Archive pour la catégorie ‘Belgique’

Racket municipal ixellois (suite et pas fin)

Mardi 2 mars 2010

Les coïncidences sont toujours surprenantes. Alors que hier, je signalais ici même le succès persistant de mon article de mai 2009 sur le racket municipal organisé à Ixelles par les Decourty Boys & Girls avec la complicité de Vinci Park Services Belgium, ce matin, le facteur glissait dans ma boîte, à l’attention de ma femme, un grossier poulet non signé lui réclamant le paiement, dans les 5 jours, de 15 euros représentant le prix d’un ticket d’un demi-jour.

Prenons tout ça par le début, voici un exercice pratique que mes lecteurs apprécieront sans doute.

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Charles Michel me rejoint…

Samedi 27 février 2010

Divine surprise, ce matin en « une » de La Libre: Charles Michel proclame:

Les ministres-présidents doivent être élus directement.

J’applaudis de bon cœur: c’est la proposition que j’ai moi-même formulée le 16 juin 2009, dans une de mes chroniques du Soir (j’en avais également fait une vidéo en juillet, avec ma webcam, et dans la foulée, j’avais aussi lancé un groupe Facebook).

Charles Michel assortit sa proposition d’un passage au scrutin majoritaire à deux tours, ce qui est sans doute indispensable si le gouvernement (les ministres, pas le président) doit disposer d’une majorité à l’assemblée mais ne l’est pas forcément dans un système à l’américaine.

Pourvu que cette proposition audacieuse ne disparaisse pas tout de suite dans l’aquoibonisme jemenfoutiste du sérail politique… et journalistique. Aux questions qu’il pose au fils Michel, on sent que Francis Van de Woestyne y a déjà succombé.

L’éditorialiste-en-chef de la vieille dame a en effet l’air de douter du succès de cette idée au sein du MR. Pourtant, Didier Reynders lui-même s’est fait membre, à l’époque, de mon groupe Facebook et l’est d’ailleurs toujours à l’heure où j’écris ces lignes. En compagnie de citoyens de toutes origines, de gauche à droite.

Allez Francis, tes idées n’aiment-elles pas faire des rencontres? :-)

Un « jour noir », vu de Sirius ou de Californie

Mardi 16 février 2010

On ne va pas trop bien, dans ce pays bizarre qu’est la Belgique. Dans une aube grise, survient un terrible accident qui fait de nombreuses victimes, qui ôte et bouleverse trop de vies.

A des milliers de kilomètres, en Californie, une autorité politique en mission exprime sa compassion de manière convenue – ces réactions sont toujours convenues – et ajoute que c’est un jour noir pour la région dont il dirige le gouvernement. Et sous la surface, aussitôt, des émotions se déchaînent.

L’accident s’est produit entre deux trains qui jouent ordinairement à la marelle entre les deux grandes régions du pays. Sur le territoire de l’une d’elles. Avec des passagers qui viennent majoritairement de l’autre.

Vu de Sirius ou de Californie, la violence des émotions qui éclatent est plus surprenante – ou plus lourde de sens – que ce qui les a provoquées. Un mot devrait suffire pour les apaiser. Mais c’est l’embarras qui prévaut. On pose le couvercle sur la marmite.

Sur Bel-RTL et sur son blog, Fabrice Grosfilley rapporte une rumeur. Sur les lieux du drame, c’est le roi qui aurait discrètement fait part des regrets du ministre-président pour les mots « inappropriés » qu’il a prononcés. Le site web de son parti les gommés. Glissons, mortels…

Vu de Sirius ou de Californie, il n’y avait rien d’indécent à ce que le ministre-président de Flandre qualifie de « jour noir » pour sa région celui où s’est produit cet accident. Qui songerait à reprocher au bourgmestre de Halle de dire que c’est un jour noir pour sa ville? Ou le patron de la SNCB de dire que c’en est un pour le chemin de fer?

Alors oui, le ministre-président de Flandre aurait sans doute dû dire, s’il avait été mieux informé de l’origine de la plupart des victimes, que c’était un jour noir pour tout le monde, et aussi pour la Flandre. Ç’eût été tenu pour de la compassion et pour l’expression d’un louable sentiment de solidarité humaine, au lieu d’être lu comme un indice d’intransigeance communautaire.

Vu de Sirius ou de Californie, les émotions qui se sont exprimées dans la rue et sur la Toile m’apparaissent un peu comme le mercure d’un thermomètre.

Nous n’allons pas trop bien, dans ce pays bizarre qu’est la Belgique.

Bruxelles: ça suffit…

Jeudi 4 février 2010

Mercredi, Le Soir fredonnait la complainte du Bruxellois mal-aimé. « Pourquoi tant de haine? », interrogeait-il en une, emboîtant le pas aux pleureuses de la francophonie assiégée. Ce jeudi, sa rédactrice-en-chef, Béatrice Delvaux, signe un courageux édito commun avec son homologue du Morgen, Yves Desmet.

