Je ne sais pas qui est l’impertinent qui a pour la première fois appelé Guy Spitaels « Dieu », comme François Mitterrand, mais ce pseudo lui allait comme un gant. Encore que Royer voyait juste aussi quand, dans ses caricatures, il habillait le président du parti socialiste en Roi-Soleil perruqué Grand Siècle, manteau de pourpre doublé d’hermine et tacheté de coqs hardis, souliers à boucle d’argent et bas de soie surfine. Il avait l’allure d’un grand bourgeois, bien plus que le look  d’un damné de la terre. C’était rassurant pour La Libre, dont j’avais rejoint la rédaction politique peu avant qu’il devienne le « Patron » du parti des travailleurs. Non sans mal: contre Glinne, « Ernest-le-Rebelle », le maïeur de Courcelles, il ne fut élu que par 311 voix contre 282, au second tour.

Nous en avions fait notre « invité du mois », une longue interview sur deux pages que je rédigeais, comme benjamin de la rédaction, à partir d’une longue conversation de salon à laquelle participait une bonne dizaine de journalistes-maison. Dont Jacques Franck et Jacques Hislaire, qui avaient été ses condisciples à l’Université catholique (mais si…) de Louvain et qui y avaient connu la fameuse visite du faux Baudouin Ier, un canular auquel Spitaels avait activement participé. On était donc partis pour les souvenirs d’ancien combattants, ceux des Jacques et ceux de Guy, mais ce dernier avait un message à marteler: « Je veux vous dire que je me sens de plus en plus socialiste et de plus en plus wallon ». Ce qui jeta comme un froid perplexe dans cette sage assemblée qui ne s’attendait pas du tout à celle-là…

Ils connaissaient le Spitaels gestionnaire, chef cab’ de Leburton, et ministre lui-même depuis 77. Ils découvraient un idéologue mitterrandien préconisant le socialisme contre la social-démocratie, un « socialisme du possible », sans doute, mais le socialisme quand même. Et wallon en plus, pas « belge ». Ce n’était pas vraiment la tasse de thé de mes collègues de l’époque. En mai, Mitterrand fut élu outre-Quiévrain mais la gauche wallonne (la flamande aussi, d’ailleurs) fut remballée dans l’opposition aux gouvernements Martens-Gol jusqu’en 87.

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D’ici quelques jours, le 15 août très précisément, la très célèbre Lettre au Roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre sera centenaire. Je ne suis pas un inconditionnel de ces commémorations convenues mais cent ans, c’est après tout une occasion comme une autre de remuer le passé pour y chercher les repères qui balisent le siècle. Et celui-là en est un qui n’est pas contestable, le plus sûr indice étant qu’on en parle et s’y réfère depuis belle lurette, le plus souvent sans l’avoir lu, n’en retenant que l’apostrophe fameuse qui ravit les uns et révulse les autres: Sire, il n’y a pas de Belges.

Sur la forme d’abord, c’est vraiment un très beau texte comme on savait les écrire en ce temps-là, qui se déroule sur vingt-quatre pages de la Revue de Belgique (voir ce fac-similé du tiré à part, accessible sur le site de l’excellente revue Toudi, chère à mon ami José Fontaine).

Quant au fond, s’il fit grand bruit et nourrit la controverse – même le New York Times en a parlé -, il n’était pas vraiment nouveau: il est une formulation retravaillée et resserrée d’analyses et d’idées que Destrée exprimait depuis 1898 au moins et qui sont celles aussi du Mouvement wallon naissant. La conjoncture politique particulière de l’été 1912 en explique aussi la naissance: en dépit de l’élargissement du droit de vote, les élections législatives du 2 juin avaient confirmé la majorité absolue des catholiques qui régnaient alors sans partage sur la Flandre et, de là, sur toute la Belgique. Cruelle déception pour les socialistes et libéraux wallons qui s’étaient présentés dans toute le pays en cartel « des gauches ».

