Pendant que j’écrivais ce billet, là-haut par-delà les nuages, un jeune homme était en route vers Kaboul. Je suppose qu’il était triste. Peut-être désespéré. Je ne le connais pas. Je me sens pourtant proche de lui car en libéral indécrottable que je suis – je sais, le mot est ambigu mais son pedigree est limpide: un esprit libéral est celui qui pense que tout être humain doit être libre de faire ce que bon lui semble, aussi longtemps qu’en suivant son bon plaisir, il n’empêche pas ses semblables d’en faire autant -, je me sens toujours proche des gens qu’on force à faire ce qu’ils n’ont pas envie de faire.

Le monde est ainsi, aujourd’hui. Ceux qui le gouvernent et se disent libéraux considèrent que les capitaux et les marchandises doivent pouvoir  circuler sans entraves, mais le refusent aux humains. Alors qu’à l’inverse, les partisans d’une plus grande liberté de mouvement pour les gens revendiquent généralement maintenant le protectionnisme et le contrôle des mouvements de capitaux. Nous sommes parfois inconséquents…

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2 Réponses to “La liberté, mais de quoi et pour qui?”

  1. hansen dit :

    c’est bien d’en parler; il s’est envolé, mais au moins son empreinte restera dans nos consciences et c’est un vrai problème de société qui n’a pas encore trouvé de solution;
    l’Europe devrait prendre ce problème à bras le corps au lieu de le laisser traiter par chaque Etat à sa guise;

  2. Pierre Verhas dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec la première partie de votre analyse, moins sur la conclusion. C’est exact que beaucoup de gens de gauche (dont je suis) souhaitent une certaine forme de protectionnisme et un contrôle de la circulation des capitaux. Cela n’a rien d’inconséquent. Peut-on accepter, au nom de la liberté de circulation des marchandises, d’importer des produits bien moins chers que les mêmes fabriqués chez nous, mis en oeuvre par des armées d’esclaves ? Et pourtant, c’est ce que nous faisons : nos GSM, nos tablettes « Ipad », nos PC, etc. sont fabriqués par des gens qui travaillent des quinze heures par jour, sept jours sur sept,en Chine, en Corée et encore ailleurs en Asie, pour un salaire de misère.

    Peut-on accepter la liberté des capitaux pour permettre aux banques et aux grandes sociétés de planquer leur argent via des sociétés off-shore dans des paradis fiscaux ?

    La question de la liberté de circulation des personnes ne peut être mise en parallèle avec celle des marchandises et des capitaux.

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