Non, vraiment: auteur, c’est pas une vie.
Vous savez combien ça gagne, un écrivain?
Des clopinettes.
Bien sûr, il y a Dan Brown. Stephen King. Harlan Coben. Et Marc Lévy. Mais la plupart des autres? Les petits romanciers, les grands poètes, les essayistes audacieux, les pornographes libidineux? C’est à se demander comment il s’en trouve pour écrire les 60 à 70.000 livres qui paraissent chaque année en français.
Vous ne me croyez pas?
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Vendredi soir, c’était l’inauguration de be.Welcome, l’expo sur l’histoire de l’immigration réalisée par le Musée de l’Europe, que vous pouvez voir à l’Atomium et à laquelle j’ai apporté ma petite contribution, comme je vous l’ai déjà signalé.
Mehmet Koksal, un de mes compères dans l’émission « Sans langue de bois », sur Bel-RTL, était là avec son matériel de poche. Voici ce qu’il en a tiré
L’expo est ouverte jusqu’au 31 août, à l’Atomium, après quoi elle ira à Charleroi, puis à Anvers et (sous réserve de confirmation) à Paris, à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. L’ancien ministre français Jacques Toubon, qui en préside le conseil d’orientation, était présent à l’inauguration aux côtés du bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, du président du Centre pour l’égalité des chances et, bien entendu, de mon vieil ami Henri Simons, le patron de l’Atomium.
Petit flash-back sur une calme journée dans la capitale de l’Europe.
Lundi 12 avril. Ce matin, course-poursuite sur le ring de Bruxelles. Des policiers tentent d’interpeller des individus soupçonnés d’activités de grand banditisme. Dénouement sur l’E-19, au viaduc de Wauthier-Braine: un des suspects se blesse en tombant dudit viaduc, un policier est touché par une balle tirée par un de ses collègues et l’autre suspect, qui tente de s’échapper en fonçant sur un autre policier, est abattu par celui-ci et décède.
En début d’après-midi, hold-up dans une bijouterie à Ixelles. Pour une raison encore inconnue, les voleurs abattent le bijoutier et blessent son gendre. Ils sont pris en chasse, interceptés et remis à la police par de courageux Congolais dont un déclare avoir appartenu aux forces spéciales du maréchal président Mobutu Sese Seko. Un des malfrats a été blessé par une balle qui n’a pas été tirée par un policier, déclare le porte-parole des forces de l’ordre qui précise que celles-ci « sont arrivées quand tout était fini ».
Un peu plus tard, une trentaine de jeunes attaquent un commissariat de police à Saint Gilles. Seules quelques vitres brisées étaient à déplorer, mais les incidents ont repris dans la soirée. Des véhicules ont été renversés et incendiés.
A 19 heures, une autre attaque d’une bijouterie, à Schaerbeek cette fois. Au moment où les voleurs s’enfuient avec le butin, le bijoutier fait feu, en tue un et blesse grièvement l’autre.
Les autorités ont encore rappelé récemment que la criminalité était en baisse à Bruxelles.
Bonne nuit à toutes et à tous, on se retrouve demain. Peut-être.

A 14 ans, Sergio est descendu « dans la fosse ». Dans les années 50, il était un des plus jeunes parmi les mineurs de fond. Arrivé un peu plus tôt de Massa di Carrara, en Toscane, avec sa maman, ses frères et ses sœurs pour rejoindre le papa dans des baraquements de tôle qui, avant les Italiens, avaient abrité des prisonniers de guerre allemands.
On les a logés là pour une autre bataille dans laquelle on les a engagés. Celle du charbon qu’il fallait arracher à la terre du Hainaut et de Liège pour le bien de la Belgique et de ses habitants. Sergio ne parlait pas le français, le wallon de Charleroi encore moins. Alors quand il a eu l’âge, il a rejoint son père et ses frères dans les entrailles de la terre. Parce que dans l’Italie en ruines de l’après-guerre, ils avaient faim. Pas de gloire ni de réussite sociale, non. C’est le pain qui leur manquait.
