux boulevards de la Grande Ceinture qui ont d&#8217;abord retenu mon attention car finalement, ce sont eux qui ont structuré la région dont le Pentagone n&#8217;est plus aujourd&#8217;hui que le cœur, alors qu&#8217;il était toute la ville, entourée de murailles et de modestes villages bien ruraux. Dont Ixelles, celui que j&#8217;habite&#8230; &laquo;&nbsp;<em>Tels qu&#8217;ils ont été tracés, les boulevards de la Grande Ceinture découlent directement du plan d&#8217;ensemble pour l&#8217;extension et l&#8217;embellissement de l&#8217;agglomération bruxelloise publié par <a href="http://www.tbx.be/fr/ArchiveArticle/198/app.rvb" target="_blank">Victor Besme</a> en 1866</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>C&#8217;est une vision, quoi, celle qui fait si cruellement défaut aux satrapes et édiles très locaux à qui les électeurs ont confié, bon gré, mal gré, le sort chancelant de la ville qui appartient à un million de Bruxellois.</p>
<p>Depuis que je le feuillette, je n&#8217;ai pas encore trouvé de raison de me repentir de mon achat, qui m&#8217;a quand même coûté 38 euro, ce qui n&#8217;est pas donné. Mais les guides Badeaux, c&#8217;est presque de l&#8217;auto-édition, si je comprends bien: tous les titres sont dûs à la plume d&#8217;un même et prolifique auteur qui se propose aussi, <a href="http://www.badeaux.be/Evenements/evenements.html" target="_blank">sur son site</a>, pour des conférences et visites guidées.</p>
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		<title>Quand le journalisme devient littérature</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 22:22:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Kessel]]></category>
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Gallimard a publié, dans sa collection Quarto, un fort volume de 1.280 pages  contenant un choix de quelques romans et de reportages du grand Joseph Kessel. Cela reste une lecture obligatoire, je pense, pour tous les jeunes journalistes qui veulent tâter de l&#8217;écrit.  Avec le risque évident de les saisir de découragement en même temps <a href='http://blog.pickme.be/2010/06/30/2484/'>[...]</a>]]></description>
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<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/06/010678524691.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-2486" title="Joseph Kessel Reportages et romans" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/06/010678524691.gif" alt="Joseph Kessel" width="81" height="121" /></a>Gallimard a publié, dans sa <a href="http://www.gallimard.fr/ecoutezlire/quarto.htm" target="_blank">collection <em>Quarto</em></a>, un fort volume de 1.280 pages  contenant un choix de quelques romans et de reportages du grand <a href="http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=625" target="_blank">Joseph Kessel</a>. Cela reste une lecture obligatoire, je pense, pour tous les jeunes journalistes qui veulent tâter de l&#8217;écrit.  Avec le risque évident de les saisir de découragement en même temps que d&#8217;admiration: à cette hauteur, le reportage n&#8217;est plus tout-à-fait du journalisme, mais déjà de la vraie littérature.</p>
<p>J&#8217;ai lu les trois morceaux consacrés à l&#8217;Allemagne de 1932 (<em>Les forgerons du malheur, Unterwelt </em>et <em>La marée brune</em>). Quelle vision! Une vision d&#8217;artiste en fait, car Kessel ne photographie pas, il <em>peint</em>. Et il le fait à l&#8217;instinct, comme il le reconnaîtra lui-même dans une interview à <em>L&#8217;Express</em>, en 1969.</p>
<p>Le reporter n&#8217;a ainsi pas eu besoin de lire <em>Mein Kampf</em> ou de connaître la suite de l&#8217;Histoire pour se laisser inspirer une &laquo;&nbsp;répulsion physique&nbsp;&raquo; pour le clown névrotique qui subjugua l&#8217;Allemagne et lui inculqua sa religion de haine.</p>
<p>Mais, en parallèle, c&#8217;est sans doute <em>Unterwelt</em> qui m&#8217;a le plus fasciné, un reportage hallucinant dans la pègre berlinoise, une contre-société de voleurs, d&#8217;escrocs, de tueurs, finalement plus régulée et presque rassurante, dans le contexte&#8230;</p>
<p>Il peut être temps de revenir à Kessel. Au journalisme.</p>
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		<title>Un polar flamand, brugeois pour tout dire</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/05/09/un-polar-flamand-brugeois-pour-tout-dire/</link>
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		<pubDate>Sun, 09 May 2010 16:10:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Flandre]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
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Ils auront fait campagne sans moi, ce week-end. Je n&#8217;avais pourtant rien prémédité, c&#8217;est la faute à Yanne et à Alexandre: dans la pile de livres arrivés chez eux cette semaine, il y avait un Pieter Aspe en français et en édition de poche: Chaos sur Bruges (&#171;&#160;De Midas moorden&#160;&#187;, en V.O.).
