Je suis rentré hier soir de vacances. Quinze jours complets dans le Gard. Quatorze de soleil et un d’alerte rouge orages, offert par Météo France. Pas de la petite bière, j’ai vu des gens vraiment inquiets: en septembre 2002, Saint Géniès de Malgoirès était sous eau, l’Esquielle s’était prise folie. Le boucher volubile, monsieur Nicosia, m’a raconté qu’il était entré dans sa boutique en nageant, qu »il avait dû rester fermé pendant trois mois, passés à nettoyer les murs de faïence avec des brosses à dents. Nous, à Domessargues, dont le maire est communiste comme celui de Saint Géniès, on n’a finalement été privé d’électricité que pendant une nuit, claire comme le jour grâce aux éclairs en continu.

Notre logeuse avait des soucis avec sa connexion internet. Et moi j’étais coupé du monde. De vous surtout. D’où mon silence. Excusez-moi de vous le dire, mais ça fait du bien, un moment d’exil. Ça lave le cerveau. J’ai lu et me suis intéressé aux gigantesques travaux qu’ont entrepris les Romains pour amener à Nîmes l’eau dont elle avait besoin.

Vous connaissez le pont du Gard, bien sûr, cet époustouflant ouvrage de génie civil construit au Ier siècle de notre ère. C ‘était la pièce maîtresse d’un aqueduc de cinquante kilomètres, construit en cinq ans à partir d’Uzès et de la source de l’Eure jusqu’au Castellum (le château d’eau) dont on peut encore voir les vestiges sur les hauteurs de Nîmes, rue Lampariès. Il a fonctionné à la satisfaction générale pendant cinq siècles.

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Rendez-vous au centre-ville, dans ce joli village que j’ai habité, jadis. La rue de Laeken, les vieux quais, le KVS… Le 71 est le bus le plus inconfortable que je connaisse jusqu’ici – la suspension était en option sur ce modèle et la STIB a choisi de faire des économies – mais je ne dois pas lui trouver une place de parking pendant que je bosse, il poursuit sa ronde entre De Brouckère et Delta,  faisant valser les petits vieux qui s’agrippent aux mains courantes. A 10 heures, en été, la plupart d’entre eux sont assis, ça restera marée basse aux urgences.

A l’aller, c’est édenique.

Devant moi il y a deux mamans avec des poussettes et les bambins qui vont avec. Un mignon jaune homme et un joli Mohammed que cornaque une dame voilée sans ostentation, élégante dans sa mise colorée mais stricte. Arrive un troisième carrosse de compète, adroitement piloté par une mama africaine. Le mioche, qui doit avoir dans les trois ans au compteur, rêve à l’évidence d’un petit casse-dalle. Il plonge sa petite main potelée dans le décolleté de sa mère et en sort sans façons le biberon bio  bien caréné, toujours prêt sous la blouse, qu’il entreprend illico de téter au goulot, comme un vrai petit mec.

Et Margot, qui est simple et très sage, imagine que c’est son môme qui adoucit les regards qui convergent. Elle rassied le petit dans sa poussette, puis remet à couvert le joli robert avitailleur. Elle échange quelques mots enjoués avec la dame du Maghreb, pas bégueule, qui la complimente pour le bel appétit du petit homme.

Mon rendez-vous s’est bien passé.

Sur le trajet du retour, c’est un mash-up de Germinal et de L’Assomoir.

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Image de Grèce, une terrasse en bord de mer

La Grèce et moi, je vais vous dire, ça n’a pas été le coup de foudre au premier regard. La première fois, j’en suis revenu assez déçu. Peut-être étaient-ce les circonstances: j’accompagnais notre équipe militaire de volley-ball qui jouait un tournoi à Athènes. Heureusement, il y eut très vite une deuxième fois, puis une troisième et plusieurs autres ensuite. Aujourd’hui, je suis résolument philhellène…

J’y suis retourné deux fois ces derniers temps. J’en ai ramené des centaines d’images. J’aime celle-ci pour le bleu qui domine: le bleu délavé du ciel, le bleu profond de la mer et le bleu-roi des portes et fenêtres, hors-cadre, dont il restait un pot pour vêtir les chaises en bois. Et pour l’ombre vert-olive qui incite à s’asseoir et attendre paisiblement la khoriatiki et le vin blanc en écoutant, sur un vieil enregistreur à cassettes, l’immortel Tsitsanis vanter, dans un bouge enfumé du Pirée, les charmes surannés de Salonique, la belle: Omorfi Thessaloniki.

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PS: J’ai commencé à ranger mes meilleures photos de Grèce sur mon compte Flickr. Si ça vous tente, ne vous privez pas…

Quand je consulte mes statistiques de fréquentation, je vois que sur les douze derniers mois, ce blog a accueilli des visiteurs en provenance de 118 pays différents. Les Belges sont évidemment de loin les plus nombreux, je parle surtout de la Belgique, mais j’ai des amis qui me lisent presque partout dans le monde.

D’où l’idée, cet été, d’essayer d’un peu mieux nous connaître. Envoyez-moi donc des « cartes postales », un petit mot, une photo, des liens, une vidéo… Ce que vous voulez qui qui parle de vous et de l’endroit où vous vivez à la petite communauté (pas si petite que ça, après tout…) qui s’est petit à petit constituée autour de ce blog.

Je les publierai, non pas en commentaires, mais j’en ferai des billets. Pour correspondre, utilisez le formulaire de contact en me donnant votre adresse: je vous recontacterai pour vous donner mon adresse électronique que je ne diffuse pas ici pour des raisons évidentes: les robots spammeurs sont à l’affût…

Dat geldt natuurlijk ook voor mijn Vlaamse bezoekers die redelijk talrijk zijn – en daar ben ik fier op! Aarzel niet in het Nederlands te schrijven, ik vertaal graag uw « postkaartjes » in het Frans.

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