Pas envie d’écrire sur la rixe qui s’est déclenchée entre le PS et le N-VA. Pas maintenant. C’est trop tôt. C’est trop flou. Entièrement d’accord avec Alain Gerlache qui twittait hier qu’il était bien content de n’être plus journaliste politique…

Nous vivons une situation folle. Elle démontre qu’à l’heure qu’il est, la Belgique politique n’existe plus. Nous sommes dans le Chaos. Il s’organisera tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, mais dans aucun des deux camps, on n’est encore prêt à donner une forme nouvelle à ce qui est devenu l’Informe.

On ne parle plus de BHV, des compétences ou de la loi de financement pour s’échanger ceci ou cela, comme on l’a fait au cours de ces quarante dernières années. On est au cœur du débat, au fond de la crise, de ce moment où le vieux n’arrive pas à mourir et où le neuf ne parvient pas à naître (Gramsci).

C’est un moment fondateur. Il y faut du talent et de l’audace.

Ceux qui sont à la manœuvre n’ont pas encore démontré qu’ils avaient suffisamment et de l’un, et de l’autre.

PS: Je ne suis évidemment pas d’accord avec la solution alternative d’Hugues Dumont (fédéralisme à deux, Flandre et Wallobrux). Elle a toutefois le mérite de montrer ce qui se cache derrière la « fédération » Wallonie-Bruxelles: la lutte entre Flandre et Wallonie pour Bruxelles, sans se soucier des Bruxellois.

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18 Réponses to “Un moment fondateur”

  1. Tanguy Pay dit :

    Bonjour Charles.
    Je te signale une ch’tite coquille :

    « On ne parle plus de BHV, des compétences ou de la loi de finaNcement « .
    Luttons humblement et avec bienveillance contre le chaos :-)

  2. Robert Bury dit :

    André Gorz : Il faut oser rompre avec cette société qui meurt et ne renaîtra plus. Il faut oser l’exode. Il faut vouloir la mort de cette société qui agonise afin qu’une autre puisse naître sur ses décombres. Et apprendre à discerner les chances non réalisées qui sommeillent dans les replis du présent ».

    Et aussi Frijof Capra :

    Dans le modèle régulier de croissance – apogée, déclin, désintégration – qui semble caractéristique de l’évolution culturelle, le déclin se produit lorsqu’une culture est devenue trop rigide – dans ses technologies, ses idées ou son organisation sociale – pour faire face aux défis de conditions changeantes. Cette perte de souplesse s’accompagne d’une rupture générale d’harmonie conduisant à la discorde et à l’éclatement sociaux. Durant le processus de déclin et de désintégration, les institutions sociales dominantes continuent à imposer leurs visions dépassées mais se désintègrent graduellement alors que les minorités créatives assument les nouveaux défis avec ingéniosité et une confiance croissante »

  3. jo moreau dit :

    Je vous suis entièrement. Il est impératif, si on veut s’en sortir de manière définitive, de repartir d’une page blanche, et refonder un Etat basé sur une confédération de régions-états largement autonomes. Toute autre solution ne sera qu’un nouveau replâtrage aussitôt en proie à de nouvelles exigences.

  4. marchandise Cédric dit :

    Chaque début du siécle à c’est grand changement nous sommens en pleine mutation.et on son passé le cap.

  5. M a n u dit :

    La confiance n’est plus là, elle ne reviendra pas
    Véronique Lanquin pour Le Soir http://bit.ly/ccTaZk

    Et un scoop : Première concession à la N-VA
    http://embedit.in/FE9lREclG8.swf ;-)

  6. Guillaume dit :

    La refondation implique de facto côté francophone à accepter l’appauvrissement immédiat des régions bruxelloise et wallonne puisqu’il y aura responsabilité financière. De Wever n’a pas faux en disant que les francophones ont peur de prendre cette responsabilité qui consiste à vivre sans transferts de toutes sortes flamands comme européens.

  7. M a n u dit :

    Dans LLB : Viseur dans les pas de Destrée « Il n’y a plus de Belges » http://bit.ly/dexlYk

    Evoquant pus particulièrement le rôle de Charleroi, Jean-Jacques Viseur a plaidé pour que celle-ci devienne un pôle important de développement et un modèle d’innovation.

    Le bourgmestre de Charleroi, Jean-Jacques Viseur (cdH), a pris la parole vendredi à l’occasion de la célébration des Fêtes de Wallonie. Selon lui, « plus que jamais, les paroles de Destrée prononcées il y a près d’un siècle, sont d’actualité: ‘Sire, il n’y a plus de Belges’ ».

    Dans un discours officiel qui a largement évoqué le nationalisme flamand, le bourgmestre de Charleroi a estimé que « la Flandre vogue vers une forme d’indépendance qu’elle atteindra tôt ou tard ». « L’expression de notre attachement à une Belgique qui ressemble de plus en plus à une coquille vide n’y fera rien », a-t-il ajouté.