De cet auteur, j&#8217;avais <a href='http://blog.pickme.be/2010/05/09/un-polar-flamand-brugeois-pour-tout-dire/'>[...]</a>]]></description>
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			</a>
		</div>
<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/05/51Y3whYCzzL._SL500_AA300_.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2260" title="51Y3whYCzzL._SL500_AA300_" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/05/51Y3whYCzzL._SL500_AA300_.jpg" alt="" width="201" height="201" /></a>Ils auront fait campagne sans moi, ce week-end. Je n&#8217;avais pourtant rien prémédité, c&#8217;est la faute à Yanne et à Alexandre: dans la pile de livres arrivés chez eux cette semaine, il y avait un Pieter Aspe en français et en édition de poche: <em>Chaos sur Bruges </em>(&laquo;&nbsp;De Midas moorden&nbsp;&raquo;, en V.O.).</p>
<p>De cet auteur, j&#8217;avais déjà lu <em>De zevende kamer </em>en néerlandais mais je ne vais pas faire le malin: je ne le connaissais pas avant qu&#8217;une de ses traductrices &#8211; qui fréquente de temps en temps ce blog &#8211; n&#8217;attire mon attention sur lui.</p>
<p><em>Le Figaro</em> l&#8217;a qualifié en 2008 de &laquo;&nbsp;<a href="http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/07/05/01006-20080705ARTFIG00593-pieter-aspe-le-simenon-flamand.php" target="_blank">Simenon flamand</a>&laquo;&nbsp;. Je me méfie toujours des comparaisons de ce genre et, vérification faite, le commissaire Pieter Van In n&#8217;a décidément pas grand-chose de commun avec Jules Maigret. Heureusement. Il n&#8217;y a qu&#8217;un seul Simenon &#8211; et un seul Maigret &#8211; et c&#8217;est très bien ainsi.</p>
<p><span id="more-2259"></span></p>
<p>Mais ce qui est vrai, c&#8217;est que c&#8217;est le même genre de bien-être ronronnant qui, à la lecture, vous visse au coin du poële à bois. Ce qui est une façon de parler: nous avons le chauffage central au gaz et c&#8217;est bien pratique, même si ça casse un peu l&#8217;ambiance.</p>
<p>Cela pour dire que si l&#8217;intrigue vous tient forcément en haleine, ce qui est bien le moins qu&#8217;on puisse attendre d&#8217;un bon polar, je la dirais presque accessoire dans ce type de roman qui me paraît à vivre plutôt qu&#8217;à lire. Ce qui a de l&#8217;épaisseur et de l&#8217;intérêt, ce sont les personnages et le décor. Van In bien sûr, fonctionnaire de police décalé, limite alcolo, viveur, désargenté, rebelle et cabochard; sa compagne Hannelore, superbe et indulgente, amoureuse, quoi; son équipier Versavel, pince-sans-rire et homo sans honte ni ostentation. Et Bruges. Ses monuments, ses canaux, ses notables et son populo.</p>
<p>Pieter Aspe est une star littéraire en Flandre et aux Pays-Bas. Albin Michel l&#8217;a découvert en 2007 et a déjà publié en français <a href="http://www.albin-michel.fr/auteur.php?Id=18047" target="_blank">cinq de ses titres</a> (il y en a plus de vingt chez <a href="http://www.standaarduitgeverij.be/boeken/auteurs/pieteraspe" target="_blank">Standaard Uitgeverij / Manteau</a>), dont deux ont également été publiés en &laquo;&nbsp;poche&nbsp;&raquo;, un troisième étant attendu à l&#8217;automne.</p>
<p>Je vous les recommande. En français comme en néerlandais, si vous le lisez: je n&#8217;ai eu aucune difficulté particulière avec <em>De zevende kamer</em>.</p>
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		<title>Des &#171;&#160;lettres du plat pays&#160;&#187;</title>
		<link>http://blog.pickme.be/2010/04/18/tout-le-monde-sen-fout/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Apr 2010 12:55:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[communautaire]]></category>
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Elle était intéressante, mais pas comme je l&#8217;attendais, cette rencontre avec Kristien Hemmerechts et Jean-Luc Outers, dimanche matin à la librairie Passa Porta. Ces deux écrivains &#8211; une &#171;&#160;N&#160;&#187; et un &#171;&#160;F&#160;&#187;, comme il se doit dans notre Belgique officiellement bicommunautaire &#8211; ont publié la correspondance qu&#8217;ils ont entretenue entre le 4 mars 2008 et <a href='http://blog.pickme.be/2010/04/18/tout-le-monde-sen-fout/'>[...]</a>]]></description>