Il y en a que ça déroute, ces variations. Moi pas. C’est la culture du débat. Et si je préfère nettement le ton de ce jeudi, j’apprécie fort que d’autres sensibilités aient également pu s’exprimer la veille, même si je ne les partage pas.

Mais il y a un autre point sur lequel la démarche commune de Béatrice et d’Yves me paraît supérieure: elle reflète mieux la réalité composite de ma ville que le mythe décati d’un Bruxelles francophone qui ne hante plus les rêves que des nostalgiques de l’ancienne Belgique, celle des « gens bien », qui ne parlait que le français, d’Arlon à Knocke-le-Zoute.

Je vous choque? Pardonnez-moi mais c’est tant pis. Je m’irrite autant que vous de la mesquinerie « paroissiale » de certains Flamands à l’esprit étroit. Mais je ne leur reproche évidemment pas d’être Flamands. Seulement d’avoir l’esprit étroit. Et je perdrais ici mon temps à le leur dire: rares sans doute sont ceux qui me lisent régulièrement.

Ici, c’est aux francophones de Belgique que je veux faire entendre une autre mélodie que celle de la litanie « franco-frontiste ». Flandre et Wallonie peuvent bien acquérir chacune plus d’autonomie, Bruxelles sera toujours un cas à part, entre les deux.

Et Bruxelles est toujours le symbole emblématique de l’inachèvement de la réforme de l’Etat belge. Dans son édito commun avec Yves, Béatrice Delvaux co-signe ces phrases terribles:

« La Région bruxelloise compte 958 élus au total pour tous les niveaux de pouvoir (…) Dans nombre de communes bruxelloises, il existe onze niveaux différents de gestion, qui sont plus souvent en concurrence qu’en collaboration« .

Comment voulez-vous que cette ville, que cette région soit gérée de manière efficace et efficiente? Ce ne sont même pas les émoluments de tous ces mandataires, ni le budget de toutes ces administrations qui pèsent sur le destin de la ville-région. C’est leur inextricable enchevêtrement et la paralysie qui en résulte qui en sont le prix insupportable.

Les problèmes de Bruxelles sont certes ceux de toutes les grandes conurbations. Mais comme si cela ne suffisait pas, on y a surajouté un énorme foutoir institutionnel qui accapare une part précieuse des énergies disponibles.

Je dis que les Bruxellois doivent décréter que ça suffit, quelle que soit la langue qu’ils parlent de préférence. Qu’il faut penser Bruxelles comme une ville, et non plus comme un agglomérat de dix-neuf villages resserrés autour de leurs beffrois et de leurs édiles respectifs. Qui osera le dire en bon français aussi?

Une soutane pour Javaux?

Dimanche 31 janvier 2010

Mes amis du journal Le Soir, que manifestement ça chatouille encore, sont partis à la recherche des « catholiques les plus influents« . Et pour arriver à les choisir, ils ont réuni un panel qualitatif de 20 « spécialistes » à qui ils ont demandé d’établir, chacun, une liste des influenceurs cathos du Royaume. Ou supposés tels.

Dans le quatuor de tête, on retrouve évidemment l’ancien (N°1) et le nouvel archevêque (seulement 4e toutefois), ainsi que l’inévitable Gabriel Ringlet. Un homme politique s’intercale ici, aussi peu évitable: Herman Van Rompuy, c’est bien le moins.

Les choses se gâtent un peu dans la suite du classement. Si l’on y retrouve, par exemple, l’évêque de Liège Aloys Jousten à la 13e (!) place qu’il partage avec… Jean-Michel Javaux (!!), son collègue tournaisien, Guy Harpigny, n’arrive dans la liste que 34e ex-aequo, apparemment mieux coté à Rome et chez les musulmans qu’il ne l’est dans sa « paroisse »…

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Quels dessous pour un scoop?

Mercredi 27 janvier 2010

L’information la plus intéressante n’était pas dans l’article de La Libre qui, hier, prétendait dévoiler le « plan » de Jean-Luc Dehaene pour BHV: sa source… Les journalistes aiment à en préserver le secret, prenant alors sur eux seuls toute la responsabilité de ce qu’ils révèlent, info ou intox. C’est bien compréhensible mais, en l’occurrence, c’est bien dommage…

Aujourd’hui, Francis Van de Woestyne croit pourvoir confirmer: Jean-Luc Dehaene envisage bien, affirme-t-il, une « solution » provisoire (le retour aux anciens arrondissements pour les législatives de 2011), et donc un report de la scission de BHV.

Le « hic »,  c’est que d’après De Standaard cette fois, Jean-Luc Dehaene aurait répondu au porte-parole du CD&V qui venait aux nouvelles que le scoop de La Libre relevait de la plus « pure fantasie« … Quén’affaire, dis donc! Qui croire dans ce souk?

Bon, d’accord, pour dire le vrai: tout le monde s’en fout. Sauf les « grands » stratèges de partis, les politiciens locaux, leurs supporters respectifs et les journalistes politiques. Vous connaissez mon opinion sur BHV; elle n’a pas changé.

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Pas de problème juridique avec BHV?