    M. Viseur a encore dit que « la Wallonie doit oser la carte d’un nationalisme wallon ». « Celui-ci doit être original car il n’a pas, et ce peut être un atout, ce moteur de l’humiliation ou de la frustration qui a porté les nationalismes basque, catalan, serbe, slovaque ou flamand », a-t-il fait remarquer. »A nous d’initier ce nationalisme ouvert, sans complexe, avec la passion de l’innovation mais aussi d’une forte cohésion sociale autour d’un modèle de développement solidaire », a encore dit le bourgmestre.

  8. Philip Hermann dit :

    @Charles,

    Hugues Dumont a raison de dire que ce qui se joue en filigrane de cette négociation, c’est bien la bataille pour Bruxelles. Les francophones ne peuvent ignorer que le plan du mouvement nationaliste flamand vise l’indépendance de la Flandre et que ce plan n’est économiquement viable que si la Flandre réussit préalablement sa conquète de Bruxelles. Cela prendra du temps mais il est impossible de continuer à faire semblant d’ignorer que ce plan existe quand on connait le score électoral obtenu par les nationalistes flamands lors du dernier scrutin, et ils ne sont pas tous à la NVA.

    Le transfert de compétences aux communautés n’est que le moyen de réussir cela! Renforcer la région Bruxelloise et son lien avec les autres francophones de ce pays, notamment en opérant un transfert de compétences non pas vers les communautés mais vers les régions, est le seul moyen de mettre ce plan en échec. Ce n’est pas négliger l’intérêt des Bruxellois mais au contraire les protéger car chacun sait aujourd’hui comment sont traités les francophones de Flandre. Il n’y a pas de raison que cela change, dans 5-10-15 ou 50 ans. Ils ne nous aimaient pas hier (sans doute avec quelques raisons), ils ne nous aiment pas aujourd’hui (allez donc voir ce que les flamands pensent des Bruxellois sur leurs forum ou sur leurs blogs), et ils ne nous aimeront pas plus demain sauf si nous nous soumettons et si nous nous assimilons! Il ne suffira d’ailleurs pas de baragouiner leur langue, il faudra faire allégeance et réellement nous soumettre. Car ce que veulent par dessus tout, les nationalistes flamands…c’est se venger des humiliations du passé. Tout mouvement nationaliste est un idéalisme, par nature émotionnel et se nourrissant de frustrations passées.

    Le seul avenir heureux pour les francophones de Bruxelles, réside dans l’approfondissement de leurs liens avec les autres francophones de ce pays.

    Accepter la honte et le déshonneur maintenant (comme Chamberlain et Daladier à Munich), ne permettra pas d’éviter la guerre. Oh, je ne crois pas à une véritable guerre, entendons nous bien mais je crois au nationalisme flamand et à sa volonté de réaliser son plan. L’enjeu, quasi le seul de cette négociation, c’est Bruxelles.

    Croire que le PS, parce qu’il a gagné les élections, parce qu’il est incontournable électoralement dans le monde francophone, pourra faire barrage seul au nationalisme flamand est un leurre. La seule voie praticable me semble résider dans l’union de tous les francophones autour d’ un projet commun. Négocier des compromis comme il y a 20 ans, cela a d’ailleurs rendu ce pays ingouvernable, ne sera pas possible! Les francophones doivent se mettre d’accord entre eux et tous ensemble sur un projet commun, puis le proposer d’une seule voix aux flamands.

    Les enjeux bruxellois sont cruciaux dans cette négociation, il ne s’agit pas de négocier un refinancement, de multiplier les emplatres sur une communauté francophone malade mais de refonder des structures neuves, simplifiées, efficaces qui rendront possible une gestion responsable du destin francophone. Avec ou pas, une coupole fédérale transitoire. Car la clé est la responsabilité, les flamands en ont marre des mendiants francophones. C’est cela le message sorti des urnes en Flandre. En Wallonie et à Bruxelles, nous avons surtout eu un vote conservateur, pour que rien ne bouge pour que rien ne change alors que chacun doit aujourd’hui se rendre compte que « La Belgique de papa, est morte! » En raison de ce malentendu, il n’est pas improbable qu’il faille reconvoquer des élections dont les enjeux seront plus clairs pour les électeurs. Les médias devront alors se départir de leur militantisme partisan et jouer leur rôle pour réellement expliquer les enjeux du scrutin.

    On verra alors si le parti socialiste pourra encore faire croire qu’ils sont capables de garantir que rien ne peut ou ne doit changer ou que le sponsoring de notre communauté par l’autre communauté, que nos lacunes de gestion et nos petits discours auto-satisfaits sur nous même, sont encore possible. Ce n’est d’ailleurs plus le plus important. Peut-être qu’un discours réaliste sur les nécessités sera plus audible et séduisant. Car ce qui est devenu évident c’est que le status quo n’est plus possible.