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			</a>
		</div>
<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/04/bruxelles2010-006.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2135" title="bruxelles2010 006" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/04/bruxelles2010-006.jpg" alt="Jean-Luc Outer et Kristien Hemmerechts" width="260" height="173" /></a>Elle était intéressante, mais pas comme je l&#8217;attendais, cette rencontre avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kristien_Hemmerechts" target="_blank">Kristien Hemmerechts</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Outers" target="_blank">Jean-Luc Outers</a>, dimanche matin à la librairie <a href="http://www.passaporta.be/index.php?q=passaporta/fr/accueil" target="_blank">Passa Porta</a>. Ces deux écrivains &#8211; une &laquo;&nbsp;N&nbsp;&raquo; et un &laquo;&nbsp;F&nbsp;&raquo;, comme il se doit dans notre Belgique officiellement bicommunautaire &#8211; ont publié la correspondance qu&#8217;ils ont entretenue entre le 4 mars 2008 et le 2 juillet 2009. Et ça donne des &laquo;&nbsp;<a href="http://www.ladifference.fr/lettres-du-plat-pays.html?indextitre=4&amp;titre=L" target="_blank">Lettres du plat pays</a>&laquo;&nbsp;, aux Editions de la Différence.</p>
<p><span id="more-2134"></span></p>
<p>Ils sont amis dans la vie. Ce qui facilite les choses, évidemment. Mais ce petit livre de lecture facile et pas désagréable a au moins un point commun avec les compromis provisoires et improbables  qui jalonnent le &laquo;&nbsp;guerre des Belges&nbsp;&raquo;: son principal mérite est d&#8217;exister. De montrer par l&#8217;exemple qu&#8217;entre Flamands et francophones, on peut encore se parler. Même si ce n&#8217;est que de tout et de rien. En évitant les sujets qui fâchent.</p>
<p>La preuve n&#8217;est pas faite pour autant que les écrivains aient encore quelque chose d&#8217;important à dire sur la Belgique, sinon qu&#8217;elle va mal, qu&#8217;elle va peut-être ou probablement disparaître et que c&#8217;est un peu triste, si ce n&#8217;est quand même pas un drame: on restera voisins et on continuera à bien s&#8217;entendre.</p>
<p>C&#8217;est un peu court mais, finalement, c&#8217;est probablement ce qui explique le plus efficacement l&#8217;absurdité de la situation: tout le monde doit bien reconnaître que nos problèmes  &#8211; BHV par exemple, ou la langue dans laquelle doivent être rédigées les convocations électorales pour que l&#8217;on puisse être nommé bourgmestre &#8211; sont loin d&#8217;avoir l&#8217;importance qu&#8217;on leur attribue dans les sphères du Pouvoir ou de ce qu&#8217;il en reste; mais en même temps, personne n&#8217;est disposé à faire ce qu&#8217;il faut pour les régler.</p>
<p>C&#8217;est à la fois le drame et la chance de la Belgique: au fond, tout le monde s&#8217;en fout. Avec pour résultats: (i) qu&#8217;en dehors des politiques, personne ne fait d&#8217;efforts pour comprendre et avancer, et que subséquemment (ii) personne n&#8217;a envie de se battre pour ça, comme le font tant d&#8217;autres tribus sur la planète.</p>
<p>Kristien et Jean-Luc ne méritent pas ça. Je ne le leur dirais d&#8217;ailleurs pas s&#8217;ils n&#8217;avaient, justement, publié ces lettres qu&#8217;ils ont échangées et qu&#8217;une dame, dans la salle, a quand même jugées importantes, elle. Nous sommes &#8211; certains en tout cas &#8211; tellement assoiffés de compréhension mutuelle que nous nous contentons du moindre signe, du simple fait de se parler, même si c&#8217;est pour ne pas se dire grand-chose.</p>
<p>Je suis un peu méchant, je sais. Mais ce n&#8217;est pas pour &laquo;&nbsp;casser&nbsp;&raquo; ce  petit livre, au contraire. Il faut le lire. Ses failles ne demandent  qu&#8217;à être bouchées.</p>
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		<title>Le capitalisme à l&#8217;épreuve d&#8217;internet</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Mar 2010 17:55:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