Aujourd’hui, Sergio milite pour transmettre et conserver la mémoire de ces héros sans armes, qui étaient convoqués aux petits matins blêmes pour descendre dans la nuit qu’on leur a fait parcourir, au jour le jour, et en extraire la matière à transformer en énergie, calorifère ou motrice.
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Je ne vous oublie pas mais, comme je l’ai signalé par ailleurs, je suis actuellement occupé à réaliser des interviews de migrants avec Gabriel Vanderpas, le cinéaste, et son ingénieur du son.
Ce n’est pas le temps que ça prend qui me tient un peu à l’écart de mon blog, mais la nature de ce reportage interpellant.
On a beau savoir qu’il y a des gens, tout près de chez nous, qui sont dans des situations plus que difficiles, quand vous les avez en face de vous, qu’ils vous racontent leur histoire et que, pour ainsi dire, vous pouvez toucher ce qui est parfois une vraie détresse, souvent matérielle mais plus encore morale dans la plupart des cas, vous n’avez plus trop la tête ni la plume à parler de BHV.
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C’est extra, quand même: le ministre Lutgen a fait débrancher le seul radar automatique qui fonctionnait déjà sur les autoroutes wallonnes. Motif: on n’a pas encore installé les panneaux annonçant la présence dudit radar. Et le ministre ne veut pas que les automobilistes soient « pris par surprise ». Voyez ici.
Vous, je ne sais pas, mais moi, ça me donne à penser. Il me semble ainsi qu’il faudrait aussi, de la même façon, concevoir des panneaux annonçant les dispositifs de contrôle d’alcolémie. Du genre: « Attention, contrôle d’haleine, à 500 mètres ».
Je ne vois que des avantages à une telle mesure. Outre que, comme pour la vitesse, nul ne serait coincé « par surprise » – c’est immoral -, il est en effet évident que tous ceux qui sont trop bourrés pour conduire ne verront pas les avertissements et y tomberont immanquablement, dans le panneau.
Résultat: ceux qui n’ont bu que de l’eau affronteront le test l’âme sereine, et ceux qui restent assez lucides pour se rendre compte qu’ils ne sont pas dans un état tout-à-fait normal prendront un itinéraire de délestage.
Pour son premier vrai communiqué de presse d’actualité, la nouveau parti populaire de mon ami Mischaël Modrikamen et de Rudy Aernoudt a fait très fort dans le style « langue de bois à l’ancienne ». En l’absence de lien vers le document sur le site du PP, vous aurez à vous rendre sur la page d’accueil pour le télécharger, si ça vous intéresse.
C’est assez confus. Le parti ne prend en tout cas pas clairement position sur le fond, c’est-à-dire sur la question de savoir s’il est acceptable, en démocratie, d’interdire inconditionnellement à certains citoyens un certain type de constructions pour leur édifices religieux (les minarets, bien sûr).
Soumis à la question par La Libre, le porte-parole du PP a fini par lâcher, rapporte le journal, que « Nous aurions recommandé le ‘oui’ à l’interdiction« .
Je prends donc note que si le porte-parole n’est pas « crossé » par ses patrons dans les heures ou les jours qui viennent, le parti populaire sera donc pour l’instant le seul parti belge, avec le Vlaams Belang, à préconiser des mesures discriminatoires et constituant des manquements à la Déclaration Universelle et à la Convention européenne des droits de l’Homme ainsi qu’à ses protocoles additionnels.
A lire les commentaires sous mes précédents billets sur ce thème, il y en a sans doute certains que cela ne dérangera pas. Moi, si. Radicalement. Je pense que le PP file là du très mauvais coton.
Dans le vaste domaine des sciences humaines – c’est-à-dire non exactes -, les théories sont sans preuves. Autant dire qu’elles ne sont, toutes et chacune, que des opinions, des croyances indémontrables et affectées d’un coefficient plus ou moins élevé d’incertitude. C’est la première des raisons d’être de la politique, qui n’est au fond que la manière d’organiser le débat et la prise de décision au sein d’une société.
Mais toute société n’en est pas moins fondée sur des axiomes. Ce sont ses valeurs.
