Le blog de Yoplait

Et voici un nouveau blog corporate, un tout nouveau, il vient de naître. Impossible toutefois de savoir quand, les articles ne sont pas datés, ce qui est un peu perturbant et le deviendra de plus en plus, au fil du temps. Mais soit.

C’est Yoplait qui se lance ainsi dans l’aventure. Les produits laitiers, yaourts à boire ou à manger (« As-tu ton yop’? »), et aussi une mousse au chocolat, à mon avis la meilleure du marché. Après la mienne, bien sûr… C’est le président en personne qui signe le premier article. Et ce sont les « BlogAngels » d’Hervé Kabla qui cornaquent l’opération. Expérience à suivre avec intérêt.

A suivre surtout parce que les « blogs-produits », comme celui-ci, me paraissent un genre assez difficile: comment éviter l’écueil du discours marketing et de la promotion pure et simple? Il y a quelques échecs sanglants dans la catégorie, Alliconnect par exemple, le blog lancé il y a quelques mois par GSK, avec le concours de Debbie Weil, pour promouvoir un nouveau régime amaigrissant… et qui semble avoir déjà disparu de la circulation, faute de lecteurs.

C’est précisément dans le verbe qu’est l’écueil: promouvoir. Bien sûr, jamais une entreprise n’aura d’autre objectif que se faire du bien en lançant un blog. Mais par nature, un blog corporate n’a pas du tout le mode de fonctionnement d’une campagne publicitaire. Un blog corporate, c’est de la communication institutionnelle, pas de la communication-produit. Cela suppose une implication sans faille et, surtout, de la transparence et de la sincérité.
Il s’en déduit que s’il s’agit simplement de vanter sa marchandise, on aura vite fait le tour de la question. Et l’on n’aura plus rien à dire. Non, un blog corporate, c’est une façon subtile mais sincère de s’adresser au public, de lui ouvrir les coulisses, de l’intéresser avec tout ce qui, précisément, ne fera jamais l’objet d’une campagne publicitaire: la vie de l’entreprise, son personnel, ses dirigeants, leurs enthousiasmes et même leurs doutes.

Bon vent, la p’tite fleur…

Si j’avais su, j’aurais attendu quelques jours encore avant de vous livrer mon article sur les blogs de salariés dans la série « Blogs corporate ». Je découvre en effet cet intéressant article dans le New York Times, ce soir.

C’est chez Wal-Mart. Un blog uncensored, tenu par les acheteurs de la chaîne, invités à dire ce qu’ils pensent (vraiment…) des produits en rayon. Il s’appelle « Check-Out« . Et il n’y va pas pas toujours avec le dos de la cuillère, paraît-il.

J’explorerai ça et on en reparle, si ça vaut le coup.

Dans un récent article, le journal économique français Les Echos découvrait une nouvelle tendance hexagonale, dans la gestion des ressources humaines: les salariés qui se font les VRP de leur entreprise, ici pour aider au recrutement de talents. Des portails remplis de témoignages d’employés heureux dans ce cabinet d’audit; là, des « campus-managers » pour draguer le candidat à la sortie des facs; un website spécial chez Air France…

Il n’est pas expressément question de blogs, ici, mais l’esprit collaboratif et interactif est bien là, quand les intentions sont pures. Et c’est ce qui m’intéresse. Comme j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, le blog n’est ni un « genre », ni un but en soi. C’est un outil de publication puissant, commode, accessible à tout le monde et bon marché. Point.

Quant auxdits blogs justement, certaines entreprises ont bien compris que c’était une nouvelle donne avec laquelle il allait falloir compter: vos clients et vos salariés ont évidemment toujours parlé de vous, dans leurs conversations privées; mais quand ils se mettent à bloguer, quand leurs propos sont amplifiés par un puissant medium, qu’ils peuvent être entendus et reproduits sans difficulté à n’importe quel endroit de la planète, c’est évidemment tout autre chose…

Pas toujours agréable d’ailleurs: voyez par exemple la FNAC, Intel (exemples repérés via Bertrand Duperrin), Disneyland Paris

Et il y a deux façons de réagir:

  • ou bien vous jouez au gendarme (avec vos employés, parce qu’avec vos clients, ce n’est pas forcément conseillé…);
  • ou bien vous appliquez la bonne vieille maxime selon laquelle il n’est pas très intelligent de tenter d’arrêter un train en se couchant sur les voies et vous montez à bord.