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Le capitalisme constitue-t-il un horizon définitivement indépassable? Cette question ne hante certes pas mes nuits, tant me paraît improbable un monde dans lequel la production de biens et de services pourrait se passer de tout &#171;&#160;capital&#160;&#187; &#8211; quels qu&#8217;en soient la nature, la consistance et les propriétaires &#8211; et, subséquemment, d&#8217;une forme ou l&#8217;autre d&#8217;accumulation <a href='http://blog.pickme.be/2010/03/28/le-capitalisme-a-lepreuve-dinternet/'>[...]</a>]]></description>
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<p>Le <a href="http://pagesperso-orange.fr/dom666/44braud.htm" target="_blank">capitalisme</a> constitue-t-il un horizon définitivement indépassable? Cette question ne hante certes pas mes nuits, tant me paraît improbable un monde dans lequel la production de biens et de services pourrait se passer de tout &laquo;&nbsp;capital&nbsp;&raquo; &#8211; quels qu&#8217;en soient la nature, la consistance et les propriétaires &#8211; et, subséquemment, d&#8217;une forme ou l&#8217;autre d&#8217;accumulation de celui-ci.</p>
<p>Mais il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;au sens que nous lui connaissons, le capitalisme est une invention relativement récente dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanité. On en voit les premiers signes apparaître au XVe siècle et il s&#8217;impose en se mondialisant, à partir du XIXe. Or, s&#8217;il est né, s&#8217;il n&#8217;existe pas de toute éternité, n&#8217;est-il pas forcément condamné à s&#8217;éteindre un jour en tant que mode de production?</p>
<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/genere-miniature.aspx_.gif"><img class="alignright size-full wp-image-2058" title="genere-miniature.aspx" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/genere-miniature.aspx_.gif" alt="" width="65" height="108" /></a>Vendredi, je me suis accordé deux heures de flânerie à Waterloo et je suis entré chez <a href="http://www.librairiegraffiti.be/" target="_blank">Graffiti</a>. Une librairie comme je les aime, assez grande pour offrir des chances à la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rendipit%C3%A9" target="_blank">sérendipité</a>, mais pas trop non plus, pour échapper à la noyade. J&#8217;en suis ressorti avec trois bouquins, dont &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/Lempire-moindre-mal-civilisation-lib%C3%A9rale/dp/2081207052" target="_blank">L&#8217;empire du moindre mal</a>&laquo;&nbsp;, en édition de poche.</p>
<p>C&#8217;est un essai forcément critique sur la &laquo;&nbsp;civilisation libérale&nbsp;&raquo;, de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Mich%C3%A9a" target="_blank">Jean-Claude Michéa</a>. Il m&#8217;a toujours paru hygiénique de se confronter régulièrement à des réflexions complètement étrangères à ses réflexes les plus fondamentaux. En l&#8217;espèce, je ne suis pas déçu&#8230;</p>
<p><span id="more-2057"></span></p>
<p>Mais d&#8217;abord, entendons-nous: il n&#8217;est évidemment pas question ici de choisir entre Nicolas Sarkozy et Martine Aubry, ou entre Didier Reynders et Elio Di Rupo. Déjà pour la simple raison qu&#8217;aux yeux de l&#8217;auteur, les protagonistes habituels du débat &laquo;&nbsp;gauche-droite&nbsp;&raquo; sont aussi &laquo;&nbsp;libéraux&nbsp;&raquo; les uns que les autres, en raison de l&#8217;unité profonde qui existe à ses yeux entre les versants culturels (&laquo;&nbsp;de gauche&nbsp;&raquo;) et économiques (&laquo;&nbsp;de droite&nbsp;&raquo;) de l&#8217;idéologie libérale.</p>
<p>Celle-ci procède selon lui de la terreur et du dégoût engendrés par les guerres de religion du XVIe siècle et, plus généralement, par le constat de la radicale diversité des croyances qui s&#8217;opposent sur le Bien. C&#8217;est de là que viendrait l&#8217;idée d&#8217;un Etat tolérant, neutre &#8211; &laquo;&nbsp;laïque&nbsp;&raquo;? &#8211; et, finalement, multiculturel. Dans lequel chacun est invité à poursuivre ses fins personnelles et à s&#8217;enrichir égoïstement, à charge seulement de ne pas nuire aux autres et de se soumettre aux lois du Marché en respectant le cadre normatif établi par le Droit.</p>