Grâce à Manu, dans les commentaires de mon précédent billet, j’ai découvert qu’il y avait une controverse en cours à Bastogne sur l’érection d’un minaret pour une mosquée turque en construction. Il a été autorisé par la Région wallonne mais les autorités communales ont introduit un recours auprès du ministre. Je ne sais s’il a déjà décidé ni, s’il ne l’a pas encore fait, dans quel sens il va statuer. Mais il l’a fait ou le fera selon les règles du droit administratif, sous le contrôle du Conseil d’Etat.
Je n’ai, on ne peut avoir aucun problème avec ça. Il peut y avoir de bonnes raisons d’autoriser comme d’interdire cette initiative.
En Suisse, c’est tout autre chose. Depuis la votation de dimanche, il est interdit, sur tout le territoire, d’édifier des minarets. Et ça, c’est manifestement discriminatoire.
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On est d’accord, c’est pas un drame planétaire. Mais outre que c’est gravissime pour les intéressés dont ça peut briser la carrière, il me semble que ce sont encore une fois les libertés qui reculent quand on instaure et accepte un système dans lequel des tribunaux d’exception sont mis en mesure de vous empêcher d’exercer votre métier.
Xavier Malisse et Yanina Wickmayer suspendus pour un an par de petits fonctionnaires vétilleux. Pas pour dopage, non. Pour n’avoir pas scrupuleusement respecté le règlement. Le triomphe des bureaucrates à lunettes et à manches de lustrine. Xavier et Yanina demanderont-ils l’asile politique en Russie?
[Màj 13:30] A leur place, je commencerais par consulter un avocat spécialisé en droit public. Parce que je ne crois pas – ou ça m’a échappé – que quelqu’un ait déjà répondu aux « petites » questions que je me pose depuis que j’ai survolé la législation par application de laquelle on leur impose une véritable « Berufsverbot »
- Qu’est-ce que c’est que ce brol baptisé Vlaams Doping Tribunaal, sinon une asbl privée (!) érigée en tribunal d’exception expressément prohibé par la Constitution qui réserve les sanctions pénales ainsi que la connaissance de toute contestation concernant des droits civils aux seuls véritables cours et tribunaux institués par elle;
- Où trouve-t-on l’avis de la section de législation du Conseil d’Etat, obligatoire, sauf urgence, sur ce décret flamand dont je suppose qu’elle aurait fait du papier pour lieux d’aisance?
- Que reste-t-il des droits les plus élémentaires de l’homme et de la femme quand on oblige les elitesporters à prendre leurs dispositions en vue de pouvoir se soumettre à des contrôles médicaux dans l’heure du moment où il prendra la fantaisie à un fonctionnaire insomniaque de l’effectuer, de jour comme de nuit, en tout endroit de la planète où il ou elle devra pouvoir, une heure par jour, lui ouvrir la porte en personne?
La lutte contre le dopage est légitime. La fin ne justifie pas pour autant tous les moyens, me semble-t-il.
Il se passe peut-être des choses plus importantes dans le monde et les sportifs de haut niveau ne sont peut-être pas les plus à plaindre des humains. Mais c’est souvent par les portes dérobées que s’infiltre la Bête Immonde…
Si j’exagère, je rectifierai ce qui doit l’être. Mais en attendant, je m’interroge. Et je m’inquiète quand même un peu que tout le monde semble trouver tout ça normal.
Voir ici le dossier législatif du Vlaams Parlement
Lire aussi cet article de Stéphane Diagana (via Thierry Schollier)
Je crois qu’on peut reconnaître au Mouvement réformateur le mérite d’être le premier parti francophone à avoir osé une réflexion d’ensemble vraiment actuelle – et des propositions – sur la délicate question des différences culturelles au sein de la société. Cette question se pose de manière parfois pressante à de multiples endroits, comme chacun peut le voir: dans les écoles; dans les administrations; au parlement; dans la rue; et jusque dans les familles. Il y a la question du voile islamique, bien sûr. Mais pas seulement. Loin de là. Le débat est beaucoup plus large et engage en réalité le fondement même de la société dont nous faisons partie et dans laquelle, pour bien faire, chacun doit pouvoir trouver sa place, « se sentir bien ».
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