Il y a des entreprises qui ont fait ça, se disant en substance : puisque la conversation a lieu de toutes façons, que nous le voulions ou non, il serait sot de rester à l’écart. Et au lieu de tenter d’empêcher leurs employés de bloguer, elles les y ont encouragés. Voire même leur ont offert des plate-formes de blogging corporate.

Il y a des risques, c’est sûr, mais probablement aussi des profits à retirer en proportion. C’est en tout cas ce qu’on semble penser chez Sun:

By speaking directly to the world, without benefit of management approval, we are accepting higher risks in the interest of higher rewards (c’est moi qui souligne). We don’t want to micro-manage, but here is some advice…

Suivent alors les recommandations aux salariés invités à bloguer sur la plate-forme, dont la principale: faites toujours en sorte qu’il soit bien clair pour le lecteur que vous parlez en votre nom, et pas en celui de la firme.

EN PRATIQUE

Bon, d’accord: IBM, Sun… cela fait des milliers d’employés. Et des moyens considérables réservés à la communication d’entreprise. Rien n’empêche cependant une plus petite structure de recruter des blogueurs en son sein ou d’offrir une plate-forme d’expression à ceux que cela intéresse.

Je ne sais pas comment la chose est organisée chez Southwest Airlines, mais voilà par exemple un blog d’entreprise collectif (dont j’ai déjà parlé ici il y a presque un an) qui mélange un peu tous tous les genres: sous-site corporate, mini-enquêtes auprès des utilisateurs, expression des salariés. Rien n’empêche non plus une PME d’ouvrir des blogs pour ses salariés qui le souhaitent. D’une certaine façon, c’est d’ailleurs ce que font déjà certains medias qui encouragent (imposent parfois?) le blogging chez leurs journalistes.

L’imposer, justement, n’est certainement pas une bonne formule. Mais si vous avez chez vous des gens qui sont particulièrement calés dans leur domaine et qui ont envie de s’exprimer, pourquoi ne le feraient-ils pas sur un blog installé sur votre site d’entreprise, au lieu d’aller voir ailleurs?

Vous ne pouvez les contrôler? Et alors? Il y a quelques risques, c’est vrai, mais c’est une question de confiance, un contrat moral à conclure. Si de grosses boîtes prennent le risque de laisser bloguer sur leur site des centaines d’employés, pourquoi ne le feriez-vous pas avec le ou les volontaires qui auraient envie de le faire chez vous? A bien y réfléchir, un blog d’employé n’est pas si différent que cela d’un blog de CEO: dans un cas comme dans l’autre, ce sont des êtres humains qui s’expriment, comme ils le font déjà dans tous les jours dans leur entourage. Avec un bon supplément d’impact…

A titre documentaire et pour poursuivre la réfléxion, voyez ici:

Précédemment paru dans cette série:
  1. Utiliser les blogs dans l’entreprise
  2. Des outils de veille
  3. L’art du ricochet
  4. Celui du boss

blogs-corporate.png Dans le blogging d’entreprise, c’est un peu la catégorie-vedette, celle en tout cas qui bénéficie de la plus grande visibilité, celle aussi qui fait des blogs un sujet de discussion rêvé dans les dîners en ville: les blogs de CEO. Ce n’est pourtant pas la plus fournie.

De ce côté-ci de l’Atlantique, je ne connais pas de patron BEL20 ou CAC40 qui publie son blog perso. Officiellement en tout cas. Aux Etats-Unis, ça existe mais ce ne fait pas (pas encore?) non plus la majorité de l’espèce. Vous pensez bien: ils n’ont pas le temps, n’est-ce pas…

Faut-il alors croire qu’un poste de vice-président chez General Motors soit une sinécure? Que Bob Lutz s’ennuie sur les terrains de golf et n’aime pas trop les walking-dinners? Il est en tous cas un des tout premiers top-executive d’une grosse boîte qui bloguent régulièrement. Depuis des années.