<p>Mais c&#8217;est alors, selon l&#8217;auteur, que finit par se produire <em>l&#8217;ultime métamorphose</em>, celle que nous serions occupés à vivre dans la douleur de la crise, celle qui conduit l&#8217;<em>empire du moindre mal</em> à se proclamer lui aussi le <em>meilleur des mondes</em> et à devoir assumer à son tour l&#8217;idéal de l&#8217;Homme Nouveau, celui dont l&#8217;âme aurait été entièrement &laquo;&nbsp;modernisée&nbsp;&raquo; par le Marché planétaire.</p>
<p>Notons au passage que cet &laquo;&nbsp;anticapitalisme&nbsp;&raquo; radical et nouveau soulève ainsi quelques questions inquiétantes sur son <a href="http://www.npa2009.org/content/principes-fondateurs-du-nouveau-parti-anticapitaliste-adopt%C3%A9s-par-le-congr%C3%A8s" target="_blank">projet</a> qui reste flou quant à ses fins dernières et aux façons de les atteindre, au-delà de la révolte et des &laquo;&nbsp;luttes&nbsp;&raquo; qu&#8217;il préconise. Sa critique peut être interpellante, mais son projet court le risque d&#8217;être révulsant. Je relève ainsi que dans le chapitre qu&#8217;il consacre à &laquo;&nbsp;l&#8217;inconscient des sociétés modernes&nbsp;&raquo;, l&#8217;auteur ne paraît pas loin d&#8217;exprimer une étrange nostalgie de l&#8217;ordre patriarcal, supposé plus bénin parce qu&#8217;identifiable comme tel et susceptible d&#8217;être transgressé. En ce compris les crimes d&#8217;honneur et l&#8217;excision des fillettes?</p>
<p>Ce n&#8217;était qu&#8217;une incise. Il reste que plus globalement, le raisonnement est assurément intéressant, mais il me semble qu&#8217;il lui manque une pièce essentielle, qu&#8217;il ne fait qu&#8217;apercevoir pour la disqualifier répidement. Seule, une innovation technologique ne peut en effet probablement pas entraîner des effets historiques déterminants (p.70): il y faut également un contexte politique et culturel. L&#8217;innovation n&#8217;en est pas moins une des causes nécessaires de l&#8217;effet: y aurait-il eu la Réforme &#8211; et, dans l&#8217;enchaînement qui a suivi, les guerres de religion, la philosophie des Lumières, le libéralisme et la démocratie parlementaire -, sans l&#8217;imprimerie de Gutenberg?</p>
<p>Je tiens pour une hypothèse raisonnable que l&#8217;invention d&#8217;internet est une révolution de même ordre que celle de l&#8217;imprimerie et, avant elle, de l&#8217;écriture.</p>
<p>Elle porte en elle la promesse d&#8217;un troisième âge (sans piètre jeu de mots&#8230;) de l&#8217;économie, fondée d&#8217;abord sur la possession de la terre, ensuite sur la détention des capitaux, et probablement demain sur les connaissances et les compétences. Ce qui n&#8217;est pas neutre si l&#8217;on veut bien prendre en compte que la terre et l&#8217;argent sont des biens matériels, donc susceptibles d&#8217;appropriation exclusive, mais que compétences et connaissances sont par nature immatérielles, et sont donc reproductibles et circulent librement.</p>
<p>Comme le souligne Michéa, Adam Smith, qui dirigeait une manufacture employant dix ouvriers, &laquo;&nbsp;<em>n&#8217;imaginait pas un seul instant ce que pourrait concrètement signifier, un jour, le règne planétaire des fonds de pension et des grandes firmes transnationales</em>&laquo;&nbsp;. Entrevoyons-nous déjà tout ce que pourront effectivement réaliser, un jour, des milliards d&#8217;individus interconnectés au moyen d&#8217;un ordinateur et d&#8217;un abonnement à internet?</p>
<p><strong>Pour aller plus loin:</strong> L&#8217;ouvrage, qui date de 2007 en édition originale, a suscité de nombreuses recensions et critiques en sens divers. Vous les trouverez aisément avec votre moteur de recherche. Voici les <a href="http://www.google.be/search?hl=fr&amp;q=l%27empire+du+moindre+mal+mich%C3%A9a&amp;sourceid=navclient-ff&amp;rlz=1B3GGGL_frBE238BE239&amp;ie=UTF-8" target="_blank">résultats fournis par Google</a>.</p>
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		<title>Football, internet et philosophie</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 22:53:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[football]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
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Entre un débat avec François Heinderyckx et des photos à prendre de Paul Van Himst ou de Ludovic Delory qui dédicaçaient leurs livres, j&#8217;ai passé une bonne demi-douzaine d&#8217;heures à la Foire du Livre aujourd&#8217;hui.
