Connaissez-vous celle-ci? L’histoire se passe dans un quartier juif. David aborde Samuel et lui propose un stock d’oignons consigné à la gare pour un prix défiant toute concurrence. Le marché est conclu et Samuel s’en va trouver Jacob à qui il propose les oignons qu’il vient d’acquérir, en prenant bien sûr son bénéfice au passage. Et Jacob de vanter ensuite l’article auprès de Moïse qui se rend lui-même chez Amos, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’Elie revienne au David du début, à qui il propose le même stock d’oignons pour cinq fois le prix d’origine. Plusieurs jours se sont écoulés aussi et, se méfiant de l’état de la marchandise, David demande à la voir. Aucun problème. Nos deux compères vont ensemble à la gare et font ouvrir le wagon qui attend, à l’écart.
- Mais Elie, ces oignons sont pourris, proteste David!
Et le gaillard de hausser les épaules:
- C’est sûr, rétorque-t-il, mais qu’est-ce que ça peut faire? Ce ne sont pas des oignons pour manger, ce sont des oignons pour vendre!
J’adore les histoires juives, flamandes, arabes, belges ou autres, parce qu’elles portent souvent une leçon qui échappe systématiquement aux imbéciles saisis de vertige quand on les invite au-delà du premier degré. Celle-ci me paraît être un bon apologue de la crise financière et nous conduit à Aristote, figurez-vous. Si on le lisait encore, celui-là, on n’en serait peut-être pas là.
Aristote – quand on a des lettres et qu’on est un peu pédant, on dit: « le Stagirite », ce qui vous pose à coup sûr son philosophe – a inventé la notion de chrématistique, qui est moins la science relative à la production des richesses,comme on l’a cru au XIXe siècle, qu’une addiction à la richesse matérielle pour elle-même. Aussi absurde que le commerce des oignons évoqué ci-avant.
On pourrait aussi bien dire, en creusant un peu le concept, que la chrématistique est la science des bulles, celles qu’on fait gonfler en se soufflant dans le cul pour devenir autobus, comme dirait Brel, et qui vous récompensent en vous explosant à la figure comme elles le font toutes et toujours. Si vous ne me croyez pas, sachez donc que la première de l’histoire de notre civilisation si supérieure, aux dires du sieur Guéant, sinistre réputé de la Ve République voisine, explosa pas loin de chez nous, en février 1637 et reste connue des initiés sous le joli nom de Tulpenmanie, en bon néerlandais.
La crise de la tulipe est aussi une histoire d’oignons. D’oignons de tulipe. Venant de Constantinople, ils sont entrés aux Pays-Bas de l’époque par Bruxelles, figurez-vous, et y ont connu une telle vogue que tous les gens « bien » se sont mis à cultiver leur parterre, croisant et recroisant les espèces pour obtenir les hybrides les plus rares. Alexandre Dumas, plus tard, en a même fait tout un roman. Mais peu importe. Retenez seulement qu’on a traité l’oignon de tulipe sur un marché à terme, que les prix ont grimpé de manière fabuleuse jusqu’en février 1637, puis se sont effondrés brutalement.
On a contesté récemment la réalité de cette « bulle ». La hausse des prix serait due, selon certains, à un changement des règles du jeu en cours de partie: on serait passé d’un marché à terme à un marché d’options pour servir les intérêts de grands bourgeois locaux qui subissaient des pertes en raison d’une baisse de la demande venant d’Allemagne. Mais cela ne change rien au vrai fond du problème: les marchés à terme et les marchés d’options, qui sont bien utiles dans l’économie réelle, sont également susceptibles de la ruiner quand ils sont utilisés comme des fins en soi par des ignorants qui n’en mesurent pas les risques.
Et c’est là que nous sommes. La finance, qui est dans son principe un auxiliaire précieux de l’économie comme nous la connaissons, est devenue une activité « économique » en elle-même. Les bourgeois hollandais n’achetaient plus un oignon rare de tulipe pour satisfaire un besoin pressant ou une envie futile, mais pour le revendre plus cher sans y avoir jamais touché ni l’avoir jamais vu.
