Tartuffes! Jean-foutre! Hypocrites! Culs-bénits! C’est à vous que je parle, oui, vous, les amputés du bulbe qui enfourchez vos rossinantes décharnées parce qu’un Flamand qui n’est pas mon ami mais n’en dit pas pour autant que des conneries vous rappelle en allemand qu’on est dans la merde, au royaume de Belgique. Bien profond. Pour longtemps. On y est depuis si longtemps que vous n’en reconnaissez plus le parfum. Et ça vous choque, pauvres chéris, qu’on vous dise que nous en sommes malades et occupés à en crever. Oufti! la sainte trouille… Que vont dire de nous les gens qui nous entourent?

Ordinairement, j’ai la plume assez franche, je crois, mais plutôt courtoise. Je l’enrobe de préférence des fleurs et du velours qui facilitent le transit gastro-cérébral. Mais là, vous me la hérissez. Vous la plongez malgré moi dans l’encrier de l’indignation la plus crue et me forcez à vous assaillir de propos pamphlétaires qui écorcheront vos tympans confits de bien-pensance.

Voyez le paradoxe. Je reste belge, moi. Tricolore et francophone. Ce qui me distingue déjà, et même m’oppose doublement à monsieur Bart De Wever, nationaliste flamand et néerlandophone, geel en zwart van de driekleur. Un conservateur qui s’assume, lui, alors que, troisième facteur d’opposition entre nous, je m’intéresse, moi, à l’avenir plutôt qu’à la méticuleuse préservation du passé qui fait rêver l’historien qu’il est. Et me voilà pourtant qui vole à la rescousse de l’incivil, contre ceux qui devraient être mes alliés et qui l’accusent.

Quoi? Nous ne sommes pas malades? Mais c’est bien sûr! De Wever had beter gezwegen, écrit un éditorialiste de Trends sur son blog. De Wever aurait mieux fait de se taire. C’est sûr. La Belgique de papa, de grand-papa et du grand bon-papa, depuis ses origines en 1830, repose sur le non-dit et sur des piles de linge discrètement lessivées, essorées, amidonnées et repassées en famille. Huis et volets clos. Rideaux tirés. Circulez, y’a rien à voir, vous vous croyez en démocratie, ou quoi?.

La Belgique va bien. Très bien même. La preuve, c’est que même le président du CD&V le dit. Les propos de De Wever ne sont « ni justes, ni sages » (niet juist en niet wijs). Notre pays est dans les bons élèves de la petite classe européenne. Mais il ne faudrait quand même pas qu’il apparaisse dans la ligne de tir des marchés internationaux et des vilains spéculateurs, des fois qu’un irresponsable comme le Bart leur révélerait par ses indiscrétions ce secret si bien gardé que nous n’avons plus de gouvernement de plein exercice depuis six mois et que le pays n’est plus vraiment gouverné depuis… oh!… quoi?… Juin 2007, vraiment? A peu près, oui. Mais à part ça, tout va bien, chère Marquise.

Les déficits se creusent et ne se comblent pas, nos élèves sont au fond de la classe Pisa, bien au chaud près du poêle, les pensions seront encore payées jusqu’en 2015, après on ne sait pas car le Witboek n’est pas prêt, la Justice ne déglutit que quelques bavures sans importance au coin de ses lèvres bleuies au froid glacial du Grand-Duché, les candidats réfugiés continuent à affluer et chantent à pleins poumons avec les sans-abri pour animer l’hiver de leurs joyeux ronflements réchauffés par la douce tiédeur des sacs de couchage soigneusement molletonnés.

Tout va bien!

Ils le confirment tous, Wouter Beke et Rudy Demotte, Béatrice Delvaux et Caroline Gennez, Bébé Antoine, Bonhommet Reynders et Tilapin Leterme.  Tous enfin d’accord. Unanimes, vous dis-je. Soudés entre eux comme les doigts de la main crispée sur la gâchette, dans la chasse à celui qui, ayant dit sa vérité, sera aussitôt exécuté.

Bah! Si ça devait nous donner un gouvernement sous le sapin, il restera loisible à Sa Majesté de proposer à ce héros qui s’est courageusement offert sur l’autel au fil acéré du couteau de l’opprobre national pour refaire l’unité du royaume, quelque titre de noblesse héréditaire. Non? Allez, ministre d’Etat quand même, c’est bien le moins, Sire, ne soyez pas chiche.