J&#8217;aime toujours bien ce rendez-vous annuel avec les bouquins qu&#8217;on ne trouve pas toujours aux étals des grandes librairies classiques. Et <a href='http://blog.pickme.be/2010/03/07/football-internet-et-philosophie/'>[...]</a>]]></description>
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<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/flb2010-026b.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1982" title="flb2010 026b" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/flb2010-026b.jpg" alt="" width="228" height="160" /></a>Entre un débat avec François Heinderyckx et des photos à prendre de Paul Van Himst ou de <a href="http://www.editionslucpire.be/index.php/societe/espace-vital/item/6567-silence-les-agneaux" target="_blank">Ludovic Delory</a> qui dédicaçaient leurs livres, j&#8217;ai passé une bonne demi-douzaine d&#8217;heures à la Foire du Livre aujourd&#8217;hui.</p>
<p>J&#8217;aime toujours bien ce rendez-vous annuel avec les bouquins qu&#8217;on ne trouve pas toujours aux étals des grandes librairies classiques. Et j&#8217;ai une sincère admiration pour ces gens courageux, auteurs et éditeurs, qui s&#8217;obstinent à augmenter de leurs contributions l&#8217;océan de tout ce qui se publie. Dans la tête, j&#8217;ai le chiffre de 30.000 nouveaux bouquins en français chaque année. Comment ne pas rater quelque chose d&#8217;important?</p>
<p>L&#8217;important est d&#8217;ailleurs relatif. C&#8217;est personnel. Et c&#8217;est ce qui donne son sens à une &laquo;&nbsp;foire&nbsp;&raquo;, comme occasion de faire de nouvelles rencontres.</p>
<p><span id="more-1981"></span></p>
<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/399blog-743327.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1983" title="399blog-743327" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/399blog-743327.jpg" alt="" width="137" height="200" /></a>Chez Luce Wilquin, je me suis fait dédicacer son recueil de nouvelles par Aurelia Jane Lee, que je ne connaissais pas avant la soirée d&#8217;ouverture, au cours de laquelle j&#8217;ai fait sa connaissance par l&#8217;intermédiaire de Valérie Nimal. C&#8217;est donc un pari tout-à-fait aveugle que j&#8217;ai fait en me procurant son livre. Il me tarde de l&#8217;ouvrir.</p>
<p>Un peu plus loin, j&#8217;ai croisé <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Outers" target="_blank">Jean-Luc Outers</a>. Il a échangé des <a href="http://www.ladifference.fr/lettres-du-plat-pays.html?indextitre=4&amp;titre=L#livre1949" target="_blank"><em>Lettres du Plat Pays</em></a> avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kristien_Hemmerechts" target="_blank">Kristien Hemmerechts</a>, dont les écrits sont publiés par les <a href="http://www.ladifference.fr/" target="_blank">Editions de la Différence</a> en néerlandais assorti d&#8217;une traduction. Retour au poto-poto communautaire national? Sûrement pas. Je me sens parfaitement en phase avec ce qu&#8217;Outers écrit dans son avant-propos:</p>
<blockquote><p><em>Mais finalement, qu&#8217;importent les Etats en regard des êtres qui les peuplent et qui, par-dessus leurs frontières réelles ou imaginaires, tissent des liens et forment des rhizomes?</em></p></blockquote>
<p>Sur le même stand, je me suis jeté sur une réédition d&#8217;un livre de <a href="http://www.arllfb.be/composition/membres/eekhoud.html" target="_blank">Georges Eekhoud</a> que je ne connaissais pas, <a href="http://www.aden.be/index.php?aden=les-libertins-d-anvers" target="_blank"><em>Les libertins d&#8217;Anvers</em></a>. C&#8217;est publié dans la collection <a href="http://www.aden.be/index.php?aden=opium-du-peuple" target="_blank"><em>Opium du Peuple</em></a> par une maison militante, Aden.</p>