C’est finalement là le cœur de l’argumentation de Destrée: à la page 18, il montre que dans les arrondissements de langue française, l’opposition socialiste et libérale a recueilli 708.056 suffrages, pour466.927 à la majorité catholique, tandis qu’en Flandre, le résultat est très exactement inverse: 733.097 voix pour les cléricaux, 382.924 pour les gauches. « Le parallélisme inverse de ces résultats est etraordinaire », écrit Destrée. « Cette situation est évidemment grave. Elle révèle l’opposition des idéals (sic) du Nord et du Sud. L’on n’y conçoit pas de même les directions à donner aux affaires publiques. Bien plus, les mêmes mots essentiels: liberté, justice, prospérité nationale, divisent, au lieu de rapprocher, puisqu’ils ont un sens différent selon qu’on les prononce en Flandre ou en Wallonie« .

On croirait presque entendre Bart De Wever constater que la Belgique n’est en définitive que la juxtaposition maladroite de deux démocraties distinctes…

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En tant qu’individu, j’aime bien Richard Miller, le libéral montois qui avait la coquetterie farceuse, lorsqu’il était fonctionnaire au conseil régional wallon, d’exposer un buste de Karl Marx dans son bureau. Richard est philosophe de formation. Marx aussi. J’aime donc bien Richard mais qui aime bien châtie bien. Je vais lui administrer (moralement seulement, rassurez-vous) la bonne fessée qu’il mérite pour les bêtises qu’il a dites dans Le Soir, ce matin.

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Je ne sais pas si, avec Mario Monti, l’Italie s’est trouvé un  bon premier ministre. Mais elle en a un. Un technocrate, hélas. La plupart de ses ministres aussi sont des technocrates. Les ténors politiques, paraît-il, laissent passer mais se tiennent à l’écart.

La Belgique n’en a toujours pas, de « vrai » premier ministre. Il y a l’ancien, là, l’usé toujours carré dans son fauteuil du 16, rue de la Loi, pour garder la boutique en attendant son successeur. Et puis il y a aussi un « formateur », qui essaie désespérément d’amener les tenorinos à se mettre d’accord entre eux et avec lui sur un programme.

Voilà donc deux situations bien contrastées. Mais qui disent au fond la même chose: en Italie comme en Belgique, il y a un problème avec la politique.

Un moment, j’ai pensé clôturer ici mon billet. Sa brièveté vous aurait peut-être interpellés. Qu’a-t-il donc à nous dire, le Charles? Nous le savons tous bien, qu’il y a un problème avec la politique, ça crève les yeux. Oui, nous le savons. Le hic c’est qu’une fois posé le constat, nous en restons là et passons à autre chose. A nos « vrais problèmes », comme dirait l’autre qu’on n’entend plus trop ces jours-ci. Problème qui s’aggravnt de jour en jour, mais qu’y faire?

J’irai donc un peu plus loin. Je vais essayer.

C’est quoi, la différence entre la Belgique et l’Italie?

De l’autre côté des Alpes, il y a un commandant de bord avec un plan de vol. Ici, il y a une espèce d’assemblée libre de délégués syndicaux présidée par un notaire qui voudrait bien mais ne peut toujours point. Qui apparaît tous les matins, souriant, amical, avenant, en tête de la home page de tous les sites d’info. Une fois en cachemire ras du cou, une fois en chemise blanche échancrée BHL, souvent en baskets. Il a l’air cool malgré son front barré d’une ride soucieuse. Le noeud pap’ sera pour la prestation de serment. S’il y en a jamais une.

C’est ça, la différence. « Tu saisis? », demande le Charles qui se prend maintenant pour Raymond-la-Science sirotant son pastis en terrasse, au Bar de la Marine sur le Vieux Port, juste en face du ferry-bohatte…

« C’est pas comme ça qu’on fonctionne chez nous », objecte un retraité zozotant au cheveu devenu rare. Et bien, non, justement: c’est ça le problème lui retourne le Charles. Nous en sommes restés à la vieille alchimie partisane, celle qui suppose qu’il faut tout régler entre factions avant de gouverner. La particratie. Les Italiens, pour leur part, ont jugé cette fois qu’il fallait d’abord un gouvernement, et qu’on verrait plus tard pour les détails.