Depuis le début de celle-ci, Bob a signé cinq des billets du Fastlane Blog, le navire amiral de l’armada blogosphérique de General Motors, le dernier en date étant celui du 12 février, dans lequel il commente les ventes de la marque, en 2007.

Jonathan Schwartz est, lui, le CEO de Sun Microsystems. Il a, pour sa part, son blog à lui tout seul, le Jonathan’s Blog, avec cinq billets publiés depuis le 1er janvier, lui aussi.

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Parfois délicieusement provocants. Son entreprise a sa propre plate-forme de blogs, réservée à ses employés, officiellement encouragés à bloguer. A ce jour, plus de 4.000 blogs en activité… Avec des audiences diverses, sans doute, mais celui de Schwartz est une vraie vedette, avec une « autorité » de 1693 chez Technorati, le situant dans les 1.000 blogs les plus populaires de la planète.

En Europe francophone, le patron-blogueur le plus connu est Michel-Edouard Leclerc, patron des supermarchés du même nom, doyen d’une petite confrérie essentiellement constituée de patrons de PME technologiques, de cadres supérieurs et de consultants (comme moi…) Une curiosité intéressante: My Cup of Tcha, le blog de Jacques Kemp, CEO d’ING Asie-Pacifique:

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Mais laissons là une énumération un peu vaine. Se recommande-t-il, pour un CEO, de bloguer?

Les avis sont partagés

Seth Godin, le gourou chauve du marketing 2.0, a publié, fin 2004, un court article fameux dans laquelle il exprimait son scepticisme. Les blogs fonctionnent, disait-il, quand ils sont basés sur quatre au moins des cinq éléments suivants: franchise, urgence, à-propos, concision, controverse. Et de demander un peu malicieusement si tout cela faisait bien penser à un CEO…

Cela dit, un bon mot peut faire sourire, voire réfléchir, mais il ne démontre rien.

Si l’on en revient à Bob Lutz, qui publiait à ce propos un article dans Information Week du 11 juillet 2005, il souligne tout l’intérêt qu’il peut y avoir pour un dirigeant à s’exprimer dans une autre langue que celle des pros de la com’ traditionnelle. Ce qui est probablement une des principales raisons pour lesquelles les blogs soulèvent encore des réserves chez certains d’entre eux: ils dérangent leurs confortables habitudes. Et il conclut:

To me, the blog is a way for GM to be culturally relevant. It allows us to be on the leading edge of new technology while getting our strong views out there about our cars and trucks. So far, response has been outstanding, with more than 5,000 visits and 13,000 page views a day.

Pour ma part, je penche évidemment aussi pour le « oui » – sinon, que ferais-je ici? -, mais il reste conditionnel. Je ne recommanderais pas à n’importe quel patron de bloguer. C’est une question de personnalité. Et je ne lui cacherais pas qu’il y a des risques. Mais il y en a probablement autant, si pas plus, à ne pas s’occuper de ce qu’on dit de vous.

Et puis, quel impact qu’un blog tenu par une « signature »!

Pour en (sa)voir plus:
Précédemment parus dans cette série:
  1. Utiliser les blogs dans l’entreprise
  2. Des outils de veille
  3. L’art du ricochet

blogs-corporate.png Wally et June Blume dirigent, en couple, une entreprise de fabrication de crèmes glacées à Wayland, dans le Michigan. Elle s’appelle Denali Flavors et sa marque la plus connue aux States est Moose Tracks. C’est une PME. John Nardini y est en charge du marketing. Il compense l’étroitesse de ses budgets par son imagination. Et il utilise donc des blogs.

Il le fait tellement bien qu’il y a quelques jours, ça lui a valu les honneurs du New York Times, figurez-vous. C’est comme ça que j’ai entendu parler de lui car, à mon grand regret, je n’ai aucune accointance dans le Michigan.

