Plus qu’un musée, il s’agit, en soi, d’une oeuvre d’art. Un geste architectural, déjà, que cet escalier qui vous emmène à 65 mètres d’altitude, au pied des nuages quand le ciel est bas sur le plat pays qui s’ouvre ici au monde en même temps qu’il s’y arrime. Parenthèse: la Belgique est une métaphore géométrique qui s’explique par ses deux grands fleuves qui chahutent Euclide en associant parallélisme terrien et convergence marine, l’Escaut pour la Flandre, la Meuse pour la Wallonie. Et la mer pour horizon.
Mais c’est d’Anvers qu’il est ici question. D’Anvers et de son nouveau musée, le MAS. Museum aan de Stroom, le Musée sur le Fleuve.
On a réuni ici les collections de l’Etnografisch Museum (ethnographie), du National Scheepvaartmuseum (navigation) et du Volkskundemuseum (folklore), auxquelles on a ajouté une partie de celle de la Vleeshuis et des collections léguées, comme celle de Dora Janssen. C’est un peu déroutant à première vue, on peut s’interroger sur l’histoire qu’on nous raconte ici mais avec le temps, je crois, on comprendra l’unité qui sous-tend cette diversité et on s’en nourrira.
On dit que les conservateurs des institutions originelles ne sont pas ravis de cette essai de synthèse scénographique qui efface la spécificité encyclopédique de chacun d’entre eux. Ils ont peut-être raison, il y a forcément une perte de sens, mais c’est le prix à payer pour en créer un nouveau Et il est bien là, quoique encore en gestation.
« Découvrez Anvers dans le monde, et le monde au cœur d’Anvers », écrit l’échevin de la Culture et du Tourisme dans sa préface au guide du nouveau musée (€ 7,50 aux guichets et à la boutique). C’est en effet le fil rouge qui relie entre elles des collections qui ont comme rapport entre elles de témoigner chacune à leur manière de la ville conçue comme le lieu d’un échange entre ce qui y entre et ce qui en sort. Et c’est beau…
La tour est conçue comme un monumental escalier qui vous conduit à des salles réunissant des objets des différentes collections mélangées et ordonnées autour de quelques thèmes: « Démonstration de puissance » illustrant le prestige et les symboles de la puissance politique (très belle scénographie mais récit un peu confus et elliptique), « Métropole », « Port mondial », « La vie et la mort ». Les étapes de chaque parcours s’égrènent sur des rythmes parallèles et s’achèvent sur un espace d’expression où le visiteur peut laisser la trace de son passage. Un étage est réservé aux expos temporaires – chaque thématique est cependant également appelée à se renouveler régulièrement – et le premier, heureuse innovation, à la réserve du musée ouverte au public. Dans un décor qui fait penser à Cold Case, les milliers d’objets non exposés le sont quand même dans des armoires grillagées ou des tiroirs dans lesquels chacun peut fouiller à sa guise.
Et puis il y a le spectacle de la ville au-dessus de laquelle on s’élève progressivement pour l’admirer au travers de superbes fenêtres en verre ondulé comme des tentures et on arrive enfin à la terrasse panoramique d’où Anvers et son port se montrent à vos pieds. Vaut le voyage, franchement, et d’y revenir aussi.








L’arnaque est évidente, comme vous pouvez vous en rendre compte, sur la carte qui illustre le site.
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