Un gouvernement qui gouverne, un parlement qui le surveille et légifère. Ho, bonne-mère… Il est encore parti à rêver, le Charles…

Bon, on ne va pas se laisser abattre par le capitalisme! Il est sublime, Thierry Jacques, dans Le Soir. Vous ne connaissez pas Thierry? Moi non plus. Pas personnellement en tout cas, mais je sais et je vous apprends peut-être que c’est le boss du MOC, l’allitération est trop belle pour que j’y résiste. Le mouvement ouvrier chrétien, oui, qui est en somme (et entre autres) au système belge ce qu’un holding est au système financier: une coupole qui rassemble les filiales opérationnelles, en l’espèce le syndicat, la mutualité, tout ça. Le MOC francophone, entre nous, c’est beaucoup et c’est peu à la fois: les ouvriers wallons ne sont pas majoritairement chrétiens. En Flandre, c’est autre chose. Le MOC y existe aussi mais s’appelle l’ACW. C’est de là que venaient jadis les poids lourds du CVP: P.-W. Segers, Martens, Dehaene…

Un pilier du système belge, donc, qui reposait comme on sait sur deux jambes: la guibolle chrétienne, très majoritairement flamande, et la gambette socialiste, principalement wallonne. Et tout ça faisait « la gauche », ou plus exactement ce qu’on appelait comme ça mais qui était en réalité l’axe autour duquel tournait le Pouvoir, depuis l’instauration du suffrage universel .

De la gauche, l’une et l’autre avaient pieusement conservé la rhétorique et la liturgie. Un peu comme les Cochons, toute révérence gardée, dans Animal Farm de George Orwell. Notez que la « droite » s’était fort bien accommodée du système bicéphale, moyennant un accès intermittent à la mangeoire quand il y avait trop d’eau dans le gaz entre les deux jumelles.

Et c’est fini, tout ça? On avait fini par y croire mais on se trompait. L’article 1er de la Constitution révisée de la Ferme des Animaux est toujours en vigueur: « Tous les animaux sont égaux, mais les Cochons (excusez-moi mais c’est encore Orwell) sont plus égaux que les autres ».

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Je suis sincèrement plein d’admiration pour les courageux qui ont lancé le G1000 (réunion le 11 novembre, à Bruxelles). Mille citoyens bénévoles, tirés au sort, qui ont accepté de passer une journée à parler politique. Nul ne sait ce qui sortira de ces assises qui me font penser à la rédaction des cahiers des doléances, avant la Révolution française, pardonnez-moi pour la référence, Sire. Ni ce qui en sera fait s’il en sort quelque chose de bien. Le plus important est que cela aie lieu.

Ce qu’il faut toutefois éviter, et à tout prix, c’est un parti-pris des organisateurs. Je veux bien croire qu’ils ont joué le jeu et que c’est une application rigoureusement honnête de la procédure qui a écarté la (ré)forme de l’Etat de l’ordre du jour, au profit de la sécurité sociale, des inégalités et de l’immigration. Je crains seulement qu’on passe ainsi à côté, non pas du sujet le plus important, objectivement comme dans l’esprit des citoyens, mais de celui sans la solution duquel il n’y a tout simplement plus de débat politique possible en Belgique.

L’organisation du G1000 comme je l’ai comprise, est en un sens fondée sur un modèle unitariste: Flamands, Wallons, Bruxellois et germanophones discuteront ensemble et c’est très bien. Mais ce n’est plus comme ça que fonctionne (mal) la Belgique. Depuis la Question royale au moins, mais on le sait depuis bien plus longtemps, les sensibilités politiques sont différentes au nord et au sud du pays.

En fonction des poids démographiqus des uns et des autres, on devrait donc arriver, sur ces sujets non communautaires, à des propositions plus conformes aux souhaits de la Flandre de centre-droit que de la Wallonie de centre-gauche. Et on tomberait alors sur le curieux paradoxe que tout en étant, le cas échéant, conformes aux voeux de la majorité des Belges, les propositions du G1000 seront rejetées par les Flamands parce qu’unitaristes et par les Wallons parce que trop « à droite » à leurs yeux.

Et on en reviendrait alors au point de départ, non pas en 1970 mais en 1950: il faut réformer cet Etat en profondeur pour qu’il puisse encore être gouverné. Ce n’est pas (encore) le chemin qu’il est occupé à prendre, quoi qu’en dise notre Elio et ses choristes.

