Je prolonge ici ma petite réflexion que j’ai entamée hier soir. Un avocat de Grimbergen, militant N-VA qui me fait l’honneur de me lire et que je salue, me fait observer sur Twitter que remettre en cause l’existence des communautés revient à saper les bases de la Belgique – ce qui au demeurant ne le chagrine évidemment pas outre mesure. Je vois très bien ce que veut dire Stéphane dont je respecte le point de vue qui n’est pas le mien: la Communauté est pour la Flandre l’institution qui la relie à Bruxelles en faisant des néerlandophones de la capitale des « brusselse Vlamingen » (Flamands bruxellois) et non des « vlaamse Brusselaars » (Bruxellois flamands), ce qui est plus qu’une nuance.
C’est le raisonnement qui fonde la revendication flamande pour un fédéralisme « à deux », la Belgique étant à leur estime une fédération de deux peuples, les Flamands d’un côté, les Wallons de l’autre. Ce n’est pas, en soi, une conception monstrueuse. Je suis cependant intimement convaincu qu’elle est fausse. Je pense qu’il y a en Belgique une troisième composante qui n’est peut-être pas un « peuple » ou une « nation » au sens où le sont les Flamands et les Wallons, mais qui n’en est pas moins une population qui ne se reconnaît ni dans l’identité flamande, ni dans l’identité wallonne. Mais c’est actuellement une population presque sans voix (sauf dans la société civile), et en tout cas sans représentants dans les instances élues.

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