Pourquoi je vous parle de ça? A cause d’un de ses blogs ou, plus exactement de l’idée qui est derrière. Souvenez-vous donc que l’entreprise vend des crèmes glacées et voyez un des blogs qu’elle publie dans le cadre de sa politique de communication:

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Un blog de conseil sur la gestion des finances personnelles. Comme il y en a déjà tant. Sans aucun rapport a priori avec les cornets de glace. Nardini a toutefois expliqué au NYT qu’il avait choisi ce thème parce qu’il cherchait à mettre en place un blog qui aurait une circulation telle qu’il serait à lui seul un media pouvant servir de support pour les pubs Moose Tracks (en haut à droite, dans la sidebar de chaque page, avec évidemment un lien vers le site).

Le budget familial, ça intéresse en principe tout le monde et c’est d’ailleurs une des catégories les plus recherchées sur le web. Et, c’est capital, Nardini se sentait de taille à publier plusieurs billets par jour sur le sujet.

Le résultat, c’est un blog qui fait dans les 4.500 visites par jour, qui a une grosse « autorité » chez Technorati (750) et des liens à la pelle dans Google (plus de 8.000). Et qui fait de la pub pour Moose Tracks pour un coût annuel d’environ 400 US dollars. Plus le temps de Nardini, qui est employé par la firme et qui s’amuse paraît-il beaucoup à tenir ce blog sur lequel il publie plusieurs billets par jour.

Un autre exemple, dont je vous ai déjà parlé ici, de ce que j’appelle le « blogging indirect » ou « par ricochet », nous vient de la banque américaine Wells Fargo, avec son site Guided by History.

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C’est plus directement une promotion de la marque, en s’appuyant sur ses caractéristiques, mais par autre chose que ses produits et offres de services. En l’occurrence par son histoire, liée dans les esprits du plus grand nombre à un imaginaire heureux, fût-il mythique et enjolivé par la légende des diligences, dans les westerns de notre enfance.

En pratique

L’utilisation de la méthode repose essentiellement sur une technique de triangulation permettant d’atteindre une cible donnée (allant du grand public à un tout petit segment de celui-ci) en traitant un sujet qui l’intéresse ou qui doit l’intéresser, mais qui n’a pas de rapport direct avec la motivation professionnelle principale de l’éditeur du blog: vendre ses produits.

Une telle démarche est en principe ouverte à n’importe quelle entreprise, association ou profession libérale s’adressant à une « clientèle » plus ou moins homogène. Elle exige toutefois la réunion de trois préalables au moins:

  1. la sincérité: interdiction absolue de tricher. Si le site financier de Denali Flavors fonctionne, c’est parce qu’il s’agit d’un blog vraiment consacré aux finances personnelles, pas à la promotion déguisée d’une marque de crèmes glacées qui n’apparaît avec son logo que comme sponsor, dans la sidebar, pas dans les billets;
  2. la compétence: le succès d’un blog est fonction de l’intérêt de son contenu. Ce ne sont pas de simples « toutes-boîtes » dans lesquels le contenu rédactionnel n’est là que pour encadrer les insertions publicitaires. Ne (sou)riez pas: l’offre (entièrement gratuite) est tellement abondante dans la blogosphère qu’un site rempli à la hâte de contenus-prétextes n’a aucune chance de retenir l’attention du public;
  3. la disponibilité ou l’opportunité: du deuxième point, on peut déduire que l’aventure ne peut être tentée que si et seulement si on a sous la main un blogueur ou une équipe de blogueurs motivés, compétents et disponibles. Cela peut se trouver en interne, parmi les membres du personnel ou à la direction, de même qu’à l’extérieur de l’entreprise, par « recrutement » d’un blogueur qu’elle déciderait de sponsoriser.

Mais il est vrai qu’aucun de ces prérequis n’est propre au blogging indirect.

Comme toujours aussi, la mise en oeuvre d’une telle démarche exige qu’avant de se lancer, on réfléchisse soigneusement au contenu du projet et à la façon de le réaliser. Un blog est un peu à un site traditionnel comme comme une voiture de sport l’est à une berline familiale: ça roule bien plus vite, mais c’est aussi beaucoup plus facile à planter dans le décor.