Que tout cela reste bien entre nous, chers lecteurs communautaires et régionaux qui m’écoutez râler sur les bien-pensants du Système. On ne sait que trop quel profit l’étranger pourrait tirer de ces lignes imprégnées d’humeurs subversives…

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48 Réponses to “La grande trouille des culs-bénits”

  1. Anne lemoine dit :

    Te voila bien nerveux ce soir Charles, je ne t’ai encore jamais lu comme ça !
    Ta colère contre les culs bénis j’adore !

    Pour le fait que nous n’avons pas de gouvernement de plein exercice depuis plus de 6 mois ( + 6 aurtres mois il y a peu dans le cadre de la constitution du gouvernement Leterme ce qui nous fait un an ! Et même +) Je ne peux que constater une chose, le pays continue à tourner et comme beaucoup ( dont je suis ) ont la trouille des conneries qu’ils pourraient encore faire surtout du côté francophone ( donc le mien ) je me demande si les belges ont vraiment besoin d’un gouvernement…Après tout la nation ( dont émane tous les pouvoirs dixit la Constitution ) elle elle est toujours là et le peuple aussi.

    Bises et bien à toi.

  2. J’aime beaucoup vos coups de gueule, Charles, et celui-ci tout particulièrement.

    • Charles Bricman dit :

      Merci, François. Si ça ne fait pas avancer le schmilblik, ça soulage et c’est déjà ça!

      • alain derijcke dit :

        votre article est excellent de réalisme et de dérision , ne craignez pas que cela ne fasse rien avancer , le peuple sait « encore » lire ..pour l’instant et une prose telle la vôtre ne peut que contribuer à lui ouvrir les yeux !

        très amicalement , Alain

  3. Louis-Philippe Engelmann dit :

    A défaut de nous apporter un gouvernement, Noël obligera chacun à vider sa hotte. Il faut être optimiste, les masques vont tomber. A visage découvert, les choses seront plus faciles. Les gens de bonne volonté vont enfin pouvoir s’exprimer.

  4. pamina dit :

    Et parmi les culs-bénits, la presse, la presse aux ordres et aux abois, car des particrates sans scrupules lui font croire que son silence complice sert la raison d’Etat, qu’il ne faut pas alarmer le citoyen ou les marchés… De la vacuité totale des articles, des editos et des pensées, nourris grassement de communiqués de presse émanant de partis, achève de se déliter une génération consentante à la gabegie, à la fourberie, à l’immoralisme d’une caste politique pléthorique et de surcroît incompétente.
    Ta saine colère, Charles, n’émeut pas les moutons. Faut-il s’étonner qu’on les tonde, qu’on les écorche? Après-tout, ne sont-ils pas tous ou à peu près consentants?

  5. Benoit dit :

    Je ne suis pas certain de bien comprendre le sens de votre message…

    Trouvez-vous particulierement intelligent de « releaser » une interview pareille a ce stade des negociations?

    Vous comprenez sans doute mieux que moi le processus politique belge ainsi que le processus journalistique vu votre expérience, mais je vous serais alors reconnaissant de m’expliquer plus avant le sens (et l’intéret) d’une telle interview a ce moment précis.

    Merci

    • Benoit dit :

      By the way, sur le fait que le pays va mal et que ceux qui affirment le contraire se fourrent le doigt dans l’oeil, je suis d’accord avec vous.

      Par contre, sur le comment-sortir-de-ce-marasme, et surtout sur le quoi-ne-pas-faire-pour-y-rester-indéfiniment-étant-donné-les-forces-en-présence, je ne suis pas trop sur…

      • Charles Bricman dit :

        Bonsoir Benoît,
        C’est la démesure qui me gêne et déclenche la mienne. Non, ce n’est pas spécialement « malin » de verser un peu d’huile sur des braises incandescentes, mais une interview dans laquelle BDW ne fait que répéter des formules archi-connues justifie-t-elle ce déchaînement politico-médiatique? N’est-il pas ridicule de faire semblant de croire que ces déclarations seraient susceptibles de déclencher la spéculation sur notre dette souvaraine? Croyez-vous vraiment qu’il fallait une itw de BDW au Spiegel pour faire découvrir aux traders qu’il y a un problème en Belgique? Cest de l’opportunisme politique, tout ça, le signe que la campagne des prochaines législatives a démarré et qu’elle sera sale, si l’on n’y prend garde. Quelle hypocrisie dans ces vertueuses indignations aussi factices qu’un orgasme de péripatéticienne…