<p>Comme je faisais aussi l&#8217;emplette d&#8217;un autre titre de la collection (<em>Ni dieu, ni maître</em>, de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Auguste_Blanqui" target="_blank">Blanqui</a>), l&#8217;éditeur m&#8217;a signalé à tout hasard que <a href="http://www.librairiewb.com/enrayons/sciencesh/religion01.html" target="_blank">Serge Deruette</a> signait justement le livre qu&nbsp;&raquo;il a consacré à faire entendre la voix de Jean Meslier, curé ardennais du XVIIIe siècle et penseur méconnu qui, pour être mort au tout début du siècle des Lumières, n&#8217;en est pas moins l&#8217;auteur, explique la quatrième de couverture, de &laquo;&nbsp;la première théorie complète d&#8217;athéisme et de matérialisme révolutionnaire&nbsp;&raquo;. Une pépite? Michel Onfray lui consacre en tout cas une cinquantaine de pages dans sa <em>Contre-histoire de la philosophie.</em></p>
<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/confid.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1984" title="confid" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/confid.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>Je suis revenu juste à temps à mon port d&#8217;attache, le stand des Editions Luc Pire, pour échanger quelques mots avec une gentille vedette, une idole de mon enfance mauve et blanche. Paul Van Himst, &laquo;&nbsp;le Pelé blanc&nbsp;&raquo;. <em>Polle Slalom</em>. Il dédicace ses <a href="http://www.editionslucpire.be/index.php/societe/actualite/item/6584-confidences" target="_blank"><em>Confidences</em></a> et sourit à mon évocation d&#8217;un dimanche des années 60 dans la vieille tribune en bois du Kiel, où le Sporting d&#8217;Anderlecht avait écrasé sous mes yeux mon autre équipe de cœur, le Beerschot. Cinq buts à un, dans une composition que je connais encore par coeur, avec Trappeniers, Heylens, Cornélis, Verbiest, Lippens, Hanon, Jurion&#8230; Et Paul Van Himst au numéro 10, bien sûr.</p>
<p>On pouvait connaître la composition de son équipe à l&#8217;époque, il n&#8217;y avait pas de <em>mercato</em> et les transferts étaient rares. Un joueur de talent, c&#8217;était aussi un club, un maillot et des couleurs qui ne déteignaient pas&#8230;</p>
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		<title>Avec Michel Bourlet, à la Foire du Livre</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 00:13:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bricman</dc:creator>
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Imaginez un type connu. Michel Bourlet. Il est assis à une table, à la Foire du Livre. Derrière une pile de bouquins. Vous le reconnaissez, vous l&#8217;avez vu à la télé. Lui, forcément, il ne sait pas du tout qui vous êtes.Vous en prenez un, vous le priez de vous le dédicacer en vous demandant <a href='http://blog.pickme.be/2010/03/05/avec-michel-bourlet-a-la-foire-du-livre/'>[...]</a>]]></description>
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			</a>
		</div>
<p><a href="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/flb2010-014.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1975" title="flb2010 014" src="http://blog.pickme.be/wp-content/uploads/2010/03/flb2010-014.jpg" alt="" width="150" height="224" /></a>Imaginez un type connu. Michel Bourlet. Il est assis à une table, à la Foire du Livre. Derrière une pile de bouquins. Vous le reconnaissez, vous l&#8217;avez vu à la télé. Lui, forcément, il ne sait pas du tout qui vous êtes.Vous en prenez un, vous le priez de vous le dédicacer en vous demandant que lui dire pour engager la conversation. Vous vous sentez un peu gauche.</p>