Et ça nous ramène à Aristote et à sa critique de la chrématistique. Nos malheurs d’aujourd’hui et de demain procèdent, comme les crises d’hier, de la cupidité naturelle du genre humain et de son appétit insatiable pour les richesses. « Enrichissez-vous » est à ce titre le slogan le plus stupide, le plus immoral et le plus destructeur qui soit pour la civilisation et pour l’humanité, quand on l’entend comme une invitation à accumuler les richesses – l’argent, les propriétés mobilières et immobilières – pour elles-mêmes et pour la sécurité illusoire qu’elles procurent.
Par paresse intellectuelle et pour se donner bonne conscience, on se force ou se résigne à faire semblant de croire que l’enrichissement des uns finit toujours par faire un meilleur sort aux autres. C’est faux. Tout accroissement de la « richesse » de l’un au-delà du taux de croissance de l’économie fait nécessairement, quelque part, l’appauvrissement d’un autre. Réfléchissez, c’est arithmétique. Et quand une économie décroît, comme l’économie belge aujourd’hui si les chiffres du PIB reflètent effectivement l’évolution des richesses produites, le non-appauvrissement des uns fait nécessairement un plus grand appauvrissement des autres. Sauf à changer de culture, mais c’est une autre histoire.
Or, la première fonction de la politique, dans une société quelle qu’elle soit, est de préserver la paix civile au sein de celle-ci, et donc de maintenir les inégalités inévitables entre ses membres dans des limites compatibles avec cet objectif. Il ne me semble pas que nous y soyons. Et je pèse mes mots.
Il y a un rapport avec les oignons et avec la finance? Je le pense, oui. Parce que la crise que nous connaissons prend ses sources dans la finance, elle est chrématistique, la crise. La croissance fabuleuse de l’économie dans ces derniers siècles a concentré les richesses en des lieux où elles ne servent plus à rien. Il y a des limites à la consommation, quoiqu’on pense. Il y en a aussi à l’investissement car ce n’est pas tout de produire, il faut encore pouvoir vendre, donc trouver une contrepartie solvable. Les cures d’austérité à charge du contribuable n’y contribuent pas. Nous sommes en crise de surproduction, même si cela semble paradoxal au regard de l’immensité des besoins élémentaires à satisfaire.
Ces richesses accumulées, synthétisées dans des signes monétaires, se convertissent alors en créances sur des emprunteurs qui se surendettent. C’est alors que se forment les « bulles », comme les dotcom en 2000 et l’immobilier en 2008. Les emprunteurs font défaut. Cela menace les banques qui appellent les Etats au secours. Les Etats se surendettent à leur tour pour sauver leurs banques et la boucle est bouclée quand les banques, que les Etats ont sauvées, provoquent la « faillite » des Etats en les accablant, sur leurs emprunts, de charges d’intérêts alourdies en fonction de leur profil de risque aggravé. Frédéric Lordon disait récemment que c’est tellement énorme que c’en est presque beau..
C’est en tout cas aussi grotesque que l’anecdote du wagon d’oignons que je vous racontais en entamant ce billet.
Dans mon petit bureau d’où j’essaie de comprendre le spectacle du monde, je ne devine pas encore comment va s’achever – provisoirement – cette histoire. Je n’ai pas non plus la recette pour lui imaginer une fin aussi heureuse que possible pour nous tous. Je crois que je vais me remettre à lire Aristote.

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Billet très intéressant Monsieur Bricman… On est bien parti ces dernières semaines pour aller vers un grand cru 2012 (je parle de la teneur de vos billets bien sûr!). Moi qui suis un lecteur du Blog de Paul Jorion je ne peux pas m’empêcher de faire le lien avec le vôtre… Je suppose que vous devez le connaître; dans ce cas j’aimerais savoir ce que vous en pensez personnellement? Je pense particulièrement à son idée de capitalisme à l’agonie, c’est-à-dire d’une fin de partie pour ce système-cadre actuel et qui va inexorablement nous amener vers un tout autre horizon encore largement impensé. En espérant que ma question ne vous paraisse pas inconvenante bien entendu… Je vous remercie!