        • Guillaume dit :

          La réaction des autres partis me désole aussi. Comme d’habitude, ils sont tombés en plein dans le piège de Bart qui va encore accumuler des voix. Parler en plus de l’intérêt du pays alors qu’aucun parti ne réfléchit à l’intérêt général c’est un peu gonflé. Pourquoi Bart séduit ? Parce qu’il dit tout haut ce que les autres partis pensent tout bas.

          Pour la spéculation, à part peut-être avancer de quelques semaines une demande d’aide de la Belgique au fonds européen, c’est vrai que ça ne change pas grand chose.

  6. M a n u dit :

    Là, vous avez un style d’écriture qui vous rapproche de celui de Thomas Gunzig !
    http://bit.ly/fTDv8v

    Ce qui est sûr et certain, repasser par des élections ne fera pas avancer le schmilblik
    http://bit.ly/fOlrKq

    • Charles Bricman dit :

      Il y a plus infâmant, comme référence! Merci pour l’appréciation, en espérant qu’elle n’offusquera pas l’autre intéressé…

  7. BrunoK dit :

    Charles , il me souvient d’avoir vu un jour une émission tv dans laquelle une péripatéticienne affirmait que tous ses orgasmes professionnels n’étaient pas factices …..!

    L’itw de Bart de Wever nous apprend clairement une chose : le processus actuel n’a absolument aucune chance d’aboutir , la NVA veut des élections qui sont la grande crainte des autres partis d’où leurs réactions à cet entretien.

    Par ailleurs heureusement pour nous qu’il y a l’euro et non plus le franc belge !

    • Charles Bricman dit :

      Entièrement d’accord avec 3e alinéa. Partiellement seulement avec le 2e: le processus ne peut aboutir dans sa forme actuelle, mais pas parce que la N-VA ne veut que des élections. Sur le 1er je ne me prononce pas, vous m’avez l’air plus expérimenté que moi! (Facile, mais vous m’avez tendu une perche immanquable…) ;-)

  8. Robert Bury dit :

    Que d’excès….

  9. Baudouin dit :

    Je n’ai pas saisi l’allusion au Grand-Duché et à la justice.

  10. Robert Bury dit :

    A la limite insultant le Charles…
    Qui détiendrait la vérité …?

    :-)

    • Charles Bricman dit :

      Non, c’est de la polémique. Et je revendique haut et fort le droit au pamphlet pour les botter, les culs-bénits!

  11. 2B dit :

    - « …celui qui, ayant dit sa vérité, sera aussitôt exécuté. »
    On dirait plutôt du Guy Béart que du Gunzig ;-)

    Pourquoi faudrait-il continuer indéfiniment à prendre au sérieux un type qui fait mine de négocier un gouvernement alors qu’il dit clairement ne PAS vouloir y entrer car ça lui ferait perdre les élections [tant que 99 % de son programme n'est pas accepté] ?

    C’est précisément en démontant une à une ses impostures médiatiques (comme vous ne le faites jamais) et en décryptant avec patience son programme et discours nationalistes (comme vous ne le faites jamais non plus) que le schmilblik avancera.

    • Paul Laurent dit :

      Tout à fait d’accord avec vous.
      Quand je lis ce blog (que j’aime bien par ailleurs), je suis assez étonné de voir le sérieux avec lequel on traite De Wever sans jamais s’attaquer de front aux incohérences de ses discours (et Dieu sait s’il y en a).
      Mr Bricman, quand allez vous nous pondre un bon article polémique sur Bart, juste pour le fait de démontrer qu’il ne vous a pas envoûté ?
      .

  12. eric dit :

    Ce qui me frappe, moi, c’est que ce coup de sang, franc, sincère et juste ne soit dirigé « que » contre les culs-bénits « politiques »…
    Rien contre les regards consternés de Hakima et François de Brigode?
    Rien contre les 99,9999 % des éditorialistes de la presse écrites qui vont se faire l’écho tout aussi bien pensant de l’indignation communautaire à défaut d’être nationale.