Il est bien dommage que ce G1000 ait écarté les réformes institutionnelles de ses travaux.

Le gouvernement Di Rupo, s’il parvient à se constituer dans quelque jours ou dans quelques semaines, pourrait compter sur l’appui de 93 députés sur 150. C’est plus qu’il n’en faut pour une majorité. Du point de vue du droit constitutionnel, il n’y a absolument rien à redire.

Cinquante de ces 93 godillots seront francophones. En soi, ce n’est pas un problème. Les 43 Flamands qui restent auront toutefois en face d’eux une opposition hétéroclite largement dominée par 45 députés flamands et complétée par 12 malheureux francophones.

Et ça, c’est mortel: le gouvernement Di Rupo sera minoritaire au sein du groupe linguistique flamand.

Cadeau royal à l’opposition nationaliste. La N-VA s’est emparée de la thématique avant même qu’elle se concrétise. Le pilonnage a commencé. Il ne finira qu’au soir des prochaines élections législatives, quand les trois partis traditionnels se retrouveront encore plus minoritaires, en Flandre, qu’il ne le sont aujourd’hui.

C’est parfaitement constitutionnel, je le répète. Politiquement, ce n’en est pas moins bien plus qu’une erreur: c’est une faute tragique. Un seul espoir pour Di Rupo: obtenir des Verts qu’ils s’abstiennent au lieu de refuser la confiance à son gouvernement lors du vote d’investiture, si l’on y arrive. Avec trois abstentions de Groen!, il obtiendrait encore 43 voix contre 42 au sein du groupe des députés flamands, une majorité quand même et un retour de service dans le revers de Bart. Mais ne serait-ce pas leur demander beaucoup, à ces Verts, après les avoir virés comme des malpropres? S’il est malin, EDR l’a peut-être négocié. Mais contre quoi? Je parierais bien pour la présidence du Sénat, ça ne mange pas trop de pain, symbole contre symbole.

Mais ce n’est qu’une hypothèse de ma part et ce ne sont que des jeux politiciens.

Au-delà, nous nous retrouverions, faute de grives, avec un merle boiteux, une majorité de cocus magnifiques, presque tous des recalés du suffrage universel. Un vestige de l’ancienne Belgique que ne rassemble, très provisoirement sans doute, qu’une sainte trouille partagée entre héritiers – parfois en ligne directe -, des anciens. Une dynastie qui, pour avoir merdoyé pendant quarante ans à tenter de réformer un Etat bancal sans vision d’avenir, se résigne à parachever son démantèlement chaotique.

Et tous les jours, en choeur, la grande presse wallobruxienne, pour apaiser le dieu, chante le beau péan et célèbre le Préservateur. Et lui, se plait à les ouïr. Pour copie (presque) conforme du vieil Homère, dans L’Iliade, au chant premier.

J’ai écrit hier les pages politiques les plus violentes qui soient jamais sorties de ma plume. Je ne les publierai pas. En politique, il ne faut jamais laisser carte blanche à ses émotions, c’est bon pour les abrutis qui saturent les forums des journaux de leurs petites rancœurs mesquines.

J’ai pensé au cher Jacques Hislaire, le plus fin des chroniqueurs de la situation politique que j’aie eu le bonheur de connaître. C’était le premier vendredi d’un décembre, celui de 2008 ou  de 2009. Nous étions tous ensemble, les  anciens de « La Libre », à la Taverne du Passage, pour nous retrouver come nous le faisons désormais chaque année, à l’initiative de Michel Rosten.

Je n’avais plus vu Jacques depuis bien longtemps. Je me demandais encore comment il se faisait qu’un jour, dans les années 70 – quand était-ce exactement? -, il décida de ne plus se consacrer qu’à son autre passion, le théâtre, et abandonna son rôle d’observateur politique. L’endroit n’était pas particulièrement propice à une discussion de fond, mais je voulus quand même effleurer le sujet en lui faisant part de mon impression que la génération actuelle de politiciens n’était pas du niveau des précédentes.

Il ne me concéda qu’une petite phrase là-dessus avant de changer de sujet, quatre mots rapides, lâchés comme en confidence, sans doute chargés de colère et de dépit. « Ce sont des crapuleux« .