    On verra mais c’est une situation inédite et intéressante. :-)

  9. Robert Bury dit :

    @ Philipp Hermann : Je partage à deux cent pour cent votre analyse analyse, particulièrement sur Bruxelles et sur la responsabilité. A mon entendement, le reste est romantisme.

  10. Claude Thayse dit :

    « ce qui se cache derrière la « fédération » Wallonie-Bruxelles: la lutte entre Flandre et Wallonie pour Bruxelles, sans se soucier des Bruxellois. »
    Ni surtout des Wallons !
    Je ne suis absolument pas certains que l’énorme majorité des Wallons souhaiteraient cette entité fusionnelle entre Bruxelles et la Wallonie. Tous les propos actuels sont guidés par des considérations économiques. Mais ce n’est pa ça qui fait vibrer les Peuples !

  11. C. Thayse dit :

    Il faut lire le discours de Monsieur Viseur en entier pour se rendre compte que son « nationalisme » se rapproche plus de la définition de Renan que de celui de Bismarck ou de Pirenne… http://www.charleroi.be/SiteResources/Data/Templates/1alaune-docid-7212.htm

  12. M a n u dit :

    Dans Le Soir : Jacques Etienne évoque aussi la fin de la Belgique
    http://bit.ly/dcvT2h

    Dans son discours des Fêtes de Wallonie, le bourgmestre de Namur a évoqué la fin de la Belgique et appelé les Wallons à ne pas avoir peur de prendre leur destin en main.
    Jacques Etienne évoque aussi la fin de la Belgique

    Le bourgmestre de Namur, Jacques Etienne (CDH), a évoqué la fin de la Belgique dans son discours des Fêtes de Wallonie et a appelé les Wallons à ne pas avoir peur de prendre leur destin en mains. « Si la scission de la Belgique est inscrite dans les astres (qui ont eux aussi une espérance de vie limitée), ce ne sera pas la fin du monde. Je sais que ce langage peut encore heurter certaines sensibilités mais n’est-il pas temps de dire les choses comme elles sont ? », s’est demandé M. Etienne.

    S’il ne souhaite pas pour le moment une telle issue, M. Etienne estime qu’il faut s’y préparer. « Ce bon conseil ne date pas d’hier. La formule n’est pas neuve. Ce qui l’est davantage, c’est la plus grande disposition de nos concitoyens à regarder en face l’hypothèse d’une séparation. Sans y être favorable, il faut y être préparé. La lucidité n’est pas la résignation. Admettre la possibilité d’un divorce peut sauver un mariage », a-t-il ajouté.

    Dans ce contexte, le bourgmestre de Namur a regretté les polémiques qui s’abattent sur les responsables politiques qui osent évoquer le développement d’une identité wallonne. « La Wallonie, c’est le joli nom d’un beau pays, propre à inspirer les artistes. On a le droit de le porter comme un drapeau, de le chérir comme une patrie, sans mériter les amalgames désobligeants, les références aux nationalismes désastreux qui ont fait honte à l’humanité », a-t-il dit.

    Vendredi, le bourgmestre de Charleroi Jean-Jacques Viseur, également CDH, a quant à lui appelé les Wallons à oser un « nationalisme ouvert et sans complexe » devant une Flandre qui vogue vers une forme d’indépendance. Le parti (CDH) a aussitôt pris ses distances.

  13. M a n u dit :

    La maîtresse Milquet n’aiment pas les élèves turbulents !
    « Attention mes gaillards … sinon c’est le coin … »
    http://bit.ly/bV1hBF

  14. bohy benoit dit :

    dites les amis , la belgique est un iceberg , et l’iceberg est totalement fondu , la belgique est un pays artificiel , d’une part avec un français et de l’autre un néerlandais , je ne parle pas des germanophones car les germanophones sont des wallons qui parle allemand à cause de la frontière linguistique , historiquement les flamands sont germanique et les wallons latin , depuis la nuit des temps les germaniques et les latins se font la guerre , et vous voyez que c’est toujour le cas , au lieu d’etre sur un cheval en croissade cela se passe ,entre politicien dans des bureaux, mais c est la guerre quant même , alors comme je disais ,l’iceberg est fondu sauvons ce qu’il reste à sauver ,notre langue ,notre histoire,notre culture , et reconstruisons notre wallonnie , et que la flandre se reconstruise , de son côté , regardez chypre vie la même histoire et c est aussi un foutoire politique , la belgique est comme chypre se sont des mariage avortés

  15. M a n u dit :

    Dans Le Soir. Oui massif à un référendum sur l’avenir du pays

    L’idée d’organiser une consultation populaire sur l’avenir du pays trouve un large écho auprès de la population. Selon le sondage Le Soir en ligne, plus de 88 pc y sont favorables. Les résultats : http://bit.ly/bSTwzh

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