    Bref, si les politiques sont des culs-bénits, que dire de notre pauvre presse, écrite, télévisuelle ou parlée? Heureusement, il y a des blogs…
    Salut Charles.

    • Charles Bricman dit :

      Merci, Eric. Je ne pouvais pas épingler tout le monde. Il y a Béatrice pour représenter la presse dans l’échantillon. C’est son édito qui a commencé à me faire sortir de mes gonds… Mais soyons clairs: c’est l’ensemble du système politico-médiatique qui mérite d’aller au pîquet, sur le coup!

  13. M a n u dit :

    Vu de Flandre. « La N-VA ne veut pas d’un accord »

    Professeur d’économie à la KUL (Koninklijk Universiteit van Leuven), ancien sénateur libéral flamand (VLD), Paul De Grauwe réagit aux propos de BDW dans l’hebdomadaire Der Spiegel « Belgien, Europas kranker Mann »

    Votre analyse : que cherche BDW?
    D’abord, il faut pointer le « timing » malheureux de l’interview. Ce qui peut générer le doute et la suspiscion en Wallonie, en général du côté francophone, mais aussi en Flandre.

    Suspicion ?
    Oui. En fait, la N-VA ne veut pas d’un accord. C’est le fond du problème. Ce parti paralyse l’activité politique, il vise les élections, il ne veut pas souscrire à un compromis. Voilà tout.

    Le CD&V reste très timide: il suit la N-VA…
    Le CD&V est tenaillé par la peur des élections. En campagne, la N-VA amplifiera l’antagonisme avec les francophones, ce qui fait sa force.

    Et le patronat flamand (le Voka) dans tout cela? Il colle à la N-VA?
    Pas tout à fait. Ils ne vont pas aussi loin que la N-VA. Ilsont peur aussi des conséquences. Les entrepreneurs flamands veulent maintenir l’unité du pays. Alors que Bart De Wever… C’est extraordinaire d’ailleurs: un homme politique à ce niveau, va dire à l’étranger, en Allemagne en plus!, que son pays se dissipe… Jamais vu ça.

    Le Soir 14 décembre 2010, page 4.

    - Rappelez-vous la petite phrase de Patrick Dewael (Open-VLD) lors de l’émission « Belgique, où vas-tu ? » consacrée à l’avenir de la Belgique. C’était d’ailleurs le seul politicien flamand ayant accepté l’invitation de la RTBF
    Il avait déclaré que « la N-VA ne veut pas d’un accord. Elle préfère de nouvelles élections, pour en faire un référendum pour ou contre la survie de la Belgique et pour ne pas participer à un gouvernement de centre gauche. »

  14. hughes Capet dit :

    Je pense tout simplement qu’avec cet interview, on tient le prétexte pour retourner aus élections, disons à la mi-février. Di Rupo etcompagnie font semblant d’être outrés, De Wever fait semblant de ne pas comprendre. Les journaux en remettent une couche. Et chacun peut commencer sa musculation sur son tas de fumier.

  15. Walter AGOSTI dit :

    Patientons jusqu’a la fin de la Présidence belge, .. encore quelques jours..et on verra enfin beaucoup plus clair
    je suis aussi impatient d’écouter le discours royal de Noel ( sanctionné par un Ministre)… que va ’til bien pouvoir raconter ? qu’il nomme désormais un prestidigitateur ? et enfin s’il y a des elections, je voudrais connaitre le nouveau slogan du CDH…Voila en bref, je suis juste curieux de petites choses sans plus…..pour l’instant…

  16. stef73 dit :

    M. Brigman,

    Je crains que vous ne soyez victime du trop connu « syndrome de Stockholm ».

    Car enfin, pourquoi toujours chercher à dédouanner de Wever de toute responsabilité ? Au point d’insulter vos propres amis et collègues qui essaient comme ils peuvent de se défendre contre l’hydre nationaliste ?

    Aujourd’hui, les agences de notations s’apprêtent à dégrader la note de la Belgique. Comment ne pas voir de rapport avec l’interview irresponsable de de Wever à la presse internationale ?