Ne vous jetez donc pas là-dedans tête baissée, sans réfléchir. Lancer un blog, c’est facile. Le réussir, ça demande préparation et persévérance. Cela impose des contraintes qui peuvent ne pas vous convenir, à vous ou à votre entreprise. Mieux vaut le savoir, et c’est un convaincu qui vous le dit!

Précédemment parus dans cette série:
  1. Utiliser les blogs dans l’entreprise
  2. Des outils de veille

blogs-corporate.png Au risque de vous surprendre, la première utilisation de l’outil blog que j’identifie pour une entreprise n’a rien à voir avec la construction ou l’amélioration de l’image, ni avec le marketing ou avec la constitution d’une « communauté » de lecteurs fidèles et/ou de supporters.

Non. Je vous propose de considérer que les blogs peuvent être, entre autres, de puissants outils de veille (concurrentielle ou technologique) et de gestion des connaissances.

Ah bon?

Oui.

Je n’ai pas inventé ça. Dans son bouquin (Blogs pour les pros, chez Dunod, p.87), Loïc Le Meur va jusqu’à recommander cette démarche aux débutants, la jugeant « sans risque »:

Le plus simple et le moins consommateur en temps est de créer un blog de liens ou « link blog ». A chaque fois que vous voyez passer lors de votre veille régulière un article, un livre, une note, un document qui vous semble intéressant dans votre secteur, créez une petite note avec simplement un lien vers ceux-ci. Si vous avez un peu de temps ou si vous en trouvez l’intérêt, complétez ce lien par une brève description, quelques commentaires ou avis de votre part, créez des catégories et associez les à ce lien.

Mais… C’est aux particuliers que parle Loïc, me direz-vous. Quel est l »intérêt spécifique pour une entreprise? Patience, j’y viens.

Veille collaborative dans une PME/TPE

Toutes les petites et moyennes entreprises, c’est une évidence, n’ont pas les moyens ni les ressources, c’est un euphémisme, pour organiser une veille en s’équipant avec les logiciels ad hoc et en embauchant ceux qui sont capables de les utiliser.

Un blog par contre, c’est à la portée de tout le monde et ça ne coûte rien, ou si peu, sinon le temps qu’on lui consacre. Ce qui peut être beaucoup, j’en conviens. Mais vous prendriez le risque, vous, de gérer une affaire sans vous occuper de ce qui se passe dans votre environnement? Chez vos concurrents, vos clients, vos fournisseurs? Vous vous passeriez de vous tenir au courant des nouveaux produits, de l’évolution de la technique dans votre secteur? Non, sans doute. Vous le faites déjà. Un ou des blogs peuvent vous aider. Voici comment.

Au lieu donc de recueillir vos infos au petit bonheur la chance et de les laisser prendre la poussière sur vos étagères,

  1. Vous allez engager vos collaborateurs à prendre une adresse de messagerie (gratuite) de type GMail et à ouvrir un compte (gratuit aussi) chez del.icio.us ou un de ses semblables; vous leur demanderez d’y stocker tout ce qu’ils trouvent sur la Toile , qui intéresse votre domaine d’activités (faites les penser à s’abonner à des « alertes » chez Google). Si vous êtes bien organisé ou si ça vous chante, vous allez assigner à chacun un champ de recherche plus ou moins défini;
  2. Vous allez ensuite ou faire ouvrir un blog (en cinq minutes chrono) sur une plate-forme quelconque, toujours gratuite. Je vous recommande WordPress.com, mais il y a beaucoup d’autres solutions, certaines modestement payantes mais assorties alors de formations, coaching et/ou services de support;
  3. Vous ferez de tous les participants à la veille des auteurs, éditeurs ou administrateurs du blog, leur permettant ainsi de publier leurs découvertes, chacun pour ce qui les concerne, dans les différentes catégories que vous aurez définies. Le rythme de publication est une affaire de goût: les uns consacreront une heure par semaine à faire la synthèse de leur moisson sur del.icio.us, les autres cinq minutes à chaque fois qu’ils trouvent quelque chose de pertinent; en tout état de cause, cela ne leur prendra pas plus de temps que de vous faire un note et cela sera bien plus efficace que de vous demander, entre deux portes: « Dites, vous avez vu cette info sur un nouveau… »

Il ne vous restera qu’à décider si votre blog de veille (ou « vertical ») doit être public, ouvert à tous les internautes, ou d’accès strictement limité, à l’abri de vos firewalls et autres DMZ, à l’équipe de veilleurs ou à tous les membres concernés de votre personnel.

