La « une » de l’édition allemande du Financial Times a, semble-t-il, suscité une certaine émotion en Grèce avec un article – publié en allemand et en grec – appelant les électeurs hellènes à ne pas voter Syriza, le parti de gauche anti-Memorandum. La démarche est particulièrement stupide, pour la bonne raison qu’elle ne convaincra personne et pourrait même avoir un effet opposé à celui que le journal dit souhaiter. Il reste si peu de choses aux citoyens grecs en ces heures sombres pour eux et pour leur pays que la simple décence exigerait qu’on les laisse faire leur choix sans tenter d’orienter celui-ci.

Cela dit, on peut évidemment avoir ses préférences sur les élections dans des pays voisins, préférer Obama aux républicains, Hollande à Sarkozy ou Dupont à Tartempion. Mais c’est un point de vue étranger, au sens premier.

C’est donc avec la discrétion qui s’impose et à un moment où les jeux sont faits, puisque la Grèce est occupée à voter et qu’il y est déjà 16 heures 30, en tenant compte du décalage horaire que je vous dis ici que si j’étais Grec, je déposerais vite fait l’édition allemande du FT aux chiottes pour lui réserver l’usage qui lui est le plus approprié. Et j’aurais voté Syriza, pas à cause du journal, non, mais parce que j’aurais considéré qu’à tout prendre, ce choix est le moins mauvais pour la Grèce, et pour l’Europe…

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4 Réponses to “Si j’étais Grec…”

  1. Manu K dit :

    « Les marchés sont rassurés, le peuple grec peut crever. »

    Un tweet de Gilles Martin
    Editeur des Editions Aden.

    • hansen dit :

      avec Syriza pas de dialogue possible, avec l’autre les autres pays d’Europe seront mis devant leurs responsabilités, où ils adaptent leur conditions d’aide à la Grèce (Eurobonds à taux d’intérêts raisponnables comme proposé par Hollande) où ils expulsent la Grèce en maintenant des conditions impossibles (30% d’intérêt!) et ce ne seront pas les grecs qui porteront le chapeau pcq en n’élisant pas Syriza, ils nous laissent la responsabilité de l’échec, bien joué les grecs; d’ailleurs pourquoi leur avoir fait confiance aveuglément par le passé, les allemands ont raison de vouloir contrôler dorénavant ce que font les grecs de l’argent qu’on leur avance mais on ne devrait pas hypocritement laisser les banques les étrangler à du 30%, c’est un vilain racket qu’on appelle avec des grands airs la loi du marché (encore une fois Hollande a raison de faire remarquer aux allemands qu’il faudrait plus de solidarité en Europe)

  2. hughescapet dit :

    Le problème est que les grecs se sont mis dans la mouise tous seuls. Ou plutôt en élisant démocratiquement, au sein de l’Union européenne qui se veut le plus grand club démocratique de la planète et qui aime à donner des brevets de bonne conduite morale, des dirigeants irresponsables qui les ont mis dans cette mouise.
    Et à présent, les politiques se défilent et les citoyens refusent d’assumer. Syriza, cest la version contemporaine des bisounours ou de l’illusion lyrique chère à André Malraux. Il n’en est jamais rien sorti de bon.
    Ah? et si on remettait en cause la démocrartie ou plutôt son mode de fonctionnemnt au quotidien ? ce ne serait pas une piste pour éviter les erreurs à l’avenir ?

  3. molinia dit :

    J’arrive un peu tard… Je trouve aussi que personne ne peut vraiment comprendre ce que pensent les citoyens d’un autre pays. Ceci dit, en Belgique, sommes-nous vraiment libres de penser par nous-mêmes quand nous sommes matraqués par les politiques, les médias, les syndicats… J’essaie de penser par moi-même quitte à me tromper.

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