    • Guillaume dit :

      Parce que Der Spiegel a eu vent d’un rapport sur un avertissement de dégradation possible de la note de la Belgique une semaine avant l’interview de Bart (qui a sans doute interviewé Bart exprès en le sachant) et que cela prend des mois d’observation et pas quelques jours avant de faire ce genre de rapport.

  17. PhR dit :

    Ne pas avoir de gouvernement a ceci de bénéfique qu’il n’y a pas de nouvelle loi votée.
    Les lois étant actuellement votées trop vite, mal pensées, modifiées, partisanes ou le fait de lobbies. Je pense, par exemple, au fameux décret mixité, aux ascenseurs, aux garanties locatives, …

  18. LEMAGE Francine dit :

    Je vous découvre ( par Face Book interposé : sorry !) et je ne comprends pas bien mais je suis sans doute une atrophiée du bulbe …. C’est tout ce que j’avais à vous répondre ..

  19. philippe dit :

    L’apparence fort civile et policée (?) de Bart de Wever ne doit pas faire oublier sa sympathie pour les thèses de l’extrême droite; l’un de ses meilleurs collaborateurs – jan peumans – est d’ailleurs « couvertement » antisémite et heureusement bien là pour le rappeler à ceux d’entre nous qui ont la mémoire courte.

    Aujourd’hui, grâce à Der Spiegel et Bart de Wever, la Flandre – « mécène de la Wallonie » – change de casquette et devient tout-à-coup le dealer du junkie wallon. Mais Bart De Wever prend bien soin de ne rien évoquer de la contre-partie à toutes ces largesses flamandes prodiguées pendant tant d’années.

    Aujourd’hui encore, iI n’y a pratiquement plus d’emplois disponibles en Wallonie tandis que la Flandre n’a plus assez de travailleurs et cette situation incongrue bénéficie, bien entendu, aux seuls profiteurs-wallons.

    Ne serait-ce donc pas les emplois qui auraient servis de contre-partie à l’aumône flamande ? Dans certains cas, poser la question, c’est y répondre. Mais ne comptez surtout pas sur Bart De Wever pour aborder le sujet.

    • Guillaume dit :

      Je me demande parfois ce que Bourgeois raconte sur la Wallonie à l’étranger en tant que ministre flamand des relations internationales. « Chez nous c’est le mieux mais à côté c’est des drogués n’y allez pas ».

  20. cecile dit :

    L’apparence fort civile et policée (?) de Bart de Wever ne doit pas faire oublier sa sympathie pour les thèses de l’extrême droite; l’un de ses meilleurs collaborateurs – jan peumans – est d’ailleurs « couvertement » antisémite et heureusement bien là pour le rappeler à ceux d’entre nous qui ont la mémoire courte.

    Aujourd’hui, grâce à Der Spiegel et Bart de Wever, la Flandre – « mécène de la Wallonie » – change de casquette et devient tout-à-coup le dealer du junkie wallon. Mais Bart De Wever prend bien soin de ne rien évoquer de la contre-partie à toutes ces largesses flamandes prodiguées pendant tant d’années.

    Aujourd’hui encore, iI n’y a pratiquement plus d’emplois disponibles en Wallonie tandis que la Flandre n’a plus assez de travailleurs et cette situation incongrue bénéficie, bien entendu, aux seuls profiteurs-wallons.

    Ne serait-ce donc pas les emplois qui auraient servis de contre-partie à l’aumône flamande ? Dans certains cas, poser la question, c’est y répondre. Mais ne comptez surtout pas sur Bart De Wever pour aborder le sujet.

  21. hansen dit :

    jusqu’où Bart pourra-t-il aller trop loin? l’attitude des autres partis me rappelle le mot de Churchill, ils ont voulu éviter les sacrifices pour avoir la paix, maintenant ils auront la guerre et les sacrifices; les patrons semblent s’inquiéter, il est un peu tard et ils se sont à nouveau laissés endormir par Bart et Elio; il n’y a que le patron du Voka qui se distancie un peu de Bart; je ne partage pas votre crédit pour ce dernier, il fait l’innocent mais il ne l’est pas, il est en train de mettre tout le monde en boîte, ne vous semble-t-il pas?