<p>L&#8217;homme vous demande comment vous vous appelez. Il vous dit que vous portez le même prénom qu&#8217;une de ses filles. C&#8217;est fait, la glace est rompue. Vous trouvez enfin les mots tout simples qui traduisent les sentiments qu&#8217;il vous a inspirés, quand on le voyait sur tous les plateaux de télé. Et lui, il vous répond sans trop y toucher que vous lui faites bien plaisir en lui disant ça. Il vous demande d&#8217;où vous venez.</p>
<p>Ce pourrait n&#8217;être qu&#8217;une façon de meubler un silence, comme souvent. Mais lui, il vous fait comprendre par là que vous existez. Et vous repartez contente, madame.</p>
<p>J&#8217;ai passé une heure, hier, aux côtés de Michel Bourlet qui dédicaçait son livre au stand des <a href="http://www.editionslucpire.be/index.php" target="_blank">Editions Luc Pire</a>. Je l&#8217;ai vu s&#8217;intéresser à ce que lui racontaient de parfaits inconnus. On ne juge pas un homme en une heure. Evidemment. Mais j&#8217;ai cru comprendre pourquoi et comment celui-là a réussi à rendre l&#8217;espoir d&#8217;être quand même entendus à des parents brutalement plongés dans un malheur indicible. Julie et Melissa. An et Eefje. L&#8217;affaire <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Dutroux" target="_blank">Dutroux</a>. Et l&#8217;affaire <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Cools" target="_blank">Cools</a>, avant ça.</p>
<p>Je l&#8217;avais lu, son livre, quelques jours auparavant. Pratiquement d&#8217;une traite. Entre ses lignes, j&#8217;ai entendu le cri d&#8217;un homme excédé d&#8217;avoir été abusivement traduit devant le tribunal des flagrants délires médiatiques.</p>
<p>Comprendre. C&#8217;est déjà une des bonnes raisons de le lire.</p>
<p>Une autre est la mémoire de tragiques événements récents, dont certains auraient sans doute pu être évités. Et qui pourtant se reproduisent. Dans la vidéo de TV Lux, ci-dessous, Michel Bourlet explique que ce qui l&#8217;a finalement décidé à écrire, c&#8217;est le énième épisode de la guerre des polices qu&#8217;a représenté à ses yeux l&#8217;affaire Fourniret.</p>
<p>Il ne savait pas encore qu&#8217;au moment où sortiraient de presse les réquisitions qu&#8217;il trace littérairement dans son livre, on se demanderait, à nouveau, pourquoi  n&#8217;a pas été explorée, à Louvain, dans l&#8217;enquête sur la mort d&#8217;Annick, la piste au bout de laquelle <a href="http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=3K2MRD9E&amp;word=janssen" target="_blank">Kevin et Shana</a> auraient pu avoir la vie sauve.</p>
<p>Michel Bourlet n&#8217;a finalement été, à la tête du parquet chestrolais, qu&#8217;un homme qui a fait le travail qu&#8217;on attend d&#8217;un procureur du Roi. Il en est pourtant devenu un héros.  Cette conjonction explique pourquoi <a href="http://boutique.lesoir.be/la-traque-au-loup-de-michel-bourlet.html" target="_blank"><em>La Traque au loup</em></a> est une lecture urgente.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="468" height="350" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="bgcolor" value="111111" /><param name="src" value="http://www.tvlux.be/flowplayer/FlowPlayer.swf?config=%7Bembedded%3Atrue%2CbaseURL%3A%27http%3A%2F%2Fwww%2Etvlux%2Ebe%2Fflowplayer%27%2CinitialScale%3A%27scale%27%2CplayList%3A%5B%7BoverlayId%3A%27play%27%7D%2C%7Burl%3A%27http%3A%2F%2Fwww%2Etvlux%2Ebe%2Fvideos%2F2010%2D02%2D23%2F7%2Eflv%27%7D%5D%7D" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="468" height="350" src="http://www.tvlux.be/flowplayer/FlowPlayer.swf?config=%7Bembedded%3Atrue%2CbaseURL%3A%27http%3A%2F%2Fwww%2Etvlux%2Ebe%2Fflowplayer%27%2CinitialScale%3A%27scale%27%2CplayList%3A%5B%7BoverlayId%3A%27play%27%7D%2C%7Burl%3A%27http%3A%2F%2Fwww%2Etvlux%2Ebe%2Fvideos%2F2010%2D02%2D23%2F7%2Eflv%27%7D%5D%7D" bgcolor="111111"></embed></object></p>
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