Depuis, quand je me sens submergé par des pensées de cet ordre, quand je suis en colère, un signal d’urgence se met à clignoter dans mon cerveau. Et je fais comme Jacques Hislaire, dont j’espère qu’il me pardonnera cette petite indiscrétion. Je parle d’autre chose.

Voici donc un moment intéressant de la crise politique belge: il y  a maintenant sur la table une proposition du formateur. Ce n’est pas rien, pas tout-à-fait. C’est même habile: je ne vous mentirai pas en vous disant que je l’ai déjà disséquée dans tous ses détails où se cache le diable, mais on peut voir du premier coup d’oeil qu’Elio Di Rupo  a scrupuleusement suivi la bonne vieille recette du compromis à la belge. Il promet à chacun la réalisation de l’un ou l’autre de ses rêves les plus fous, tout en réservant à tous  une bonne dose de purgatif et une grosse cuillerée d’huile de foie de morue. Pour la cohérence de l’ensemble, on repassera.

Les partis décideront s’il y a là de quoi entamer un véritable procesus de formation. Comme d’hab’.

Deux choses:

  1. Il faut un gouvernement, je dirais presque: n’importe lequel. C’est un argument de poids pour ne pas dire non.
  2. Cela ne marchera pas. A supposer qu’on y arrive – cela reste à prouver -, ce sera très vraisemblablement, au mieux, un remake du gouvernement Leburton I (26 janvier – 23 octobre 1973). C’est un vice rédhibitoire qui me commande de ne pas dire oui.

Di Rupo aura fait ce qu’il a pu. C’est-à-dire pas grand-chose. Un immense effort sur lui-même, certes. Mais très peu de ce dont on a vraiment besoin.

Je ne suis d’aucun parti. Je peux donc dire que ce programme ne mérite pas que j’y adhère. Ce dont les factions qui ramasseront le pouvoir en déshérence s’arrogeront le droit de se foutre éperdument. Mes raisons, d’ailleurs, je dois le reconnaître, ne sont pas celles de tous les autres citoyens qui s’y opposeront, à supposer qu’un système élimé, usé jusqu’à la corde, finisse par accoucher sur ces bases inévitablement amendées d’un gouvernement Di Rupo Ier.

Reprenons donc nos activités normales en attendant la suite du chagrin des Belges.

13 juin 2011. Je ne dois sans doute pas vous rappeler que ça fait juste un an qu’on a voté. Pour des prunes. Les bateleurs de la rue de la Loi sont vraiment nuls, la Belgique est malade de ses institutions et de ses particules, la démocratie ne va pas bien non plus. A Flagey, un Beulemans socialiste – ce qui par les temps qui courent doit vouloir dire « archi-conformiste » – a fait sortir les tuniques bleues pour déloger cinquante malheureux qui croyaient pouvoir faire en tout petit, sans déranger personne, ce que les Espagnols font en plus grand. Non, mais! C’est un panneau d’interdiction de camper ça, muchachos, c’est pas un sucette géante, comme dit si bien l’agent Longtarin que Zapatero nous envie.

Je n’ai pas envie d’en parler. Je réponds aux questions quand on m’interroge mais, pour l’instant, je n’ai rien de rien à dire de neuf sur la « situation politique », j’ai déjà tout dit. Sinon que plus ça va, moins je les supporte. J’attrape maintenant même des boutons, le dimanche midi, quand je les vois paraître, bien tartinés de fond teint par Maryse, en rangs d’oignons sur un écran de télé que j’éteins aussitôt pour reprendre une activité décente.

Ah, si. Une toute petite lueur d’espoir, une braise qui grésille encore. Je vais signer la pétition du G1000. On n’est pas tous morts. Pas encore.

PS (pour « post-scriptum »): Fabrice Grosfilley recommande sur son blog ce qu’il appelle « les trois livres de la crise », ceux de Marcel Sel, de Buxant et Samyn (que j’ai lu et que je peux vous recommander) et le mien. Il a raison de dire que si ça vous intéresse, il faut les lire tous les trois, nous sommes très différents les uns des autres et je suis pour la culture du débat..

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