  22. M a n u dit :

    Arrêtons de laisser nos adversaires tirer les premiers !

    Bien d’accord avec Claude Thayse : http://bit.ly/eWbGYV

  23. colombi dit :

    Comme je comprends votre colère. Elle est saine, et de toute façon, que nous reste t’il d’autre pour faire entendre notre voix? Rien. Si peu. 
    Oui, Bart a des défauts, oui, il est flamand et dès lors, étant moi-même francophone, je ne peux adhérer entièrement à ses idées. Forcément. Mais lui au moins est un libéral qui ose parler libéral. Et face à des journaux qui sont si loin d’être des médias de qualité, il a bon dos le bougre…de dire tout haut ce que le tabou francophone dit tout bas. 
    Je suis votre blog depuis bien avant les élections. Je m’intéresse également aux divers commentaires déposés par vos lecteurs. Cela m’inspire, et me donne le pouls des citoyens, une fraction bien sûr, mais tout de même. 
     Et en ce moment, je me sens citoyenne désespérée, fille d’immigré italiens accueillis en Belgique dans les années 50, et qui ne comprennent pas ce que LEUR pays devient….
    Désespérée car orpheline politiquement. Je suis libérale, malgré une jeunesse dans les pionniers de Belgique, avec une mère fidèle au défunt Drapeau Rouge et qui vire catho avec l’âge. Que voulez-vous, toutes les idées sont bonnes à prendre.  Mais je m’acharne à croire que le parti libéral est le seul à réfléter mes idées, mes aspirations citoyennes, mes exigences de contribuable, qui paie et exige que son don au système étatique vise au bien commun. Et d’année en année, j’ai voté bleu, au gré de mes convictions qui s’amenuisaient petit à petit, un peu comme le socialiste de base vote rouche, par habitude… Désolant, et désolée de ne plus voir vraiment de différence entre les partis de gauche et de droite, ou si peu…
    Et puis, en 2007, je me sens reboostée; lectrice assidue de divers blogs, des commentaires déposés sur les articles des différents journaux (les articles devenant de plus en plus vides, fades, seuls les commentaires des forumeurs valent la peine d’être lus, enfin il faut trier bien sûr), je me dis: ça y est, on peut changer quelque chose. Persuadée que les verts vont se lier au MR, je vote écolo, pour la première et dernière fois de ma vie. Désolation. Tristesse. Pleurs. Catastrophe. Enfer pendant les deux jours qu’il a fallu à Ecolo pour sortir du bois. Cette déception m’a tiré des larmes de colère et d’impuissance, tout autant que l’expo « Turkana » au musée de la photographie à Charleroi (que je recommande vivement). 
    Et puis voilà 2010. Je me convaincs que voter reste mon arme citoyenne de faire entendre ma voix. Je voulais voter pour un parti qui pense d’abord à ceux qui travaillent, afin de faire fructifier le labeur avant de faire fructifier les allocs; un parti qui, en mettant en avant le travailleur, génère de la richesse en suffisance pour aider ceux qui sont sans emploi (avec mesure et contrôle), ceux qui émigrent chez nous (avec mesure et contrôle), ceux qui sont malades (dans toute la mesure du possible), bref un système qui repose d’abord sur la masse laborieuse pour aider les moins valorisés. Alors j’ai voté PP…..inutile de vous dire ce que j’en pense aujourd’hui…
    Dès lors, comment se sentir encore citoyen aujourd’hui en Belgique? Comment se sentir encore reconnu par la voix que l’on donne aux élections? Comment faire pour bouter le feu aux fe—s de ces politicards qui nous mènent en bateau depuis …, euh depuis …, si longtemps? Comment?

  24. Pagaille dit :

    Je vous trouve moins convaincant quand vous laissez parler la poudre, Charles.

    Ne serait-ce pas tout simplement un bon gros coup de com’ ? De Wever, sentant que faute d’accord se fera refiler le valet puant, tape un dernier gros coup (dans la presse étrangère, air connu) avant de lacher du lest. Histoire de pouvoir dire à la base, « j’ai fait tout ce que je pouvais ».

