Le mot de la fin au politologue anversois Dave Sinardet: « C’était donc la première fois en plus de dix ans que les Flamands ont pu entendre le ministre des Finances défendre sa politique devant eux, dans un débat préélectoral« .

Inderdaad…

Qu’ils ne boudent donc pas ce bonheur. Peut-être un jour sera-t-il symétriquement offert aux électeurs francophones.

Et rien que pour ça déjà, le Zevende Dag de la VRT valait bien la grosse heure de mon dimanche que je lui ai consacrée. Car je vis dans un pays où il faut s’émerveiller qu’un ministre défende son action, avant les élections, sur un plateau de télé de l’autre communauté. Et qu’il le fasse dans la langue de celle-ci. Très correctement dans l’ensemble.

Mais il y eut plus. Un face à face inédit entre Didier Reynders et Bart de Wever surtout. Ce qui vaut bien qu’on s’y arrête un peu.

Première information essentielle: il n’y eut, de part et d’autre, aucun anathème. Des propos « fermes » sans doute, quelques reproches pour le passé, mais sans exclusives réciproques pour l’après-13 juin. Ce n’est pas rien.

Et mieux encore. Une ébauche de discussion constructive. Reynders au service: la scission de BHV appelle un élargissement de Bruxelles; retour en drive croisé de De Wever: vous savez bien que c’est impossible; balle liftée de Reynders et montée audacieuse au filet: il y a d’autre façons d’arriver au même résultat pour ce qui nous intéresse. Pourquoi la Communauté française peut-elle soutenir une bibliothèque francophone à Hanoï, mais pas à Kraainem? Bart réplique cette fois par un lob: Parce que le Vietnam ne demande pas d’annexer Kraainem à Hanoï!

Et là je me dis qu’il n’y a plus qu’un pas à faire pour jeter les bases d’un possible compromis. Si les francophones devaient renoncer à toute revendication territoriale, comme je le préconise depuis 1988 au moins, ils lèveraient par le fait même les réserves de principe flamandes sur un accord de coopération entre les communautés.

De même pour la circonscription fédérale. Présentée comme un substitut à BHV, elle est évidemment imbuvable pour les Flamands car elle aboutirait à faire de toute la Belgique un grand BHV, au bénéfice des francophones de Flandre principalement. Mais ce n’est pas le but. Le but, il est uniquement de recréer un espace fédéral gouvernable. Perspective dans laquelle de Wever objecte en slice qu’il n’y a plus de raison alors pour y maintenir doubles majorités, sonnettes d’alarme, etc. Ce qui est effectivement cohérent. Reynders ne s’est pas avancé là-dessus, mais il n’a pas non plus fait appel au juge de chaise. Tout ça doit se discuter. Plus tard. A partir du 14. Avec les nterlocuteurs que désignera l’électeur.

En effet.

Il reste donc comme une petite lueur vacillante qui clignote encore, dans les ténèbres. La VRT a montré en somme que pour l’entretenir, il suffit de se parler. Et ce débat n’était donc pas inutile. Il était même très opportun.

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13 Réponses to “JDC #13: Des ébats au débat”

  1. hansen joseph dit :

    ce ne serait donc pas mauvais que le MR(FDF) s’explique directement avec la NVA sans interposition du CD&V, on avancerait peut-être plus vite…

  2. M a n u dit :

    « La méfiance demeure entre Francophones et Flamands »

    LLB http://bit.ly/a8nHOf
    Le Soir http://bit.ly/9WNAuq

    mais, De Standaard titre : « Verschillen tussen N-VA en MR lijken niet onoverbrugbaar » http://bit.ly/9ebNUH

  3. hughes_capet dit :

    Bon. Tout à fait d’accord sur l’analyse. Mais après ?
    « Ils » sont encore capables de se parler. et « ils » paraissent capables de s’arranger entre eux pour régler le problème absolument insoluble qui s’est créé -sans doute par hasard – du côté de BHV.
    Qu’en tirer comme conclusion ? que cette crise va se régler comme toutes les autres depuis le pacte d’Egmont et les accords du Stuyvenberg. Il va y a voir une grande table ronde, un pow-wow et chacun va déverser sa rancoeur, puis, comme il faut vivre, on va trouver un acord de plomberie institutionnelle de plus. Et qui dit pow-wow, dit potlach. Donc il y aura des sacrifices. Un peu d’orgueil en moins pour les plus matamores des deux camps, unpeu d’argent pour nous parce qu’on va évidemement une ou l’autre structure, un comité Théodule ou un Haut Conseil pour faire fonctionner le bidule. Et beaucoup de démocratie pour tous, puisqu’in fine ce seront les présidents d’associations de fait baptisées partis politiques qui tireront les ficelles et mangeront les marrons que nous avons tiré du feu.
    Et cela durera, 10, 15 ans, jusqu’à ce que la génération suivante recommence. Nous sommes sur la guillottine et supplions « encore un instant de bonheur, Monsieur le bourreau »

  4. hansen joseph dit :

    @Hugues. La Belgique est sur la guillotine? si elle éclate (« barst »),les wallons ont déjà prévu de demander leur rattachement à la France, que demanderont les bruxellois? leur rattachement au Grand-Duché où ils ont déjà placé leurs économies?