Là, c’est à vous de choisir. Je crois personnellement que la veille « publique » peut être intéressante pour votre entreprise. S’il est lu, et il le sera grâce aux moteurs de recherche s’il est bien fait, votre blog de veille vous apportera rapidement échanges et « retours » d’autres blogueurs intéressés par les mêmes thématiques. L’inconvénient potentiel le plus évident est évidemment que cette publicité peut aussi attirer l’attention de vos concurrents (qui doivent « veiller » eux aussi…) sur vos propres centres d’intérêt. Surtout si un de vos collaborateurs distraits en vient à commenter une info en la mettant en rapport avec ce nouveau produit révolutionnaire que vous préparez en grand secret! :)

Un outil simple, utile et efficace pour la veille

J’ai choisi d’évoquer l’utilisation d’un blog à des fins de veille en espérant vous montrer que, contrairement à ce qu’on pense souvent, le blog n’est pas directement, par essence, un genre littéraire pour ados révoltés ou quinquagénaires mélancoliques, mais un simple outil logiciel multi-usages. Ni plus, ni moins.

Sur le papier, la colle et les classeurs à anneaux, il a l’incontestable avantage de coûter moins cher à l’usage, de prendre moins de place dans vos bureaux et d’archiver tout aussi efficacement les connaissances et la mémoire de l’entreprise. En plus, s’il est public, il peut même servir à son image…

Voici, pour conclure, quelques blogs et sites, principalement en français, consacrés à la veille et à l’intelligence économique, notamment sur Internet. C’est très loin d’être une liste exhaustive. Si vous en découvrez d’autres qui vous attirent l’oeil, faites le moi savoir! A dans huit petits jours pour la suite…

Voir aussi le « livre blanc » de Digimind: Blogs et RSS, des outils pour la veille stratégique (juin 2006). On peut le télécharger à cette adresse. [Mise à jour 6/2/07].

Précédemment paru dans cette série:
  1. Utiliser les blogs dans l’entreprise

blogs-corporate.png Dans nos contrées, rares sont encore les entreprises qui, à l’image de grosses boîtes américaines notamment, font usage de cet outil simple et puissant que sont les blogs. Probablement parce que souvent, on n’y voit encore qu’un gadget pour ados en quête de socialisation. Dans cette série d’articles, que je vous ai promise il y a quelques jours, je vous propose d’établir l’inventaire des usages possibles des blogs en entreprise.

Mais avant de commencer, souvenons-nous de ce qu’est un blog. Enfin, quand je dis « souvenons-nous », c’est bien sûr une façon de parler: les définitions pullullent et tout blogueur a la sienne. Je propose pour ma part d’aller à l’essentiel:

Un blog, c’est un site web organisé autour d’un système de gestion de contenu (CMS) et composé principalement d’articles proposés dans l’ordre chronologique inverse (le dernier publié en premier).

C’est tout? Oui, c’est tout. A partir de là, on peut préciser, affiner, catégoriser.