J’apprécie beaucoup Paul Jorion. J’aime et je respecte les gens qui pensent par eux-mêmes. La lecture de ses textes a élargi mes horizons Je ne peux dire que je le connais mais j’ai eu la chance de parler longuement avec lui, sur Skype. Je ne me hasarde personnellement pas à des prévisions dans des domaines où je ne suis qu’un amateur mais je n’ai pas encore entendu de réfutation crédible de son « capitalisme à l’agonie ». Votre question n’a rien d’inconvenant, il est clair que ses analyses m’influencent. J’essaie seulement dans des billets expérimentaux comme celui-ci de progresser dans ma propre compréhension du monde et de partagr le produit de mes efforts. Merci pour votre commentaire, j’espère ne pas vous décevoir.
Merci beaucoup pour la diligence de votre humble réponse… Je vous remercie également pour partager avec nous les fruits provisoires de vos réflexions! Votre « travail » me paraît important car quelqu’un comme vous est très certainement lu et commenté dans les sphères politiques par exemple. Et je dois dire que souvent j’enrage devant la quasi-nullité de ce qui sort de la « bouche officielle » (partis, médias, affaires,…), mais quand je lis certains de vos articles « politiques » entre autre, je ris sous cape et je me dis: ils vont certainement tomber sur un « post » de Bricman et ça va un tout petit peu les gêner dans leurs consciences! A vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes en permanence, le moins qu’on puisse faire s’est de les empêcher de penser en rond… Un peu grâce à vous! Sans vouloir vous jeter des fleurs au visage… Soyons sans concession quand il s’agit de la pensée! Je sais, les belges n’aiment pas cela en général…
Votre description des bulles par les bulbes ou par les oignons, est très pertinente et je le crois très éclairante pour beaucoup. Je ne suis par contre pas vraiment ou plutôt vraiment pas d’accord avec deux points de cette par ailleurs brillante analyse:
1. L’accroissement de richesse d’un individu au delà du taux de croissance de l’économie peut aussi être le cas lorsqu’on a découvert une molécule rare propre à soigner ses concitoyens, ou si on a investit dans la production d’un nouvel outil IT que tout le monde veut se procurer, ou si on construit une station de potabilisation dans un pays où les gens n’ont pas accès à l’eau potable….etc… L’économie de marché permet de rémunérer ceux qui produisent des biens ou des services qui répondent aux besoins du marché, ceux qui investissent dans ces outils de production, et ceux qui sont les auteurs de ces inventions. Le consommateur par ses choix de consommation est l’arbitre ultime du monde dans lequel il veut vivre (travail des enfants, environnement, etc), c’est aussi sa responsabilité. Je crois intimement que ce modèle économique est consubstantiel (pour utiliser un mot compliqué), du modèle politique démocratique puisque tous deux postulent le libre arbitre et la responsabilité du peuple (nous).
2. Vous assignez à l’état un rôle qui n’est le cas que dans les états-providence, où l’on rend l’état responsable de préserver une certaine égalité entre les citoyens…c’est évidemment un voeu pieu, un inaccessible idéal régulateur, qui centre son attention sur les seuls éléments socio-économiques, qui ne sont d’ailleurs pas à mon avis les plus importants et en tout cas pas les seuls à compter car il ne fait pas de doute que certains courrent plus vite que d’autres, certains sont beaux d’autres sont laids (ils ne passent pas la même soirée dans les discothèques par exemple); certains sont en bonne santé d’autres sont malades, certains sont intelligents et beaucoup sont… A titre personnel, je n’ai jamais jalousé personne qui avait de la chance (cela existe), mon avis c’est que le rôle de l’état doit se limiter à garantir un certain minimum à ceux qui sont les moins chanceux. D’ailleurs, même s’il se portait garant d’autres choses, ce ne seraient que de vaines promesses…
Bonne soirée!
Merci.
Sur le point 1, mon raisonnement est simplement mathématique: le PIB d’un pays étant égal à la somme des valeurs ajoutées comme à celle des dépenses finales, il me paraît que tout accroissement au-delà de la croissance du PIB de la valeur ajoutée (ou des dépenses finales) dans le chef d’un acteur entraîne nécessairement que d’autres restent en dessous de cette croissance et connaissent donc un appauvrissement relatif. Non?