  5. Laurent S. dit :

    @ Charles Bricman

    Certes, ils se sont parlés, et, dans le contexte de l’apartheid belge, c’est effectivement à saluer. Mais pour le reste… Il n’y a eu aucun débat de fond, ou si peu. Au terme de cette émission, je ne vois toujours pas ce dont le niveau fédéral pourrait s’occuper. Je ne sais toujours pas ce qu’au maximum les partis VL veulent bien gérer conjointement, et ce qu’au minimum les partis FR veulent voir gérés par l’instance fédérale. Partant, je suis incapable de dire si le maximum VL est à ce point éloigné du minimum FR qu’il est plus pertinent pour moi, habitant de BHV, voter directement N-VA, pour abréger l’agonie, ou au contraire, si un terrain d’entente existe, auquel cas un autre votre est possible.

  6. M a n u dit :

    @ hughes_capet [30 mai 2010 à 16:58]

    Je partage votre vision de « l’après ».
    C’est pourquoi, je suis de + en + décidé à voter « autrement » le 13 juin. Comme je l’ai déjà écrit : pas nécessairement pour les 4 partis traditonnels.

  7. jo moreau dit :

    Le problème fondamental du divorce belge est l’opposition du droit du sol et du droit des gens. Il faut bien convenir que la notion du droit du sol est la seule qui tienne la route, non seulement dans tous les rapports internationaux mais aussi dans tous les autres pays fédéraux comme la Suisse et le Canada. Je ne crois pas que l’un exclut nécessairement l’autre. Un germanophone en pays vaudois n’est pas automatiquement brimé et opprimé… Il faut aussi en finir avec le principe du front francophone aux ordres de Maingain.

  8. v w r dit :

    Charles, als aandachtige toehoorder heb je natuurlijk ook opgemerkt dat DR de laatste dagen meerdere openingen gemaakt heeft naar N-VA toe. Eigenlijk kampt hij met dezelfde problemen als BDW. In Wallonië heb je dezelfde fanatieke standpunten als je die in Vlaanderen kan vinden. BDW heeft toch al meerdere jaren gezegd dat hij solidair wil zijn met de Walen. Waarom blijft men zijn partij dan bestempelen als separatisten ? Wil men de N-VA uit de regering houden en zodoende de noodzakelijke hervormingen tegenhouden ? En die zijn noodzakelijk voor de Walen. En de economie.

    Je hebt wel een mooie comment gemaakt die de problematiek juist weergeeft.

    • Charles Bricman dit :

      @vwr: Ik denk dat er niets anders is nu te doen dan op de verkiezingsuitslagen te wachten. Het onderonsje BDW-DR was interessant maar veel zal ook waarschijnlijk afhangen van wie het initiatief na 13 juni zal kunnen/moeten nemen.

  9. philippe hetmanczyk dit :

    Bonjour Charles,
    Bart de WEVER dit que l’élargissement de Bruxelles est impossible mais il ne dit pas pour quelles raisons. Comme tu es en accord avec lui sur ce point, tu connais peut-être les raisons; si c’est le cas, aurais-tu la gentillesse d’éclairer ma lanterne ? merci d’avance. Philippe

  10. philippe hetmanczyk dit :

    re bonjour Charles : Les flamands redoutent la francisation de la périphérie bruxelloise et moi (de même que beaucoup de francophones de Bruxelles) je redoute la flamandisation de Bruxelles. Sur cette question, flamands de Flandre et francophone de Bruxelles sont sur un parfait pied d’égalité.

  11. Dans le fond, oui, Charles, c’est très juste : aux conditions qu’il met (suppression de la parité au Conseil des Ministres et de la sonnette d’alarme…), oui, Bart de Wever est pour une circonscrption fédérale.Sans cela, c’est toute la Belgique qui devient un hénaurme BHV, avec des francophones pouvant voter pour des politiques francophonesdans le pays tout entuer…

  12. Charles Bricman dit :

    @michel henrion: C’est pourquoi je pense que la circonscription fédérale, qui est en soi une très bonne idée que j’appuie, ne marche pas toute seule. Cela ne peut fonctionner qu’avec des partis fédéraux.

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