  • La plupart des logiciels de blog, par exemple, prévoient la possibilité pour les lecteurs de laisser des commentaires en dessous de chaque article. Mais cette option peut être désactivée par le blogueur. Il y a donc des blogs sans commentaires… et ce n’en sont pas moins des blogs.
  • La présentation des articles, je l’ai dit, se fait dans l’ordre (anté-)chronologique et sans substitutions. On en a conclu que les blogs étaient normalement des « journaux », des « carnets de bord », comme le suggère le mot: web-log. Mais rien n’empêche un blogueur de proposer sous cette forme les chapitres du roman ou de l’essai qu’il est occupé à écrire, sans aucun rapport avec les dates de parution des billets qui peuvent parfaitement être rédigés longtemps à l’avance en vue d’une publication ultérieure. Et cela reste un blog.
  • La facilité d’utilisation et la modicité des coûts ont mis les blogs à la portée du premier venu. On en a inféré qu’il s’agissait d’un site personnel. Mais il y a des blogs collectifs qui sont encore des blogs.
  • Beaucoup de blogueurs ont pour habitude de s’échanger des « liens », permettant ainsi une diffusion « virale » des articles. Mais même sans liens vers d’autres sites, un blog reste un blog.
  • La plupart des conseilleurs, bien au fait des habitudes de lecture – ou plutôt de « scanning » – des internautes, recommandent de faire bref pour être efficace. Mais on ne parcourt pas un blog d’une manière fondamentalement différente de celle qu’on applique à un autre site web. Et d’ailleurs, rien n’interdit de faire long…

Je pourrais poursuivre encore longtemps ainsi. Ce serait inutile. Je suis aujourd’hui convaincu que l’on ne peut donner une définition compréhensive de l’objet « blog » par ses contenus ou par ses utilisateurs: ils sont trop diversifiés. Le seul noyau dur vraiment incontestable est de nature technique. Un blog, c’est un CMS simplifié permettant d’effectuer des publications les unes à la suite des autres.

C’est donc un outil.

A quoi peut-il servir en entreprise?

Méthode de travail

Nous allons construire cette série pas à pas. Les prochains billets seront consacrés, chacun, à un type d’utilisation bien précise. Je compte en publier environ un par semaine, jusqu’à épuisement (sûrement provisoire!) du sujet.

Combien y en aura-t-il? De 5 à 10, sans doute. Je ne sais pas. Parce que c’est une matière en pleine évolution que nous abordons ici: les blogs d’entreprise ont déjà fait couler beaucoup d’encre (et d’octets…) mais il n’y a pas de « corps de doctrine » bien établi. S’enfermer dans un plan préformaté reviendrait à se priver de possibles découvertes hors des sentiers battus.

Cela veut dire aussi que la démarche sera inductive, basée sur des études de cas, et non sur un « savoir » illustré par des exemples.

J’apprécierais enfin que nous travaillions ensemble. Je vous invite donc à commenter, à critiquer à enrichir ses billets. A la fin de la revue, si cette série a de l’allure, je me propose d’y intégrer les plus intéressants de vos commentaires, puis de la publier en format .pdf et de la diffuser auprès de tous ceux qui se montreront intéressés. Tous ceux d’entre vous qui auront contribué seront naturellement cités (à moins bien sûr qu’ils me fassent savoir qu’ils ne le souhaitent pas) et recevront une version imprimée du document.

Voilà. On se retrouve dans quelques jours?

D’ici une petite semaine, j’entamerai la revue par un usage qui surprendra peut-être certains d’entre vous, chefs d’entreprise ou directeurs de la communication: les blogs sont un outil de veille et de knowledge management...

C’est évidemment une pure coïncidence, mais quelques heures après avoir mis en ligne mon billet du 23 janvier (« Les blogs existent-ils?« ), je découvre ce post de Brian Clark sur le très renommé Copyblogger (page ranking Google: 7/10). En quelques lignes, il déclenche un maelström de commentaires (déjà 76 – dont le mien, le n° 26 – au moment où j’entame la rédaction de cet article) avec cette « bête » question: « What’s a blog? »

Je vous ai dit déjà qu’à mon humble avis, il y avait probablement presque autant de réponses à cette question que de blogs et/ou blogueurs. Je suis donc très loin d’être seul à penser comme ça. L’intérêt du constat, et c’est tout l’apport de l’article de Brian, c’est qu’il serait dès lors opportun de revoir quelques idées reçues qui font l’essentiel du message des agences de com’ essayant de fourguer le produit aux entreprises. du genre de celles-ci, que j’emprunte à l’article précité:

  • un billet ne doit pas compter plus de 350 mots;
  • si vous avez un véritable article à écrire, ne le faites pas sur un blog mais sur un autre support;
  • publiez fréquemment, tous les jours ou presque, si possible.