Sur le point 2, je me réfère simplement à la définition de la politique qui consiste d’une part à assurer la sécurité extérieure de la communauté et, d’autre part (J. Freund) à maintenir la concorde intérieure au milieu des intérêts divergents. Je dis simplement qu’au-delà d’un certain seuil, les inégalités sont la cause de troubles et menacent la concorde, ce qui n’indique, en soi, aucune préférence pour tel ou tel type d’Etat-providence. Au sens strict, la réduction des inégalités peut d’ailleurs se faire par la seule progressivité de l’impôt.
Votre approche macro-économique est intéressante et correcte mais vous en tirez des conclusions au niveau micro-économique qui ne sont pas exactes. Bien sûr, si comme c’était le cas dans les économies soviétiques, tous les moyens de production étaient la propriété du seul état, le raisonnement serait correct. Dans une économie de marché (et l’idéologie occupe évidement une place importante dans toutes ces questions économiques), c’est un processus parfaitement sain que certains acteurs économiques soient en concurrence les uns avec les autres et que ceux-ci connaissent des fortunes diverses. Les conclusions que vous tirez en désignant des coupables (qui connaitraient un enrichissement « indus » puisque supérieur à la croissance générale du PIB) et des victimes (qui seraient injustement dépossédées) ne correspond pas à la réalité, cela ne fonctionne pas comme cela et il est normal et très sain que certains acteurs économiques connaissent un déclin et que d’autres connaissent un enrichissement rapide. Ce que certains économistes (surtout de gauche) voudraient nous faire croire, c’est qu’il existe des limites à la croissance économique et que la stabilité des richesses et des échanges, seraient un idéal à rechercher; Cela signifierait que la croissance du Sud ne pourrait avoir lieu que par un déclin du Nord, je ne crois pas que cela sera le cas…car cette analyse matérialiste de type marxiste omet le fait que dans les pays industrialisés la valeur n’est plus constituée par les seules matières et le travail mais comporte une bonne part d’immatériel: le XXI ème siècle est celui des marques et du logo. Un polo « Ralph Lauren » ne coute pas plus à produire qu’un polo sans marque ou presque (le cout de la matière (cotton) est d’ailleurs devenu tout à fait marginal dans le prix final), si certains sont prêts à débourser 10 fois plus pour jouir de la reconnaissance induites (par la publicité, les médias, etc.) de pouvoir arborer un logo distinctif. Ce phénomène est très habilement anticipé et décrit par Aldous Huxley (la détection scientifique des classes d’êtres humains (Alpha-Gamma) arborant les signes d’appartenance à leurs classes dans les vêtements). Le même phénomène existe aussi bien pour les ordinateurs, les voitures, ou les GSM. Ce que l’argent permet d’acheter, n’est pour moi que cela…des signes d’appartenance à une classe, ils ne sont plus de l’ordre du matériel ni de la satisfaction des besoins de base. Bien sûr, au delà d’un certain niveau d’accumulation de richesse, nous ne sommes plus dans l’ordre de la rémunération des efforts et des compétences…certains par les moyens dont ils disposent, ont accès à des responsabilités d’un autre ordre: ils sont détenteurs de pouvoir (ils se sont appropriés les moyens de décider (partiellement et les rapports de force ne sont pas fixés de toute éternité) ils sont en charge de l’avenir de la planète. (Gates, Soros, mais aussi les sheiks arabes, les oligarches russes, les nouveaux riches chinois, mais aussi les barons de la drogue ou des individus comme feu Ben Laden).
2. Si vous comprenez bien ce que j’essaye d’exprimer ci-dessus, alors la notion d’inégalité ‘acceptable’ et tolérée par la société et en définitive le peuple…perd de son sens car de toute éternité: certains ont du pouvoir et certains ont de l’argent et sont en capacités de décider pour les autres. Ce qui ne va pas, selon moi, c’est que le pouvoir ultime (dans l’histoire de l’humanité) n’a jamais été confié à ceux qui voulaient la richesse mais à d’autres (par la naissance (système féodal), élections (démocratie), etc.) c’est moins clair aujourd’hui. Il faut selon moi, une réappropriation de ce pouvoir par le politique.
Evidemment, ces conceptions me sont très personnelles, ce ne sont que des idées jetées sur un blog. On en fera ce qu’on voudra…
Bonne journée!