    Et donc, si je ne me trompe pas, l’accord est proche. D’ailleurs, demorgen.be indiquait il y a cinq minutes une réaction positive à la dernière proposition de vdl des partis francophones. Ceci après celle, positive également, des partis flamands hier soir…

    Un gouvernement pour Noël ? Non quand même pas :-) Mais un formateur, ça peut-être bien.

    • Guillaume dit :

      Là on ne parle que de la loi de financement. On n’a pas encore réglé BHV et le refinancement de Bruxelles. Comme l’a dit Milquet on négocie sur un point de détail de la loi de financement depuis des semaines. Donc un formateur avant la fin de l’année, ça me parait impossible. J’entendais hier que Vandelanotte aurait coudées franches jusque mi-janvier.

  25. molinia dit :

    OK. Mais tout de même qui nous a fourrés dans ce bourbier ? Qui a foncé tête baissée dans les négociations ? Qui clame constamment son optimisme ? Qui n’avoue pas son échec même après six mois, pour rien ? Qui est pas « nationaliste » mais régionaliste à outrance ce qui revient au même ? Di Rupo.

  26. Jm dit :

    Y a une solution toute simple. Démontrer une bonne fois pour toute que le parti de Bart est fa-fa-fach… familier avec l’extrémité inverse de sa gauche et rappeler toutes les conséquences que cela implique. C’est simple non ? Faut croire que non. La N-VA premier parti de Flandre, mon oeil, premier parti «nationaliste» de Flandre ! Certains médias et les dirigeants du CD&V favorables à l’alliance avec la N-VA nous ont mis dans la merde pour un bon moment. Ce sont eux les responsables de ce bordel. C’est à eux de payer la facture aux prochaines élections, si ce système à la con a encore une légitimité, parce que c’est quoi ce délire de ne pas voter au nord, au centre et au sud pour un même candidat à des élections nationales !?! On est dans UN pays oui ou merde ? Stupide système électoral ! Avant de revoter faudrait p-t aussi changer son fonctionnement, on pourrait nous demander à nous les BELGES ce qu’on en pense de ce système, histoire de changer les rôles et que ca ne soit pas continuellement les politiques de carrière qui décident à notre place de ce qui est bon ou pas, depuis le temps qu’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord ces andouilles ! Démocratie participative oui ou non ? Référendum, Constituante Populaire ne sont que des gros mots ? Super.

    Bonne fin de journée et merci de votre attention.

  27. Patrick dit :

    Je lis votre blog depuis pas mal de temps et croyez moi, j’ apprécie beaucoup vos analyses, votre ton qui nous change de la médiocrité que les journaux francophones ont l’habitude de nous servir quotidiennement. Ne vous laissez pas influencer par les critiques de ceux qui déjà sont lobotomisés par nos médias, j’attends toujours avec impatience vos billets suivant.
    Très bonne journée.

  28. Guillaume dit :

    « N-VA naar absolute meerderheid » : http://bit.ly/dQKsPi

  29. 2B dit :

    Votre raisonnement, colère-ke, pamplet ne tient pas, simplement parce qu’il démarre par « un Flamand qui n’est pas mon ami mais n’en dit pas pour autant que des conneries »
    Je peux vous faire une liste interminable de figures historiques nauséabondes qui « n’ont pas dit que des conneries ».
    Votre analyse passe éternellement sous silence le fait qu’il en dit (des conneries) dans une proportion allant de 50 à 99,9% selon les sensibilités.

  30. hansen dit :

    si un bon billet est un billet qui fait réagir, celui-ci est particulièrement réussi et toujours avec la même verve dont nous nous délectons tellement, c’est chaque fois une leçon d’écriture

  31. Corinne Piret dit :

    Vous nous manquez, Charles…

    Plus de billet depuis plus de 15 jours…
    Une absence remarquée à « sans langue de bois »…

    Votre livre avance-t-il assez vite ?
    Nous avons h^te de retrouver notre prosateur préféré !!!

    • Charles Bricman dit :

      Je veux bien que le temps vous paraisse long, chère Corinne, mais mon dernier billet date du 13 et votre commentaire du 20. Ca ne fait pas « plus de 15 jours »! ;-)
      Cela dit, vous avez raison, la politique belge m’a fatigué; je sature, même… Ca va passer, rassurez-vous. Et merci de votre commentaire qui fait plaisir!

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