Oubliez tout ça.

Ces recommandations ne valent que pour un certain de type de blog, pas forcément pour le(s) vôtre(s). Pire même: à encarcanner ainsi la pratique du blogging dans quelques prétendues règles cardinales, on aboutit en pratique à freiner considérablement l’exploitation de cet extraordinaire outil de communication que sont les blogs: vous en connaissez beaucoup, vous, des professionnels qui sont disposés à se soumettre à toutes ces contraintes? Qui en ont le loisir et les moyens s’ils ne sont pas eux-mêmes des professionnels de la communication?

La réponse est « non », j’en fais le pari. Et j’ajoute que ces contraintes sont sans objet si l’on veut bien se souvenir que ce qui fait le succès d’un blog, comme de toute publication « papier » ou « en ligne », c’est sa capacité à réaliser ses objectifs, à atteindre sa cible. Et donc:

  • les longs articles sont parfaitement pertinents s’ils sont effectivement lus par ceux à qui vous voulez les faire lire;
  • ne rien publier est largement préférable à publier n’importe quoi dans le seul but de tenir une cadence;
  • fixez votre politique éditoriale et suivez la jusqu’à ce que vous décidiez d’en changer pour mieux répondre aux attentes de vos lecteurs.

RETOUR AUX FONDATIONS

On en revient ainsi aux fondamentaux. Un blog, ce n’est rien de plus qu’un outil qui présente certaines caractéristiques techniques nouvelles; il doit être mis au service d’une politique de communication et se plier à elle et à la stratégie qui en procède, sans avoir à imposer de prétendues « règles ».

Il n’y a pas de règles immuables. Plus exactement, il n’y en a qu’une: toute action de communication doit être exclusivement orientée vers la réalisation des objectifs de votre politique de communication. Dans de prochains billets, je me propose d’établir avec vous la liste des objectifs que peut servir un blog ou une politique de blogging. Vous m’y aidez? Envoyez moi donc, en commentaire à ce billet vos propositions de réponse à cette question: « A quoi peut servir un blog d’entreprise? » Merci d’avance!

Etterbeek (une des dix-neuf communes bruxelloises) vient de lancer ce qu’elle appelle un blog. Ce n’en est pas vraiment un mais, a priori, c’est quand même une bonne idée. Cela s’appelle « Mon/Mijn Etterbeek« .
La chose semble en effet plutôt avoir vocation à être un forum qui, techniquement, est organisé comme un blog: chaque fois qu’est publié un ordre du jour du conseil communal, les habitants de la commune sont invités à commenter les points soumis à discussion.

La démarche est fort peu risquée: sous cette forme, elle doit avoir un coût vraiment très limité. Rapportera-t-elle? Je le souhaite bien sincèrement aux édiles locaux, mais je crois vraiment qu’il ne suffira pas d’en rester là: ouvrir à ses électeurs – comme à ses clients – un espace d’expression, c’est bien. Mais si c’est pour en rester au défouloir, sans engager avec eux un véritable dialogue, ce sera peine perdue.

Encore un nouveau blog. Et celui-ci, j’y tiens! Le Musée de l’Europe, à Bruxelles, m’a en effet demandé de l’aider à concevoir et à gérer ce que j’appelerais un « blog événementiel », lié à la grande exposition consacrée au 50e anniversaire des Traités de Rome, « C’est notre Histoire« .
En gros, l’idée est d’offrir aux publics-cibles de l’expo (Tour & Taxis à Bruxelles, à partir du 26 octobre) une vue sur les coulisses de celle-ci, dans l’esprit d’un blog corporate. C’est une matière idéale.

Depuis un bon mois, nous avons déjà publié une bonne dizaine de billets, avec l’ambition de tenir un rythme de trois par semaine jusqu’à la fin de l’événement, en mars 2008 (sauf prolongation). Vous allez y voir et vous me dites ce que vous en pensez?

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