Mardi 12 janvier 2010

Il sera peut-être encore vexé car il est assez susceptible, mais j’avoue avoir encore une fois bien du mal à saisir la pensée du sénateur cdH Francis Delpérée, qui fut aussi un éminent constitutionnaliste avant de céder aux sirènes du pouvoir.

Il n’y a pas de problème juridique avec BHV, dit-il en substance, c’est seulement un problème politique.

Ah?

J’aimerais quand même qu’on m’explique: dans son arrêt du 26 mai 2003, la Cour constitutionnelle, a annulé pas moins de quinze dispositions différentes de la loi du 13 décembre 2002, modifiant le Code électoral ainsi que son annexe. Mais elle a laissé subsister les autres.

Les dispositions annulées ne peuvent évidemment plus être appliquées. La législation en est revenue à ce qu’elle était avant l’entrée en vigueur des dispositions annulées.

Dans quel état se trouve le Code électoral après ces annulations? Le Code fonctionne-t-il encore, après avoir été amputé d’une partie (d’une partie seulement, c’est important) des dispositions qui ont institué, dans tout le pays, des arrondissements électoraux provinciaux? Dispose-t-on encore, en d’autres termes, d’un corps de règles suffisantes et cohérentes pour organiser les élections législatives de 2011? Mais de ça, personne ne dit jamais rien. On préfère se répandre en fermes déclarations qui ne sont que des pétitions de principe.

Je n’ai pas étudié la question, je le pourrais mais je ne suis pas payé pour ça et j’ai autre chose à faire. Mais je suis déçu de  voir et d’entendre un mandataire intelligent s’égarer dans les déclarations à l’emporte-pièce de batteur d’estrade. Comme je suis aussi déçu du manque de sens critique des journalistes qui s’abstiennent soigneusement de poser la seule question qui mérite de l’être: disposons-nous encore, après les annulations prononcées par la Cour constitutionnelle, d’un Code électoral opérationnel?

Si la réponse est positive, Delpérée a raison. Il n’y a pas de problème juridique. Si elle est négative ou sujette à caution, il a dit le contraire de la vérité.

Du Simenon sur la Meuse

Mercredi 6 janvier 2010

Ce qui restera sans doute de l’interview de Richard Fournaux, bourgmestre de Dinant renvoyé devant le tribunal correctionnel de Dinant pour « faux intellectuel » dans l’affaire du casino, c’est ce cri du cœur pour le moins atypique: « Allez vous faire foutre avec l’éthique! » La vidéo d’Actu 24 (Vers l’Avenir):

http://www.dailymotion.com/videoxbrgmw

Etait-il vraiment exaspéré ou est-ce « du cinéma »? Fournaux seul le le sait. Mais si c’est du cinéma, c’est un navet, c’est maladroit. Même si le journaliste, Martial Dumont, a le bon goût de se marrer.

Mais ce n’est que la forme. Fournaux est comme il est.

Sur le fond, je ne me prononce pas. Parce que je ne connais ni le dessus, ni les dessous de cette affaire de roulette. Mais je la trouve fascinante. A vous faire regretter presque de n’être plus journaliste. Une petite semaine de reportage au pied de la Citadelle devrait permettre de ramener de la copie à vous tenir éveillé jusqu’au mitan de la nuit. Parce que c’est un roman de Simenon qui est en train de s’écrire là, sur la rive droite de la Meuse où s’entre-déchirent chrétiens et libéraux, avec l’artillerie socialiste de l’autre côté du pont…

Mais bon: une semaine de reportage: vous voyez encore une gazette francophone financer ça, vous?

Leçons d’une petite guerilla communautaire

Lundi 14 décembre 2009

Et donc: qui l’a gagné, ce concours de bistouquettes entre les ministres de l’Emploi fédéral d’un côté, flamand de l’autre? Tous les deux. Joëlle Milquet (« Josse » pour les intimes ai-je appris la semaine dernière en participant à l’émission « Sans langue de bois » sur Bel RTL) a obtenu le maintien de toutes « ses » mesures au profit des jeunes chômeurs qui n’ont qu’un diplôme du secondaire; et Muyters (NV-A) a forcé une discrimination positive au bénéfice de ceux qui n’ont pas ce diplôme, après avoir déjà obtenu pour les chômeurs âgés (problème flamand) ce qu’on offrait aux jeunes (problème wallon et bruxellois).

Et personne n’a perdu, alors? Ben si, quand même: il y a le budget. Tout ça nous fait une petite facture supplémentaire de 12 à 13 millions. C’est le coût du « système belge ».

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Un chemin de croix pour Yves Leterme?

Jeudi 26 novembre 2009

Moi, je lui souhaite bonne chance, à Yves Leterme. Et je ne mets pas là-dedans le moindre soupçon d’ironie. Parce que c’est vrai: on a bien le droit d’être sceptique, mais on a tous intérêt à ce qu’il réussisse. Je veux dire: nous, les citoyens. Parce que dans son gouvernement, c’est bien moins sûr. Et dans son propre parti aussi.

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