Lorsque vous dites que ce que « certains économistes (surtout de gauche) voudraient nous faire croire, c’est qu’il existe des limites à la croissance économique » que pensez-vous de la contrainte environnementale et de l’épuisement de certaines ressources naturelles par le travail humain ? Êtes-vous confiant dans le fait que l’économie de marché, qui raisonne à court terme, trouvera toujours la solution nécessaire au moment voulu, lorsque par exemple il sera devenu indispensable de sortir de l’ère du pétrole ?
Et depuis quand le capitalisme existe-t-il ? depuis que Marx l’a nommé en tant que tel ou depuis la ligue hanséatique et la lettre de change génoise ?
N’y aurait-il pas une certaine volonté revancharde à vouloir proclamer la fin du capitalisme, puisque son exact contraire, le socialisme/communisme a fait faillite ? L’économie de marché et ses outrances est-elle éternelle/naturelle (biffer la mauvaise réponse) ? L’état de pauvreté sélectionne-t-il efficacement les individus en donnant à certains l’envie d’en sortir et en en désespérant d’autres ?Peut-on aujourd’hui, comme les rois de France autrefois, tuer ou emprisonner ses créanciers, ne fût-ce que virtuellement, pour échapper à ses dettes ?
Attention, hein, je n’ai pas les réponses à toutes ces questions, je ne fais qu’interroger.
Ce que j’essaye de faire comprendre, c’est que les « analystes » des limites de la croissance se basent le plus souvent sur les analyses de Marx et sur son matérialisme, qui était sans le doute le cas au XIX eme siècle mais qui ne permet pas de comprendre le XXI ème siècle. Il faudrait au moins réactualiser la théorie et aussi les termes au lieu de contraindre à toute force les réalités d’aujourd’hui à correspondre à un cadre donné avant hier.
Bien sûr, les contraintes environnementales et vous avez certainement raison de le souligner énergétiques, sont les prochains défis du XXI ème siècle. Certains y voient une raison de remettre en question nos modèles économiques et in fine l’économie de marché. Ils profitent de l’incertitude à résoudre aujourd’hui et maintenant ces défis pour réintroduire des notions et concepts dont nous savons qu’ils sont par trop idéalistes et nécessitent dès lors pour être appliqués la mise en place d’un cadre totalitaire à gauche comme à droite d’ailleurs, dont les travers ont déjà été très largement déjà décrit. Hanah Arendt, Whilem Reich, etc…
Les travers de l’économie de marché remplissent aujourd’hui les colonnes des journaux et demain les rayons de bibliothèques…mais si les réformes me semblent nécessaires: je suis convaincu in fine de sa consubtantialité (sorry pour ce barbarisme) avec la démocratie pour les raisons que j’essaye d’exprimer plus haut. Il me semble que réintroduire de la durée (notamment pour réussir à répondre aux défis environnementaux et énergétique), lutter contre la financiarisation dont les dégats sont aujourd’hui patents, fixer un cadre commun (notamment en matière sociale (éducation, protection sociale, droit du travail, etc.)) au niveau transnational à l’intérieur duquel les initiatives privés, commerciales, compétitives et visant le profit, continue de pouvoir s’exprimer. C’est plutôt à cela qu’il faudrait réfléchir et surtout si on veut le faire du point de vue d’Aristote ou d’autres parfois vraiment plus récents mais tout aussi pertinents.
Bonne journée Bernard de Rouen!
Bonjour,
J’ai bien aimé votre billet. Je ne ferai pas de commentaire car je vois que les internautes ont dit plus que je ne saurais le faire.
« Nos malheurs d’aujourd’hui et de demain procèdent, comme les crises d’hier, de la cupidité naturelle du genre humain et de son appétit insatiable pour les richesses. « Enrichissez-vous » est à ce titre le slogan le plus stupide, le plus immoral et le plus destructeur qui soit pour la civilisation et pour l’humanité, quand on l’entend comme une invitation à accumuler les richesses – l’argent, les propriétés mobilières et immobilières – pour elles-mêmes et pour la sécurité illusoire qu’elles procurent. »
Je mets cet extrait du billet @CharlesBircman en liaison avec celui d’Yves Paccalet :
Le syndrome Astérix http://www.yves-paccalet.fr/blog/2012/02/11/le-syndrome-asterix/